NON EST IN TOTO SANCTIOR ORBE L0CU
Quant à la cathédrale Saint- Etienne, c'est un édifice de constructioiis d'époques différentes, et qui a subi des restaurations d'un goût déplorable. La nef est du xiii" siècle, et porte sur une des clefs de voûte les armes de Raymond VI , comte de Toulouse. A la suite d'un incendie, le chœur a été reconstruit vers l'an 1612, et comme on se proposait probablement d'en faire autant pour Téglise entière (projet qui fut abandonné), l'axe de ce chœur moderne ne répond pas à l'axe de la vieille nef, qui était condamnée à disparaître. En face de la cathédrale est une jolie fontaine dont le bas-relief représente la Garonne et le canal du Midi confondant leurs eaux.
Ce qui distingue le peuple du Languedoc, et surtout celui de Toulouse , c'est sa passion pour la musique et son aptitude innée pour cet art. Les plus belles voix de nos théâtres parisiens nous viennent de cette joyeuse contrée. Les chœurs du théâtre de Toulouse sont d'une perfection rare, et à laquelle notre Opéra de Paris n'a jamais pu atteindre. Le soir, dans les rues de Toulouse, vous entendez les gnsels, c'est le nom qu'on donne aux jeunes artisans, entonner avec une admirable mesure les plus beaux morceaux de nos opéras modernes.
L'industrie de Toulouse n'a pas, comme celle de Lyon, une spécialité; elle cherche à satisfaire aux besoins généraux des populations méridionales.
La minoterie de Toulouse est très importante : elle fournit annuellement plus de trois cent mille hectolitres de grains convertis en minot. Sa fabrique de faux, de limes et d'aciers cémentés est une des plus considérables de France. 11 y a trois fonderies de fer et de cuivre, et une fabricjue de tùle vernie. On y fait des papiers points, des toiles cirées, des couvertures, des produits chimiques, de la chapellerie, etc. Toulouse est l'onlrepc^ des fei's d»i déparlomeiil de l'Ariège et des marbres du Miili, tant bruts «|ue sciés cl polis. Il s'y fait un commerce actif de sel, d'huiles,
de denrées coloniales, de vins, d'eaux-de-vic et de verre. En un mot, Toulouse est le centre commercial de toute la région comprise entre le golfe de Lyon et le fond du golfe de Gascoerne, et entre les Pvrénées et les montaçrnes du Pvouergue.
Le gouvernement entretient à Toulouse une magnifique fonderie de canons, avec des laminoirs et des martinets à cuivre pour le doublage des vaisseaux.
Le bronze ou métal des canons est un alliage de cent parties de cuivre avec onze d'étain. La fusion s'opère dans des fourneaux à réverbère. On fait d'abord fondre le cuivre seul, et Ton projette ensuite Tétain, en ayant soin de brasser le mélange liquide pour que rétain, plus léger, ne cède pas à sa tendance à revenir à la surface. On fond dans un moule le canon plein, et ensuite on le fore. Pour cela on le fixe à une machine, qui le fait tourner sur son axe (le moteur est une machine à vapeur ou une roue hydraulique); un foret ou alésoir se présente, solidement dressé, dans la direction de cet axe, et perce dans cette masse de bronze, qui s'avance peu à peu sur lui, un tube longitudinal, lequel est successivement agrandi avec des forets de plus en plus gros. Quelquefois, au contraire c'est le canon qui demeure fixe, et c'est le foret que l'on fait tourner. A la place où doit être la lumière, on prati(|ue dans le bronze un trou de trois centimètres environ, qu'on rebouche avec un morceau de cuivre qui reçoit le nom de prisonnier. C'est dans ce cuivre qu'on perce le très petit trou qu'on appelle la lumière, et par où l'on mettra le feu au canon. Quand, à force de servir, la lumière s'est trop agrandie, on enlève le prisonnier usé; et on le remplace par un autre.
Nous avons déjà visité Narbonne, à l'aulri* extrémité du canal. De Toulouse à celte ville, les principaux points intermédiaires sont :
Casteinaudary (qui s'écrivait autrefois d'Arry). ville de 'J.OIKJ âmes, aussi mal percée que mal bâtie, sans édifices remarquables, mais où le canal forme un magnifiqu»' bassin de trois cents mètres de tour, b<^rd< de beaux quais et de chantiers de construction. Presijue tous les bateaux (jui silloniienl