‹ Voyage du T.R.P. Louis Soullier en Amérique [microforme]Chapitre 51 sur 83 · II. — KAMLOOPS ET SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

II. — KAMLOOPS ET SAINTE-MARIE

« Kamloops, écrit le R. P. Lacombe, est une petite ville de 1.500 habitants, agréablement située en face de la jonction des deux branches de la célèbre rivière Thompson. La vallée est couronnée par des montagnes et mamelons très pittoresques. L'église catholique et le couvent des Sœurs de Sainte-Anne sont bâtis sur la partie la plus élevée de la ville. Ces établissements religieux font vraiment honneur à notre sainte religion. Les Sœurs de Sainte- Anne nous ont montré, comme partout ailleurs, ce q. : ces bonnes religieuses sont capables de faire, quand il s'agit surtout de l'éducation. L'espace triangulaire formé par les rivières donne place à un village de sauvages catholiques appelés Shushwap — ces indiens, comme généralement les autres chrétiens de la Colombie, sont exemplaires pour leur attachement à leur foi et à leurs missionnaires. Ils forment une population de 250 âmes, portée à 2.000 quand les autres bandes du haut des rivières Thompson viennent se réunir à eux, dans certaines circonstances de démonstrations religieuses. Le T. R. Père Général a été les voir et leur dire la messe, dans la chapelle de leur village, où nous avons entendu leurs chants et été témoins de leur dévotion. A peine étions-nous arrivés ici, que ces bons sauvages ont été les premiers à accourir, pour nous saluer et présenter leurs hommages au Grand Chef des Pères Oblats.

« Tout près d’ici, il y a une école industrielle, soutenue par le gouvernement, mais sous la conduite de nos Pères et des révérendes Sœurs de Sainte-Anne. Comme dans les autres institutions de ce genre, on apprend aux jeunes Indiens à lire, écrire, parler en anglais et français. On les forme aussi à différents métiers, tels que ceux de charpentier, cordonnier, et fermier.

« [i va sans dire que ces écoles requièrent un grand dévouement

DS 8 pe 9 A TS AD LD SA EE EE

“demusnus Sp 950IIIA

nb ae

et une persévérance à toute épreuve de la part de ceux qui en sont chargés. »

C'est le 16 juin que les voyageurs étaient arrivés à Kamloops. Quelques jours fur:nt consacrés aux Pères réunis et aux œuvres de ce poste important, et le 22 juin on atteignait la Mission Sainte- Marie. C’est là que devait se faire la grande réunion des sauvages de la Colombie. Mais le moment n’est pas venu encore ; le Supérieur général, arrivé à l’improviste, se contente de saluer Mgr Durieu, alors à Kamloops, et, laissant continuer les préparatifs des grandes fêtes, le Très Révérend Père se dirige vers New- Westminster, en canot, sur le fleuve Fraser. Le courant est puissant, les bras des rameurs sont vigoureux; en cinq heures on fait 40 milles et l’on surprend à leur tour les Pères de New-Westminster. Le Supérieur général visite cette ville et Vancouver, et après quelques jours, regagne Sainte-Marie en bateau à vapeur.

Sainte-Marie a été fondée par nos missionnaires, il y a plus de trente ans. La position est charmante et offre de grands avantages. Il y a une jolie église, avec une belle école industrielle pour les garçons sauvages, d’un côté, et de l’autre une construction de même dimension pour les filles. Ces établissements, en partie soutenus par le gouvernement, sont sous la direction des Pères Oblats et des Sœurs de Sainte-Anne. Les élèves sont recrutés dans les différentes tribus de ce pays. Un grand bien s’y opère dans l'intérêt des aborigènes et de la civilisation.

Les enfants des Sœurs présentèrent l’adresse suivante au T. R. Père Général :

RÉvÉREND PÈRE,

Nous sommes heureuses de vous souhaiter, conjointement avec les Religieuses de cet établissement, la plus cordiale bienvenue, et de vous offrir nos sincères remerciements pour votre condescendance à nous visiter aujourd’hui, en compagnie de Monseigneur, notre digne Evêque, du Révérend Père Antoine et du bon Père Lacombe dont les noms sont connus et estimés dans la Communauté de Sainte-Anne.

Cette faveur que vous faites à d'humbles enfants telles que nous, et à nul autre titre que votre bienveillance elle-même, nous touche autant qu'elle nous honore, et nous garderons mémoire de cette date si chère qui fournira une page des plus suaves à l'histoire de nos souvenirs.

nt re

Bien qu'étranger à nos regards, Révérend Père, vous ne l'êtes cenrndant pas à nos cœurs, si profondément attachés à nos excellents Pèr ;, qui saluent en votre personne révérée leur Supérieur général.

La joie qui brille sur nos fronts et les transports d'allégresse qui acclament votre passage en ce séjour ne sont qu'un faible écho de nos sentiments.

Que le Seigneur, qui sait quelle noble impulsion vous donnez à vos œuvres qui sont les siennes, bénisse votre carrière de dévouement et qu'il envoie un surcroît de missionnaires dans ces régions isolées et si éloignées de votre belle France.

Notre prière la plus fervente est que tous les membres de votre grande famille religieuse soient d’aussi vaillants Apôtres de la foi que nos bons Pères à nous.

Daïgne le Divin Maître, que vous servez, Révérend Père, depuis de si longues années, prenant pour mesure de votre félicité celle de nos souhaits, vous faire des jours heureux, et qu'après avoir goûté les consolations ineffables réservées, même dans l'exil, à ses amis privilégiés, vous occupiez là-haut, dans la phalange consacrée, comme au sein de votre Communauté, une place de choix.

En attendant, lorsque vous aurez revu votre pays et qu'il vous sera donné de chanter les joies de la patrie terrestre, veuillez, n'est-ce pas, garder une tendre sympathie pour les enfants de Sainte-Marie, groupées en ce moment autour de vous.

Comme complément de cette fête, belle par excellence, nous vous prions de nous bénir avec nos Maïtresses et tout ce qui nous est cher sur terre.

En prévision de la visite du T. R. Père Général on avait invité les sauvages à venir plus nombr’ux que de coutume. Ils répondirent à cet appel. Sans doute les inondations en retinrent beaucoup ; il en vint toutefois 2.200, un chiffre que l’on n'avait jamais encore atteint. Imaginez le grandiose caractère que devaient revêtir les bénédictions du Saint Sacrement, lorsque ces milliers de voix, secondées par une centaine d'instruments, car il y avait ià plusieurs fanfares, entonnaient l'O salutaris, le Tantum ergo ou le Laudate. Et au moment de la bénédiction, le canon qui tonnait !

Le 25 juin eut lieu la bénédiction d’une chapelle à Notre-Dame de Lourdes. L'histoire en est touchante. Lorsque le défunt évêque du pays, le vénérable Mgr d'Herbomez, entreprit son dernier

Page 1