‹ Voyage du T.R.P. Louis Soullier en Amérique [microforme]Chapitre 75 sur 83 · RÉVÉRENDISSIME PÈRE · texte numérisé non relu

RÉVÉRENDISSIME PÈRE

La présence en cette paroisse du Général des Oblats de Marie Immaculée ne peut se passer sans quelque manifestation de notre part. Nos cœurs vous sont attachés par des liens aussi nombreux qu'inaltérables….

.. Vous avez parcouru le Nord-Ouest et la Colombie anglaise ; est-il un seul endroit de ces vastes prairies, un seul sommet des montagnes Rocheuses que n'aient sanctifiés les travaux des Oblats P Dans votre visite de Saint-Boniface à New-Westminster, avez-vous rencontré un seul évêque qui n'appartint à votre famille religieuse, un seul siège épiscopal qué n'aient fondé les vôtres ? Qui ne connaît les noms de NN. SS. d'Herbomez, Faraud, Grandin, Clut, Durieu, Grouard, Pascal, et du plus illustre de tous, une des plus grandes figures de l’histoire du Canada, l'égal des Plessis et des Laval, Mgr Taché? Vous l'avez vu vivant, Très Révérend Père, vous avez entendu quelques-unes des dernières paroles de ce vaillant champion de notre race et de notre religion.

Après avoir admiré cette armée de religieux Oblats qui répandent le nom chrétien parmi les sauvages, vous les avez vus, dans nos villes où la civilisation est la plus avancée, vrais foyers de science et de lumière, témoin l’Université d'Ottawa et les sujets qu'elle a formés.

Cependant, les révérends Pères Oblats ont des titres tout spéciaux au respect et à la reconnaissance des paroissiens de Saint-Sauveur. Depuis nombre d'années, ils nous ont dotés de diverses sociétés pieuses, qui sont notre gloire et notre sauvegarde : les congrégations de la Sainte Vierge, les unions Saint-Joseph et du Sacré-Cœur, le tiers-ordre de Saint-François,

l'association de la Sainte-Famille et tant d'autres encore ; nul âge, nulle ” classe d'ouvriers qui n'ait reçu un protecteur dans le ciel,

Voyez nos deux magnifiques églises : leur seul aspect excite à la piété et prouve que nos bons Pères ne négligent rien pour relever les beautés du culte et affermir la foi dans les âmes.

Nous ne saurions oublier qu'à la famille des Pères de Saint-Sauveur se rattachent tout particulièrement des religieux d’une sainteté et d'un dévouement exceptionnels ; les regrettés PP. Durocher, Lagier, Bernard et notre bien-aimé supérieur et curé, le R. P. Grenier,

Soyez donc le bienvenu parmi nous, Très Révérend Père, ainsi que vos deux compagnons, les RR. PP. Antoine et Lefebvre, que nous sommes heureux de revoir. Nous formons les meilleurs souhaits pour vous et toute

rare

PP

la famille des Oblats, qu'au triple titre de Français, de Canadiens et de paroissiens de Saint-Sauveur, nous saurons toujours vénérer et aimer.

A l'occasion de votre départ, nous vous souhaitons heureux voyage. Que la mer, forte et joyeuse, vous porte au milieu de vos enfants, qui soupirent après votre retour |

Les CITOYENS DE SAINT-SAUVEUR, À QUÉBEC,

Eee.

ANT "S - Te

Le chûâteau Fron:2nac, à Québec.

« Ce que dit M.le maire à la louange des fils, continue le R. P. Lefebvre, dut plaire vivement au chef de la famille, car jamais peut-être il ne fut mieux inspiré que dans sa réponse à nos dévoués paroissiens de Saint-Sauveur. »

Durant le séjour du R. Père Général à Québec, une escadre française, composée de trois croiseurs, sous les ordres de l’amiral de Maigret, mouillait dans le port. Le très révérend Père recueillit les échos de l'admiration que suscitaient partout les officiers par la distinction de leurs manières, les marins par leur parfaite

tenue, tous par l'esprit chrétien qui les animait et dont ils donnaient des preuves. Le R. Père Général fit une visite à l'amiral de Maigret, à bord de son vaisseau, et le très révérend Père est demeuré sous le charme de l'accueil qu'il reçut. L’amiral, de son côté, alla peu après, en grand costume, et escorté de plusieurs officiers, rendre cette visite dans la communauté de nos missionnaires.

Le R. P. Lefebvre poursuit :

« Le jeudi soir, 6 septembre, nos honorés visiteurs rentraient à Montréal, et le lendemain, ils disaient adieu à ce sol canadien, où ils avaient été reçus avec tant d’affectueux enthousiasme.

« Leur arrivée avait excité en nous la plus vive allégresse, leur séjour nous avait remplis de consolations, l’heure de la séparation allait sonner. Hélas ! les joies de la terre sont bien courtes!.. De grand cœur, nous eussions dit, comme les disciples d'Emmaüs : « Mane nobiscum, Domine ; Père bien-aimé, demeurez avec nous. »

« Mais nous savions qu’il a d’autres enfants, qui, eux aussi, ont mille raisons de réclamer sa présence. Nous dûmes donc nous résigner à la séparation. Notre cœur était triste, vous le comprenez;

mais il était pénétré de la plus vive reconnaissance pour l’heureux précédent que notie Père venait de poser en faveur de ses enfants d'Amérique. Et, à vrai dire, si, au moment du départ, le mot adieu était sur nos lèvres, dans nos cœurs était celui bien plus consolant d’ « au revoir!»

Page 1