‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 61 sur 85 · PRODIITS DIVERS DE E\ CHINE · texte numérisé non relu

PRODIITS DIVERS DE E\ CHINE

et noires. D’autres présentent des carreaux en échiquier sur fond bleu.

C’est à Chniqj-liaï que j’ai vu les plus belles indiennes, ou, pour mieuxdire, les seules indiennes passables de fabrication chinoise. Elles y viennent de Soutebaou, qui est le Mulhouse ou le Manchester de la Chine. Les dessins ont un cachet presque européen par leur netteté et le brillant de leurs couleurs. Les pièces ont 16 m. iocentim. de long et 60 centimètres de large; le tissu en est ehinois. La petitesse de la laise oblige souvent à coudre plusieurs pièces en bandes les unes aux autres.

Le prix d’une pièce est de 2 piastres 70 c., onde 1 i fr. 25 c. La même pièce, en blanc, vaut 2 piastres, ou 10 fr. 86 c. Le prix de l’impression n’est donc que de ô fr. 79., ou de 25 eentimes par mètre.

On trouve la diCférence qui existe entre le prix d’une pièce d’indienne anglaise et celui du même article chinois, par la proportion suivante :

dimensions üe Upièce chinoise.

25 m. 59 c. X 0 m, 70 c. ^ • 14 fr, 65 c. .

dimensions delà pièce >* prix de la anglaise. j piècechinoise.

Le tissu chinois en dimension anglaise coûterait 28 fr. 87 c. au lieu de 17 fr. 65 c., qui était le prix des indiennes anglaises à Chang-hai, en 1845.

La différence est donc de 11 fr. 22 c. par pièce et de 44 centimes par mètre en faveur de la fabrication anglaise.

VOYACF, FN r.llivr..

On (iibriqiie n Si>u-lcIiaoii des mouclioii’s de trois j]raiuleurs ; de î2 ccntim. et demi, de .'>t) et do 90 cciilim. de côlé; la plupart sont des fonds blancs à Heurs.

l ne douzaine de mouchoirs de la plus j>etite dimension, avec bordures bleues et Heurs dans riiilérieur, ro\ient à 72 cents, ou à ô fi\ 91. c.

Une douzaine de o9 eenlim, de coté, à 8} cents, «)U d fr. .')() c.; une douzaine de 90 eenlim. de côté, à 2 piastres 19 cents, ou \o fr. 0.7 e.

Les indiennes que l'on fabrique à Cliang-baï sont très-inférieures à celles de .Sou-tcliaou. On y imprime ‘soi;\ent des fi;;ures jp-otesques sur un tissu é|)ais cl commun. Quelquefois, eepen lant, on y emploie pour rimj)ression de beau\ loujj-elolbs anglais. C’est une ehose assez rcnianpiable que eos appels multipliés (pic l induslrie ebiiioise est aujourd’hui obliipc de faire à celle des auires nations. Les filés chinois sont souvent en coton de l’Inde. Les ealieots tiss('‘s en (ibine proviennent souvent aussi de filés anglais. Les étoffes teintes et terminées danseo|)ays, sont bien (réqiiemmenl en lon{j-elolb étranijer. La difficulté qu’on éprouve à placer des tissus de couleur chez les Chinois, pourrait peut-être s'exjiliquer par le désir qu’ils éjirouvciit de SC ivser\or la dernière partie de la fabrication.

On vient de voir (pie la diifércncc qui existe entre le prix des indiennes an{[laises et cliinoiscs est de 11 e. par mètre, en dimensions an|;lai^es.

Celle entre les calicots étrangers et indigènes c>t de

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rnODUTS IMM-.HR DU H CHINE.

20 fl’. (»2 c. par [liècc de { m. .')0 cent, cl de CO cent, par miMre.

Celle entre les colons liiés anglais cl chinois, numéros 1 8 à ."O, peut être évaluée do I à 2 fr. par kilogr.

Ces énormes dillorenecs expliquent parfaitement l’accroissement extraordinaire que l’imporlalion des articles de colon étrangers prend constamment en Chine. Il est inohahic que les bas prix auxquels les Anglais vendent à ce pays, sont le résultat, non seulement de leur fahricalion éeonomique et jicrfectionnée, mais aussf de la concurrence redoutable que les y\inéricains leur opposent sur ce marché, cl de l’espoir qu’ils entretiennent de parvenir à écraser complètement l’industrie cotonnière nationale. Mais l’organisation do celte industrie , l’eminro de riiabitude si puissant dans ce pays , la difflcullé que les üssus étrangers éprouvent à arriver des cinq ports jusqu'au cœur et aux jirovinces occidentales de la monarchie , les droits excessifs dont ils sont frappés en y pénétrant, l’cinbarras que causerait au gouvernement chinois une population d’environ cinq millions d’individus privée de travail , les mesures qu’il no manquerait pas de prendre pour s’opposer à un pareil évcnemenl , empêcheront probablement longtemps encore la fabrication du coton de disparailre de la Chine.

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