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sensis Augnsta. Dès lors , à l'instar do Rome, elle ont des lemples , un amphilhéàtre. Elle dut à Agrippa de fortes murailles , l'aquedue du pont du Gard, des thermes , etc. Elle exprima sa reconnaissance aux fils d' A grippa en leur dédiant le monument connu aujourd'hui sous le nom de Maison-Carrée. Jusqu'à l'invasion des Vandales , vers l'an 407, sa prospérité tut immense , et lui valut le surnom de seconde Rome.
Les antiquaires s'accordent à donner à la Tour-Magne le premier rang dans l'ordre chronologique parmi les monuments delVîmes. Elle doit son surnom à ses dimensions colossales et à sa position sur une colline élevée d'où elle domine le pays à une grande distance. C'est aujourd'hui une ruine où l'on reconnaît le plan primitif d'une tour octogone, composée de plusieurs étages en retraite les uns sur les autres, de manière à affecter une forme pyramidale. A la hase inférieure, la circonférence a dû être d'environ 79 mètres sur un diamètre de 26. Sa hauteur doit avoir été de 38 mètres; elle n'en a aujourd'hui que 24. Toute son architecture est d'ordre dorique. Les antiquaires n'ont pu s'accorder sur sa destination ou son origine. La construction de la Tour-Magne n'offre aucun rapport avec celle des autres monuments de INîmes. Cette ruine porte aujourd'hui un télégraphe.
L' amphithéâtre (appelé dans le pays les Arènes) est un monument du même genre que le Colysée de Rome et mieux conservé. C'est une ellipse, dont le grand axe, y compris l'épaisseur des constructions, est de plus de 151 mètres, et le plus petit d'environ 102. A l'extérieur, il présente un rez-de-chaussée percé dans son pourtour de GO arcades, un premier étage qui en compte le même nombre; au-dessus règne une attique. Toute 1" architecture est d'un ordre toscan irrégulier qui se rapproche du dori(iu('. Quatre portes, qui répondent aux quatre points cardinaux, donnent entrée sous de vastes portiques qui conduisent à de larges escaliers. La porte du nord est couronnée d'un fronton avec deux têtes de taureau en saillie. L'inlérieiu- ne présente aujourd'hui que dix -sept rangs de gradins; dans les parties les moins délabrées, il est aisé de recon-
naître que, dans le principe, il y eut (rente-quatre rangs. Le marbre blanc qui recouvrait les gradins a été enlevé; il ne reste que les
assises. On calcule que plus de 24,000 spectateurs pouvaient y trouver place. Dans l'espace vide ou arène se livraient les combats de gladiateurs ou d'animaux. Aujourd'hui la population de la Nimes moderne se réunit quelquefois encore à l'amphithéâtre pour assister à des courses de taureaux. C'est un divertissement qui se retrouve également à Arles en Provence, et que nous verrons suivi avec passion par les habitants du Roussillon.
Approchons -nous avec respect de la Maison -Carrée, admirable petit temple que l'auteur du Voyage du jeune Anacharsis appelle le chef-d'œuvre de l'architecture ancienne et le désespoir de la moderne. L'édifice est un carré long dont l'entrée regarde le nord. Par un escalier de quinze marches on monte au portique. Trente colonnes cannelées, d'ordre corinthien, sont disposées tout àl'entour et supportent une frise, une corniche et une architrave. Celles qui n'appartiennent point au portique sont engagées à demi dans la muraille , qui est construite en très-belles pierres blanches de l'épaisseur de plus de 1 mètre et demi, avec de petites cannelures. Les chapiteaux sont d'un admirable travail, la frise et la corniche sont sculptées avec une délicalesse iiifinie. L'édilice a un peu plus de
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25 mètres sur 1 3 nit'lrps. Au-dessus des quinze iiiarrlies , il n environ 12 mètres d'élévation. Il est parfaitement réparé dans toutes ses parties et protégé par une grille. Dans les xi' et xii" siècles, la Maison-Carrée a servi d'Iiotel-de-ville. Abandonnée pendant le xvi'" siècle, on en fil une écurie. Dans le xvir et le xviii*", elle a servi de chapelle. Le génie éclairé de Colbert voulait faire transporter ce chef-d'œuvre à Paris; les hommes de l'art ayant déclaré la chose impossible, le ministre céda le monument à des moines augusfins sous la condition de l'entretenir en bon état. Depuis 1823 il renferme un musée de peinture et d'antiquités. Des fouilles faites en 1822 ont prouvé que ce petit temple n'a point été construit isolément, mais qu'il a dû n'avoir été que le sanctuaire d'un monument plus vaste dont on a découvert les ruines.
Suivez-moi dans le jardin public, où la source qui seule fournit l'eau à la ville verse cette eau dans un beau canal bordé par une allée d'arbres majestueux. Le bassin de la source a 4 mètres de diamètre et près de 1 mètre et demi de profondeur. Il est creusé par la nature dans un roc vif, auquel il ne manque que la variété des couleurs pour être un véritable marbre. La chaîne de collines à laquelle il appartient présente des grottes et des cavités qui s'étendent à plus de trois lieues. Quelquefois, au milieu des plus grandes sécheresses, l'eau de la fontaine croit tout à coup, sans qu'il soit tombé à Nimes une seule goutte d'eau; preuve évidente du grand éloignement des réservoirs qui l'alimentent. Sur l'emplacement de la fontaine, l'archéologue cherche aujourd'hui vainement les ruines des anciens thermes des Romains découvertes en 1742. A la suite des fouilles cpii avaient mis ces ruines en lumière , les États du Languedoc ordonnèrent leur restauration. L'ingénieur militaire chargé de ce travail renferma les eauv dans des fossés, éleva des terrasses en forme d(» bastions, et assit ses constructions modernes sur les bases antiques. Les artistes regrettent qu'au lieu d'une restauration on ne se soit pas contenté d'une simple conservation de ces ruines. Dans l'intérêt de la science, un homme habile et érudit, M. Auguste Pelet, a exécuté un relief de ces fouilles pré-
rieuses, ce qui permet encore d'étudier un des monuments les plus intéressants de l'antiquité? Dans le jardin de la fontaine gisent de nombreux fragments de colonnes, de chapiteaux , de statues , mutilés. Les antiquaires y ont vu tour à tour les ruines d'un temple isolé, dédié à Diane , à Testa , aux dieux infernaux , à Isis , à Sérapis , etc. , etc. Le champ reste ouvert aux conjectures.
La porte de César ou porte d'Auguste est un massif percé de quatre arceaux. Les deux du milieu sont plus grands, et probablement servaient au passage des chars; les deux autres étaient réservés aux piétons. Le massif était flanqué, à ses deux extrémités, de deux tours demi-circulaires pour la défense.
A l'angle le plus méridional des anciens murs de la ville, on reconnaît, sur une autre porte antique (laquelle a de même deux tours demi-circulaires, mais n'a qu'un seul arceau), des traces qui semblent provenir de la herse employée pour la fermer.
Quant aux monuments modernes, je me contenterai de vous apprendre , par respect pour Vauban , que l'ancienne citadelle est une de ses œuvres.
Nîmes compte 53,000 habitants. Le commerce le plus important de ce département est celui des vins et des alcools , et Nîmes est le grand comptoir de ce commerce. Elle est aussi l'entrepôt général des soies grèges et ouvrées du département. Elle tisse les étoffes de soie et de coton ; cette industrie y est même fort ancienne. La passementerie et les soies à coudre s'y fabriquaient il y a plus de deux siècles , et s'expédiaient à Paris. Dans les archives de la préfecture existent des états de comptes qui prouvent qu'en 1710 la seule ville de Nîmes possédait déjà 2,000 des métiers à bas si répandus alors dans le Bas-Languedoc , et qui n'étaient connus que depuis la moitié du siècle précédent. La bonneterie est encore aujourd'hui une des industries du département, qui compte 8,000 métiers. Un bourgeois de Nîmes , du nom de Crocard , reçut d'Henri IV une somme annuelle avec permission de planter des mûriers partout où il le jugerait con\enable. Nîmes est aussi le centre d'un commerce important de plantes médicinales et tinctoriales.
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De Nîmes jusqu'à Lunel rien n'éveille l'allenlion. Lunel, ville de 6,400 âmes, se recommande par ses vins muscats, que les gourmets proclament les premiers du monde. La côte du Mazet donne ceux qui se paient le plus cher. Le muscat ne se récolte qu'en petite quantité , et Lunel donne aussi en très-grande abondance des vins rouges communs que l'on convertit en eau-de-vie.
Quittons la roule , et appuyons à l'est pour visiter la jolie petite ville d'Aigues-Morles , qui compte 3,300 habitants. Nous y arriverons en traversant des marais et le canal qui depuis 1812 communique avec Beaucaire. A l'époque de saint Louis , il n'y avait encore là qu'une abbaye de bénédictins appelée Psaimodi , autour de laquelle s'étaient groupées quelques habitations. Saint Louis acquit des moines ce territoire , mit en état de service un port dont la nature avait fait les premiers frais , rassembla dans ce port et probablement dans la rade une flotte nombreuse , et le 25 août 1248 s'embarqua pour la Palestine. Ce fut encore d'Aigues-Mortcs (piil partit le l'^'' juillet 1270 pour la croisade où il devait trouver la mort, sur la côte d'Afrique, aux lieux où fut Carthage. Il recommanda à son successeur d'entourer de remparts sa bonne ville d'Aiguës - Morles , ce qui en effet lut exécuté sous le règne de Philippe-le-Hardi.
Le port d'Aigues-Morles fut dun excellent service jusqu'au milieu du XIV'' siècle , époque à laquelle les sables apportés par le Hhône et par la mer en encombrèrent l'entrée ou plutôt le chenal. En 13G3 le roi Jean y fit travailler sans succès. Charles VI , François l", Henri IV, Louis XllI, et de nos jours Napoléon, avaient conçu la pensée de rendre l'ancien port à la navigation. On doit même à Louis XIII d'avoir rétabli l'ouverture d'un bassin (pie l'on nomme Crau-Louis et qui actuellement est le port d'Aigues-Morles, bien (ju'à plus d'une lieue de distance de ses murs.
Jadis les navires arrivant de la mer ont dû entrer par le Grau- Louis en face duquel s'ouvre une vaste rade, d.uis le Canal-\'ieil qu'ils suivaient jus(prà la (jrande-Roid)ine (autre chenal qui s'est beaucoup rétréci), et pénétraient dans ^Étang-de-la-^ ille, qui
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baigne la partie méridionale d'Aigues-Mortes , et qui élait alors très-large, 1res -profond, el formai! le véritable port. Telle est l'opinion la plus accréditée. Ce fut probablement dans la rade qui existe en face du (jrau-Louis , et où les pilotes viennent encore de nos jours chercber un abri , rade susceptible de recevoir une flotte nombreuse , que mouillèrent la plus grande partie des vaisseaux , lors des deux immenses expéditions de saint Louis.
De ce que saint Louis s'est embarqué à Aiguës -Mortes, et que cette ville se trouve à une lieue de la côte, quelques autres écrivains ont conclu que la mer a dû se retirer depuis lors de toute cette dislance. La raison n'est pas concluante. Bordeaux , Nantes, Rochefort , sont des poris de mer, el cependant sont assez éloignés de la côte.
Les remparts d'x\igues-Mortes ont été construits sur le plan de ceux de Damiette , et sont d'une belle conservation. lîâtis en larges pierres taillées en bossages , ils ont environ 1 1 mètres de hauteur. Ils sont à mâchicoulis et à créneaux , flanqués de quinze tours, dont les unes sont carrées et servent seulement de passage d'un point à l'autre des murailles pour lesquelles elles font office de support : les autres , doubles en hauteur et rondes , renferment des chambres propres à recevoir des combattants. Au-dessous s'ouvrent de grandes portes en ogive qui donnent entrée à la ville; ces portes se fermaient à coulisses. A l'intérieur de la \ille est le château fort, et la grosse tour Constance qui a environ 35 mètres de hauteur sur 22 de circonlérence. Sa plate-forme crénelée retenait les eaux pluviales qui s'écoulai{>nt dans une citerne pratiquée dans le mur, et de là s'élève une tourelle de 12 mètres qui soutenait un phare. La ville semble avoir contenu dans les temps de sa prospérité au moins 10,000 habitants.
L'origine de Montpellier ne n-monle pas au delà du vin"" siècle. Sur celte colline couNcrIe alors de forOls, deux \illages sélaicnt peu à peu formés : l'un Mont-Pellier, l'autre Mont-l*elliérel. Deux S(Furs à qui ils appartenaient en firent donation à un é\èque de Maguelonne, Ile ou presqu'île du grand étang de J'iiau. Aujourd'hui les forèls de la colline ont l'ail place jj une grande \iile de iO,000