‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 59 sur 85 · PRODUTS DIVERS DE LA CHINE · texte numérisé non relu

PRODUTS DIVERS DE LA CHINE

Les impressions sc funl à la |)lunclie ; on se sert ordinairement, à Canton, de {jrands moules carrés, de 40 à 45 cent, de côté. Le dessin lorine saillie sur lu planche. La ijravure est assez soi[piée, mais il parait qu elle est fort chère. Les moules durent, dil-on, dix ans , ce qui prouve que les modes sont peu sujettes au changement. Les Chinois ne cèdent ces planches à des étrangers qu'avec beaucoup dedifGcnltés et à des prix élevés, de peur qu’on n’imite leurs dessins en Europe.

Four imprimer le tissu, l’ouvrier commence par enduire la gravure de couleur avec un gros pinceau ; puis il hrosse , et recommence encore le pinceaulage et le brossage qui durent assez longtemps. Deux hommes étalent ensuite une partie de la pièce sur le moule , en la tenant bien tendue. L’habitude observée chez les Chinois de Taire lu plu|.art des choses au rehours de ce qui se passe en Europe , se rencontre aussi dans la fabrication des indiennes. Au lieu d'u|>pliquer le moule sur le tissu , comme cela se lait chez nous , c’est, au contraire, le moule qui est fixe, et le tissu que l’on ap|)lique sur la planche. On étend ensuite un morceau de papier huilé sur l'étolfe bien adhérente à la gravure. On verse de l'huile sur ce papier, que l’on brosse pendant cinq minutes , de manière à faire bien prendre la couleur sur le tissu. L’n ouvrier imprime, à Canton, GO mouchoirs, de 5C à 58 centimètres de côté, par jour, et gagne une demi-piastre, ou 2 fr. 70 cent.

On obtient à ?*iing-po des dessins beaucoup plus par-

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fails qu'à Cnnlon. J’y ai lomarqiu'* queliiiics ilifféroncos dans la manière d’impi iiner. On commence par passer im grand pinceau lrem|)é dans de l'eau sur les parties en relief du moule, qui a la même forme qu’à Canlon. Puis on applique avic soin le lissu bien tendu sur la gravure, et pour faire |)arfdilemcnt adhérer, on fraj)pc avec un petit bloc de bois, surle(|uel est gravé un léger picotage. On trenq)e ensuite un grand [)inceau dans la couleur à impiâmcr, et l'on en |)asse le bout, avec beaucoup de légèreté s et j)resquc en eflleurant, sur les parties bumides du tissu , qui sont collées sur le dessin en relief. Après chaque coup de pinceau, on applique plusieur.s fois très-rapidement le petit bloc, pour faire bien |)énétrer la couleur. On conçoit que celle-ci ne prenne qu’aux endroits de l’étoffe lendus bumides par l’eau dont le dessin e.st couvei t; les [>arties sèches, celles qui ne coïncident pas avec la gravure, ne rabsorhent pas facilement, et, s'il y a (juchpielois coulage ou confusion , ce n est (|ue sur renvers, car le bon côté du tissu est celui qui adhère à la planche , cl ce n’est qu'aux points adhérents et mouillés (jne la couleur peut traverser l’élolfe. Il faut , du reste, une graïufe jusle.sse de COU]) d’o'il poui' ne touclier préeisémonl (]ue les parties qui lioiunl recevoir la couleur. Le talent de l'imprimetir consiste à attraper et à suivre avec le j)inceau les contours du dessin à demi voilés |)ar le tissu.

Les ateliersde Ning-|i() sont très-petits. On imj)rime sur une table étroite, dans la chnmlire qui donne'

rnoDL'iTs niM-ns df. i.a r.Ill^E.

sur la rue et où soiil suspoiulues beaucoup (riiulieiincs. Dans la secoiulc pièce, ou Irouve encore ([uelcjuclois une table à imprimer, un rccluunl poi talif pour faire séclicr les pièces imprimées, cl une maebineà broyer les couleurs. Au fond on rcnconlre une es| écede l.d)oratoire Irès-miséiable et une cuisine.

Le salaire des imprimeurs, dans le nord de la Chine, • est de 2 7JJCCC.V ou de ^ fr. 50 c. pai jour, comme celui des tisserands.

Les couleurs que les Chinois impriment sur rétofie sont toujours définilives; ils ne les modifient par aucune teinture et par aucune autre opération, cequi s'explique parfaitcmenl pur rignorancc dans laquelle ils sont relativement aux |)ropriétés des mordants.

On choisit généralement en Chine, |iour l’impression, des tissus épais et grossiers.

A Chang-hai, on a deux procédés pour colorer les étoflés de colon. L’un est le même qu’à Ning-po ; l’autre consiste à appliquer sur la toile un pa|>ier dans lequel le dessin qu’on veut obtenir se trouve taillé à jour. On frotte la couleur avec une brosse sur tout le papier. Elle ne prend naturelicment sur le tissu qu’aux parties où il est laissé à découvert par le dessin du papier, qui se trouve, do cette manière, exactement reproduit. C’est certainement le procédé d’im|)ression le plus simple que l’on puisse imaginer.

On fabrique à Canton de petits mouchoirs fonds blancs avec bordure et dessins bleus, à une demi-piastre

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