CHAPITRE IV
Belgrade. —Visite au prince Michel. -A h princesse Liou-
bilza. — Visite à Kliiamil-Paeha. — Curieuse c ■nversatiou avec lui.
Nos bateliers avaient raison : il y a toute la largeur de l'océan entre Semlin el Belgrade, entre la Hongrie et la Turquie, quoique ces deux villes et ces deux pays ne soient séparés que par le cours de la Save. El encore ne sommes-nous pas réellement en Turquie, caria Servie n'est plus qu'une dépendance à moitié détachée de l'empire ottoman; aux termes des traités, il ne peut y avoir de Turcs en Servie que dans les places fortes. Les bourgeois musulmans ont du évacuer le pays; mais en le quittant, ils y ont laissé les traces habituelles de leur passage, la
peste, la dévastation et la misère. Le peuple serbe n'a pas encore eu le temps de se reconnaître et de cicatriser ses plaies. Aussi, dès qu'on approche de Belgrade, à part quelques maisons blanches à volets verts, bâties dans le goût européen, tout ce qui apparaît aux regards est de physionomie turque : les murs de la forteresse en ruines, les longs minarets blancs entremêlés de cyprès, les grillages de mille couleurs aux fenêtres, le pavé défoncé, les ordures amoncelées dans les rues. Cependant, placée au confluent du Danube et de la Save, la ville paraît attrayante de loin, comme la plupart des villes de l'Orient, et, de plus, sa situation, autour d'un rocher défendu par la vieille citadelle du prince Eugène, lui donne un certain air de grandeur; mais la scène change d'aspect aussitôt qu'on aborde.
Les gardes de la santé nous avaient littéralement jetés sur le rivage, où deux soldats vinrent nous reconnaître, afin de nous conduire au bureau de la douane.
La visite fut courte et polie, surtout quand j'eus fait connaître ma qualité de Français et demandé l'adresse du consul de France. Le consulat était géré en ce moment par M. Alfred Marèy, petit-fils de notre illustre Monge, jeune homme plein de sens et de cœur, qui avait su se concilier, par une conduite digne et prudente, la bienveillance du gouvernement serbe et l'estime des chancelleries étrangères. Je le trouvai atteint d'une de ces mauvaises fièvres intermittentes si communes dans le pays, et dont il est très-difficile de se guérir. M. Marey fît trêve à ses souffrances pour nous accueillir de son mieux et pour me faciliter l'accès des chefs serbes et turcs, avec lesquels j'avais besoin de conférer. Sa connaissance de la langue serbe lui donnait un avantage dont il avait profité pour étudier et voir par lui-même tout ce qui méritait quelque attention dans la principauté, ïl eut la bonté de me donner ses avis , qui m'ont été fort utiles , et de présider à tous les arrangements que je
devais prendre avant de me mettre en campagne.
Aussitôt que mes préparatifs furent terminés, je commençai à parcourir la ville de Belgrade et à prendre une idée exacte de sa topographie. Je ne fus point frappé, comme je m'y attendais , de son air de désolation et de sa solitude. J'avais fait connaissance en Afrique avec la barbarie musulmane et je la reconnus à ses œuvres dans Belgrade. Je retrouvais dans le faubourg de cette ville habité par les Turcs la même hideuse physionomie que j'avais déjà observée à Koleah, à Blidah et à Constantine. Les costumes de l'Orient ne m'apparaissaient plus que comme la livrée de la misère et du fanatisme. La chaleur était accablante. Nous rencontrions à peine dans les rues quelques rares passants, et quelles rues ! Ici, des maisons en ruines; plus loin, de vastes espaces découverts ; des boutiques sales et obscures ; des croisées sans vitres ; des habitants déguenillés : et pourtant, sous ces
tristes dehors, il était facile de voir que nous n'étions pas encore tout à fait en Turquie. Plusieurs nouvelles maisons de construction moderne s'élèvent dans la partie de la ville habitée par les chrétiens ; ces maisons diffèrent peu de celles de l'Allemagne. Beaucoup de Serbes ont adopté le costume européen. La garde du prince et toutes ses troupes portent un uniforme russe. Les femmes ne sont pas voilées. Quelques voitures consulaires , construites à Vienne, circulent dans les rues. Quelques casernes, un hôpital, une prison, bâtie sur le modèle des nôtres, annoncent la présence d'une civilisation naissante.
Je m'empressai d'aller faire une visite au prince Michel, alors régnant en vertu d'une révolution, aujourd'hui précipité du trône par une autre. La voiture qui me transporta à son Konak (c'est le nom qu'on donne au palais ) eut beaucoup de peine à tourner dans la cour d'honneur où l'herbe poussait entre des pavés mal
unis. Je trouvai deux factionnaires au pied d'une large échelle de bois décorée du nom d'escalier, et après avoir franchi quelques marches, je fus admis dans l'appartement du prince. C'était un jeune homme de dix-neuf ans, grand, pâle, timide, dont la contenance trahissait à un trèshaut degré l'embarras et l'ennui. Il sait assez bien le français et il eut l'obligeance de s'entretenir avec moi dans cette langue, qu'il parlait, au reste, lentement et par monosyllabes. Était-ce défiance de lui-même ou contrainte? je l'ignore; l'entretien ne fut pas long, et je m'aperçus bientôt que le véritable souverain du pays n'était pas devant moi : mais il n'était pas loin.
Au moment où j'entrais dans le salon du prince, j'avais vu s'ouvrir et se refermer mystérieusement la porte d'un appartement contigu au sien : c'était celui de sa mère, la princesse Lioubitza, femme de Milosch. Je demandai et j'obtins aussitôt la faveur de lui être présenté. Cette femme
héroïque, qui a joué un si grand rôle dans l'histoire de la Servie, me reçut avec une sorte d'effusion pleine de dignité , d'empressement et de curiosité. Elle savait que j'avais pour mission de venir constater la situation des chrétiens de la Bulgarie, et son horreur des Turcs lui faisait supposer qu'un chrétien comme elle ne pouvait pas avoir moins de haine pour eux. Qu'on se figure une femme de cinquante ans, d'une physionomie martiale, rêveuse et austère, aux traits fortement prononcés, au regard sombre et fier, la tête nue et couronnée par une natte de cheveux gris tressés de petits rubans noirs; telle était la princesse serbe. Ses bras vigoureux étaient découverts jusqu'aux coudes , d'où flottaient, pour tout ornement, des manchettes de dentelle de couleur noire, comme le reste de son costume, plutôt d'une religieuse que d'une princesse régnante ; car c'est elle qui régnait en effet ou qui essayait de régner, au milieu des périls, sous le nom de son fils. Elle me fit un salut plein de
grâce el de noblesse, et me pria de m'asseoir auprès d'elle.
« Je sais, monsieur, me dit-elle, que vous êtes un Français chargé par votre gouvernement de venir voir ce que les Turcs font ici des chrétiens. Pas ici, reprit-elle, car nous sommes chez nous et nous ne nous laisserions pas faire. Je suis bien aise de vous voir. Vous allez juger de ce que ces barbares ont fait en Bulgarie. Vous ne saurez pas tout ; mais vous en verrez assez pour que l'Europe apprenne la vérité. Ah! si tous ces hommes n'étaient pas des femmes, ou s'ils étaient des femmes comme moi, notre religion serait bientôt débarrassée de ses oppresseurs. Vos femmes sont bien heureuses en Europe ! On ne les insulte pas, on no les outrage pas impunément. Mais, est-ce qu'on ne leur parle jamais de ce que souffrent les femmes chrétiennes de l'Orient ? est-ce que les Serbes ne sont pas vos frères? » Il est impossible de rendre l'expression des traits de cette noble femme, et surtout le son de sa voix pen-
dant cette allocution saisissante, qu'elle avait la délicatesse d'interrompre à chaque phrase, pour donner à l'interprète le temps de me la traduire exactement.
Quand elle avait lu dans mes yeux que j'avais tout compris, elle me confirmait par un geste muet et significatif ce qu'elle venait de dire, et puis elle poussait un profond soupir. La conversation continua sur ce ton pendant près d'une heure, et sa ferveur était si vive, que je craignis de l'exciter jusqu'à l'exaltation, en demeurant plus longtemps. Je lui donnai des nouvelles du prince Milosch que j'avais vu à Vienne: De mon maître, dit-elle tristement, il doit bien s'ennuyer! El elle me congédia avec la majesté bienveillante et naturelle d'une reine.
C'était elle, en effet, comme je l'exposerai bientôt, qui contribuait activement à exciter parmi les populations chrétiennes l'esprit de résistance d'où était née la dernière insurrection de Bulgarie. Soit qu'elle espérât créer des chances poli I î -
ques à son époux, à la faveur d'un mouvement religieux, soit qu'elle eût seulement pour but de satisfaire sa vengeance contre les musulmans, il est certain qu'elle n'était pas étrangère aux événements qui venaient d'ensanglanter la ville de Nissa et tous les villages dévastés par les Albanais. Elle avait tout conduit en dépit des ministres de son fils, qui craignaient de se compromettre envers les puissances et d'encourir la colère du sultan s'ils prêtaient leur appui aux Bulgares insurgés. La princesse Lioubitza invoquait le sentiment religieux, le ministère serbe faisait valoir le droit des gens, et les choses eurent un tel éclat que le prince Michel se vit sur le point de faire arrêter sa mère pour crime de haute trahison. La princesse Lioubitza n'était pas femme à reculer. On l'avait vue, durant les guerres de l'indépendance, lutter avec un courage admirable contre la mauvaise fortune, ramener son mari au combat où elle figurait elle-même, à cheval, au plus fort de la mêlée. On savait
que, malgré le caractère impétueux de Milosch, elle avait tué de sa main une maîtresse de ce prince et bravé son courroux après la mort de sa rivale. Ses menées n'étaient ignorées de personne, et surtout des Turcs, dont le représentant était alors Khiamil-Pacha, gouverneur de la forteresse de Belgrade.
Khiamil avait été ambassadeur de la Porte à Berlin, et il y avait acquis une connaissance assez étendue des grands intérêts de la politique européenne. Je crus devoir lui faire une visite de politesse, et je me rendis à la citadelle après l'avoir fait prévenir de mon arrivée. Je n'ai pas besoin de dire clans quel déplorable état se trouvait cet antique boulevard de la Servie. C'est à peine si nous pûmes arriver en voiture jusqu'au pavillon occupé par le pacha, et qu'il avait dû faire réparer à ses frais pour le rendre habitable. Tous les murs étaient délabrés, écornés, ruinés, ou en voie d'écroulement. Les ouvrages extérieurs semblaient dévastés par
un bombardement. Il me fallut passer pardessus plus d'un las de décombres pour arriver jusqu'aux appartements du pacha.
Sa garde était rangée le long des corridors, à l'entrée desquels il vint me recevoir de la manière la plus gracieuse et la plus empressée. Khiamil n'a pas plus de quarantecinq ans. Sa figure fine et spirituelle, ses manières élégantes et distinguées, feraient honneur au diplomate européen le plus raffiné. Comme la plupart des Orientaux d'origine aristocratique, il est déjà atteint d'une obésité assez incommode pour rendre sa démarche lourde et vacillante. Il me jeta et se jeta familièrement lui-même sur un vaste divan, dont il me fit occuper l'angle d'honneur, après quoi vinrent les sorbets, les pipes et le café, accompagnements inévitables de la politesse orientale.
Je n'ai jamais été plus embarrassé de ma contenance qu'à la vue de ces énormes pipes turques, longues de près de 2 mètres, qu'un esclave plaça respectueuse-
ment entre mes mains. Que faire de cet attirail dont j'ignorais l'usage? Je saisis hardiment la pipe de la main gauche, comme un fumeur de profession, et je la portai à la bouche avec une négligence affectée. Malheureusement, le feu ne tarda point à s'éteindre, et le pacha, s'apercevant que je n'en tirais pas de fumée, demanda une autre pipe. Je vis avec effroi le morceau de charbon qu'on y plaçait, et je faisais de vains efforts pour me tirer d'affaire, lorsque, fort à propos, le café vint à mon secours, et la conversation s'engagea. Rhiamil me fit d'abord longuement expliquer ce que signifiait le titre de membre de l'institut qu'il avait vu sur ma carte, et il prit note sur son carnet de ma définition. Il écrivit aussi mon nom en turc, et il me demanda quel était le but de mon voyage. Je lui répondis franchement que les derniers événements de Bulgarie ayant excité un intérêt très-vif en Europe, la France désirait savoir à quoi s'en tenir sur le caractère de ces événe-
ments, et connaître la vérité tout entière. Il parut trouver cette sollicitude très-naturelle, et il me raconta clans les plus grands détails ce qui s'était passé, froidement, simplement, sans préoccupation politique ou religieuse. Il roulait en ce moment entre ses mains un chapelet ambré, dont il se séparait par intervalles pour demander des rafraîchissements.
La conversation une fois engagée sans réticence sur ce terrain, je fis observer au pacha que l'insurrection de Bulgarie avait dû rendre sa position très-délicate à Belgrade. « Assurément, dit-il, ces événements ont été embarrassants pour nous.
Mais quel gouvernement n'a pas ses embarras aujourd'hui? N'avez-vous pas Toulouse F L'Autriche a l'Italie, la Russie a les Polonais, l'Angleterre a ses chartistes, et l'archevêque de Londres n'est pas en meilleurs termes avec M. O'Connell, que le roi de Prusse avec l'archevêque de Cologne. Vous savez comment les Anglais en usent avec les Irlandais, qui sont leurs
frères. Puisque les chrétiens qui sont civilisés se traitent ainsi entre eux, il n'est pas étonnant que nous, qui sommes des musulmans et des barbares, nous avions quelque chose à démêler avec les chrétiens de Bulgarie. » Je ne change pas un seul mot aux paroles de Khiamil, et l'on conviendra qu'il était difficile de répondre à de tels arguments. J'insistai toutefois sur l'intérêt qu'avait la Turquie à faire cesser des massacres et des dévastations indignes d'elle et de notre temps: « Monsieur, reprit alors Khiamil, il ne dépend pas toujours d'un gouvernement d'empêcher des malheurs dont il est le premier à souffrir. Sa Majesté Louis Philippe (il prononça lentement ces mots en français ) est assurément un prince courageux, et qui cherche à faire le bien de son pays. La France est une grande nation, où l'assassinat n'est pas en honneur, et cependant combien de fois n'a-t-on pas tenté d'assassiner Sa Majesté Louis-Vkiiippe? » Et il ajouta avec un sourire plein de malice: « Les poules et
les canards sont des oiseaux ; mais tous les oiseaux ne savent pas nager. Il n'y a pas un peuple qui n'ait ses poules et ses canards; la question est de savoir quel est le meilleur gouvernement* celui des canards ou celui des poules, et c'est justement ce que dans aucun pays du monde les poules et les canards n'ont encore pu décider. » Que dites-vous de l'apologue du pacha de Belgrade ? Je le rapporte textuellement, comme il me l'a raconté, et je le livre aux méditations de nos hommes politiques.
Khiamil me fit ensuite les honneurs de sa bibliothèque, ornée de plusieurs belles cartes que le général Guilleminol lui avait données, pendant son ambassade à Constantinople. « C'était mon and , ajoulat-il, un digne homme et que j'ai bien regretté. «Khiamil avait marqué sur la carte de Turquie, qui était celle du colonel Lapie, les stations principales de l'empire et leurs distances en mesures du pays. Le reste de l'ameublement scientifique du
local se composait de dessins assez médiocres, représentant les manœuvres élémentaires de l'école du peloton, et quelques lithographies de batailles. Il me demanda beaucoup de détails sur les armes à percussion, et m'offrit des lettres de recommandation pour le pacha de Yidin et pour celui de Nissa. Au moment de nous séparer, il me serra la main et me pria de ne pas l'oublier. Le lendemain, je fus fort surpris de recevoir sa carte, gravée en caractères français, sur carton-porcelaine, comme celle d'un élégant de la Chaussée -d'An tin.
En sortant de la citadelle de Belgrade, je rencontrai sur l'esplanade le ministre des affaires étrangères serbe, M. Prolitch, auquel je m'adressai sans périphrase, en lui annonçant que je me rendais chez lui. Il me proposa de m'y accompagner à pied, et mon étonnement l'ut grand, lorsque je le vis tirer de sa poche une énorme clef du poids de 2 ou 3 kilogrammes, qu'il introduisit dans la serrure qui fermait son
so vouge
hôtel et ses bureaux. Sa chancellerie, établie dans une pièce basse, tout en bois, se composait de quatre ou cinq rayons d'étagères grossièrement taillées, et de quelques liasses de lettres numérotées. Il n'avait qu'un seul commis expéditionnaire, qui paraissait suffire aux exigences des affaires. Je ne pus rien apprendre ni du commis, ni du ministre, aussi peu éclairés l'un ([lie l'autre; ils ne savaient pas même approximativement quelle était la population de la Servie, ni quels rapports commerciaux elle entretenait avec les puissances étrangères, ni ses ressources financières, ni ses cultures. M. Protilch abrégea l'entretien, en me donnant des lettres qui devaient faciliter mes excursions en Servie; mais en dépit de sa bonne volonté, ces lettres devinrent plus lard pour moi la source de quelques embarras, parce que j'oubliai d'y faire désigner et recommander le Tartare turc chargé de me conduire jusqu'à Constantinople.
.Se lis visite aussi au consul général
russe, M. de Vatschenko, homme d'esprit et de talent, qui joue exactement à la cour de Belgrade le rôle des résidents anglais chez les princes indiens. M. de Vatschenko ne me dissimula pas plus que la princesse Lioubitza , l'opinion qu'il avait des Turcs, mais il se montra réservé sur ce qui touchait les Serbes. Aimable, spirituel, délié, il avait l'air de tenir dans sa main les destinées de ce pays, dont il parlait d'un ton de pitié railleuse, malgré sa réserve diplomatique. A la suite de ces divers entretiens avec le consul russe, le prince Michel, la princesse mère, le ministre des affaires étrangères et le gouverneur turc, il m'était aisé de deviner de quel côté penchait la balance. La situation de la Servie élait devenue pour moi aussi claire que le jour. Tout est si simple, en Orient, que personne ne peut embrouiller les choses sans trahir à l'instant son secret. Il est donc évident que les Serbes n'étaient pas étrangers aux troubles de la Bulgarie, et que la Russie n'é-
tait pas étrangère aux intrigues des Serbes. Les Turcs, qui savaient tout, se tenaient sur leurs gardes, et quoique surpris au premier moment, ils avaient étouffé l'insurrection, sans rompre avec la Servie, en attendant l'occasion de se venger. L'expulsion de la famille Obrenovitch est le triomphe de leur politique. La Servie est retombée, pour un temps du moins, sous leur joug. Mais il convient d'exposer comment elle avait pu le secouer. Cette histoire est peu connue. Nous allons essayer d'en tracer une esquisse rapide, car la Servie est appelée à jouer tôt ou tard un grand rôle dans les affaires d'Orient.