VOYAGE ES CUISE
coupées, à 50 ou 60. Cependant la rluibarbc du Sé- Icbuen vaut, à Canton, jusqu'à 70 piastres, quand celle duKouang-si est a 50. A la fin de 1845, la rhubarbe ne coûtait, à Canton, que 55 piastres 55 c. le picul.
Canton a exporté, en 1845, 461,582 kilos de cet article, évalués a 606,031 fr.
La rhubarbe, que Ips Chinois nomment la-houang, est frappée, à lu sortie, d’un droit de 4 taél |)ar picul ou de 12 fr. 40 par 400 kilos.
«t «olrrles.
La culture du mûrier et l’industrie de la soie ont été, comme l’agriculture, en honneur chez les Chinois depuis les temps les plus reculés. Un de leurs anciens souverains imposa à l’impératrice, son épouse, la tâche de présider elle-même à lu culture des mûriers de ses jardins cl à l'éducation des vers à soie dans son palais, usage qui s’est perpétué de siècle en siècle. Un pareil exemple était un des plus grands encouragements qui pût être donné a l’industrie sérigine. Aussi est-elle arrivée en Chine a une supériorité remarquable.
Le mûrier est cultivé dans les provinces du centre et du midi de cet empire, et dans quelques-unes de celles du nord ; mais ce sont les provinces du Tchékiang, du Kiang-sou, du Ngan-ouai, du Hou-kouang,
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ARTICLES 1) EXI’ÜUTATION'.
du Hou-j)i et du Sé-tcliucn, qui produisent les soies de qualité supérieure. Les engrais les plus convenables |K)ur les terrains destinés à la culture des mûriers, sont la vase des rivières, la cendre et le fumier ordinaire. On émonde les jeunes arbres au commencement de l'année. Quand ils commencent à se couvrir de feuilles, on veille avec le plus grand soin à ce que ces dernières soient préservées des insectes nuisibles. La cueillette des feuilles doit aussi se faire avec précaution, et en ménageant autant que |>ossible les branches de l’arbre. Les mûriers se reproduisent par rejetons, par boutures et quelquefois par graines. Quand ils deviennent vieux, leurs fouilles perdent de leur qualité.
Il parait que les magnaneries sont ordinairement situées au centre des plantations de mûriers.
La graine des vers à soie se conserve avec soin, étendue sur des feuilles de papier, jusqu’à l’époque que l’on juge convenable pour l’éclosion, qui est produite par des moyens artificiels; on choisit ordinairement le moment oû les feuilles du mûrier commencent à s’épanouir.
Le temps employé par le ver à passer par ses diverses transformations, est assez variable, et dépend autant de la température que de la quantité de la nourriture qu’il reçoit. Des vers qui ne mettent que 25 jours à arriver à leur entier développement, donnent, à ce qu’il parait, un cinquième de soie de plus que s’ils avaient employé 30 jours, et trois cinquièmes de plus
i;n ciii.m;.
que s'ils en avaienl rnis -iO à se fomrer. Pendant les premières viiigl-qnalrc heures do rexislencc du ver, on renouvelle sa pâture quarante-huit fois; le second jour, trente fois, et ehacun des joiii’s suivants, on diminue un peu.
Les feuilles doivent être bien exactement pesées, afin que la nourriture du ver- soit pi'oportionnée à son âge; dans les premiers jours, on a soin de les couper en plusieurs morceaux. Ces feuilles sont étendues sur des claies, qui doivent toujours être maintenues très- propres.
On augmente le nombre des claies à mesure que les vers grandissent, afin de leur donner plus d'espace.
F.es magnaneries doivent n’êlre exposées à aucune espèce de bruit. L’aboiement d'un chien, le chant d’un coq sufGsent [)our faire périr les vers à soie. Le tonnerre leur fait souvent aussi beaucoup de tort.
Ce sont habituellement desfemmesqui sont chargées de leur éducation. Elles sont obligées de s’astreindre à la plus minutieuse propreté, et d’éviter même de manger des mets d’une odeur forte et désagréable, avant d’entrer dans la chambre où se trouvent les vers.
La température de celte chambre est aussi réglée avec le plus grand soin.
Quand les vers ont atteint leur entier développement, on les dispose dans des compartiments où ils se mettent à filer leurs cocons, opération qui s’achève en huit jours. Alors ceux des cocons que l'on veut con-
AnTIC.I.rS D t-XPORTATION.
server pour ohlcnir de h graine de ver à soie, sonl mis de côté. Ceux, au contraire, qui sonl destinés à être ouvrés, sont placés dans de grands vases en terre lierinéliquemenl lerinés, où les vers ne lardent pas à périr. On jelle alors les cocons dans de l’eau chaude, afin de les débarrasser de la substance glulineuse dont ils sont imprégnés, puis on se met à les dévi ier. On obtient ainsi la soie grége.
Les procédés industriels employés par les (ibinois dans In fabrication des soieries, méritent de fixer l’altenlion de nos manufacturiers, (|tii ont [ui faire des observations utiles sur les métiers et ustentiles divers rapporli'S par M. Iledde, délégué do l'industrie des soies dans la mission de Chine. Parmi ces objets figuraient un cadre pour étendre et laver la graine des vers à soie, une claie servant h leur éducaiion, un bacbc-feuille, un tour à filer, une coconière en bambou, un moulin à soie pour l’organsinage, un rouet à canettes, un dévidoir, un ourdissoir, des peignes, des modèles de méliei*s à tisser les étoffes de soie unies et façonnées, un métier à une marche pour tisser les foulards, et un métier sans marche pour les cordons.
Les métiers à soie <jue l’on rencontre à Canton, sonl construits à peu-près d’après le système usité en Fi ance avant l'introduction du métier à la Jacquard.
Les meilleures qualités de soie grége de Chine, se nomment Isa-lli cl ia'i-sam. Elles sonl généralement désignées <à Canton sous le nom de soies de Nankin.
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En 'l85o, ^836 et -1857, Canton exportait annuellement environ -1,200,000 kilog. de soie. Depuis lors, celle exportation a notablement diminué.
En 1844, elle a été de ;
301 kilogrammei*» et 10,405»044 fr. de soie f^rége.
162,248 — 1,523.649— débourré etdoiipplons desoie.
8,433 — 392,G.'»4 — de fils et rubans.
En -184a, (Planton a exporté :
326,765 kilogrammes de suie grége, d"une valeur de 1 1,281,965 fr. 313,796 de bourre et de dotippious. . 2,284,059
3,11 'i — de nis et de rubans 521,041
A la lin de 4845:
La soie grége, dite isa^tli, se cotait, à Canton, 510 piastres le picul, ou 45 fr. 80 cent, lekilog.
La soie /nt-sum y valait450 piastres le picul, ou 40 fr. 42 cent, le kilog.
La soie, dite Canton n* I , coûtait 325 piastres le picul, ou 29 fr. 20 cenl. le kilog.
La soie Canton n* ^2, coûtait 3|0 piastres le picul (27 fr. 85 c. le kilog.)
Id. Il* 3, 290 — — (26 fr. 05 c. le kilog.)
Voici les prix indiqués par M. Hedde pour diverses qualités de soie :
Tsa-tli, I " (iiiallU; de soirblaiirlie, piix en Chine : .18 à 44 Tr. lekilog. Tai-sam, qnalili de soie blanche , .'14 à :i7 fr. le kilog.
Yun-fa, soie siipérienre, .17 n 4 j f. le kilog.
Canton, u* I , soie lilanclie
le kilograiiim..
:il à 33 fr,
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ARTICLES D EXPORTATION
— 6, soie soufrée 19—20
— 7, soie blanche jaiiimlre. . 16 — 18
Sé-tchuen> soie jaune. ..... 33 — 39
Tcha-pou, soies diverses inférieures. . 9—12
Cban'tong, suie grisâtre sauvage. . . 8 ~ 10
Soies fantaisies diverses 9 *■* 12
Rebuts de soie du Kiaug'Sou. ... 7 — 10
Organsin de Sou^tchaou 45 — 5 q
Id. de Canton.. . . . 35 — 40
Soie jaune de Cochiiicliinc 16 — 24
Soie écriie à coudre de Cocbinchine. . 20 — 30
Sze-pifdouppion de Canton, n* 1. . . 7 — 9
Suie de Canton 5 coudre 20—25
Soie floche de Canton 30—35
Cordonnet de Canton . . . . . 35 — 40
Soie à coudre deNingpOfCOuIeursfiues. 60 — 70
Id. Id. Id. Id., ordinaires. 45 — 50 Soie floche de Ningpo , couleurs Hncs. 70 — 75 Id. Id. Id., ordinaires 50 — 60
Cordonnet de Ningpo 75 — 80
La soie grége s’expédie on Europe dans des caisses contenant 20 paquets du poids de 5 kilog. chacun. Elle est entourée de papier ordinaire et de papier huilé. Les caisses ne sont pas doublées d’étain.
Les soies grèges de Chine sont un article qui mérite de fixer l’attention du commerce français. C’est le seul qui puisse peut-être lui fournir des retours importants, si nos fabricants du midi reconnaissent la possibilité de remplacer avantageusement par ees soies celles qu’ils
VOYACr. FA f.llINF..
nclièlciil (inns le midi de l'iùirope. Je reviendrai plus loin sur ce sujet.
D(-‘s vers snnvnges assez semblables à des chenilles, prudiiisent, dans la province du Cban-toun{j, une soie binnebc dont les fils s'attachent aux arbrisseaux et aux buissons. Os Gis sont à très-bon marché, et servent à faire un tissu nommé lûen-lchéou , plus grossier, mais plus fort que les clolTes de soie ordinaires, et qui dure .livs longlemps.
Des nonibrenx tissus de soie fabriqués en Cdiine, les -crêpes , les damas et les foulards nommés pongi sont peul'étre les seuls qui nient une supériorité réelle sur leurs similaires ouro|)éens. Les élofles brochées or et argent, du Tcbé-Kiang, sont aussi d'une remarquable beauté. Il est, par contre, certains genres, comme les satins, dans la fabrication desquels les Chinois sont trèsinférieurs aux Européens.
Voici les pri.\ de divers tissus de soie indiqués par M. Hedde.
Foulard ^cni , lar^rur 4â centimètres, prît : 1 60 c. le metre, ou 2i fr. le kilogramme.
Foulard dît pougi^ (en pièce), largeur 75 centimètre», prix : t fr 30 b ^ fr. 45 f. le mètre, on 40 h ftO fr. le kilogramme.
Foulard ponc/f (en mouchoirs), de 75 centimètres de large, 2 fr. 10 b 2 fr,* 40 c. par motirhoir, oti 40 b 45 fr. par kilogramme.
Fang-tsiou, ou tissu de soie apprêté, de 49 centimètres dehirge, qualité ordinaire, 1 fr. 90 c. le mètre, ou 40 fr. le kilogramme.
Fang'tsiou, de qualité supérieure, et de 55 centimètres de large, 5 fr. 15 b 5 fr. 25 c. le mètre, un 55 à 5C fr. le kilogramme.
Caze, p(Mir moustiquaire^ de 75 centimètres de large, 1 fr, 35 c. le mètre, ou iO fr. le kilogramme.
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AnTuxF.s I) i.xroiiTvnoN.
Gaze , pf»iir tamU, tie j4 a C > centiiiièlrcs de large; 75 cent, a 3 fr. lo mètre.
Min-lchao^ ti>sn coton et soie (aconné, de centimètres de large; { fr. 90 c«
)e inètrCy on 7.0 fr. )c kilogramme.
ying^tchaot sergé iirégulkr, de 80 ccniimèlies de large; tJfr.Ie mètie^ou 9i fr. le kilogramme.
Fu-tiin t damas ponceau, de 75 ceiitluiètrcs de large ; 7 fi. 75 le mètre, ou 8t fr. le kilogiammc.
l a-dia, élofle h jour fucounét* , de 17. centimètres de large ; 5 fr. le mètre , on 159 fr. le ki'ogramme.
Sergé légiilicr, <îc 79 centimètres de large; 10 fr. Je mètre, on 119 fr. le kilogr.imme.
Salin uni noir, de 99 cenlitnèlres de large ; 7 fr, 75 c. le mètre, ou C'i fr. le*' kilogramme.
Son-sin (rao, gros de Naples cré|>é de llang-Tdiou , de f»2 ccnfiinctres de large; 7 fr. 75 r. le mètre, mi 90 fr, le kilograTine.
Gros de Naples fnronné, crêpé, de 02 centimètres^ de large; 9 à 10 fr. le mètre, rni 98 h lOü fr. le kilogramme.
Soii-tun-tsaï, crêpe uni de Canton, de 52 centiiuèt»*es de large; 5 fi . le mètre, on 05 fr. le kilogramme.
Sou-k’m'huiy crêpe uni de Kin-Ing, dc51 centimètres de lirgo; 4 fr. 40c. le mètre, nu 77 fr. le kilogramme.
l'on-oii-(:ai^ crêpe uni de Ou-Tdimi , de 50 centimètres de large ; 4 fr. le mètre, on 72 fr. le kilogramme.
Fa-oit-lsaï, crêpe faeanné de Ou-Tdiou , de 50 centimètres de large; 4 fr. 75 C, le mètre, on 78 fr. le kilogramme.
I-’a-siiMsao, gros de Naples façonné de Canton, de G » ceiilimèlres de large ;
C fr. 50 c. îc mètre, ou 1\ fr. le kilogramme.
Salin uni cramoisi, de 73 centimètres de large; 4 fr. 50. c. le mètre , ou GG fr. le kilogramme.
Satin uni blanc, de 73 centimètres de large ; 4 fr. 50 c. le mètre, ou GG fr. le küograininc.
satin faeonné |>onr para.soU, de 7G renlimètre.s de large ; 7 fr. 75 c- )e mètre, ou 8t fr. le kilogramme.
satin manciarin façonné, de 79 centimètres de large ; 20 fr. le mètre, ou 117 fr. le kilogramme.
Taî-sze-sun^ satin mandarin uni, de 79 centimètre.sde large ; 15 fr. le mètre, on 105 fr. le kilogramme.
Hak-pak“tuii, satin double face, de 80 centimètres de large; fr. le mètre,
1 15 fr. le kilngrainme.
VOYAGE EN CHINE. — T. ni. 17
VOYAGF. r.N CIIINF.
Satin mil .le Nai.liii, de 7â cen!iiniire< de Inige; '< fr. jO c. le in.Mie, OU 70 fr. le kilugrnmmc.
Tai-tsai-lun, lampas, .le 7.1 cenllinèlrcs de large; 9 fr. le mitre, on 1 00 fr. le kilogramme.
rai-fa-tnn, damas, de 74 CfiUiiuètres de large; C fr. le tnirlre, ou 100 fr. le kilogramme.
damas mandurin, de 70 centimètres de large ; I? fr. le melre, ou 109 fr. le kilogramme.
Nin%‘tchao^ sergé régulier, de 80 centimètre» de large ; 13 fr. le mètre ou 93 fr. le kilogramme.
Jlang-tchao^ crêpe double de Canton, de 40 ceulimètrcs de large ; 3 fr. le mètre, ou fr. le kîKigramme.
• Tcliüiig-kun, taffetas léger uui, pour parapluie, de 02 cenliinètres de large; 1 fr. 10 c. le mètre, ou 52 fr. le kilogramme.
Ping-so, g.ize légère de Sou-tcliou, de 70 ccutimèlrcs de large ; 10 h 20 cent, le mètre.
Velours de Nankin, de 58 cctilimèlrcs de large; 12 à 15 fr. Icnièlre, ou 5ti à 00 fr. le kilogramme.
Uitban.s uuirs, pour cordons, de 40 h CO fr. le kilogramme.
L’cxporlnlioii tics lissusde soie s’est eleveo, on -1844, n CiiiUoii, à 8,^99,y84 fr. et 973,095 kilog., tlüiil 7,800,754 [Kiiir l’Aiiiériqne et 4,017,507 pour l’\ii[;lelciTC.
Kii 4 845, celle iiièiiic cxporlalion a été de 40,087,425 fr. et do 1 4,000,850 kilofT. , donl0,808,0C0 pour rAniérique cl 4,204,237 pour rAïqjlelerrc.
La soie ijré{je, rorjjaiisiii, les rubans cl la soie moulinée sont soumis à un ilioil d’cxporlalioii de 10 lacis par picul ou de 420 fr. par 400 kilo.s.
La bourre de soie ne paye que 2 taëls 5 mcco.s par jiicul, ou 34 fr. par 40 kilos.
Les lissus de soie de loule espece payenl 42 laëls par picul ou 4 .i l fr. par KH) kilos.
ARTir.LES d’exportation,.
Soyo.
Nous avons décrit, dans le second volume de cet ouvrage, la préparation de cet assaisonnement, qui trouve un débouché assez considérable en Angleterre* et en Amérique.
Il en a été exporté, en ^844, de Canton, 67,704 kilos d’une valeur de 49,027 fr.
Sucre.
La Chine parait avoir été le berceau de l’industrie du sucre de canne, qui, depuis des siècles, y est exploitée d'après les mêmes procédés. L’extraction du jus de la canne s’y opère en faisant passer celle-ci entre deux cylindres en bois mus par un buffle. Le vesou arrive par une rigole dans un grand réservoir, d’où il passe dans des chaudières où il subit l’évaporation.
La culture du sucre se pratique, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, sur une très-grande échelle, dans les provinces méridionales de l’empire.
VOYAOF. TN r.IIINE.
oi surtoiil dans lo Fo-kioii, dans le Konang-loung, dans le ^ n-nan, dans IcSé-lcIuicn el à Foi mosc.
Le sucre cand i s’obl’ienl parla crislallisation du sucre brui ; lo meilleur vienl du Fo-kien. On nomme ping-fa le sucre candi pilé cl raffiné.
I/o\porlalion du sucre de Chine a diminué depuis qnel(|ues années, par le fail de la concurrence des sucres de l'archipel Malais, dmil la fabricalion cslpros- (]ue cxclusivemenl cnlrc les mains d’émijrrés chinois. Les nalnrels de ces conlrécs lircnl le sucre nécessaire à leur propre consornmalion du jus du |)almier : c’esl ce qu’on nomme le juggrnj ou sucre de ja}jre, qui, d’après les Védas , se fahriquail déjà dans l'Inde il y a quelques milliers d’années.
Les Chinois ne savenl pas donner à leur sucre une cnliére blancheur. Le plus blanc valail, en ^845, C j)iaslres I fl le pictil ou 58 centimes le kilo ; la seconde qualité se vendait 5 piastres l;2, el la troisième, 5 piastres \\A le picuL Mais le prix moyen du sucre lie Chine parait être de 5 piastres le picnl ou de -io centimes le kilo.
L’exportation du sucre ordinaire s’est élevée, on -t8H,ù Canton, à5, 812,521 kilojj., cl 2,0fi2,775 fr. ; celle du sucre candi a été de 1,951,205 kilojj., el 1.4 H, 7 05 Ir.
Fn 18L5, Cant.m a c.xporle 8,454,550 kilos de sucre ordinaire, d’une valeur de 5,811,015 fr, ; el 2,579,522 kilos de sucre candi, estimés 1 ,75.5,557 fr.
ARTICLES 1) EXPORTATIOX.
Ces exporlatiuiis sont particulièrement à lu destination de rindc an(jlaise.
I^e sucre blanc et brun est soumis, en Cbinc, à un droit de sortie de 2 nièces o eandurines par pieul, ou de 5 fr. -tO c. par 4 00 kilos.
Le sucre candi paye 5 mèces 5 candarincs par piciil (i fr. 54 c. par 400 kilos.)
Le sucre blanc se nomme en chinois le sucre
jaune ou brun houanij-lufuj cl le sucre candi piny-taug.
T»linc.
Quoique le tabac soit aujourd'bui cultivé dans presque toutes les parties de la Chine, l’emploi de cette plante ne parait pas y dater d une époque reculée, car il n’en est point fait mention dans les livres de botanique chinois un |ieu anciens.
Le tabac de Chine est beaucoup plus faible que celui d’Amérique. Il s’en cultive une grande variété d’espèces, dans les diverses provinces de l’empire: leur force parait dépendre du sol et du climat. Le tabac du nord est d’une couleur généralement plus pûlc que celui du midi.
Il est certaines parties de la Cbine où la plupart des cabanes des villageois sont entourées do petites plantations (le tabac; chaque famille y cultive la quantité nécessaire à sa eonsomalion. Quand les feuilles ont été
2fi2
desséchées, on en réunit un certain nombre en bottes, que l'on comprime fortement entre des blocs de bois, et que l’on coupe en brins minces avec une espèce do rabot.
L’habitude de fumer le tabac est universelle en Chine; dès leurs plus jeunes années, les personnes des deux sexes commencent à s’y livrer. On prise aussi beaucoup dans ce pays, surtout dans les classes élevées. La plupart des mandarins portent à leur côté un petit llacon très-élégant renfermant leur tabac en poudre nommé pi-in ; ils l’en tirent avec une petite spatule en ivoire, et le prisent en s’en versant une pincée dans la cavité située au-dessus du pouce. Les gens riches de Canton prennent généralement du tabac de Pjortugal, qu’ils font venir de Macao, et qu’ils conservent pendant de longucsannécs dans de petites bouteilles, prétendant que sa bonté augmente en raison de son âge. Les gens du peuple consomment celui qui se fabrique à Canton même.
Le tabac à fumer se nomme yen-ihip. Les principales sortes consommées à Canton sont : le cAan«/-Am, que l’on tire de Namon-fou ( Kouang-toung ), et qui coûte, en feuilles de premier choix, -H taëls Icpicul ou i fr. 59 c. le kilo ; le chou-hin, qui est plus fort que le précédent et quicroît dans la même province, départcmcntdc Chiouhang-fou, ainsi qu’à Lantchao, dans le Tlié'-kiang; préparé, il cüùted mèceCcandarines le cattyou 2fr. le kilo; le lu-si-kou», encore plus fort que le chou4in, vient de
inXICLES U EXl’OnTATIO.N.
• Sin-lioé, dans le Kouaiify-loung, et coûte environ 83 centimes le kilo en feuilles, et 4 fr. 50 c., préjiaré ; le soé-in, qui se tire de Lanlchao, de Sin-lioé et de Namon-foii , n’est qu'une poussière fibreuse; il vaut ■\ mèce G candarines le catty manufaclurc, ou 2 fr. le kilo.
Il se vend, à Canton, une douzaine de quai liés de tabac jaune ou rou{;câlre, dont la première vaut jusqu’à 50 piastres le picul ou 2 fr. 70 c. le kilo, et dont la dernière ne coûte que tO |)iastres le picul ou 0 fr. 90 c. le kilo.
Les feuilles de tabac de llou-pl et de Namon-fou ont de 25 à 50 centimèircs depuis leur nnissauce jusqu’à leur |)ointe, et de -12 n W centimètres dans leur plus grande largeur, l.es feuilles de Sin-boé mesurent de 42 à 45 cenlimèlres en longueur, et de 48 à 20 dans leur plus grande largeur.
On imite parfaitement, à Canton, les cigai’cs do IWanillc, quant h lu forme; mais la qualité en est fort lidéricure; aussi ces faux-manilles se vendenl-ils au bas prix de I2‘1f*r4 fr. le mille.
La Cbiue envoie une ceriuinc quantité de tabac dans l’Arcbipel; mais ce n'csl point pour elle, jusqu’à présent, un article de grande exportation. On se demande si ce produit pourrait fournir un retour dequcl(|ue importance aux navires fraiieais,
Le tabac est frappé d’un droit d’exporlalion do 2 mèces par picul, ou do 2ff. 40 c. par 400 kilos,
VOÏVtiE EN CHINE.
Thé.
L’iirbrisseaii qui produit lo thé a d'im mètre à un mètre et demi de liauteur; ses brandies sont diarjées de feuilles épaisses, lisses, brillantes, comme celles de l’oranger ou du caféier, et d'une teinte vert-sombre. Scs fleurs sont blanches et ressemblent un peu à celles du camellia; elles s’épanouissent au commencement du printemps, pour ilurcr environ un mois.
La graine de l'arbre à ibc est renfermée dans des capsules triangulaires et légèrement aplaties, divisées en plusieurs cellules.
Le thé paraît être cultivé dans toutes les provinces de Chine comprises entre les 27' et 51' degrés de latitude nord; mais celles où cette culture a acquis le plus de développement, sont le Fo-kien, le Kiang-sou, le i\gan-ouaï et le Tché-kiang.
On distingue plusieurs variétés d'arbres^hé, et l’on dit que le thé vert se fabrique avec des feuilles plus larges et plus courtes que celles employées pour le Ibé noir.
" ■.('.ependant, la difléreneede teinte des deux sortes ne parait devoir être attribuée (ju’à desdill'ércncesde préparation , comme je l'indiquerai plus loin. I.es Chinois obtiennent, à volonté, du thé noir ou du thé vert avec la
Uni(,.LES I» EXl'OIluriON.
môme feuille , comme chez nous le même raisin jieiit servir à fahricjuer du vin roiiijo ou du vin blanc. Ceci n’empêclie pas certains crûs (Pôtre spécialement consacrés au llié vert, cl d’autres, au noir - ainsi, par exemple, la province du Nyan-ouai ne produit [jucre que du premier, tandis <|u’on ne trouve (jue du second dans le Fo kien. I.e Kouan{;-loun{j fournil les deux es])èces.
I.a culture de l’arbre à thé réclame un terrain Irèslé(jcr, mais un peu bumide.
D’après les observations du docteur Abel et de M. Gordon, le sol qui produit les plus belles plantes à thé serait forme de {jrès ou de granit désagrégé , cl présenterait des traces d’oxide de fer.
Le thé SC reproduit toujours par graines. On les sème souvent dans des esj)èecs de pépinières ; puis, au bout de quelque temps , on transplante les jeunes pousses , pour les disposer en rangées régulières , et à un mètre et demi de distance, environ, les unes'des autres , en évitant qu'elles ne .soient ombragées par des arbres. Dans beaucoup de localités, on ne Iransjilanlc point le thé , et on le sème dans des sillons où on le laisse croître.
Le meilleur emplacement que l'on puisse choisir pour une plantation de thé, est le bas d’une coliine e\poséc au midi. C’est le versant méridional des colliiu's de Bolii, (jui fournil les qualités les plus recherchées de rempil e.
I.a répulalion ilc certains crûs remonte à une liante • antiquité, et l'un cite des plantations de tlié auxquelles s'attachent les plus siii|julières traditions.
ün ne commence liahiUicllement à cueillir les feuilles de l'arbre à thé, (|uc quand il a atteint sa troisième année. Il y a trois ou quatre récoltes par an ; la première a lieu en avril -, elle est peu abondante , parce que la feuille est encore lrès-|)etite ; mais c’est celle qui donne les meilleures qualités. La seconde a lieu en juin; la troisième, environ un mois plus tard. Celle qu’on fait souvent en automne , n'est qu'une sorte de glanaje, et donne des thés communs.
Le produit moyen d'une plante est de 5 à CÜO grammes, et sa durée, de à 20 ans.
Le temps a une notable inilucnce sur la qualité de fa feuille, et une trop grande bumidité lui est aussi préjudiciable qu’une extrême sécheresse.
Les feuilles , une fuis cueillies, sont soumises à une dessication lente sur dos planches à rebords, exposées au vent. On a soin de les retourner souvent, de les frotter et de les rouler entre les mains. J’ai entendu dire que les feuilles destinées ù faire du thé noir étaient soumises, pendant (|nelqucs heures, en plein air, à l'action des rayons s(d a ires, qui y produisaient une sorte d’oxidation très-rapide , tandis que les feuilles servant ù fabriquer du thé vert, étaient séchées dans des bâtiments.
Après cette première dessication des leuilles, suivie quelquefois d’un passage au moulin ù vanner, passage
ARTICLES u’ EXPORTATION. •
' qui a pour but de les débarrasser de la poussière qui pourrait déterminer leur inilainmatiun à la chaleur, ou procède à leur torréfaction.
Pour le thé noir, on a une série de bassins de 1er, en forme de calottes sphériques, dis|)osés sur un ran(rdans des ouvertures pratiquées à la partie supérieure d'un long fourneau en maçonnerie. On met environ deux kilos de feuilles dans chaque bassin, 'et l’on a;<itc avec une spatule, en chaufTant le bassin à une température élevée, mais pas jusqu'au rouge. Le thé éprouve une légère décrépitation ; l'opération dure jusqu'à ce qu’il paraisse être arrivé à un degré de siccité convenable ; c’est ordinairement en une demi-heure.
On lui fait en; ni le éprouver une seconde torréfaction, pour lui enlever son reste d'humidité. On se sert, à cet effet, de paniers tressés avec des branches de bambou , d’environ un mètre de hauteur , ronds et plus minces vers le milieu qu’à leurs orifices qui peuvent avoir 40 centimètresde diamètre. Ces paniers ont, dans le milieu, une séparation également en treillis de bambou , sur laquelle on place une couche de feuilles qui s'élève jusque vers la moitié de la partie supérieure.
Ces paniers sont disposés chacun sur un trou de chaleur rond , d’environ -12 à 4-i centimètres de profondeur, et 35 à 40 de diamètre. Ces trous, dans lcs(|ucls on met de la braise, sont pratiqués sur deux rangs dans des dalles épaisses. La chaleur qu’ils exhalent , traversant la cloison en treillis, pénètre dons lo couche
de llié, que l’on remue, cl la jiorlc à un élal de siccitc complel.
La toiTôraclion du llic verl a lieu d'une autre manière. Les bassins de fer sont disposés sur un fourneau dont la face supérieure est inclinée; ils sont donc dans une position oblique. On y soumet les jeunes feuilles à une chaleur modérée, et les vieilles à une température élevée. On les y laisse exposées plus longtemps que le tbénoir, en ayant soin de les ajjiter continuellement avec la main, ce qui paraît être le point le plus important de l’opération. Il n’y a qu’une seule torréfaction pour le llié vert.
Il parait que, |>our donnera ce thé une belle nuancé, on a souvent recours à une fraude qui consiste à y mêler un peu de bleu de Prusse, auquel on ajoute, dit-on, du plûlre, du ebromate de plomb, ou du curcuma. Ceci pourrait peut-être expliquer l’action que le thé verl exerce sur le système nerveux de certaines personnes.
Les Cbinois cbcrcbenl aussi souvent a communiquer aux diverses sortes de thés un parfum agréable en y mêlant certaines (leurs.
Pendant les diverses manipulations auxquelles le llié est soumis, on a soin, de temps en temps, de s’assurer de sa qualité, en en faisant infuser «picb|ues pincées dans de l’eau, et en examinant la force et la couleur de liiiftision.
Quand les feuilles ont été suffisamment desséchées.
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roulées el Iravaillécs, on les iiilroduit dans une boite de plomb mince , à la face supérieure de laquelle on a laissé une petite ouverture ronde, que l’on ferme bien avec plusieurs eouebes de papier et un couvercle. Le tbé de qualité supérieure est souvent renferme dans de petits paquets que l’on met dans la boite de plomb. Lelle-ci se trouve placée dans une cassette en bois rouge, ornée de dessins fantasti(|ues , et qui porte diverses in$cri|>tions indiquant la qualité du tbé, et le nom du crû. F.es dimensions de ces boites sont assez variables.
Los C.liinois appellent généralenient le tbé tcha\ il n’y a que les Fo-kiénois qui le désignent par le nom sous lequel il est connu en Ftirope. On en distingue dix ou douze sortes prineijmles. Les tliés noirs les plus connus sont : le Holii, le Congou, le Sou-teliong, le Paebo ou Pekoé cl le Paoii-cliong. Les thés verts comprennent le Tüiian-kny, le Hyson, le Young-byson, le thé impérial cl le tbé poudre à canon ou gunpowdcr.
Les sortes noires sont les plus estimées en Chine el à peu près les seules qui s'y consomment.
Les babilanls du pays j)renncnl du thé beaucoup moins desséché que celui décliné à l’exportation. Souvent même ils en font infuser des feuilles toutes vertes, el l’on s’accorde à trouver la boisson obtenue de celle manière beaucoup plus agréable (|uc le thé consommé en Europe. Celui qui s’expédie en Kussie par les caravanes, parait tussi devoir sa supériorité à ce qu’il est moins dessécl é que le tbé expédié par mer; ce dernier s’allè-
t'orail pcndaiU la traversée, s'il n'avait pas été soumis à une complète torréfaction.
Il est certaines qualilés supérieures que les négociants étrangers ne parviennent point à se procurer , parce qu'elles sont exelusivement all'ectées à la consommation (ie la famille impériale ou des grands seigneurs de la cour. Les collines de Bolii produisent, dit-on, des thés qui valent jusqu’à ^20 piastres le catly ou pins de mille francs le kilo.
Mais celui qui se vend à Canton sous le faux nom de Buhi, et qui est la sorte noire la plus commune, est simplement fabriqué avec des feuilles tirées du nord de la province du Kouang toung. **
Le vrai Boiii se distingue par sa Gbrc ligneuse, qui est plus abondante que dans les autres thés, et par la couleur très-foncée qu'il communique à l'eau.
La qualité immédiatement supérieure au faux Bobi de Canton, est le Congou, qui constitue aujourd'hui lu plus forte portion des exportations anglaises en thés. Mais il est vrai qu’on donne maintenant ce nom à la plupart des sortes ordinaires de thé noir.
I.C véritable Coii(/ou se fai lavée les feuilles de la troisième récolte.
En décembre 4845, on cotait , à Canton :
Le Cuiigon, !■» quoliCé (fine), 2C (agis 28 ni. le picul, soit 3 fr. 32 c. le Lilog.
IJ,, 2' IJ. (midJling), 22 taël.s le picul, soit 2 fr. 78 c. le kilog.
Id., 3' Id. (comuion), IC taëls 18 in. le picul, ou 2 fr. 01 c. le kilog.
Le Sou-lrhoiiff est une des nieilleurcs sortescourantes
ARTICLKS I) KXPOHTATIOX.
de lliés noirs. On le fiibriquc avec les feuilles de la seconde l écolle. Sa saveur esl un peu forle, comme celle des préeéilenls.
11 valait, en décembre ^845, à Canton, 24 iaëls. 34 m., ou 3 f. 07 c. le kilo.
Le VaoM-khong parait être une variélédu Sou-tcliong, avec lequel on le confond très-souvent.
Le Pa-cho, que les Européens nommcntf’('-/.oé, provient de la première lécoltc. Il est fort reclierclié, d'une saveur très-délicalc et très-njjréablc. On a plus de peine à le conserver (|uc les autres thés. l.a variété connue sous le nom d’Or««ÿc-/’c-/ioc,valait,àla fin de 1843, 23 taèls le pieul ou 2 f. 90 le kilo. Le Pé-koé supérieur était coté 40 taèls , 30 m. , le picul , soit 5 f. 4 I c. le kilo.
La plus basse qualité de thé vert paraît être le Thomnkay. C’est celle dont il s’exporte le plus en Anjleterre. H communique à l’eau une couleur brun pûle. Sa feuille est plus vieille et moins travaillée que celle des autres thés verts.
'Vient ensuite lellyson, (pii sc divise en Old-Hyson, livson-skin et Yoinuî-bvson. C’est ce dernier fini s’exporte en plus grande quantité pour rAinériquc. Il se présente en grains assez longs.
Le tlié impérial doit son nom à sa bonne cpialilé. Ses grains sont ronds et plus gros que ceux du préeédent.
Le thé poudre à lonou a été ainsi appelé à cause de sa
.voYir.r, r.N riiiNp..
rosspmhliincc «voc celle nintière. Il csl d’iin vert trèsfoncé. C'csl In sorte la pins rcclicrcliéc.
Les lliés vorls élaiont colés de la ninnière suivanle, îiCniilon, en déccnd)ic lS5o.
TIh's il»* Cnii(f>n.
]# ktlri«ranimr.
Tottang-kay ,
taris, 32 mrce» le picuJ, soî( 2 fr. f»7 c,
Ilysuit. . .