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qu'environ le (inquiènic du delta esl en culture. On y compte neuf villages, grand nombre de belles maisons de campagne, et environ 350 mas ou fermes. On > récolle beaucoup de blé et quelques vins de qualité très-inférieure. La partie inculte est remplie de bestiaux el de chevaux , qui vivent dans une entière liberté jusqu'au moment où l'on s'en empare pour les vendre ou les soumettre au joug. A côté des moutons transhumants de la plaine de Crau, nous avons déjà rencontré les moutons de la Camargue, pérégrinant \ers les montagnes pastorales des Alpes , pour ne reprendre leurs quartiers d'hiver qu'à la tin d'octobre. Ces animaux supporteraient mal l'excessive chaleur d'un été à la Camargue. Les chevaux de la Camargue sont d'origine africaine , mais bien dégénérés , surtout quant à la beauté des formes ; ce qui vient sans doute du défaut de nourriture sulïisante. On compte que chaque hiver unNingtième de ces animaux meurent de faim.
Les bœufs de la Camargue, qui vi>ent aussi à l'état à peu près sauvage, supj)ortent mieux que le cheval les privations de l'hiver. Us sont plus sobres , plus \'\k et plus intelligents que les bœufs domestiques. Avec un peu de soin, on ferait de cette race une espèce aussi robuste que les bœufs ordinaires de France. Tous sont d'un noir de jais, au rebours des chevaux qui sont tous blancs. Cette uniformité de couleur impose aux propriétaires, encore plus que partout ailleurs, la nécessité de les marquer. C'est un spectacle curieux que la marque du bétail, surtout quand vient le tour des taureaux. On dispose en rase campagne une enceinte avec des planches , des charrettes , des instruments aratoires. Des jeunes gens , armés d'un long trident, montent sur ces petits chevaux blancs si vifs et si intelligents, et donnent la chasse à celui des taureaux noirs qu'ils veulent amener dans l'enceinte. Us l'enveloppent de leur demi-cercle, qu'ils resserrent habilement jusqu'à ce que l'enceinte soi! devenue son unique refuge. Là , ils continuent à le harceler jusqu'à ce qu'ils le jugent assez épuisé par la fatigue. Alors ils mettent pied à terre; le plus intrépide marche droit à l'animal, le saisit par les cornes et le renverse sur le sol, où les efforts de tous le maintiennent. On fait à la personne la plus
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considérable de l'assembléTs la politesse de la prier d'appliquer le fer brûlant. Aiissitùl après on Vache le taureau, qui s'élance comme un trait pour regagner ses pâturages.
Allons voir à Tarascon, ville de 11,000 ttmes, le plus magnilique monument dont le w" siècle ait enrichi le midi de la France. Il fut commencé en t iOO ; le roi René l'acheva et en fit son séjour de prédilection. C'est une masse carrée d'une grande élévation , ayant du coté delà ville deux belles tours rondes, et, du côté du fleuve, deux tours carrées irrégulières; une enceinte plus basse, flanquée d'autres tours carrées , s'étend vers le nord. De la plate-forme , on découvre toute la Camargue et les riches plaines du Languedoc. Le vieux manoir royal est aujourd'hui converti en prison.
La cathédrale esl un édilice gothique du xi^ siècle avec un portail richement sculpté. Sainte Marthe fut, dit-on, inimmée dans son église souterraine. Une légende du pays raconte que la sainte, après son arrivée sur les plages de la Camargue , vint à Tarascon , qui était alors désolée par un monstre , dragon ou crocodile , appelé tarasque. Elle l'enchaina avec sa ceinture, et en délivra le pays. Ine procession annuelle , où l'on promène luie représentation colossale du monstre vaincu, consacre le souvenir de cette délivrance.
Tarascon fut dans l'origine un comptoir tenu par les Marseillais. Depuis longtemps sa réputation commerciale a été effacée par celle de Beaucaire. Le pont suspendu qui unit ces deux villes est un des plus beaux travaux de M. Séguin. Le Uhone, en cet endroit, n'a pas moins de 500 mètres; cet espace est franchi par quatre travées à clianiettes qui s'appuient sur trois piles. In horrible ouragan a enlevé le tablier du pont au commencement de 18 H.
lieaucaire, jolie ville de 10,000 habitants, relève de la préfecture du Gard, tandis que Tarascon appartient aux Bouches-du-Rhône. La fiicililé qu'ont les navires de remonter à Beaucaire a fait , depuis plusieurs siècles, choisir ce lieu pour une foire annuelle, où se donnent rendez-vous nos négociants de France, ceux de l'Espagne et de l'Italie, auxquels se mêlent en bon nombre les commerçants (lu Le\ant et des cotes d'Afrique.
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Cette foire, aussi célèbre que celles de Francfort et de Leipzig en Allemagrne, de Novi en Piémont , de Taganrog et de Mjni en Russie, s'ouvre le 1" juillet, et se termine le "28 à minuit. Les effets payables en foire sont exigibles le 27. Un tribunal de conservation, composé de douze membres, juge tous les différends en matière commerciale. On compte qu'il se fait pour six millions d'affaires en espèces , et pour plus de dix millions par simple écbange de produits.
Beaucaire a conservé les ruines d'un château, \q Bellkadro , kUi à l'époque des premières croisades , et démoli en partie sous le règne de Louis XI IL
La navigation du canal qui conduit à Aigues-Mortes , et met le port de Cette et Beaucaire en une communication abritée contre les croisières ennemies, est extrêmement importante. Le Rhône se trouve ainsi uni d'une manière sûre à la Garonne par le canal de Béziers, prolongement du grand canal du Languedoc. Aujourd'hui un chemin de fer conduit de Beaucaire à Nîmes , et de Nîmes à Montpellier.
Avant d'entrer à Nîmes, nous remonterons quelque peu au sud jusqu'à la petite rivière ou lorrcul du Gard, qui doit sa célébrité à
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l'un des plus beaux monuments de eonslruclion romaine. C'est un pont jeté sur la gorge élroile et sauvage au fond de laquelle roule le Gard, el ce pont de six arches supporte deux étages d'arcades. Le premier se compose de onze arcades , le second en a trente-cinq ; le canal voûté ou l'aqueduc, qui a 2 mètres de large sur autant de hauteur, couronne tout l'édifice. La masse entière a iOO mètres d'étendue sur plus de 50 d'élévation. Toutes ces pierres s'entre-soutiennent sans ciment par leur propre poids et leur coupe savante : ce triple rang d'arcades est d'ordre toscan. Le sol et les parois du canal voûté sont seuls enduits d'un ciment indestructible. A l'exception de ses extrémités supérieures , le pont du Gard est d'une conservation parlaite. N'oubliez pas cependant (pie ce n'était là qu'une partie d'un aqueduc de sept lieues de longueur, qui prenait les eaux de la fontaine d'Eure pour les conduire à Niraes. Après plusieurs contours à travers un sol montagneux et des rochers, le canal voûté se partage en trois conduits, dont l'un portait l'eau dans l'amphithéiltre de JNImes, le second dans la fontaine, el le troisième dans plusieurs maisons particulières. Outre ces trois conduits , d'autres petits conduisaient l'eau dans plusieurs habitations de plaisance aux environs de la ville. On retrouve une partie de ce travail assez bien conservée sur une longueur de trois lieues, entre le pont du Gard et Nîmes. Les voitures passent aujourd'hui le Gard sur un pont que l'on a accolé au magnifique ouvrage du génie antique, et qui ne date que du milieu du siècle dernier.
Mmes, située dans une riche plaine, au pied de montagnes stériles, n'offre rien de remarquable conunc ville moderne. C'est la Nîmes romaine que l'artiste doit venir étudier. Colonie fondée par les Ibériens, d'autres disent par des Phocéens détachés de Marseille, elle était la capitale de la petite république des Volces arécomiques, et tenait sous sa dépendance vingl-tpiaire bourgs ou villages, lorsque, vers l'an 033 de Konie, elle passa Noloiitairement sous le protectorat romain , en conservant le |)rivilége de se réi^ir par ses propres lois. .Apres 1 iii\i>si(in de César, (lie r( (;ul une colonie de \eterans tirés de l'armée romaine d'Lgjpte, el porta le nom de ('o'unia Ncniau-