‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 62 sur 85 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

Ancien cmmncroc de Manille. — Le galion d’Acapulco. — Compagnie de« Ptiilippinc». — Commerce actuel de Manille. — Les Chinois A Luçon. — Itftporlalions el evporlalions. — Droits de douanes — Colonnades. — Comhavas. — Tahac. — Fabrication des cigares de .Manille. — Piiia ou tissu d’ananas. — .\baea ou tissu de bananier. — Commerce de la Franco avec Manille.

Nous avons eu l’occasion, dans le second volume de cet ouvrajje, de dire quelques mots de l'ancien commerce de Manille et du galion d’Acapulco, par lequel il s’effectua pendant un grand nombre d’années. C’ était par ce navire que les Pbilippines échangeaient leurs produits, mais surtout ceux de la Chine, contre les piastres de l’Amérique espagnole.

Nous avons dit que ce commerce entre Luçon et Acapulco, constituait un monopole important, auquel les personnes les plus riches et les plus notables do Manille, avaient seules droit de participer.

COMMtUCi: ÜK MAMLLE.

Maljïrc les reslriclioiis de toulo espèce imposées au conjmerce eAlérieiir des Philippines, les ports de la métropole ne tardèrent pas à remarquer une diminution dans le cliilfre de leurs affaires , par suite des envois ■que la colonie asiatique faisait à la colonie américaine. Le gouvernement prit fait et cause pour les spéculateurs de l'intérieur, et expédia, eri-l7C.'i, la frégate, U Buen C.onsejo, avec mission de chercher à établir des relations commerciales directes, entre l’Espagne et Manille. Mais celte tentative ne réussit pas^ et le navire reçut le surnom de Mal-Cnnsejo.

En 1783 , une compagnie, dite des Philippines , et instituée nu capital de huit millions de piastres, divisé en 52,000 actions, obtint le privilège exclusif du commerce de ces îles avec l’hlspagne. Celle société s’obligeait à certains sacrifices en faveur de l’agriculture et de l'industrie de 1a colonie. Elle était tenue d’acheter à Manille les divers produits de l’Inde et de la Chine, et demeurait complètement étrangère au commerce des Philippines avec Acapulco,

Malgré les nombreux avantages que la création de celte compagnie promettait aux Mandais, ceux-ci la virent se former de mauvais œil, et lui suscitèrent toutes sortes d’embarras. Elle entreprit à Luçon des exploitations agricoles qui furent mal dirigées, et bientôt elle fut obligée de se renfermer dans des spéculations exclusivement commerciales , que les guerres réduisirent considérablement.

392 \OV\«ili E.N CHINE.

L’aiiiice -1789 vit le port de Manille s'ouvrir auv navires élraii|îcrs, ec qui lui donna une aclivilê qu’il n’avait jamais possédée: mais la compagnie des Philippines outil souffrir de celle concurrence redoutable.

Ce fut eiH 8 N , que , pour la dernière fois , Manille ’ expédia un galion à Acapulco.

L’affranchissement des colonies espagnoles de l’ Amérique fut j)our les Philippines un événcmenl heureux, qui inqirima uii remarquable essor à leur commerce , auquel l'expiralion du privilège de la compagnie, arrivée en I85f, fut aussi favorable.

Les pays avec lesquels Manille entretient aujourd hui les relations d’affaires les plus suivies, sont l’Anglclerre, les Klals-Unis, l'Inde, lu Chine, Singapour, la Nouvelle Galles du Sud, Batavia et Soulou.

Les importations anglaises occupent le premier rang. Elles s’elfeclucnt soit directement, soit en transbordant les marchandises sur navires espagnols à Singapour ou en Chine, ce qui diminue considéra hiement le droit auquel elles sont soumises , comme nous l’indiquerons plus loin.

Les importations américaines, qui viennent en seconde ligne, consistent principalement en articles destinés aux constructions navales, aux approvisionnements des navires, et en toiles de coton de qualité commune, l.'n grand nombre de bâtiments américains arrivent à Manille sur lest et munis de lettres de crédit ou de numéiairc, pour rachat de produitsdu pays.

('.OMMr,llOK DF. MAM1.LK.

I.c commerce français ne joue qu’un rôle insij»iiifiant dans le mouvement commercial des I’liilip|)ines. I.CS articles que nos bâtiments y placent avec le plus de . succès sont les modes, les parfumeries, les cristaux, les * vins et liqueurs deFranee. Certains tissus de coton fabriqués dans nos manufactures, et connus sous le nom de cambai/aset de mouchoirs acumbaijados , y étaient, il y a quelques années encore, d'une excellente défaite. Mais un fâcheux concours de circonstances est venu arrêter ce commerce, comme nous l’indiquerons plus loin.

La protection accordée au sucre de nos colonies ne permettant pas à nos navires de foire entrer le sucre de I.uçon dans la composition de leurs chargements de retour, ils se trouvent forcés d’acheter à des prix élevés d’autres marchandises, telles quede l’indigo, des cuirs, etc., qui se trouvent grevées d’un énorme fret de 275 francs par tonneau, auquel s’ajoutent encore 10 pour cent de frais extraordinaires.

Le commerce des Philippines avec la Nouvelle-Hollande O acquis une assez grande importance, et a pour principal aliment les sucres cl la mélasse.

Java ne contribue que pour un chiffre minime au inouvemenldu port de Manille, ce qu'il faut sansdoute attribuer à la similitude des [U'odnits des deux colonies. Deux ou trois bâtiments hollandais ap|)orlcnt cluupie année aux Phili|ipinesdes fromajfcs, ilu beurre, du 1er, du genièvre ctcpiebpies tissus, (pi'ils y échangent contre des cigares cl du bois de sapan.

Le commerce de la colonie avec Soiiloii est d'une certaine importance. Celle ilc , située entre .Mindanao et Bornéo, obéit à un sultan dont rautorilé est tempérée parcelle de ses principaux ofGciers. Souloucst, comme nous l’avons dit ailleurs, un des plus grands loyers de piraterie de l'Archipel.

Les Espagnols , qui y avaient fondé un établissement, il y a deux siècles, ne tardèrent pas à être forcés de l’abandonner. En ^836, le gouvernement des Philippines a conclu avec le sultan de Soulou un traité de commerce, qui parait être tout à l’avantage de celui-ci.

La duplicité des traitants de Soulou est telle, qu'il faut avoir recours à l'enlrcmise et à la finesse des Chinois, pour faire des affaires avec eux. Il n'est pas rare de voir des marchés s’y conclure les armes à la ma"in.

Il s’importe à Soulou des indiennes, des mousselines, des calicots, des tissus à carreaux, de la quincaillerie, de la verroterie et du fer en barres. Le riz, le tabac et le sucre de Luçon, certaines étoffes de colon du Bengale, le nankin, la poterie, et quel([ues soieries de Chine, s’y ])lacent aussi à des conditions avantageuses.

Les articles de retour sont les nids d’hirondelles, les hololhuries , les ailerons de requins , dont les Chinois sont si friands; la nacre, l’écaille de tortue, la cire et les perles.

Les Philippines ont les relations commerciales les plus suivies avec la Chine à laquelle elles fournissent des quantités considérables de riz. Un assez grand nombre

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