ANCIEN COMMERCE DE L1 CHINE
ville, de chasser tous les marchands et Ions les navires qui s'occupaient du traflc de l'opium, sommation à laquelle le surintendant ne put point obtempérer, attendu que les navires contrebandier., slalionnaient en dehors des limites de sa juridiction.
Le commerce de ropium jirit, vers 1858, une extension immense. Pendant qu’on lançait des édits contre ceux qui se livraient à ce trafic illicite, que le gouvernement chinois ordonnait de chasser de Canton les roai-chands étrangers convaincus de fraude, et qu’on brûlait des caisses d'opium en face des factoreries, plüs de cinquante navires caboteurs anglais colportaient cet article le long de la côte. On a peine à concevoir f’audace avec laquelle une poignée de négociants crut pouvoir violer les lois d’un empire. Des schooners et des cutters anglais dépassant les dimensions prescrites, vinrent mouiller à Canton , contrairement aux an- .
ciennes ordonnances, et un négociant fut convaincu .* d’avoir introduit de l’opium dans les factoreries. On l’expnlsa de (’-anton , et les bauistes adressèrent des représentations à la Chambre de commerce, qui déclina ' »
toute compétence en pareille matière» Le commerce fut arrêté. U décembre 1838, les autorités locales ayant ordonné qu’un marchand d’opium chinois fût exécuté en face des factoreries, les étrangers s’y opposèrent , e« qui donna lien à une rixe assc* gi'avc. La populace, restée maitresse de la pince, lança des pierres contre
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les factoreries, mais fut enfin et très tardivement dispersée par la police.
Le môme jour, le capitaine Elliot requit tous le* navires anglais faisant le trafic de l’opium en deçà de Bocca-Tigris, de se retirer, en déclarant qu’il ne les protégerait plus. Il se prononça formellement contre ce commerce, et annonça, le 51 décembre, à ses coni' patriotes, que les affaires recommenceraient à Lauton à partir du I" janvier 4859.
f'ette année, si féconde en événements, amène un redoublement de sévérité de la part du gouvernement chinois. Un marebaud d'opium cantonnis est étranglé devant les factoreries. On parle d'immenses armements. M. Elliot fait amener le pavillon britannique, et lance une protestation contre l'evéculion qui vient d’avoir lieu sous les yeux de ses compatriotes. En mars, on voit arriver à Canton un commissaire impérial très hostile aux Européens, le fameux Lin, auquel des instructions sévères ont été données par l’empereur, décidéenfin à recourir aux mesures les [)lus violentes pour arrêter la contreljande. Dans son premier édit, ce haut fonctionnaire commence pur énumérer les nombreux bienfaits qu’il a plu à Sa Majesté céleste de répandrç sur les étrangei’s depuis plus de deux siècles, puis il les engage à livrer tout l’opium qu’ils ont entre leurs mains, en leur promettant une indemnité s’ils s’empressent d'obéir, et eu les menaçant d un cbùtimcnt terrible dans le cas contraire. Il ne leur laisse qu’un délai de trois
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joui’s, en leur défcndaiil de s’absenter de Canton pendant cet intervalle.
Cette mesure sévère et énergique peut paraître, jusqu’à un certain point, contraire au droit des gens. Mais il ne faut pas perdre de vue non plus qu'elle est prise, de guerre lasse, contre des individus violant de» puis des années, et systématiquement, les luis du pays.
Le terme fatal expire le 24 mars, et la Chambre de commerce n'a encore pris aucune décision. Elle se réunit enlin, et propose de livrer un millier de caisses, croyant ainsi satisfaire le terrible Lin, qui rejette cette oflre ridicule.
M. Hilliot venait d'être iustruit, à Macao, de ces événenicnts. il ordonne la concentration à Hong-Kong de tous les navires anglais, afin de pouvoir y opposer une résistance combinée en cas d’attaque, et se rend luimôine à Canton ponr y surveiller ses conipatriotes et y prendre les mesures commandées par les circonstances, A peine y est-il arrivé que les factoreries sont entourées de troupes de toutes parts; on en fait sortir tous les Chinois, et en quelques histants les étrangers et leur surintendant se trouvent prisonniers. '
Le 27 mars, le capitaine Elliot annonce datis une proclamation que, vu la contrainte exercée par les Chinois , tous les négociants anglai's auront à lai remettre l'opiüm dont ils sont détenteurs, et il s’oblige
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«uverseux, ou nom du gonvernemenl britannique, k leur en faire restituer la valeur intégrale. 20,285 caisses sont livrées, mais l’opium qu elles renferment se trouve mêlé, à ce qu'il parait, ù des matières étrangères qui en augmentent considérablement le volume.
IjOS murcbands anglais s’engagent envers Lin à renoncer désormais à la contrebande. Le commissaire impérial somme également les divers consuls étrangers de lui faire remettre tout ropiiim qui se trouve entre les mains de leurs nationaux.
Ce n’est que le 5 mai que les prisonniers des factoreries voient rompre enfin le cordon sanitaire qui les V confinait, et obtiennent la permission de partir pour Macao.
. Dans le courant du même mois, les autorités ebinolsa> décrètent confiscation et peine de mort contre quiconque introduira à l'avenir de ropium. Elles établissent en même temps de nouveaux réglements pour le commerce, qu’elles déclarent ouvert comme par le passé.
M. Ëlliot proteste contre toutes ces décisions, et se retire, le 24 mai, avec toute la communauté dont il est le cbef.
Un nouvel événement vient porter le comble à l irritation des Cbinois : c’est le meurü-e d’un des leurs, attribué à un matelot anglais. Le inaïulariu de Macao interdit aux habitants de cette ville de donner des vivres