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flétans et d'entrailles de morues pour fixer aux hameçons.
Cette période de préparation est pour Paimpol le moment de grande fièvre. L'été venu, la petite ville reprend son calme aspect, pourtant elle est active encore, son port reçoit des navires assez nombreux et la quantité de marchandises débarquées ou de poissons expédiés est considérable.
Il manquait à Paimpol un chemin de fer pour prendre une importance plus grande. Depuis Tan dernier (1894), une ligne à voie étroite la relie enfin au réseau général à la gare de Guingamp. Ce petit chemin de fer est appelé à jouer un grand rôle dans l'économie de la Bretagne agricole, il donne aux belles cultures de la « ceinture dorée » , c'est-à-dire de la zone côtière adoucie par le gulf-stream et fertilisée par les goémons et la tangue de mer un débouché utile -, en même temps il amènera jusqu'au cœur de la presqu'île, vers Carhaix, les amendements calcaires des plages qui transformeront les terres granitiques et refouleront peu à peu les landes. Pour le touriste il ne sera pas moins précieux, il le conduira rapidement dans ce beau et plantureux pays du Trieux et du Tréguier, où la végétation a tant d'opulence, où les rivages sont d'une rare beauté.
Les bords de la petite voie ferrée sont eux-
mêmes fort beaux. Lorsqu'après avoir traversé la banlieue de Paimpol on atteint la vallée du ïrieux, on découvre un site inattendu. Le large fleuve, soutenu par la marée, serpente au fond d'une faille profonde où les hautes falaises rocheuses ou boisées, et les landes couvertes de bruyères, forment un ca Ire grandiose. Le chemin de fer court au flanc de la rive droite, presque taillée à pic et donne la sensation d'un railway de montagne. En face, commandant un coude du Trieux, le vieux château de laRoche-Jagu dresse sur la falaise ses toits couronnés de hautes cheminées, ses tours, ses murs à mâchicoulis. C'est un des plus beaux sites de Bretagne.
Grâce au flot de la mer, le Trieux reste profond. Avec la marée, deux petits navires montent en ce moment ; de la portière des wagons, il semble qu'on va toucher leurs mâts. Ils sont bientôt dépassés, la rivière se rétrécit, voilà Pontrieux avec ses quais bordés de navires : la petite ville est coquette et riante.
Au delà le Trieux, n'étant plus gontlé par le Ilot, devient une aimable rivière, claire, sinueuse, barrée par des usines, à demi enfouie sous les arbres de la rive. Jusqu'à Guingamp nous remontons sa vallée creuse et joyeuse. Le chemin de fer la quitte pour contourner la ville, passer sous
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la grande ligne de Brest, se sonder à la voie de Carhaix et pénétrer avec elle dans la gare de Gningamp.
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