DÉPART DE VIENNE POUR LEHBERG
Je quittai Vienne le 20 mai 1829, dans une , voiture ordinaire qui me déposa à Lemberg au bout de sept longues journées.
Mon but étant de porter, suivant mes moyens , le flambeau de la vérité dans l'histoire de la Hongrie , de remonter à l'origine de ma nation , de visiter les pays jadis sous la domination des Magyars, je dus d'abord me diriger d'après l'indication des historiens grecs , arabes et des historiens modernes , qui , presque tous , s'accordent dans l'opinion que les Magyars avaient dominé sur l'étendue des pays entre la Mer-Caspienne et la Mer-Noire , le long de l'Azow et même en Grimée et dans le Khersonèse , sous le nom de If uns, dont les Magyars sont incontestablement une portion considérable. C'est par ce motif que je jugai conforme à mon but de visiter tous ces pays et surtout les montagnes du Cavcase (*) , et de hâter, autant que mes faibles facultés
(I ) Les géographes allemands et , d'après eux , les géographes français appellent cette suite de montagnes Caucase, tandis que les Orientaux.
pécuniaires le permcllraient , ma prompte arrivée en Asie.
J'appris à Lemberg que M. de Humboldt était déjà sur la route de l'Oural ; ayant , par conséquent , perdu l'espoir de l'accompagner, je fus raffermi dans mon projet de prendre la route d'Odessa.
La Crimée devant se trouver sur mon passage pour me rendre sur la ligne cavcasienne , il me parut intéressant de parcourir les steppes (*) occupées par les Ta tares- Nogaï, dans la partie septentrionale de celte presqu'île, afin de connaître ce peuple , me réservant de visiter l'intérieur du pays à mon retour du Mont-Cavcase. Je fixai d'avance mon itinéraire pour me rendre à Stavropol, chef-lieu de la ligne cavcasienne. Suivant ce plan , arrive une fois au détroit de Taman, qui joint la Mer-Noire à la mer d*A«ow, je devais le passer à Jeni-Kaléh , traverser les steppes occupées par les Cosaques de la Mer-Noire et m'arréter à Stavropol , résidence du général commandant la ligne cavcasienne , afin d'y prendre un nouveau podorochc ou passe-port russe , le seul valable dans l'étendue de l'empire de Russie.
les nomment Kaf ou Kav. Moïse de Khorène se sert du mot Kovka$. Dans l'abrégé de l'histoire rédigée par Davith , fils du dernier roi de Géorgie, cette montagne est aussi appelée Kavkase.
Parmi les inscriptions anciennes qui se trouvent sur des marbres incrustés dans le mur le long de la galerie du Vatican , j'ai copié l'inscription suivante :