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La ville de Cahors, qui renferme 13,000 liabilanis, pairie du poêle Clément Marol, né en 1495, mori eu lôii , s'étend sur une presqu'île que forme le Lot dans un de ses replis. De vieux remparts la défendaient du côté de l'isthme. Elle est bâtie sur le sommet d'un rocher escarpé. Attendez-vousdoncà des rues tortueuses et étroites. Beaucoup de maisons sont à terrasse, ce qui est d'un effet assez agréable. Cahors est l'ancien Cadurci , cité des Cadurces; les Romains l'avaient dotée d'un forum , d'un théâtre et de plusieurs temples. On voit encore les restes du théâtre , un portique que l'on croit avoir appartenu à des thermes , et un aqueduc qui amenait au haut du rocher deseauv recueillies à plus de six lieues de là.
La cathédrale présente une vaste nef surmontée de trois voûtes , dont deux en coupole demi-sphérique. Entre les pilastres qui portent les coupoles règne un rang de tribunes à dix mètres du pavé , et sous les tribunes sont les chapelles. Dans la partie qui répond aux coupoles, les fenêtres sont en plein cintre ; dans l'autre partie, elles sont en ogives avec des ornements bizarres , mais qui ont la hardiesse du style gothique. Évidemment , c'est un assemblage de constructions d'époques différentes. La proportion majestueuse et la belle exécution des deux coupoles les ont fait attribuer aux Romains. Une autre coupole , qui couronne le chœur, est, dit-on , du vii^ siècle.
Des trois ponts de Cahors, il en est un fort curieux : le pont Valandré , qui date du xiii^ ou tout au moins du xiV siècle. Il porte trois tours carrées, dont deux aux extrémités, et une au milieu. Les tours et le pont sont bâtis de petits blocs liés pai' un ciment très-dur. Joachim Murât, beau-frère de Napoléon , (jui le fit roi de Naples , était né à Cahors.
Si nous poussions une pointe de quelques lieues, sur notre gauche, jusqu'à Figeac , en remontant le Celé, un afïluent du Lot, nous \isilerions d'abord la grotte de HIars, qu'on nomme aussi la grotte de Marcillac , et qui passe pour la plus belle du département. Ici les stalactites se présentent sous les formes d'autels, de mausolées, d'obélisques, d'arcades pres(pie régulièn's. On cite surtout une colonnelte de jO mètres, (pii , d'un socle d'euNiron S mètres,
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semble s'élever demi-lransparenle et couverte de jolies facettes jusqu'à la voûte, d'où au coutraire elle a mis de longues années à découler j^oulle à poulie.
Nous moulerions ensuite auprès du village d'Assier sur une colline qui porte des ruines imposantes. Nous y reconnaîtrions le bon goût el le luxe élégant de l'époque de la renaissance. Sur la corniche très-sailianle de la façade à trois étages de colonnes , nous regretterions une fort belle statue équestre de François P^ laquelle a disparu. Dans l'intérieur de la cour, les frises de chaque étage sont couvertes d'arabesques et de trophées. On y voyait aussi des bustes d'empereurs romains et des reliefs représentant les travaux d'Hercule, à côté de combats où l'artillerie jouait un rôle. L'inté.rieur de l'édifice présentait une égale profusion d'ornements : chaque embrasure de porte, el même de la plupart des fenêtres, est décorée de sculptures. Les voûtes en arcs surbaissés du rez de-chaussée offrent des compartiments carrés , tracés par des pierres saillantes qui se coupent à angle droit; elles sont enrichies de cannehues très -soignées. Ce n'est pas le temps , ce n'est pas la fureur aveugle des révolutions qui a fait ces ruines ; elle a été démolie en partie dans le but de tirer quelque argent des matériaux. Galliot de Genoulhac , qui pour la construire a dû prodiguer des sommes énormes et appeler les plus grands artistes de son temps , repose dans l'église paroissiale du village, qui a été construite après le château , et qui porte la date de 1545. Sur ce tombeau en marbre gris, orné de six petites colonnes et de la statue de Galliot. on lit cette inscription : Après la mori bonne renommée demeiirre. La voûte de cette chapelle du tombeau est très-hardie , et offre une étoile à dix rayons d'une exécution soignée.
Figeac s'est formée et a grandi peu à peu à l'ombre il" un monastère fondé en 755. Dès l'année 1001 , elle fut assez forte pour obtenir de l'abbé ses franchises et l'autorisation de se gouvernei- ])ar sept consuls. Elle compte aujourd'hui 0,300 ilmes , et occupe une colline arrondie el isolée, dont la base est baignée par la Celle, au centre d'une \ allée (pie bordent des montagnes couvertes de bois el
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(le vignobles. L'église de l'ancienne abbaye i)résente au-dessus de son maitre-aulel un dôme d'une construction singulière. Il allecle d'abord la forme cylindrique, et se termine en un cône à huit faces. Dans l'église Notre-Dame de Puy, le mailre-autel est orné de quatre colonnes torses d'ordre corinthien , en bois sculpté d'un admirable travail. Des anges, pour se montrer, écartent des pampres enroulés autour des colonnes et sous lesquels pendent des raisins. Le bois a reçu de la main de l'artiste la légèreté du feuillage.
En revenant à Cahors, nous gagnerions Montauban et Toulouse. Au lieu de cela, nous allons visiter à vol d'oiseau quelques villes principales sur les affluents de la rive droite de la Garonne, l'Aveyron et le Tarn.
Villefranche de llouergue, ville de 10,000 âmes, ne date que du règne de saint Louis. Le frère du roi, Alphonse, comte de Toulouse, en traça les fondations au confluent de l'Alzou et de l'Aveyron. C'est ce qui explique sa distribution régulière. Quatre grandes rues assez bien alignées se coupent à angles droits. Un superbe porche décore l'entrée de sa cathédrale et sert de base à une haute tour flanquée de quatre tourelles. Cette ville occupe la place d'une antique cité disparue, Carentomay.
A quelques lieues de là est la montagne brûlante de Fontaynes. Vous pourriez croire à ce nom que c'est un volcan; c'est une houillère qui a pris feu depuis un assez grand nombre de siècles pour que la date s'en soit perdue. La montagne a plus de 130 mètres d'élévation; elle est crevassée vers la moitié de sa pente, et par trois soupiraux on distingue à la nuit la lueur du feu. En approchant de ces soupiraux , on sent la terre résonner sous ses pas ; si l'on y enfonce un bâton, on l'en relire embrasé.
Assise sur une colline à plus de 50 mètres au-dessus de l'Aveyron, Khodez a un clocher qui s'aperçoit de quinze lieues. La ville, (}ui contient 9,300 âmes, est petite et généralement mal bâtie. De jolies promenades descendent en terrasses jusqu'à la rive ; mais l'horizon est plus vaste que riant. La vallée de l'Aveyron manque de prairies, de vignes et de vergers. César a mentionné Rhodez sous le nom de
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Seyodumiin, la cilé principale des Ruleni. Dès le v" siècle elle était le siège d'un évêché.
La cathédrale est un superbe édifice du xiii'" siècle. Ainsi que plusieurs autres églises du midi , elle n'a que des entrées latérales et point de grand portail sur sa façade. A l'intérieur, la place de ce portail est occupée par un autel qui fait face au chœur, et à côté se trouve une chapelle du Saint-Sépulcre à voiîte plate. Les arabesques des parties latérales du chœur et de l'entrée de la sacristie sont d'un goût exquis. Le clocher est ce qu'il y a de plus remarquable. De sa base carrée ^'élancent quatre tourelles qui tlanquent une tour octogone. Sur la plate-forme de cette tour s'élève une gracieuse lanterne percée à jour, couronnée par une statue de la Vierge de grandeur colossale : les quatre tourelles , qui se rattachent à la grosse tour par de légers arcs-boutanis, sont elles-mêmes couronnées par les statues de quatre évangélistes. Sur le pourtour de ce clocher régnent trois étages de galeries pratiqués sur des encorbellements avec des ornements du travail le plus délicat.
Non loin de Rhodez sont les cascades de Salles - de -Comtaux, formées par un ruisseau qui en se divisant se précipite d'environ 1.') mètres de hauteur. Au village de Solsac est le Tindoul; c'est un abîme ou grande crevasse dans une montagne rocheuse. Elle a plus de 30 mètres d'ouverture sur une profondeur à pic de près de 50 mètres. Dans les fentes du roc croissent des chênes, des cerisiers et des frênes.
A l'est de la petite ville d'Espalion (4,400 âmes) sont les montagnes d' Aubrac , rameau de la chaîne des Cévennes ; elles séparaient l'ancien Ilouergue du Gévaudan. Toute cette contrée a conservé une physionomie sauvage. Pendant le temps des neiges, les chemins n'y sont marqués que par de longues pierres dressées de dislance en distance. La plupart des habitations ne sont que de pauvres chaumières où les hommes et le bétail vivent en commun. La verdure commence à poindre dans la première quinzaine d'avril. Les montagnes, dont chacune a son proi)riétaire , se couvrent de bétail, et Un tel, dit-on , a une montagne de (juarante vaches. I.a montagne