DE L'OB
Des muyens de dislinj uer l'or ifes maiièrcs <iui lui ressenibleiil. — De» moyens d'en reconnaître le lilre. — De quelques mofens de i'exploil«r.
L'or, lorsqu'il est pur, est un métal JDune de la couleur du laiton ou ctiivre jaune, presque aussi flexible que le plomb : il se laisse entamer facilement avec un couteau, il se fond à peu près ù la même température que le cuivre et l'argenl.
Les pièces de vingt fcancs et de quaranle francs sont composées d'or allié avec un dixième de cuivre; les bijoux en contiennent ordinairement un quart ou ^0 millièmes.
Le cuivre rend l'or plus rouge qu'à l'élat naturel, plus dur et moins ductile.
Souvent les bijoux, au lieu d'être composés d'or allié à 350 millièmes de cuivre, contiennent du cuivre et de l'argent en diverses proportions, mais de manière que ces deux métaux forment ensemble les 250 millièmes de l'alliage. Ces alliages sont d'autant plus pâles qu'ils contiennent plus d'argent. Lorsqu'il y a égales portions d'argent et de cuivre , ils ont à
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peu près la couleur de l'or pur, mais beaucoup plus
de fermeté.
L'or est un des métaux les moins altérables; il l'ésisle à l'aclion de l'air, de l'eau, des acides sulfurique, azotique (eau forte), chlorhydrique ou marin, etc., mais il est dissous par l'eau régale, qui est un mélange d'acide azotique et d'acide chlorliydrique.
Les matières qui, à la vue, peuvent être confondues avec l'or, sont :
i° Les alliages de cuivre et de zinc, qui portent les ' noms de laiton, cuivre jaune, chr^socale, similor, etc. ;
S» La combinaison de enivre et de soufre , ou sulfure de cuivre, ou pyrite de cuivre;
3° La combinaison de fer et de soufre , ou sulfure de fer, ou pyrite tnarliate.
Les alliages de cuivre et de zinc se dislinguenl très-facileiuent de l'or; en les plongeant dans l'acide azotique, ils sont vivement attaqués et se recouvrent d'une couche verle, tandis que l'or reste jaune et brillant; l'acide acétique Qu vinaigre suffit même pour les distinguer, quoique son action sur le laiton soit moins vive.
Le sulfure de fer, frappé avec un morceau d'aeier, en détache des étincelles; tandis que l'or se déprime et s'aplatit.
Le sulfure de cuivre couleur d'or contient toujours du sulfure de fer et fait aussi feu au briquet, mais très-difficilement.
Le sulfui-e de cuivre ainsi que celui de fer se distinguent d'ailleurs facilement de l'or, pan^e qu'ils sont solubles dans l'acide azotique ; et forlement chauffés,
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ils exhalent uae odeur sulfureuse très-reconnaissable et perdent la couleur de l'or.
L'or se distingue encore des mélaux, combinaisons oualliagesqnipeuventavoir sa couleur, par sa densité, c'esl-à-dire par le rapport de son poids à celui d'un pareil volume d'eau.
La densité de l'or est de . . . 19,36
Celle du laiton entre ... 7 et 8 suivant sa
composition
Celledu cuivre 8,79
Celle des pyrites de cuivre . . . 4,17
Celle des pyrites martiales . . . 4,98 ce qui signiRe qu'un morceau d'or pèse 19 fois et S6 centièmes le poids d'un pareil volume d'eau, etc.
Il n'y a qu'un métal dont la densité surpasse celle de l'or, c'est le platine; sa densité varie de 30 à SS, suivant qu'il est plus ou moins écroui.
La densité de l'argent est de 10,47.
Par conséquent, les alliages d'or et d'argent, d'or et de cuivre, d'or, d'argent et de cuivre, ont une densité moindre que celle de l'or ; il n'y a que les alliages contenant du platine qui pourraient avoir une densite aussi grande que celle de l'or; mais une faible quantité de platine suffît pour pâlir beaucoup la couleur de l'or.
U'après ce que nous venons de dire, l'or est trèsfacile à distinguer des autres matières qui lui ressemblent au premier coup d'œil, et ne peut être confondu qu'avec des alliages contenant une forte proportion d'or; il ne nous reste donc qu'à expliquer comment on peut reconnaître qu'un échantillon d'or contient d'autres métaux, etdéterminer plus ou moins
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facilement el avec plus ou moins d'eitaclitude combien
il en contient.
Il est d'abord très-aisé de concevoir que le problème est d'auiant plus difficile qu'on veut obtenir plus d'exactitude : c'est pourquoi nous allons donner un aperçu de plusieurs moyens, dont quelques-uns sont très- impartait s, parce que, dans beaucoup de circonstances, on prélerera le plus facile, quoique moins exact.
Le premier moyen que nous indiquerons, le plus prompt et le plus facile, est l'emploi de la pierre de touche.
La pierre de louche est noire ou d'un viotet foncé, très-dure et înatlaqnabte par les acides.
On frotte le métal à essayer sur la pierre de touche ; il y laisse une trace jaune ; l'acide nitrique mis sur celle trace, la laisse intacte si c'est de l'or, la fait disparaître s'r c'est un autre métal, et l'altère plus ou moins si c'est un alliage d'orel d'un anire métal.
Pour déterminer avec quelque précision ta quantité d'or que contient un alliage au moyen de b pierre de touche, il faut beaucoup de soin et d'Iiabilelé; une personne peu exercée ne ponria guère la déterminer qu'à un dixième près; une personne habile pourra difficilement arriver à connaître exuclement les centièmes.
On prépare des touckaux, c'est-à-dire des alliages d'or pur avec des quantités connues de cuivre.
Au lieu d'acide nitrique, on emploie un mélange contenant 98 parties d'acide nitrique d'une densilé égale à 1 ,54 ou marquant 37" à l'aréomèl re Beaumé , S parties d'acide chlorhydrique d'une densité égale à
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l,17ouniarquanl21''àrarëomèti'efieaunié,et 35 parties d'eau.
On frotle l'or à essayer sur la pierre, eX on y marque trois ou quatre louche», les unes à c6té des autres de quelques raillinièlres de long sur deux millimètres à peu près de large; à cèté, on fait trois ou quatre touches avec des touchaux, dont le titre est voisin du titre présumé de l'or qu'on essaye; on mouille toutes ces louches de la même manière, au moyen d'une barbe de plume, avec une même quantité d'acide, et on voit quel est celui des toucbaux qui présente la même apparence que les touches d'essai, et comme on connaît le titre des touchaux , cela fait connaître celui de l'or qu'on essaye.
Si les diverses touches ne présentent pas la même apparence, ce qui arrive presque toujours avec les bijoux, cela vient de ce que la surface contient plus d'or que l'intérieur; c'est l'effet de ce que les bijoutiers appellent la mise en couleur ; alors c'est évidemment la dernière touche qui donne le vrai titre de l'or essayé, pourvu qu'on ait fait toutes les touches avec le même point de l'objet qu'on essaye.
Ijorsque par une première opération on connaîtra à peu près le litre, on recommencera pour le déterminer plus exactement.
Par exemple, je suppose qu'à l'aspect on juge que l'échantillon contient plus de la moitié d'or fin, on fera cinq louches avec des touchaux contenant S , 6, 7, 8, 9 et 10 dixièmes d'or fin , et on comparera l'elfet de l'acide sur ces louches avec celui qu'il produira sur les touches de l'or en expérience; supposons que ce soit au troisième et quatrième ([u'il ressembî*^ le
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plus, on en conclura que son Litre est entre 7 et tt
dixièmes ou 70 et 80 centièmes.
On recommencera avec des toucliaux contenant 70, 7% 74, 76, 78 et 80 centièmes, et s'il ressemble au second et troisième , on en conclura que son titre est de 7â à 74 centièmes. Il est impossible d'arriver à une plus grande exactitude, et même fort difficile, comme nous l'avons dit, d'arriver jusque-là.
Le second moyen que nous indiquerons est la détermination de la densité de l'or qu'on essaye.
Pour déterminer la densité d'un corps quelconque, on le pèse aussi exactement que possible, ensuite on le suspend à l'aide d'un lii au-dessous de l'un des bassins de la balance, on place un vase plein d'eau au-dessous du même bassin, de manière que le corps en expérience sotl entièrement plonge dans l'eau, et, dans cet état, ou met des poids dans l'autre bassin pour l'équilibrer; on trouvera ainsi un poids moindre que celui qu'on a trouvé, lorsque le corps n'était pas plongé dans l'eau, et la différence représentera le poids d'un pareil volume d'eau ; on divisera le poids du corps par ce poids d'un pareil volume d'eau, le résultat ser'a la densité.
Par exemple: Un corps pèse55^',4â, et lorsqu'il est plongé dans l'eau il ne pèse plus que 55^', 35. La différence de ces deux nombres étant 2k',07 , c'est là le poids d'un pareil volume d'eau. On divise le poids du corps 55", 42 par ce poids d'un pareil volume d'eau 2,07, on trouve pour quotient 17,11 , c'est la densité du corps dont il s'agit ; celle densité étant inférieure à 19,26, OR en conclut que ce n'est pas de l'or pur.
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En supposanl que ce soil un alliage d'or et de cuivre, od délerminei-a, ainsi qu'il suit, ù peu près son titre.
La densité trouvée est i7,H
Celte du cuivre est 8,79
La différence est donc 8.52
D'autre part, la densité de l'or est . . . 19,26 Celle du cuivre ......... 8,79
La dilTérence 10,47
L'excès de densité sur celle du cuivre n'étant que 8,32, tandis qu'elle devrait être 10,47 pour que ce fàt de l'or, le rapport entre ces deux nombres représentera à peu près la portion d'or contenue dans le métal essayé.
Divisant donc 8,32 par 10,47, on obtient pour quo^ tient 0,79 et on en conclut que l'alliage essayé contient environ 79 centièmes d'or.
11 serait illusoire de faire la division plus exactement et de vouloir, par ce moyen, délerniiner les millièniesi car lors même qu'on aurait fait les pesées avec la plus grande précision, l'opération que nous avons faite est fondée sur la supposition que dans l'alliage , l'or et le cuivre se combinent sans changer de volume, ce qui n'est pas exact; un centimètre cube d'or, fondu avec un centimètre cube de cuivre, ne donne pas exactement d^x centimètres d'alliage, mais un peu moins; il y a ce qu'on appelle pénétration.
Si, au lieu de cuivre, c'est de l'argent auquel l'or est allié, on fera la même opération en employant la
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