‹ Voyage en CalifornieChapitre 21 sur 26 · HP · texte numérisé non relu

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que le congrès apporte un prompi remèile à cet état de choses.

t II est impossible de prévoir le résaltat d'un si rapide développement de fortune. Il est certain seulement que le pays sera d'abord inondé d'une foule d'aventuriers avides, dësordonnés, et que les travaux de l'industrie, de l'ugriculture dépériront pendant des années entières. On se livrera au jeu et à toutes sortes d'excès. Les repris de justice des États-Unis et des autres contrées viendront sans doute dans les ravins de ces montagnes lointaines, qui leur ofiVironl à la fois un refuge contre la rigueui' des lois et une source de richesses. Dans les dé6lés solitaires de la Sierra Nevada, il y a des groupes d'individus qui n'ont pour s'abriter que les rameaux d'arbres, et pour se défendre que leur force et leur vigilance. On sait qne ces individus ont dans leurs manteaux des amas d'or. Quelle tentation pour le voleur qui pourrait commettre son crime loin de tous les regards, à l'abri de toute poursuite! Déjà on a signalé plusieurs vols et plusieurs assassinais, mais chacun est tellement occupé de ses propres affaires qu'on s'est à peine occupé de ces crimes. On ne sait combien il en a été commis. Personne n'en a été témoin, et les morts ne parlent pas. Il importe que le gouvernement se hâte de prendre des mesures énergiques pour sauver la contrée des actes de violence, des désordres qui la menacent.

( Il faut qu'il y ait au plus vite une bonne administration en Californie, que le gouverneur soit un homme habile, ferme, intègre, et qu'on ne mesure pas son s^daire sur ceux des fonctionnaires publics

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des Etals>Uni3. Il n'est pas un bon ouvrier ici qui ne gagne en un an le double du traileinenl que TËtal accorde à ses premiers agents.

■ ie ne connais pas un district des Elats-Unis où il soit aussi nécessaire qu'en Californie d'établir des garnisons. Sans le secours des forces militaires, la contrée tombera dans l'anarchie et ta plus déplorable confusion. Hais il faut que la solde des troupes soit augmentée, et que tous les déserteurs ou embaucheurs soient sévèrement punis. Jamais les troupes américaines n'ont été exposées à de pareilles tentalions de désertion. Cbaque jour le soldat rencontre des gens qui ne sont ni plus intelligents, ni meilleurs que lui et qui, en un labeur de trois ou quatre semaines aux mines, gagnent plus que lui en cinq bonnes années de service. Le peuple de Californie sympathise avec le soldat, et la désertion n'est point considérée comme une tache. En face des séductions incessantes de l'argent, le moral des troupes s'altère el les garnisons disparaissent. Si les mines de la Californie doivent être une source de revenus pour le gouvernement, il est nécessaire que le gouvernement défende les intérêts publics, en prenant tes moyens les plus efficaces pour assurer la fidélité des troupes.

( J. L. FOLSOH. >

La quantité de l'or des mines californiennes étant constatée par des documents irrécusables, et sa qualité ayant été reconnue par divers essais, reste une nouvelle question à résoudre, à savoir si le produit de ces mines doit s'accroître ou diminuer.

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VOtAGE EN CALIFORNIE. 177

Les opinions à cet égard seront très-diverses. Un écrivain américain a cherché à présenter ce problème d'une fa^D impartiale.

I 11 est vrai , dit-il , que les gisements aurii%res se trouvent en une vaste étendue de terrain, mais je doute qu'ils soient partout aussi abondants que dans le voisinage du fort Sutter. On me rappellera que les mines d'or de l'Oural sont, après plusieurs années d'exploitation, aussi productives que jamais. Cependant les premiers produits d'une mine sont ordinairement les plus riches, et le travail qui se fait ensuite ne justifie pas les espérances qu'on y attachait. Les aventuriers californiens épuiseront d'abord les mines les plus fécondes, puis il faudra en venir aux autres. Nous présumons que le produit des mines en 1849^ quoiciue considérable, le sera moins qu'en 1848.. Nous savons qu'il reste encore à découvrir les mines, d'où les dépôts aurifères ont été entr^nés dans les vallées et les ravins. Mais si ces mines prolongent la durée des produits, elles ne les augmenteront pas. Nous ne connaissons pas à présent une mine d'or qui rapporte un béné6ce de vingt dollars par jour pour te travail qui y est consacré. Cependant il est certain qu'on extraira l'année prochaîne et dans les années suivantes une immense quantité d'or du soi californien. >

Salubrité de la contrée. — La Californie est, san& aucun doute, d'une nature très-saine pour les gens. prudents et sobres. Les voyageurs qui l'ont visitée rapportent que sa population indigène est une race forte et robuste. Son ^mple régime de vie affermit sa conslitution. Elle réprouve l'excès des spiritueux.

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celui qui s'y livre encourt le blâme général. Le climat est tempéré, agréable. Daas la saison des pluies on doit, autant que possible, éviter de s'exposer trop longtemps à l'air.

Resiourcet de la Californie. — Il y a là , outre les fameuses mines d'or, un grand nombre d'autres produits minéraux : vif-argent, fer, cuivre, et même, dit-on, du platine. L'agricultuie donnera d'abondautes récoltes; l'éducation des bestiaux sera une des sources permanentes de la richesse des habitants. Les marchands ont incontestablement de bons bénéfices à faire dans ce pays.

Qui peut sonf/er à aller en Californie? — Celui qui aime les entreprises aventureuses, qui peut supporter les fatigues du travail, les privations matérielles, abandonner les jouissances de la vie aisée et confortable pour braver toutes sortes de difficultés. Il ne faut pas considérer la Californie comme un Ëden, où les joies pastorales absorbent les sollicitudes de chaque jour, mais comme une arène où l'on ne conquerra sa position que par la patience et l'opiniâtreté, oii, s'ils ne s'enrichissent pas tout à coup par quelque heureuse découverte, le talent et l'industrie seront pourtant récompensés de leurs efibris.

Avis aux émiffranlt. — On ne peut s'embarquer pour la Californie sans un certain capital. Le voyage est cher, el à son arrivée dans le pays, l'étranger sera obligé de payer des prix énormes pour les objets de première nécessité, pour le loyer d'une misérable habitation, et de vivre pendant quelque temps de ses propres ressources.

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Ceux qui sont d'un rnractère industrieux el persévérant feront bien de se livrer au travail des mines. Ceux qui préfèrent un genre de vie actif, mais moins surexcitant, éviteront les ;>/acer» et s'en iront dans l'intérieur de la contrée cultiver le sol et élever les bestiaux.

Il est inutile de se charger, en parlanl, d'un gros bagage. Mieux vaut emporter de l'argent. Aa surplus, le prix des denrées ne sera pas toujours aussi élevé. Les marchés californiens seront bientôt approvision* nés par les négociants de Vulparaiso, des îles Sandwich e( d'Amérique.

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