D'AIX A PERPIGNAN
Aix. — Arles. — Beaucaire. — Xiiiies. — Liiiiel. — Mi)iit|i('llier. — l'ézénas. — Béziers. .N'arlionnc. — Poriiiiinaii. — l'nrl-\>ii(lrp.
f;;;|^\n^) OUR achever de vous faire connaître le bassin ^/^riW^ français de la Méditerranée, je vous conduirai de ^^3§^ la ville d'Aix à Arles, et de là à Perpignan par ;fc) Montpellier.
è::<l^ Au nord de l'Étang de Berre, entre Aix et Arles, nous visiterons une vaste plaine qu'on désigne sous le nom de Crau d'Arles. Le centre de cette plaine est une sorte de désert d'un sol rougetUre et brun , mélangé à des cailloux qui ont souvent la grosseur d'une courge. Cependant, grâce à une branche du canal de Craponne «jui la traverse et à de nombreux travaux d'irrigation, on est parvenu à cultiver et à féconder la lisière de cette plaine. C'est ici le contraire des oasis de l'Afrique, où la végétation occupe le centre : ici le centre est aride, et tout autour la lisière s'est couverte de prairies, de jardins, de vergers, de plants d'oliviers, de champs de blé entourés de mûriers et d'arbres de haute futaie. Encore un des miracles opérés par le travail persévérant I
Arles est une ville de plus de 20,000 âmes; son origine remonte à l'invasion de César, qui fonda une colonie romaine avec un ten itoire enlevé aux Marseillais. Méllez-vous du pavé de la ville moderne, formé avec les cailloux ovales de la Crau, sans que cela lonlefois vous empêche de visiter ses belles antiquités romaines.
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î/amphilhéâlre, moins bien conservé que celui que nous venons à Nimes, a de plus grandes proportions à l'inlérieur. C'est une ellipse qui a dû contenir trois rangs de gradins, et pouvait recevoir vingt -quatre mille spectateurs. A l'extérieur il |)résentait trois étages, chacun d'un ordre différent d'architecture, et au rez-dechaussée, 60 arcades. Dans le moyen âge il a eu le même sort que l'amphithéâtre de Rome, le Colysée; il a servi de forteresse, et l'on éleva des tours au-dessus de ses quatre portes. Deux de ces tours existent encore.
A peu de distance, on nous montrera ce qui reste du thédtre : une partie de la décoration extérieure où nous reconnaîtrons les trois étages, et sur un autre point une arcade du rez-de-chaussée. L'obélisque qui décore la Place Royale est un monument que les Romains ont taillé dans le granit de nos Alpes, au montEsterel. 11 a plus de 15 mètres de long et repose sur les quatre lions d'un piédestal de près de 3 mètres. Le monument entier a plus de 20 mètres d'élévation. Découvert en 1389, il ne l'ut retiré de terre que sous le règne de Charles IX. On le dressa en IGTG , après l'avoir surmonté d'un globe aux fleurs de lis, et on le dédia à Louis XIV.
Arles possède encore d'autres ruines antiques. Notre musée de Paris lui doit l'un des chefs-d'œuvre de l'art romain , la Vénus d'Arles , trouvée sous le règne de Louis XIV. Le musée d'Arles étale, entre autres raretés, un autel dédié à Cybèle; le dieu Mythras, figure enveloppée d'un long serpent entre les plis duquel sont sculptés les signes du zodiaque; un bas-relief représentant les Muses; le groupe de Médée égorgeant ses enfants; une admirable tète de Diane, et une autre non moins belle d'Auguste, trouvées dans les fouilles du théâtre; une borne milliaire qui a beaucoup exercé la sagacité des anlicpiaires de toutes les nations, etc., etc.
Eu monuments gothiques, je recommanderai surtout a voire attention la chapelle Sainte-Croix, dont la construction remonte à l'an 1019. C'est une croix grecque formée par qualn; cercles icn- Irant l'un dans l'autre. Sur le centre s'élè\e un petit clocher d un joli dessin. Le rocher qui sert de base est creusé , comme une ruche ,
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d'une mullilude de cellules qui ont reçu des tombeaux de toutes formes et de toutes grandeurs.
Mont-Majour était une vieille abbaye du x" siècle , sur un rocher entouré de marais. La chapelle souterraine, qu'on fait remonter au v^ ou au vi'' siècle , le cloître et une tour, sont aussi visités par les artistes. La tour date de 1369; elle est ornée de refends et couronnée de mâchicoulis.
Le portail de la cathédrale date du xiii* siècle ; c'est un cliefd' œuvre de l'architecture du temps. On y monte par un vaste escalier de di\" marches. La porte, qui s'élève encore de deux marches au-dessus du palier, est partagée en deux par une colonne d'un beau granit violet de l'île d'Elbe , avec des statuettes au chapiteau et à la base. Les bas-reliefs du portail représentent Adam et Eve, saint Michel pesant les âmes, et les supphces des damnés, dans le style naïf du temps.
Mansard a donné les dessins de l'hiMel-de-ville. La tour engagée dans cet édifice remonte au xvr siècle.
Outre sa communication avec le port de Bouc par le canal d'Arles, cette ville en a une autre avec la Durance par le canal de Craponne. Elle sert de station et d'entrepôt pour le commerce entre Marseille et Lyon.
Un peu au-dessus d'Arles , vous voyez le Rhône se diviser en deux branches avant de verser ses eaux à la mer. Le terrain compris entre ces deux branches et la mer est l'île de Camargue, primitivement formée par les atterrissements du fleuve. Aujourd'hui de fortes digues la garantissent contre ses ravages. Son terrain bas n'est protégé contre la mer que par des monticules d'un sable mobile. Les terres cultivables se trouvent au sommet de l'île ou de ce della {\es Grecs appelaient ainsi les atterrissements qui se forment à l'embouchure des tieuves, et en particulier ceux du Nil, à cause de leur forme triangulaire, qui est celle d'un a ou delta'», et aussi sur le bord des branches actuelles, ou d'une des anciennes branches du fleuve. A mesure qu'on s'éloii^nie du lleuve, la qualité des terres diminue: les terrains bas conlienneiil une quantité considérable de sel. On calcule