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CHAPITRE XIV

Départ de Yenicheu. — Talarbazardschick. — Plaine de Pbilippopolis. — Aspect des rizières. — Curieuse variété de saules. — Visite au pacba. — Arrivée à Ousounjova. Foire d'Ousonijova. — Départ pour Andriuople.

Le jour où nous arrivâmes à Yenicheu, ce village était encombré de malades, presque tous atteints des fièvres de marais, que les rizières de Philippopolis multiplient dans cette saison. Après d'inutiles efforts pour trouver un gîte, et quand il eut sondé plus de vingt maisons sans réussir, le Tartare, effrayé de ne voir partout que des gens à face livide, s'imagina que la peste était dans le village et nous proposa d'aller coucher à Tatarbazardschick.

Cette ville est éloignée de sept lieues du point où nous étions, et il était près de six heures du soir. Nos chevaux fatigués

de la traversée du Balkan, avaient besoin de repos autant que nous-mêmes, fatigués de la tension d'esprit où nous avaient maintenus les sinistres rapports des soldats d'Ichtioian et îa rencontre des bandits albanais; enfin nous étions à jeun et à cheval depuis cinq heures du matin. L'espoir de trouver un bon gîte dans une ville de douze mille âmes et la peur des quarantaines, si réellement la peste était dans le village, nous déterminèrent à accepter la proposition du Tartare. Dès que notre résolution fut prise, les postillons mirent pied à terre pour serrer les sangles des chevaux, pour assurer à force de cordes et de lanières la tenue des bagages, et ils nous promirent de nous faire parcourir en deux heures l'espace de sept lieues qui nous séparait de Tatarbazardschick.

En effet, à peine étions -nous sortis des jardins dYénicheu que nos gens se mirent à parler aux chevaux une langue étrange et chantée qui les faisait frémir sous nos élriers, et ils les enlevèrent sans les frapper

avec une prestesse et une furie qui feraient honneur au plus habile entraîneur de nos courses. Malheureusement pour nous, la route était une plaine unie et pierreuse, traversée de mille petits canaux d'irrigation pour les rizières, sur lesquels il fallait circuler au moyen de mauvais ponts en planches ou en fagots serrés les uns contre les autres, et qui craquaient sous nos pas d'une manière horrible. Bientôt la nuit qui vient vite et sombre en Orient, surtout dans cette saison, nous surprit courant ainsi au galop, et il nous fut impossible de nous voir autrement qu'à la lueur des étincelles que les chevaux faisaient jaillir sur le cailloutis fatigant de la route. Une caravane de marchands qui se rendaient à la foire d'Ousounjova et qui étaient admirablement montés, s'était jointe à nous, et la terre tremblait sous nos pieds comme dans une charge de cavalerie. Je ne puis m'expliquer comment dans cet ouragan nocturne, nos chevaux, nos bagages et nos personnes n'ont pas été précipités, broyés,

abimés dans une des mille fondrières que nous avons traversées. Le fait est qu'au bout de deux heures et un quart, nous avons aperçu les lumières de Tatarbazardschick, et bientôt après nous courions sur un pavé aigu et glissant, tel que celui de Lyon ou de Strasbourg : nous étions arrivés.

J'ignore absolument ce qui s'est passé durant ce trajet fantastique. Tout ce que je sais, c'est que je ne voudrais le recommencer à aucun prix, dût- il y aller de ma vie. Je ne crois pas que Mazeppa lié sur un cheval fougueux ait eu des hallucinations plus pénibles que celles que nous avons tous éprouvées dans cette marche digne des héros d'Ossian. Nous étions hors de nous, bêtes et gens, couverts de poussière et de sueur, en arrivant dans la ville, trnces armis , rapidis equis , comme dit Tacite. Grâce à notre nombre et au bruit que nous fîmes dans la rue, on voulut bien nous ouvrir une hôtellerie connue des voyageurs qui nous accompagnaient. On déchargea les

chevaux dont aucun n'était blessé, les bagages dont aucun n'était perdu, et je me laissai tomber dans les bras du Tartare qui triomphait de sa course au clocher, et qui me jeta dans l'écurie sur un tertre séparé de nos bêtes de somme par une petite grille de bois. Ce fut notre dortoir. Il était trop lard pour espérer d'obtenir, môme un morceau de pain. Nous suspendîmes nos armes et nos effets à une tige de bois fixée- dans le mur, et nous nous endormîmes profondément, heureux d'avoir échappé aux dangers inconnus de la plaine marécageuse et pierreuse que nous venions de parcourir. Le lendemain, qui était un dimanche, il plut à verse, et nous eûmes beaucoup de peine à nous remettre de nos fatigues.

C'est un des supplices du voyageur en Orient de ne pouvoir se livrer à aucun soin de sa personne sans avoir pour témoins tous ceux à qui il plaît de se placer en observation devant lui. Presque toutes les chambres prennent jour sur des corridors intérieurs et n'ont ni portes

ni fenêtres, de sorle que même pour se débarrasser des vêtements les plus intimes, il faut se résigner à subir l'examen du public. Les Turcs, si chatouilleux à cet égard pour eux-mêmes, que leur pudeur égale celle des femmes, sont d'une curiosité très-incommode pour les étrangers. J'ai vu des indiscrets écarter les manteaux derrière lesquels nous essayions de nous barricader, pour nous examiner à leur aise, sans insolence apparente et sans précaution, comme si nous leur appartenions en vertu de quelque droit d'aubaine. Enfin, après de savantes manœuvres pour échapper à cette exhibition forcée, il nous fut permis de changer de linge et de gagner la cathédrale entourés d'une double haie de curieux.

La ville de Tatarbazardschick ressemble à toutes les villes turques par sa malpropreté; mais les constructions sont assez régulières , et les maisons y paraissent commodément distribuées. Elles sont presque toutes en bois. La cathédrale

seule est entièrement bâtie en pierres et dans le style de la plupart des églises modernes d'Europe. Elle est entourée d'un vaste cimetière, le long duquel règne une galerie couverte que nous trouvâmes pleine de gens qui se rendaient à l'office. ïl nous fallut descendre plusieurs marches pour entrer dans l'église, dont le seuil a été établi malencontreusement à plus de 2 mètres au-dessous du niveau du cimetière environnant. Les murs étaient tapissés d'une foule d'images de saints et l'autel éblouissant de lumières. Les hommes et les femmes étaient séparés, et quoique revêtus de leurs habits de fête, ils présentaient un aspect assez misérable. La foule était si grande, que l'église exhalait une odeur méphitique. La propreté de ces populations consiste à mettre le dimanche un vêtement brodé de soie ou de fils d'or, sans en renouveler la partie essentielle qui est la plus importante pour l'hygiène. Sous ce rapport, les Turcs sont plus soigneux que les chrétiens. Les Turcs

prennent souvent des bains et font de nombreuses ablutions, tandis que les chrétiens s'en dispensent, soit parce que la religion ne les y oblige point, soit parce que leur pauvreté ne leur permettrait pas ce luxe salutaire. Les Turcs entretiennent dans le pays la saleté publique par leur mauvaise administration, et les chrétiens la saleté privée par leur misère ou par leur incurie.

J'ai examiné avec soin, au sortir de la messe, la physionomie et le costume de cette nombreuse population. La cathédrale de Talarbazardschick étant le seul temple chrétien de l'intérieur de l'empire qui ait obtenu la faveur d'avoir un clocher et des cloches et de s'élever à plus de 5 mètres de hauteur, est devenu le monument de prédilection des populations grecques dans ces contrées. On s'y rend de fort loin, et son enceinte est insuffisante à contenir la foule des fidèles qui s'agenouillent dans les galeries, dans le cimetière et jusque sur la place publique, pendant la célébra-

tion des offices. Le jour où nous y assistâmes, le cimetière était couvert d'une foule de cierges allumés sur les tombes, et nous vîmes plusieurs pierres tumulaires chargées de fruits, de volailles rôties, de bouteilles de vin et d'une singulière variété d'offrandes matérielles, que le clergé fit enlever pour son usage personnel. Cette manière grossière de lever l'impôt m'a toujours paru fâcheuse pour l'esprit religieux dans tous les pays du monde, et je ne me sens pas la force de la reprocher au clergé grec, quand je pense au trafic des choses saintes qui se fait tous les jours parmi nous, sous forme de location de chaises, de frais de mariage et d'enterrement. Je ne connais pas de contribution plus odieuse et plus immorale que celle qu'on prélève chaque année à Paris sur la douleur des familles, au profit de je ne sais quelles pompes funèbres.

Les habitants de Tatarbazardschick passèrent presque tous sous nos yeux, en sortant de leur temple infect et vénéré. L'air

marécageux des rizières leur avait donné un teint jaune et plombé qui faisait mal à voir. Les femmes, chargées d'ornements pailletés d'or , du plus mauvais goût, m'ont semblé plus souffrantes que les hommes. Elles entraient chez les bouchers pour y faire leurs provisions de viande, dont on ne mange guère que le dimanche, et nous les voyions rentrer au logis, riches et pauvres, en tenant à la main des têtes de mouton, des épaules d'agneau, des lambeaux dégoûtants de sang. Au coin de chaque rue, des pyramides de melons, de pastèques et de concombres leur offraient des approvisionnements d'une insalubrité variée, pour lesquels l'avidité de ces populations est vraiment inexplicable. Je n'ai jamais vu autant de borgnes, de bossus, de gens atteints de maladies cutanées et scrofuleuses que dans cette ville commerçante et lugubre. Le pied y glisse à chaque pas sur des débris d'entrailles que chacun jette devant sa porte avec toutes les ordures domestiques, qu'on n'enlève j a-

mais! Pauvres chrétiens! pauvres turcs!

Je m'estime fort heureux d'être sorti sain et sauf de ce cloaque qui nous conduisit bientôt à un autre, du moins plus poétique, à la ville de Philippopolis, que les Turcs nomment Philibé. Huit heures de marche séparent ces deux cités, dont la seconde compte plus de cinquante mille habitants. La route qui les unit court au travers de vastes champs de riz et de pacages marécageux, qui longent la rive gauche de la Maritza, l'Hèbre des anciens. Philibé paraît de fort loin, dans la partie concave du croissant formé par deux rocs élevés au-dessus du fleuve, qu'il faut passer avant d'y arriver. Cette situation donne à la ville un caractère très-pittoresque; mais les bords de l'Hèbre, couverts de saules pleureurs (1) et de cyprès, lui font une parure bien plus belle que tous les ac-

(1) Ces saules, Irès-touffus et (rès-élevés, m'ont paru être une variété du saule pleureur tout à fait différente de celle de nos contrées. Ils sont magnifiques. Si la saison me l'eût permis, j'en aurais rapporté des boutures.

cidcnls de terrain dont elle est entourée. À travers ces arbres si élégants, on aperçoit les hautes murailles peintes en jaune de l'hôtel du pacha et une foule de jolies habitations éparses sur la rive droite, où la ville s'élève en amphithéâtre avec ses toits d'un rouge vif et ses minarets blancs. Je crus aborder enfin une cité civilisée. Nous avions rencontré d'innombrables chariots attelés de boeufs, des voyageurs à cheval, des femmes, des soldats, des troupeaux ; nous voyions sur la rive opposée des maisons de campagne peintes de mille couleurs ; point de doute, nous allions changer de théâtre : mais non, nous étions toujours en Turquie.

Le pont de la Maritza faillit nous être fatal. C'était un pont en bois tellement Usé, percé, criblé de trous, cpie le poids de notre caravane manqua de le faire écrouler. Un de nos chevaux eut la jambe prise dans un de ces trous, et il fallut le décharger de nos bagages pour le tirer de là. En entrant dans la ville, notre désap-

pointement ne fut pas moindre. Des cadavres de chiens et de chats, des débris de boucherie, des immondices fétides obstruaient la grande avenue du pont. Les rues étaient couvertes de cette lave ammoniacale qui nous avait déjà suffoqués à Nissa, à Sophie, à Scharkoë, à Tatarbazardschick. On ne circulait d'une maison à l'autre que sur la pointe aiguë de ces petites bornes élevées de distance en dislance, en guise de trottoirs. Le pacha nous fil loger chez le directeur de la poste, qui nous céda son appartement composé de deux pièces sans meubles et sans lit. Ce jeune et beau pacha, auquel j'allai rendre visite, était atteint de la fièvre des marais, et il nous reçut sur un divan où il était étendu, entouré de flacons d'essences, de mouchoirs brodés, sa belle barbe noire parfumée et musquée, des bagues à tous les doigts, l'air dolent et langoureux comme une femme en couches. « Soyez le bienvenu, me dit-il, et disposez de moi. Vous devez trouver cette ville charmante.— Oui,

mais voire pont est en très-mauvais état ; nous avons failli y périr ce matin. — En effet, cela arrive tous les jours. — Pourquoi ne le faites-vous pas réparer? — Parce que nous n'avons pas d'argent. — Mais enfin, si le pont s'écroulait, que ferait-on ? — On ne passerait plus, me ditil ; » et il se mit à rire. Le pacha qui me tint ce langage gouverne une ville de plus de cinquante mille habitants, la troisième de l'empire.

La route de Pliilippopolis à Ousounjova traverse, à partir de Papazli, un terrain fertile et accidenté qui n'offre rien d'intéressant à observer. Ce sont de petits vallons, les uns boisés, les autres déboisés, faciles à franchir, où nous trouvons les Turcs plus nombreux que dans les autres provinces. La plus grande partie de ces terres sont incultes. L'approche de la foire d'Ousounjova donnait un peu de vie à ces solitudes ordinairement si désertes et si rarement visitées par des étrangers. Nous rencontrions souvent de longs con-

vois de chariots traînés par des boeufs ou par des buffles, des cavaliers, quelques chameaux chargés de marchandises et des piétons armés qui allaient à la foire. La monotonie de cette longue route nous aurait paru pénible, si nous n'avions monté des chevaux ayant l'allure de l'amble, au moyen de laquelle nous pouvions faire beaucoup de chemin sans fatigue. Heureusement cette allure est commune aux chevaux de la Bulgarie, et il y en a chez qui elle est si douce, qu'on s'aperçoit à peine de la distance parcourue.

Ousounjova nous apparut enfin à l'extrémité d'une plaine bordée de collines assez bien cultivées. C'est un bourg de deux mille habitants, dont la position presque également éloignée de la mer Noire , du Danube et de la Méditerranée, ne semble pas justifier au premier abord la préférence qui lui a été donnée pour la grande foire qui s'y tient tous les ans au mois de septembre. Mais comme rendez-vous intérieur de toutes les provinces européen-

nés de l'empire , cette bourgade paraît bien choisie à cause de sa situation centrale. Déjà ses rues et ses environs étaient envahis par d'innombrables baraques en bois, absolument semblables à celles que nos marchands improvisent àBeaucaire et à Guibray. Les théâtres en plein venl, les bateleurs, les diseurs de bonne aventure, les arracheurs de dents, les conducteurs de ménagerie occupaient une partie du terrain et se livraient aux mêmes exercices que les nôtres ; et pourtant la physionomie de la foire différait sous plus d'un rapport de tout ce qui se voit en ce genre dans nos contrées civilisées. Nulle force publique, nulle police apparente ne présidait à cette immense réunion de plus de cinquante mille hommes, où l'ordre le plus parfait n'a cessé de régner. Grecs et Bulgares, Moldaves et Valaques, Turcs et Persans, Autrichiens et Russes, juifs et chrétiens s'y trouvaient réunis et vivaient en parfaite harmonie, sans autre but que de faire de bonnes affaires et de gagner de l'argent. Les

consuls des diverses puissances européennes étaient arrivés pour veiller aux intérêts de leurs nationaux ; les nôtres brillaient par leur absence.

J'ai été particulièrement frappé de la splendeur de quelques-uns des marchands qui figuraient à cette foire importai! te. L'un d'entre eux, originaire à ce qu'il nous dit, de la Valachie, avait un magasin de fourrures supérieur en richesse et en assortiment aux plus beaux établissements de Paris et de Londres. Ses marchandises, de la valeur de plus de 1 ,500,000 francs , étaient pliées dans de vastes besaces en cuir, recouvertes commedes portefeuilles; il nous en fit les honneurs avec une patience digne d'un plus grand succès, je ne dis pas d'admiration, car la nôtre fut au comble , mais de vente. Non loin de lui, des négociants de Perse exposaient des châles de cachemire longs et carrés , de mille nuances éclatantes ; des fabricants de l'Asie Mineure étalaient des tapis veloutés de toutes les grandeurs, et l'on

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comptait jusqu'à vingt marchands de pierres précieuses qui trouvaient tous des acheteurs. Les denrées coloniales, lesdro gués pour la teinture , le fer en barres , le riz , les cuirs , les draps fins et grossiers , les tissus de coton étaient fortement demandés. La verrerie , la porcelaine , les armes, les laines, les soies s'échangeaient en masses considérables. Il était facile de voir que tous ces acheteurs s'approvisionnaient pour une année entière, et dès lors on s'explique le mouvement presque fébrile d'une telle agglomération d'hommes.

L'intermédiaire des échanges. le eirculating médium de cette foire, consistait en lingots d'or et d'argent que tout le monde peut contrôler au moyen de la pierre de touche.

La manière dont tous ces marchands s'étaient ingéniés pour vivre pendant quinze jours sur un espaceaussi étroit était vraiment remarquable. Il n'y a que des Orientaux qui soient capables de pareils tours de force. Leur sobriété et la simpli-

cité de leurs habitudes peuvent seules expliquer comment la famine n'avait pas dissipé, au bout de quarante-huit heures, d'aussi nombreux rassemblements. Ceux qui étaient venus sur des chariots s'en servaient comme d'une demeure ; les autres déployaient leurs tentes dans la plaine, y étendaient des tapis , les couvraient de coussins et pouvaient tenir un état de maison comme dans leur ville natale. Quelques cafetières et un chaudron complétaient le mobilier culinaire , toujours très-simple en Orient, mais réduit en voyage à la moindre expression.

Les bouchers tuaient le bétail dans les champs ; de la forêt voisine on apportait le bois pour rôtir les viandes, et les fontaines fournissaient l'eau. Ces divers campements étaient dignes d'attention par leur tolérance mutuelle et par l'ordre général qui y régnait. On n'y éprouvait pas même de mauvaises odeurs, tant chacun prenait soin de veiller à la propreté de ses alentours, de peur d'éloigner les

acheteurs par des impressions désagréables. Je quittai à regret cette curieuse réunion avant la fin de la foire , et je me dirigeai sur Andrinople, par Hermanli , Ebibza, Kinicli et Mustapha-Pacha.

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