‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 78 sur 85 · COMMERCE ET PRODCITS DE JAW · texte numérisé non relu

COMMERCE ET PRODCITS DE JAW

dit-on, si cet état de choses contiiuiuil, de sii|)|)riiiici' 1 cluhiisseincnt de Mecsler-Coniclis.

iitHiii Bluirii.

('■et cluiti, (]uc Java tire de I île à lu(|iielie il doitsonnoin, est (riiiic |)urelé paiiaile. l/cNploilalion cl la vente de ce inclal sont nionojmliséos par le {jeuverncincnl, (|iii avait conclu, il y a c|uclques années, avec la maison française La{;nier et C% de lîatavia, un contrat pour le transport de Banca à Java de tout l’étain produit par celte ilc, saul 2 ou 0000 piculs que l’on vendait à renoan sur les lieux mêmes, ainsi (|u à Palcmhanjj. !MM. La- {,mier cl C‘ recevaient de G J |2 à 7 florins |iar picul, ou de 22 à 21 lianes par lOü kilos. Dans leur marché SC trouvait également compiâs le Iransjiort de Java à Banca de 70 à 90,000 piculs de ri/., ain.d que du sel, de l’huile et de (juel<[ucs autres articles nécessaires à l’entretien des indigènes. Des circonstances [)arliculières ont fait passer ce marché en d’autres mains.

Autrefois le gouvernement hollandais avait l'hahitude de vendre à l’encan, à Batavia, l’étain de Banca, de trois en trois mois. Les maisons anglaises envoyaient de fortes cargaisons de ccl article en échange des marchandises qu’elles recevaient en consignation. Quand

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VOÏAGB RN CHINE.

nous sommes arrives à liatavia, il n’y avait plus eu de vente d’ctnin depuis deux ans. Mais pendant notre séjour, le 2o avril 1 84o, le (jouvcrnement en a vendu à l'enean 020,000 kilogrammes.

4’otoii.

Le cotonnier arbre (bonibax pontandrum) et le cotonnier herbacé (gossypium berbaceum) croissent à Java. Le premier, que l’on reconnaît de loin a ses brandies disposées liorizontalcmenl en plusieurs étages parallèles, ne produit qu’un coton grossier, connu en malais sous le nom de kapok ou de kapas, et qu’on n’emploie qu’à rembourrer des coussins ou des matelas. Le produit du cotonnier arbuste est fin, léger, et sert aux indigènes à fabriquer des tissus. Le cotonnier herbacé do Java atteint la hauteur d’un demi-mètre environ. Il porte des Heurs d’un blanc jaunâtre , qui ne tardent pas à faire place à une petite gousse ; celle-ci laisse apercevoir, en s’entr’ouvranl, des globules d’une blancbeur éclatante renfermant des graines noires. Ces globules s’épanouissent bientôt, et le duvet s'en dctache.

Oïl plante généralement le cotonnier dans les sawas après la récolte du riz, et l’on commence à récolter le coton au bout de ô mois. T.e coton des U'ijals ou [lays secs est considéré comme le meilleur.

COMMBBCE ET PRODUITS DE J\V\. iÔ5

Jadis, cdiaque chef de famille javanaise était tenu, d’après un ancien usage appelé pa»yump/«ngf, de fournir an chef du village ou au tenancier de la propriété sur laquelle il vivait, un tribut de fil de colon.

La culture du cotonnier a sensiblement diminué à Java, depuis que ce pays enq)runle à l’étranger la plus grande partie des tissus qu’il consomme.

En J8-i3, Java a exporté en Chine et dans rArchipel 204,000 kilogrammes de colon en laine.

Articles «liverM «rex|iortw4ion«

IjCs cuirs secs, qui sont devenus depuis quelques années, pour Java, un article d’exportation considérable, lui sont fournis en grande partie par les îles environnantes. Les cuirs exigent beaucoup de soins pour se conserver en mer. On a l'habitude de les enduire de chaux afin de les préserver de riiumidilé. Le cuir de vache valait, en 1845, de 2 l|2 à 3 florins la pièce de 7 à 8 livres ; le cuir de buflle, de 45 à 47 livres, coûtait de 2 fl. 44 c. à 2 II. 20 c. Il paye 3 fl. de droit par 400 pièces, quand il est exporté pour la Hollande, et le double, quand il est destiné àt’élranger. Le cuir de vache paye 4 florins dans le premier cas, et 8 dans le second.

Le tabac est, à Java, l’objet d'une culture assez, con-

VOÏVCr. KN C.IllNE.

sidcrablc. Il liemandu un sol inudiocromont [jras, mêlé de Siiblc el de cendres. Sa (jualilé est ordinaire. On le cullive |jarliculièremcnl dans les |)rovinees de Préan- }jer el de Kadou.

Java lire de Banjerinassing (Bornéo) cl des îles emironnanles, des qnaiililés considérables de rolins, auxquels la Cbine el rKuropo oIFrenl de bous débouchés. Les rolins jaunes el longs sonl les plus eslimés. Ceux de Ban jennassinij coùlaienl, en de 7 l|2 à 8 ilorins le picul (en moyenne 2G francs les 100 kilos). Les rolins c\|)orlés pour la Hollande sonl frappés d’un droil de do Ilorins par picul, ou de 51 ccntiuies par JOO kilos ; deslinés à l'élranger, ils payent le double.

Le camphre que.lava lire du Japon se vend à l’encaii à Balavia. Il demande à èlre bien |)réservé du eonlael de l’air jiendanl la Iraverséc. Cclarlicle paye 19 fr. 79e.

' ar 100 kilos, quand ilcslexporlé pour la Hollande, et e double quand U est à loule autre dcslinalion.

t)ulrc la casse (|ue Java produil, celle ile en reçoit encore de Padang et de la Chine. La casse de Padang, en pa(|uels, valait, en ISfo, de 15 l|2à Li ilorins le picul.

La culture du nopal eoniinciice à acquérir un développemenl considérable à Java el surtout aux environs de Buiten/or|j. D’ici à peu d'années, les Indes nécrlanilaises livreront à l’Lurope de fortes (|uanlilés de cochenille.

La cullure du eurcunia, par contre, csl sur son dé-

COMMÉRCF. ET moOlilTS DE JAVA. *57

clin duns ccs colonies, pnr suilo de In diininulion sui'vciuie dans la demande de ccl article.

Java lire le gambier do l’établissement hollandais do Riou. Cette substance est de première nécessité pour les indigènes, qui la mélangent au bétel et qui en consomment, dit-on, de .'30 à 00,000 |)iculs par an. I.ie gambier valait, en ISî'3,à Java, de 10 1(2 à II 1(2 llorins le picul. il paye un droit de consommation de J2 11. 5(5 à rim|jorlalion, cl un droit d’c.\porlalion do 2 p. cent ad valorem, pour la Hollande, cl du double pour l'étranger.

La noi.x muscade est cultivée à Java, à Sumatra et aux Moluques, mais sur une petite écbelle. La consommation de cet article parait être en décroissance.

La culture du poivre était jadis lrès-ré[)anduc à Java, où l’on a renoncé dc])uis longues années à ce (iroduit, que l’on tire aujourd’hui, en majeure [Kirlic, de la Cote des poivres de Sumatra. On croit, à Java, que le poivre constituerait un excellent retour en échange des clous de girofle de Rourbon. I.e poivre était coté, en I8 Î5, à Java, de ^ ^ J|2 ù 15 llorins le picul (do dl) à 51 lianes les J 00 kilos), et le poivre long, de I I l|2 à •12 J|2 florins. Cet article est soumis à un droit de -f 11. |>ar picul, ou de 3 fr. 50 c. jiar lOOkilos, quand il est exporté pour la Hollande. Destiné à rétranger il (laye le double.

Java lire principalement les clous de girolle des Moluques. Le droit d’exportation sur ccl article est de 9 II.

VOYAfiE EN CHINE.

1 12 |>ar picul, ou de 52 fr. 22 c. par 400 kil. pour la Hollande, el du double pour l’étranger.

La gomme copale cl l'écaillc de tortue sont fournies à Java par les îles voisines.

Les nids d’hirondelles, qui constituent un article d’oxporlation considérable, sc trouvent à Java, à Sumatra, et dans plusieurs autres parties de rArchipel. Il existe près de üuitenzorg une grotte qui en renferme en grande quantité. Mais le propriétaire ii’y admet pas volontiers les visiteurs, dont la présence inquiète et chasse souvent les hirondelles. Nous nous sommes assez étendus sur cet article dans les chapitres consacrés à la Chine , pour ne plus y revenir ici.

Indiquons maintenant les valeuis des principales exportations de Java, en 4845. Elles se trouvent réunies dans le tableau suivant :

Sucre : 38,712,000 kilog. et 12,238,908 florins, ou 23,989,073 fr,

La |>art de la Hullaiide, dans cette exportation, a été de 9,û62,S63 florin.s ; celle de TAnglelerre, de 703,77 1, et celle de la France, de 24,804.

Café : C3,tlG,700 kilog., et 20,302,038 florins, ou 43, 1 87,563 fr.

La part de la Hollande a été de. . 17,733,257 floriii.s.

Celle de la France, de. . . 913,882 —

Celle de l’Angleterre, de. , 43,163 —

Indigo : 1 ,890,429 liv. de Hollande, et 5,07 ! ,287 florins, ou I 2,023,1 28 fi . La part de la Hollande a été de . 5.434,708 florins,

et celle de la France, de. . . 187.440 —

Ri» : 08,743.900 kilog., et 0,098,236 florins, ou 12,928,302 fr.

La part de la Hollande a été de. . 1 ,393,944 florins,

et celle de la France (sans doute

pour ses colonies) 60,993 —

Coclicnîlle : 63,1 U livre», et 218,690 florin», ou 463,622 fr.

COMMBRCR ET rRODCm DE JAVA.

La France en a exporté pour 13,075 florins.

(ïaiiibier : 42.G39 florins, ou 00,394 fr.

Peaux de buffles cl de vaches : 15?, 310 pièces, et 30'i.'»73 florins, ou 045,694 fr,

Cauiielle : 178,702 florins, ou 378,848 fr.

Poivre : 1,431,140 ki]ug.,e( 415,494 florins, nu 880,847 fr.

Kofius : 514,745 florin.s, ou 1,091,259 fr.

Clous de girofle î 125,67 i kilug., et 180,517 florins, ou 395, 'ilG fr.

Noix muscade : 131,000 kilog.,et 298,059 florius, ou 633,157 fr.

Tabac : 1,824,430 florins, ou 3,807,804 fr.

Thé : 390,390 florins, ou 840,359 fr.

Etain : 2,833,700 kilog., et 2,285,278 florias, ou 4,844,789 fr.

La part de la France a été de 70,000 florins.

Nids d'hirondelles . 17,384 kil.,et 1 ,272,508 fl., ou 2,097,844 fr.

iXoïis avons iiulifjué les droits dont sont fra|)pés, à l’entrée et à lu sortie, les principaux produits qui alimentent le commerce de Java. Comme il serait trop long d’énumcm- les diverses disj)osilions du tarif pour les nombreux articles d’importation, nous nous bornerons à dire que les droits qu’ils acquittent varient, en général , de 6 à 2-4 pour -100 ad valorem, et qu’il existe, en outre, un droit additionnel de 5 pour -tOO sur toutes les marcliandises frappéas par le tarif, pour l’entretien des môles.

Il nous reste i\ donner quelques renseignements sur les usages commerciaux de Java.

Les marcliandises d'importation s’y vendent aux termes de 4, 5 et 6 mois.

Le taux légal de rintérct est de ‘J pour lOU par an.

VOYAGE EX r.llIXE.

Xa commission de vt‘ti(c Kur marcliaiidiscs européennes , est de. . 5 » p. 0^0

Le ducroire sur ventes à terme. 2 1/2 ^

La cuimnis.sioii sur achat de produits ,2 1/2

• Jd., sur rcmboursenicnt contre traite» .2 1/2 —

Id. , sur remises en traites avec endos 2 1/2 —

Jd., — — sans endos 1 0/0

Id., sur alTrelcnu'iil de iiaxire . . 2 1/2 —

Id f .sur encaissement de fond.s 2 1/2 —

Ou rccomniaiule porliculièremciit aux cxpcilitoiirs oiim[iécus do no jamais cnvoyci- à leurs c()nsi[;nalairos de lîalavia (juedes faelures réelles. Une laclure eiillée peut faire maiKjucr de belles ventes.

On a, dil-on, riiabitiide de joindre à toute inareliandisc dont les droits sont j)ayés sur faeture (riùiro|>e, une facture réduite de 50 à 55 pour 100, (ju'on présciilo à la douane liullandaise. C’est un lisage peu louable, mais reçu.

Toute marcbandisc d’importation, dont les droits sont payés sur taxation, est généralement taxée par la douane à 10 pour -100 au-tlessous de sa \alcur réelle.

I.es frais de magasinage des marcbaiidiscs d’iinjiortatii)ii sont réglés comme*suit :

Vin en barrique, uO ccnl. de florin par barrique, par mois. ld.,en caisse, de ÔO boiileillcs, ô cent, par cais.se.

Id., - 12 - 2 -

l'aritte en baril 8 — par baril.

Toileries. ...... 16 — par caisse.

Les frais de débanpicmcnl sont :

1 Pour niarchandUe.s fabriquées, 1 florin par caisse Id.) trau.<ipoitcc.s en magasin, 1 fl l/i —

r.OMMF.RCE ET PRODCITS DE JAVA.

Vin (*ii barriijtK' 1 11. 1/4 i>ar barriqiii’.

1(1., en caisse de 50 iHMiteiïIes, ceiit.s par cais.*ic,

Id.. - de 12 - 12 - -

Farine en baril 30 — baril.

Vin de Chatnpag;nc 20 - caisse.

Lo mimt-rairo csl (Puiio rarelê cxlrèine à Java. Los payomonis au coiiiplanl s'y font en papier-moiiuaio ilc lieux c.spèccs: l'iin appelé florin a rjieiit cl l’aulrc florincuivre. Le premier vaut -lyO"" de pins cpie le second.

Le ])lus petit diillet-cuivre e.-l de cinq florins ; les autres divisions sont de JO, 15, 25, 50, J 00 cl 500 florins.

Le plus petit l)illet-ar{Tcnt esl de 25 florins. Viennent cnsuilcceiix do .50, 100, 200, 500, 500, 1000 florins.

Les emjdoyés du gouvernement sont payés moilié eu papier-arj]cnt, moilié en papier-cuivre.

La petite monnaie de cuivre des inflijèncs se nomme (luit. -100 duits équivalent à I florin-cuivré, et 120 duits à I florin-ar{jcnt.

Les florins -argent de Java perdant de 20 à 25 pour 100 en écliangc «*e florins de Hollande, les maisons européennes cvilcnl cet énorme agio jiar des remises en jiroduils du pays.

Lm piastre'; irEspagne h colonnes valaient, oa t8î j, de 3 50 à 3 5*î 1/3 florins ârgi nt.

Lc.s piastres incvicaincs 3 fl. .10

I,f s quadruples d’Kspagm* jannc.«. . . fl. 1/3

1(1. Id. , rouges. . . 48 à 11.

Les qiindruplc.s mcvîrains jamie.s. . . VJ '

Id. Id., ruugcs. . . 4C à 47

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