‹ Voyage en CriméeChapitre 25 sur 57 · MPHER0P0L. - SÉJOUR DANS CETTE VILLE · texte numérisé non relu

MPHER0P0L. - SÉJOUR DANS CETTE VILLE

Mon séjour à Kerlche me procura beaucoup de satisfaction, puisqu'il me fournit l'occasion de faire une plus ample connaissance avec M. le chevalier Slemkovsky, homme très distingué et grand connaisseur en monumens anciens. Je ne fus pas moins enchanté de l'entretien du chevalier de Scassi , très versé dans l'économie politique : je ne puis assez me louer de l'accueil amical que je trouvai chez l'un et chex l'autre. M. de Scassi a une maison de campagne située à l'entrée de la ville. Sur le même emplacement , quelques années auparavant , il n'y avait pas un seul arbre , tout était steppe ; aujourd'hui une maison commode à un étage , des vignes, des arbres fruitiers, des fleurs aussi belles que variées, tout cela a été créé comme par enchantement. Ou peut juger par là de ce que peuvent l'industrie, l'intelligence , la patience et le goût secondés par la fortune.

Le 6 septembre , après avoir pris congé de M. le gouverneur et de M. de Scassi, je quittai Kertche à neuf heures du malin , et je poursuivis mon chemin, ne m 'arrêtant qu'à

Théodosie pour me rafraîchir on moment , car je m'étais proposé de passer la nuit à Karasoubazar, à cent soixante et une werstes de Kertche : je parcourus cette distance en quatorze heures. Cette ville est peuplée par des Russes , Arméniens et Ta tares ; on y fait un commerce actif, et j'y remarquai plus de mouvement que je n'en avais vu à mon arrivée à Simpheropol. Comme celte dernière ville n'est qu'à quarante et une werstes , le lendemain je ne pressai pas mon départ, afin de parcourir la ville et de visiter le marché qui était encombré ce jour-là de toutes sortes de marchandises , de denrées et de gros bétail. La foule était grande , et tout le monde était occupé de ses affaires, ce qui donnait à la ville un air gai et animé.

En sortant de la ville on retrouve bientôt les steppes t qui -s'étendent depuis Théodosie jusqu'à Simpheropol ; on aperçoit seulement de distance en distance quelques villages tatares et les montagnes qui garnissent toute la côte de la Crimée méridionale. En s'approchant de celte dernière ville , on voit , à gauche, Tune des plus hautes mon-* tagnes de cette péninsule , appelées par les Tatares Tchatirdagh, à cause de sa ressemblance à une énorme tente.

La ville de Simpheropol , située sur un plateau , se voit de loin et très avantageusement. L'église cathédrale, d'une aclii lecture légère et hardie , excite l'attention ; sur ses quatre faces elle est ornée de colonnes d'une belle proportion; celles-ci sont surmontées d'un dôme qui donne à l'ensemble de l'édifice un air imposant. La rivière Salghir coule dans une vallée à l'entrée de la ville; elle n'est pas profonde, mais assez rapide; dans tout son cours, elle est garnie d'arbres des deux côtés qui récèlent, par-ci, par-là, quelques maisons isolées.

Je descendis dans une auberge assez mal tenue par un

A llcmand , ne dans les colonies wurlembergeoises , qui mal heureusement ne prospèrent pas aulant que la fertilité «lu sol le comporterait ; cependant le gouvernement leur accorde tous les avantages possibles; quelques-uns des colons en profilent et deviennent riches , d'autres se laissent aller à la paresse et deviennent aussi peu laborieux que les Tatares eux-mêmes.

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