‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 20 sur 85 · ent · texte numérisé non relu

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En estimant à 58 centigrammes la quantité moyenne d'opium pur consommée chaque jour par chaque fumeur, on trouve que le nombre des fumeurs a suivi une progression ascendante très rapide. 11 aurait été :

En 1830

de. . .

ARTICLES d’iMPORTATIO?!.

Le commerce de l’opium, frappé de lantd’édils menaçants, et cause, en dernier lieu , d’une guerre mémorable, est aujourd’hui plus florissant que jamais. Cependant il ne peut avoir lieu dans les ports ouverts, mais la contrebande a flxé ses stations dans les environs de ces ports. Chacune de ces stations possède un certain nombre de navires-magasins qui y demeurent à poste fixe, et que les bâtiments anglais de Hong-Kong et de l’Inde viennent approvisionner de temps en temps. C’est à ces navires que les bateaux de contrebandiers chinois achètent l’opium , saS^ être inquiétés par la douane. Les principales stations sont : Kap-sing-moun, près de Canton, qui écoulait de 7 à 800 caisses par mois en -1843 ; Hou-song, près de Changhaï, 800 à 4 ,000 caisses; Gosou, près d’Amoy, 480 ; Namo, 200; Chusan, 250; Tchimao, 50; Tchin-tchiou, 400, Foutchaou-fou , 400. Macao et IIong-King sont aussi des stations très importantes.

On estimait la récolte de l’opium dans l’Inde, en 4844, à 50,000 caisses, qui ont trouvé, presque en totalité, leur débouché en Chine.

On évalue aujourd’hui la consommation annuelle de l’opium, dans ce pays, à 40 ou 50,000 caisses, qui, au prix moyen de 5,600 francs par caisse, donnent une valeur totale de 444,000,000 à 480,000,000 fr. Nous adopterons , comme moyenne , le cbilTre de 480,000,000 francs.

L’opium importé en Chine est d'un brun noirâtre

TOViOB EN CHINE.

et possède une forte odeur. Il est souvent méléde feuilles et d’autres impuretés.

On en distingue quatre sortes, qui sont : lePatna, leBénarès, le Malwa et l'opium de Turquie, dit Turkey. Les deux premières s'exportent de Calcutta et sont le produit des domaines de la Compagnie. Le Malwa, cultivé dans une contrée qui n'est pas directement soumise à l’Angleterre, s'exporte par Bombay, en y acquittant un droit assez considérable.

Les Chinois consomment peu d’opium de Turquie.

L’opium de l'Inde se vend en caisses du poids d’un picul, ou de 00 kilos 4o. Celui de Patna et de Bénarès se prépare dans l’Inde en pains d’une dimension constante et renfermés dans de petits paquets; chaque caisse contient 40 de ces paquets. Les Chinois achètent souvent ces caisses sans les examiner, tant ils sont sûrs de la qualité de la marchandise.

L’opium Malwa est mis en caisse avec moins de soin que le précédent, et n’est pas renfermé dans des pa>* quets. Cette qualité donne souvent lieu à des fraudes, ce qui oblige les acheteurs à examiner minutieusement le contenu de chaque caisse.

En 4845, le Malwa, première qualité, était coté de 706 à 820 piastres (4,459 à 4,452 fr.) la cai^. Les sortes les plus basses de la même provenance ne valaient que 200 piastres (1 ,086 fr.).

Le Patna, 680 à 720 piastres (3,804 fr. en moyenne).

ARTICLES «'importation.

Iaî Bénarès, 650 àC90 (5,585 fr. en moyenne).

L’opium de Turquie, 500 à 520 (2,7 1 5 à 2,825 fr.)

Ce sont généralement des Parsis et des marchands indigènes qui achètent l’opium dans l’Inde. Les agents des grandes maisons anglaises établies en Chine, et faisant le commerce de cette substance, avancent à ces acheteurs de première main les deux tiers ou les trois quarts de la valeur de l’opium qu’ils leur prennent en consignation. Ils expédient la marchandise en Chine par des navires Cns voiliers, appelés ciippers, et appartenant à leurs maisons. Le fret de ces navires est fort élevé, et tombe à la charge des marchonds indiens.

Le bénéfice certain des consignataires se compose , indépendamment du fret et des assurances :

De 5 p. 0/0 de commission, qui, au

prix de 700

piastres la caisse , font.

21 piastres.

De la prime des piastres d’Espagne sur les mexicaines, soit 5 p. 0/0.

Du profit qu’ils réalisent en achetant, en Chine, des effets sur l’Inde, au taux de 225 roupies par <100 piastres

De la commission sur les remises, de

Bénéfice par caisse.

^ 1 5 piastres.

Indépendamment de ce bénéfice assuré, les consi-

gnataircs en réalisent encore un autre plus ou moins considérable sur la différence du prix stipulé avec le marchand indien et de celui auquel ils vendent en Chine.

On voit que le commerce de l'opium est une source féconde de richessës ^ur les quelques maisons puissantes qui peuvent l'e':t)i|jmter sur une grande échelle. Par contre, il cause un préjïMice réel au commerce anglais en général, en appauvrissàitt la population chinoise et en lui faisant dépenser , au profit de quelques contrebandiers, des sonnnes considérables qu'elle polirait consacrer à acheter des produits de l'industrie britannique. On cite des fortunes colossales dues à ce trafic. La maison Jardine Matheson et C«, par exemple, passe pour avoir gagné en vingt ans 75 millions de fr. par l'opium. Elle emploie sans cesse cinq navires à en effectuer le transport de l’Inde en Chine. L’un de ses clippers, de 285 tonneaux, a, dit-on, une marche supérieure à celle des meilleurs navires de guerre. Cette maison entretient, en outre, pour la vente de l'opium, un bâtiment qui stationne à Hou-song, un à Namo, un à Amoy, un àTchimao, un àFou-tchaou, un à Macao, un à Whampou et un à Hong-Kong. Quatre ou cinq autres bâtiments, portant son pavillon (caries maisons decommercese permettent d’avoir leurs pavillons en Chine), sont continuellement en roule entre ITong-Kong et la côte. Les clippers ont généralement un armement assez respectable en pièces de 9. Leurs capitaines sont des gens

ARTICLES d’importation.

parfaitement versés dans le métier de marin, bien élevés, hospitaliers et d’un courage à toute épreuve.

La maison Dent et C« possède à peu près le même nombre de navires que la maison Jardine, mais d’un tonnage inférieur. MM. Burn, Maevivar et C« ont quatre bâiinients à la côte et deux occupés à faire les transports de l'Inde en Chine. La maison américaine John Russel et C' opère avec quatre navires stationnaires et trois clippers. La maison Parsic, Rustomjee et C° a deux stationnaires. Il serait trop long d’énumérer les autres. Bornons-nous à dire qu’on évalue le nombre des clippers faisant les transports de l’Inde à environ 50, et qu’ils passent pour les plus beaux et les meilleurs bâtiments du monde.

Pour rendre l’opium, tel qu’il est importé en Chine propre ù être fumé, on commence par le faire bouillir avec une certaine quantité d’eau, dans un vase de cuivre de forme hémisphérique. Quand la moitié de l’eau est évaporée, on se met à agiter 1a liqueur sans interruption avec une spatule. La masse étant devenue convenablement épaisse, on en verse la moitié dans un autre vase semblable au premier, et l’on continue l’évaporation. On a soin de diminuer peu à peu le feu. La dessication se poursuit en agitant le liquide visqueux et en l’étendant sur les parois intérieures du vase. Quand l’opium a atteint la consistance voulue, on laisse refroidir les chaudrons pendant quelques minutes, puis on les retourne, en cotnpriiuant le résidu avec la main. On

H ' TOTiGB EN CHINE.

Je déeoupe ensuite en bandes longitudinales et on laisse reposer la masse ; enCn on la brise en la détachant des parois, quand elle est arrivée ù son entier refroidissement. Puis on y ajoute de Peau, et on laisse reposer le tout pendant un jour. On décante, au boutde ce temps, la liqueur qui a une consistance siru[>euse, et l’on verse de l’eau bouillante sur la masse demeurée au fond du vase. On laisse cuire ce résidu pendant dix minutes, on Oltre et l'on ajoute la liqueur décantée, que l’on a aussi portée à l’ébullition. On continue la cuisson, en enlevant l’écume (|ui se forme, avec la barbe d’une plume. A mesure que la liqueur s'épaissit, on l’agite plus rapidement avec une spatule, et l’on diminue progressivement le feu. Quand l’opium a atteint le de gré de viscosité requis, on le laisse refroidir et on le verse dans un vase fermé, où on le garde pour l’usage. Il est alors d’un brun noirâtre.

Les Chinois ont riiabilude de fumer l’opium dans le lieu le plus retiré de leur maison, dans quelque cabinet sombre et silencieux, meublé d’une table et de quelques couchettes basses, sur lesquelles s’étendent voluptueusement les fumeurs. Sur la table on aperçoit un petit pot ù opium, une lampe, des épingles, et enfln di^s pipes en bois, plus ou moins élégantes, mais toutes fermées à une de leurs extrémités, et munies d’un récipient qui a la forme d'un champignon, et dont le milieu présente une ouverture fort étroite. C’est autour de ce trou qu’on frotte l’opium puisé dans le pot. à l’pide

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d’une petite verge en métal, et préalablement exposé à la flamme de la lampe. Le fumeur s’étend sur sa couchette en allumant sa pipe, et se met à aspirer. Au ' bout de quelques minutes, il est obligé de recharger et de rallumer son instrument, cequi se répète un nombre de fois plus ou moins considérable.

Les effets de l’opium varient beaucoup, suivant la quantité que l’on en fume , mais s’exercent constomment sur le système nerveux. Ils sont modifiés par le tempérament, les dispositions et l’ège. On voit souvent des Chinois s’adonner, dès leur jeunesse, à la fatale passion de l’opium, surtout quand ils ont des amis qui s’y livrent. On commence par essayer d’en fumer par curiosité, ou parce qu’il est de bon genre de le faire. Mois on prend rapidement goût à ce narcotique. Une pipe suffisait d’abord à quelques journées d’intervalle I bientôt on ne peut plus s’empêcher d’én fumer plusieurs chaque jour. Aussi longtemps que la dose quotidienne se borneà un ou deux candarines d’extrait pur, la santé n’en éprouve pas d’altération perceptible ; mais la passion augmente tellement vite que l’on arrive souvent, au bout de quelques années, â fumer jusqu'à deux, quatre et six tiièce» par jour, cequi est énorme.

LV'poque à laquelle on comnfbnce à remarquer l’influence 'pernicieuse de l’opium sur la constitution, est aussi fort variable. Chez (]uelques individus, c’est dès la troisft*tne ou quatrième année; chez d’autres, ce n’est

VOTÀGE EN CUINE.

qu’au boutile dix, quinze ou vingt ans. Telle peraoniie portera impunément sa dose quotidienne de deux à quatre, à six et à huitcandarines, en conservant sa force et sa santé,' du moins en apparence, pendant un long espace de temps. Elle vous dira que l'opium lui cause des sensations agréables qui durent de six à huit heures, et qui ne l’empêchent pas de vaquer à ses occupations. Comme les liqueurs alcooliques, la fumée de l’opimn engendre la gaîté et stimule le cerveau. Mais ces profondes extases, cette sorte d’ivresse ou de délire, cette violente excitation des nerfs que l’on considère en Europe comme les sensations ordinaires des fumeurs chinois semblent être assez rm'es parmi ceux qui ne se livrent pas d’une manière tout à fait désordonnée à leur passion.

Aussi longtemps que dure la période de pure jouissance, le fumeur d’opium sc llatte do pouvoir échapper aux effets fâcheux de ce narcotique, dont il connaît cependant tant d’exemples. Mais, à la Cn, de sinistres symptômes viennent dissiper ses espérances, en lui démontrant qu'il ne partage que trop le sort commun. Ce ne sont point encore des souffrances qu’il éprouve au commencement de cette seconde période : c'est une sorte d'engourdissement et de malaise général dout il se sent parfois atteint* et qui l’ohligent à exciter régulièrement ses organes par le stimulant auquel il les a habitués, sous peine de voir leurs fonctions languir et s'interrompre. Si, dans le principe, l’usage de l’opium

ARTICLES d’importation.

n’étail à ses yeux qu'une jouissance, il y voit maintenant une nécessité. En vain chercherait-il à renoncer ' à sa fatale habitude. L’afTaiblissement, le manque de sommeil, une torpeur insurmontable, et bientôt des douleurs dans la télé et dans les membres, une forte irritation des organes digestifs, des vomissements et des attaques de dyssenterie, causés par la privation de l’opium, l’obligent à y revenir malgré lui.

Cette seconde période, comme la première, dure ordinairement quelques années. Enfin commence la troisième, qui est généralement plus courte que les deux précédentes. Le corps, complètement épuisé, ne se soutient plus qu’à force d’opium. L’appétit a disparu, l’estomac ne digère qu’avec la plus grande difficulté; les souffrances dans les membres, la diarrhée, sont devenues fréquentes ; le sang circule avec lenteur, le moral est profondément abattu, la démarche chancelante, la mémoire perdue, lesyeux sont ternes, les dents et le teint noirs. Le poids de la misère vient ordinairement s’unir à celui de la maladie, elle malheureux patient, devenu à charge à lui-méme et à sa famille, n’a plus en perspective que la mort, comme terme de ses souffrances. Aussi le désespoir le pousse-t-il souvent à la hâter et à mettre fin à sa triste existence.

Tputes les personnes qui ont résidé dans les pays où l’opium se fume, ont été à même d’en constater les funestes effets et de s’assurer qu’il détruisait la santé, la force, la jeunesse et la beauté ; qu’il n’exis-

VOTACB IH CBIME. — T. III. 7

TOTAGB EN CBINE.

tait pas d'assujettisseuieat comparable à celui auquel étaient soumises ses victimes ; qu'une fois l'habitude prise d'en fumer, il était à peu près impossible d’y renoncer; et que la gaîté, les sensations agréables que procurait , dans le principe , l’usage de ce narcotique , ne tardaient pas à se changer ne souffranœs cruelies.

Avant d’en venir aux mesures extrêmes qui amenèrent la guerre, en 1859, entre la Grande-Bretagne et la Chine, le gouvernement de ce pays fit faire les enquêtes les plus minulienses et recueillit les renseignements les plus détaillés sur les effets de l’opium. Un grand nombre de lettrés écrivirent, sur ce sujet, des mémoires fort intéressants et parfaitement raisonnés, dont la lecture prouve jusqu’à l’évidence que le bon droit était du côté de ceux qui voulaient empêcher l’introduction dans leur pays d’un poison lent mais certain.

Dés l’année 1 800, l’empereur Kca-King avait engagé les subrécargues de la Compagnie à recommander expressément à la cour des directeurs de ne plus expédier d’üf)ium dans scs États. En 4809, le gouvernenr de Canton enjoignait aux hanistes de fournir, pour tout navire qui voudrait décharger sa marcliu.ndise à \Vham|x>u, un ccrlilicat constatant qu'il n’apportait point de cette drogue. Plus tard, un décret impérial motivé par un rapport du même gouverneur, prescrivit

1BTIGLE8 d’importation. 99

de déployer toute la sévérité des lois à l’égard des Chinois de Macao qui débitaient de l’opium.

En >1830 et 3-1, des édits de l’empereur comparant les maux produits par ce narcotique à ceux occasionnés par un immense incendie, fixèrent & cent coups de bambou et à trois ans de bannissement la punition de quiconque refuserait défaire connaître le marchand auquel il aurait acheté de l’opium, et obligèrent tous les gouverneurs de provinces et préfets de départements à exiger de leurs divers employés des certificats, par lesquels ils déclareraient ne jamais faire usage de cette substance.

En >1832, le gouverneur de Canton adressa aux hanistes une notification dont voici quelques passages :

«... L’opium est un poison subtil, inépuisable ; ses effets sont pernicieux à l’extrême. L’introduction de cette substance a été souvent et sévèrement interdite, ce qui n’empêche pas les barbares d’en débiter aujourd’hui sur des navires qui stationnent près de nie de Lin-tin

« La chose a été exposée à l’empereur, et des ordres sévères ont été donnés à l'effet de détruire le mal dans

sa racine Il est enjoint par la présente aux

hanistes de se conformer à cet ordre, et d’engager sérieusement les barbares des divei-scs nations à ne plus apporter désormais d’opium quand ils viendront commercer à Canton. S’ils désobéissent, les écoutilles

TOYAGE Eli CHINE.

de leurs navires seront fermées ; il leur sera interdit de vendre et d'acheter ; ils seront chassés et renvoyés dans leur pays , et ils perdront à tout jamais la faculté de venir commercer ici, afin que leur punition soit manifeste. [jCS hanistes auront à faire tous leurs efforts pour empêcher à l’avenir l'introduction clandestine de l’opium.

Qu'ils ne mettent pas la moindre négligence à accomplir ce devoir, car si l’on introduisait de nouveau de l’opium dans le pays, ils seraient co;isidérés comme complices du crime. Point d’opposition ! Voilà les ordres. »

En -1856, un membre du tribunal des rites, nommé Houi-Mou-tchi , adressa à l’empereur un mémoire fort curieux justifié depuis parles événements; mémoire qui ne tendait à rien moins qu'à démontrer la nécessité d’autoriser l’importation de l’opium à de certaines conditions , attendu que l’on ne pouvait l’empêcher.

« Plus la défense d’introduire l’opium a été sévère, disait ce mémoire, plus le poison s’est répandu. Cette circonstance parait mériter une sérieuse attention, et celui qui adresse et mémoire à Votre Majesté la supplie humhlement d’ordonner une enquête secrète sur

la question Sous le règne de l’empereur

Kien-loung, un tarif fut publié, dans lequel l’opium était compris. Dans In première année de Kéaking, l’action de fumer de l'opium fut déclarée crime, et punie de la

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cangue, de remprisonnement, de la bastonnade, de l’exil et même de mort, ce qui n’empêcha pas le nombre des fumeurs d’augmenter considérablement.

« Sous l’empereur Kien-loung, l’opium souipis à la visite de la douane et aux droits était délivré aux hanistes comme d’autres marchandises, et s'échangeait contre des thés et divers produits. Mais maintenant que les lois contre l’introduction de cet article sont rigoureuses, les trafîquants l'achètent en secret, en le payant avec de l’argent du pays, qui s’en va pour ne plus revenir. Jadis un taël d’argent saïci valait JOOOcachs; aujourd’hui il en vaut de J2 à tôOO. Les marchands de sel et autres, recevant de la monnaie de cuivre pour leurs marchandises, et étant obligés d’acquitter les droits à la trésorerie eu argent, il en résulte de grandes pertes pour eux, ce qui fait languir plusieurs branches de commerce.

« On détruirait, dit-on, le mal dans sa source en arrêtant le commerce étranger. Sans doute le Géleste-Empire ne se ressentirait pas de la perte de quelques millions de revenu, mais est-il juste que les Portugais et d’autres étrangers, qui sont en relation avec la Chine depuis quelques siècles, souffrent à cause des Anglais ?...

« Des navires étrangers ont visité les côtes du Fo- Kien, du Tché-Kiang, du Kiangnaii, du Chantoung, avec l’intention d’y vendre de l’opium. Us ont été repoussés par les autorités du pays, mais il n’en est pas

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