‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 41 sur 85 · N* IB · texte numérisé non relu

N* IB

•lu lullrs.

70 ImIIf».

l6 bailen.

iS Ijflliei. mu Iwlln.

Le |>ri\ du picul de chacun de ces deux assorliments, sansdislinction de numéros, était, en novembre 1845, de 51 piastres, ce qui é(|uivaut à 2 fr. 78 cent, le kilogr.

On sait que la balle se compose de 40 bundles, ou paquets, de 4 kilogr. 553 g. chaque , et que le nombre d’écheveaux renfermés dans chaque paquet , est égal au numéro du fil contenu dans le paquet.

Amoy n'aciicte point de filés teints. On estimait, à notre passage, que l'importation des long-clotlis ou calicots étrangers, qui n’avait été que de ï>5, 000 pièces, en ^844, s’élèverait à -t 00,000 , en ^8-^5. Ces tissus se consomment, non-seulement dans la province du Fokien, mais encore dans l’ile de Formose, qu’Amoy a l’avantage d’approvisionner de marchandises étrangères et notamment d’articles de coton. L’arrivée de 30 ou

40.000 pièces de long clolhs, |>endant l'étende -184o, avait fuit considérablement fléchir le prix de ces tissus. Au commencement de novembre, on avait vendu 12 ou

13.000 pièces do calicots blancs (mêmes dimensions qu’à Canton) à 2 piastres 10 c. et 2 piastres 14 c., ou 4 1 fr. 40 c. et 1 1 fr. 02 c. la pièce. Les écrus obtenaient une légère prime. Les drills ou croisés étaient ii 3 piastres 30 c.

A la même époque, les groy-long-cloths , premier choix, valaient, à Canton, 2 piastres 03 c. ; les qualités * supérieures, 2 piastres 93 c.; les blancs, 5 piastres à 3 piastres 20 c. ; cl les drills, 3 piastres 03 e. On voit que, pour tous ces articles, les prix de Canton étaient meilleurs que ceux d’Amoy.

La consommation des' chintses ou indiennes, est extrêmement restreinte dans ce port; elle ne va pas à 3,000 pièces par an, et l'on pense (pie ce pays n’eii demandera jamais bcaiicoiip. Formose n'en achète <pie de faibles quantités. On ne veut que des indiennes pour meubles, qui se payent de 3 à 3 piastres 30 c., ou de

Digitizfrd by Gou'ou

AMOT.

■16 fr. 30 c. à ■lO fr. la pièce. Les dimensions en sont les mêmes que celles demandées à Canloii. On ne veut [>ointd’apprét lustré, parce que l’on s’imagine qu’il cache quelque défaut.

Les rouges Âudrinople se vendaient de 4 piastres et demie à 3 piastres et demie la pièce de 55 pouces, ou de 858 millim. de large et de 24 yards ou 21 m. 95 c. de long. Dans le même moment, cet article ne valait, à Canton, que de 5 piastres et demie à 5 piastres.

La vente des mouchoirs n’est pas considérable non plus à Amoy. Ceux que les Anglais y importent sont, pour la plupart, des fonds bleus à lleui-s blanches, de 77 centimètres de côté; ils se vendaient I piastre 25 c. ou C fr. 80 c. la douzaine, tandis que Canton ne les payait que \ piastre 40 c., ou 5 fr. 97. Les Fokiéiiois. aiment assez quelques Ggures dans les mouchoirs comme dans leschiulzes.

Amoy ne fabrique point de tissus de coton imprimés. Les indiennes chinoises qui s’y consomment vieil- slient soit de Ning-po, soit de Tchang-tchéo-fou et de Tenkoua, qui en produisent beaucoup.

Ij6s Chinois rejettent, en général, les colonnades à raies et carreaux, qui leur sont présentées par l’étranger. Cependant les magasins d’.\moy sont pleins de ces sortes d’articles fabriqués dans le pays.

On a vusdeschintzes anglais calqués sur des modèles chinois, ne pas pouvoir se vendre à Amoy.

Les velours de coton unis et imprimés ne convicn-

>UVAGK E\ CHIM;.

neiil point ici. Il en est de même des nrlieles de Saint- Quentin.

1 . 1 'importation des métaux est très-faible à Amoy. On y place un peu de fer et d’étain, du bois de sandal et de sapan, des bielies-de-mer, »les nids d hirondelles, des rotins, de l’indigo, du poisson salé. Le riz de Manille et de Java s'y im|>ortc en grandes quantités. Le premier est préféré au second. Son prix moyen est de J piastre trois quarts iepicul, ou de 16 cent, le kilogramme

L’indigo se vend à Amoy aux prix suivants :

\j! Siara , 1 \ pia.<itres 5U le picut.

Le Java, 10 — ^>0 —

Le Manille, 8 — 50 —

Siamcsl de trop bonne (pialité pour ce inarché. La consommation annuelle de l’indigo y est de 1 ,500,000 à -1,800,000 kilogr. 11 s’y importe à l’étal visqueu.x. Les diverses mialités de l)iclics-de-mcr v étaient co-

tées comme suit, on 1841.

JUeHg-laoii, grandes. . .

Id.

moyennes .

Id.

petites . • .

Trhit: , grandes ....

Id.

grandes noires.

Ta-Tchik, 1

Il* qualité . .

Id.

moyennes .

Pa-Tchi.

Yek•aan^^

grandes. •

Id.

blanclies. >

Id

moyennes .

Id.

pctiles. . .

le kilogiainroe .

oî tavl. le picul,

ou 4 Tr.

C'esl un article de gronde consominalion à Ainoy, et qui donne un beau bénéûeeaux importateurs.

Les rotins de Banjerinassing y sont les plus demandés ; c’est surtout au printemps qu’ils s’y vendent. On les veut petits et d'une teinte claire et luisante. Le prix ordinaire des Banjorm issing est de 26 c. le kilogr.

Les ailerons do requins s'impurlenl également à Amoy. Ils valent :

Le. blancs..

36 taéls.

le picul, ou 4 fr.

Id., 2«

qualité.

Id., .>

Id.. .

Nuir.*, . .

Le bois de sa pan s’y vend :

Le Siam. 2 taëls le picul, eu grands morceaur.

Id 1 — 6 m. — eu petits. —

Java, \ qualité. 1 taël 4 mécestc piciit.

Id., moyenuc. , I — l — —

Id., basse. . . 0 — 9 — —

LcManUle. ... 0 - 9 -

Il faut l’importer de février en mai.

Siam fournit à Amoy un bois de construction trèsdur, nommé galengie , que les Chinois emploient pour la mâture de leurs jonques et qui coûte très-cher.

^On y importe également une écorce nommée man- (jrave bark, qui contient une gomme très-recherchée.

La qualité Singapour vaut t tael 1 lucce le picul. — le Pinang — I — 4 — —

— Siam — I — 5 — —

VOYAGE EiN CHISE. .

Amoy consomme beaucoup de porc salé. Les cuirs de Manille, de Siani cl de Java, s’y vendcnl aussi en quanlitcs notables.

htt cuirs de radies valent 4 (aëls le picul. . ^

— Inflle et rognures, même prix.

— rouges 7 tacls le picuK ■ *-

— gâtés 0 5 nièces id. -

Ces derniers scrveiU à faire de la colle forte.

L’importation des draps est très-minime à Amoy, comparativement à celle des colons. \.es spanish stripes, de 62 pouces anglais de large, s’y vendent à 4 piastre 15 cents la yard; les habils-clo(hs , 40 cents de plus; \es broad-cloths , 4 piastre et demie à 2 piastres. Il s’y |)lacc des camelots anglais.,. , t,r,

Le sucre candi cl les sucres en poudre, brun et blanc, forment la partie la plus considérable des exportations d’Amoy. Le premier y va ut de 6 à 8 piastres le picul, ou de 54 c. à 72 c. le kilogr,; le prix des seconds est tic 5 piastres et demie à 5 piastres le picul, ou de 51 c. à 45e. le kilogr. Le sucre de Tchin-lchiou jouit d'une réputation toute particulière. La province Fo-kienest celle qui a le plus pciTectionnc la culture de la canne; l'activité et l'adresse remarquable des travailleurs de ce pays ont déterminé un grand nombre de colons de diverses parties de rindo-Cliine , à faire venir des journaliers d’Amoy. Pour alle^ à Singapour cl à Pinang, les Fokiénoisse conlenlcnl de 40 piastres, qu’on leur paye d’u-

Diqitizcd by '"'-ogie

AMOT.

vnnce cl qui leur scrvcnl à aclieler leurs provisions de voyage. Ceux qui vont à llalavia reçoivent 45 piastres |)our lii traversée, et ceux destinés à Sourahaya, 20 piastres. ÎVous avons déjà ou l'occasion de dire que les ouvriers du Fo-kicn, Iransporlés dans notre colonie de Bourbon, y ont été reconnus purfaitement propres à reinplacer les nègres esclaves dans la culture de la canne. Celle exportalioii d’Iiommes u’est pas la moiijs inporlanle ni la moins avantageuse pour Arnoy.

Ce port envoie beaucoiq) de papier doré et argenté, ainsi que des parasols, dans riiide, à Singapour et à Pinang. Il s’en exporte également des souliers, des peignes, des conserves et de la poterie commune.

Le camplircy vaut de 425 45 piastres le picul, soit de 4 fr. 07 c. à 4 fr. 4Gc. le kilog. Les étrangers en achètent une certaine quantité.

La rhubarbe et l'alun du Fo-kieu sont trop chers pour donner lieu à des marchés.

Les deux sortes de thé qui s’exportent d’Amoysonl : 4" l’cnkoïjdont le prix est ordinairement de 9 5 42 taëls le picul, ou de ! fr. 17 c. à 1 50 le kilo; 2’ Ickeaper-tea, qui vaut environ 40 taëls le picul ou 4 fr. 25 c. le kilo ; ces prix sont assez variables ; ce sont des qualités fort basses, qui ne se consomment guère qu’en Amérique. On trouve cependant 5 Amoy (pielques sortes de thé excellentes, mais en trop petite quantité pour jmuvoir donner lieu 5 des opérations commerciales avec l’étranger ; elles ne s’exjmrlcnt guère que par jonques. Un

Digilized by Googte

négociant anglais inc disait, en 1845, que, depuis l’ouverture du port d’Amoy, l’exportation des thés sous pavillon étranger ne s’y était certainement pas élevée à t ,000 piculs (00,450 kil.).

L’indigo du l’o kicn est à l'état visqueux et se Y'end dans des paniers enveloppés de papiers et de feuilles. Il coûte de 4 piastres 5/4 à 5 piastres le picul. Mais il nesufût pas t'i la consommation du pays, qui en emprunte à l’étranger, comme je l’ai dit plus haut.

Il ne SC fabrique point de hia-pou ou de tissus d’été à Amoy, qui les tire généralement du Kouaug-toung.

Le picul de riz y coûte 25 cent, le kil. la première qualité, et de 0 fr. 47 c. à 0 fr. 22 c. la deuxièmé. Le riz s’y moud au moyen d’un pilon disposé à l’exlrériiité d’un levier, sur l'autre bout duquel deux hommes pèsent alternativement de tout le poids de leur corps, en s'y mettant debout et eu se soutenant par une corde fixée au plafond. Le pilon tombe dans un trou hémisphérique qui contient le riz.

Le tabac d’Amoy, ppemière qualité, vaut deux nièces le catty, ou 2fr. 50 c. le kilo. La seconde qualité coûte 1 mèce. Il s’en exporte d’assez fortes quantités dans d’autres provinces.

Le picul de bois de chauffage vaut, à Amoy, 7 fr. 57 c. les 100 kilos. > '

Le de viftndede buflle, 1 mèce (1 fr. c. ]cküog>)

Jd mouton, 1 mèce 1/2 (I fr. 87 c. le kilog.)

f, Id l>orc , 1 mèceSOcaebs (on 1 fr. 63 c. lekil.)

Digiti

AMOV.

L’insuffisance des arlides d'exporlalion d’Amoy, ol)li{îc les navires élrar.{TiTs à y prendre beniicotip de piastres en éclian{je des inareliandises (pi’ils y placent.

Les articles étrangers importés à Amoy, arrivent, sans aucun surcroît de prix ou de frais, à la ville im- |)ortante de Tcliang-tcliéo-fou.

Amoy est visité par un grand nombre de joiK|ues de Sinm, de l'ormose et par des bateaux de Soiilou. Les Espagnols y entretenaient jadis un commerce trèssuivi. •Manille y enxoic encore cliuipic année quelques navires. Le commerce entre le détroit de Malaeca et Amoy est d’une notable importance.

Les négociants anglais ne considèrent p.as ce marebé commcsusceptiblc d’acquérir un grand dévclop|)emenl, à cause du manque d’articles d'exportation. Cependant ils s'attendent à y voir la vente des cotons en laine devenir de plus en plus considérable.

Six navires marebands européens étaient mouillés en rade d’Amoy, à notre arrivée.

Voici le tableau des principales importations étrangères b Amoy, depuis l’ouverture de ce port jusqu’au î> novembre 48^’).

Cotons en laine. .

^ Cotons tiiés. • .

Calicots écnis et Uatics Iiuliennes-tueubles. •

Mouchoirs de coton. .

0,1^2,300 kilogrammes.

S'il, 751 -

120,000 pièces.

VOYAf.F. EN CHINE.

TÎMU4 <]« codons teinls y f^uinfçbans, \ priiii9,rarHfrric$h (iturSy velours titf > lO^ÛOO w colo» , coton-flanelh ;

Ti&su^ de laine. — Spanisk ttrip^s. . 2,Oüü —

~ — Lnugt'lh. , , ♦ .Sy'iOO ~

— — Camelots. , . , fi,âOO —

. . • 0,045,000 kilogrammes.

Le chilfrc des iiiiporlalions à Amoy s’csl élevé, en -18 54, à fr. 4,709,200, indépendamment des ventes d'opium.

Celui des exportations a été de fr. 983,555.

I.es importations de 1845 n’ont été que'dc fr. 5,087,000, et les exportations, de fr. 586.950.

Foii-tcliaou>fou.

ron-teliaou-fon, la enpitale de la province do Fokieii, est situé sur la rivière Min, à 25 ou 50 milles de la mer. C’est le setd des ports cliinois ouverts aux navires étrangers, ijuc la légation française n’ait pas visité.

Au eommeneement de novembre 1845, Fou-tcliaonfon n’avait vu , depuis l’ouverture de son port , que sept navires étrangers, savoir : deux barques, deux goélettes et un trois-màt anglais, une goélette et un trois-mût omérieains ; l’une des goélettes anglaises sc perdit avec toute sa cargaison ; Tune des barques anglaises échoua

Digilized 3y Gc» igic

FOC-TCHAOli-FOl'.

à l'enli’ée de la rivière Min ; on parvint à la remettre à flot ; mais son chargement ne convenait pas, et elle fut obligée de le porter à Chang-liaï.

Le trois-mùt anglais, qui revenait du nord, chargé do thés pour l’Europe, essaya, mais vainement, de placer quelques indiennes à Fou-tchaou-fou où il ne put vendre que 55 caisses de thé de Chang-haï, comme échantillon.

La goélette anglaise, la U at>e, arrivait avec un assortiment de calicots, de flis de coton, de draps et d’autres articles. N’ayant rien pu placer après un séjour de deux mois dans le port, elle se décida à retourner à Âmoy, en laissant à Fou-tchaou-fou 2,000 pièces de long-cloths,qui s’y sont vendues depuis à de très-beaux prix.

La goélette américaine, la Pélrelle, alla deux fois à Fou-tchaou-fou ; la première, avec un chargement de fusils, d'horioges, de montres, de lampes et d’autres articles dont il lui fut impossible de se débarrasser ; la seconde, avec des rotins de Banjermassing, qui se vendirent à un prix de îO p. 0;0 supérieur à celui de Canton et d’Amoy.

Le trois-mât américain, le Thomas Perkins, se rendit à Fou-tchaou-fou avec un chargement de 604,000 kilog. de buis de sapan, qu’il y plaça à de très- mauvais prix.

La barque anglaise, la Princesse-ltoijale , y arriva avec une énorme cargaison de tissus de coton , qu'elle réex-

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