‹ Voyage en France (volume 2)Chapitre 17 sur 47 · PARTIE CENTRALE DE LA G 0 UN 0 U AI L LE · texte numérisé non relu

PARTIE CENTRALE DE LA G 0 UN 0 U AI L LE

D'après la carte de l'etat-major au :

de Landemeau et je puis trouver là une embarcation pour traverser la rade dans sa partie la plus étroite et gagner la cale de Lanvéoc, un des points de débarquement dans la presqu'île de

Crozon. De là partent plusieurs routes qui relient Brest à la région du Mené-Hom et de Châteaulin, en évitant le grand détour par Landerneau, Daoulas et les contreforts des monts d'Arrée, suivi par le chemin de fer au prix de rampes et de courbes énormes.

Un raide chemin monte de la cale au village de Lanvéoc1 et par un doux petit pays conduit au gros bourg de Crozon, chef-lieu d'une commune de 9,000 âmes. Le centre en possède un millier à peine, tout le reste est réparti en plus de cent hameaux ou villages. Crozon est donc un des types les plus complets de la commune bretonne qui comprend un vaste territoire (plus de 10,000 hectares à Crozon) possédant de nombreux centres de population dont le chef-lieu n'est pas toujours le plus considérable.

On ferait vingt communes champenoises très peuplées avec un district comme la commune de Crozon 2.

C'est un territoire fort accidenté, profondément échancré par la mer, jeté entre la nappe sans fin de l'Océan, le beau golfe de Douarnenez et la rade de Brest. Si l'intérieur offre des campagnes

i. un prononce Lanvau.

2. Consulter au 4e volume du Voyage en France, p. 305, la carte de la rade de Brest.

tranquilles, les côtes sont une des plus belles successions de roches et de plages présentées par la Bretagne, si riche cependant en sites maritimes superbes. Les difficultés d'accès ont entravé la visite des touristes, sans cela les rivages de Crozon seraient un des points les plus envahis par la foule. La plage de Morgat, d'un sable si fin et si blanc, avec ses grottes profondes dans lesquelles monte la mer et qui servent d'abris aux baigneurs, n'a guère de rivale. Quelques grottes ne sont accessibles qu'en bateau. Non moins curieuses sont les grottes de Dinan sur le rivage de l'Atlantique ; ici les rochers prennent les formes les plus extraordinaires.

Le bourg de Crozon domine de loin ce beau paysage maritime, il est assis sur une terrasse entre un mamelon portant un des forts qui défendent Brest et une colline plus haute couverte de moulins à vent. De ces moulins on découvre l'immense baie de Douarnenez, fermée par le promontoire rocheux de la Chèvre et la presqu'île du Raz. C'est comme un beau lac couvert de voiles. A cette heure les bateaux de pêche rentrent du large, la plupart se dirigent vers Douarnenez dont on distingue vaguement au loin les maisons blanches. Mais quelques-uns viennent dans l'anse de Morgat. Le village de ce nom possède un port

et des confiseries de sardines, des hateaux y chargent les pavés des nombreuses carrières du territoire de Grozon.

Par Morgat, je suis allé au cap de la Chèvre. La presqu'île est plus triste, plus sauvage, plus mélancolique encore que celle du Raz, dont on aperçoit au loin les côtes. La lande y est maigre et chétive, les ajoncs semblent se tapir pour échapper au vent d'ouest qui souffle ici avec une impétuosité extrême. Au-dessus des ajoncs pointent les roches brisées, disloquées, convulsées au milieu desquelles des arrangements indiquent la main des Druides. La nuit m'a pris au milieu de ce paysage sinistre. Pendant qu'au ciel s'allumaient les étoiles, sur la mer s'allumaient les feux éclairant les terribles passages du Raz. L'obscurité s'est bientôt faite, profonde, j'ai dû prendre un guide à Rostudel pour rentrer à Morgat. Nous n'avons rencontré ni korrigans, ni poulpiquets dans ce sauvage coin de la sauvage Armorique, mais combien le vent de la mer est sifflant, combien sourd le bruit des vagues, combien fantastique la silhouette des menhirs surgissant au bord du chemin !

Bien avant l'aurore on a frappé à ma porte ; une carriole m'attendait pour me conduire à Lande-

vennec où je dois prendre le bateau de Châteaulin . La route traverse Crozon et se dirige à travers les landes par la crête des collines. Le jour s'est levé alors que nous traversions la plus vaste de ces terres incultes, vers Kerguidic. La brume qui couvrait la rade de Brest se dissipait peu à peu. On voyait s'entr'ouvrir la rivière de Daoulas, large bras de mer découpé d'autres estuaires profonds ; déjà les bateaux de pêcheurs en sortaient, semblant faire escorte à une goélette venant, me dit le cocher, de Kersanton où elle a chargé ce granit à grain un, qui a servi à peupler la Cornouailles et le Léon de tant de calvaires, d'ossuaires et de tlèches ajourées. Le fjord de Daoulas disparaît bientôt, masqué par la verte péninsule de Logonna et, soudain, laroute, jusque-là plane, semble descendre dans un abîme. Au fond une vaste étendue d'eau, bordée de collines couvertes d'arbres fruitiers, projette dans l'intérieur des terres de larges estuaires, c'est la rivière de Ghàteaulin, l'Aune des cartes, l'Avon des Bretons; elle est rejointe ici par les rivières de l'Hôpital, de Kérouse et du Faou.

En face de ce triple confluent, au pied de la colline, enfouis sous les arbres sont Landevennec et les débris de son abbaye ; celle-ci fut la mère des maisons religieuses de TArmorique. Le temps me

manque pour visiter une fois encore ces restes informes, le lourd vapeur arrive de Brest, il sera bientôt à quai.

Et me voici sur le pont, le bateau double l'étrange saillie par laquelle l'Aune débouche dans la rade en formant un coude au milieu duquel se dresse l'îlot rond de Térénez. Dans le repli du fleuve, des navires démâtés stationnent. Anciens vaisseaux de haut bord au triple rang de sabords, frégates, bricks, navires à vapeur reposent là, dernier abri assigné à ces nefs qui furent glorieuses ; on les en retire parfois pour les conduire à Brest, elles serviront de pontons, de magasins ou d'ateliers. Quelques-unes pourront être armées encore pour servir de navires-écoles.

Maintenant, adieu aux vastes plans d'eau. La rivière reste très large, car la marée remonte jusqu'à Châteaulin, mais ce n'est en somme qu'un fleuve étalé entre de hautes et vertes collines et décrivant de brusques détours. Parfois on aperçoit le sommet des Montagnes-Noires : elles ont vraiment, d'ici, l'aspect d'une haute chaîne. L'Aune se maintient longtemps très large •, puis, resserrée entre les contreforts des Montagnes- Noires et le massif du Méné-Hom, elle devient un étroit et sinueux chenal bordé de bois et de

EN CORNOUAJLLES. 207

landes. Bientôt apparaissent les hautes arches du viaduc du chemin de fer, dominant de 50 mètres le lit de la rivière ; on passe sous l'une d'elles et l'on accoste les quais de Port-Launay, où, près d'une écluse, s'arrête la navigation maritime. Désormais L'Aune, soutenu par des barrages , n'est plus qu'une section du canal de Nantes à Brest.

Le petit port est assez animé, nombre de bateaux chargent dans le bassin les ardoises des carrières voisines ; à Châteaulin même les navires de 350 tonnes peuvent monter et vont prendre une autre partie des produits des carrières. L'ardoise, ici, ne présente pas d'exploitation comparable à celles de Trélazé près d'Angers ' ; les chantiers d'extraction sont au nombre de plus de cinquante, occupant chacune de 15 à 20 ouvriers. Ces carrières ouvertes au flanc des coteaux les souillent de leurs déjections, sans trop assombrir cependant le paysage riant de la ville et des collines rocheuses.

En quelques minutes les omnibus conduisent de Port-Launay à Châteaulin en suivant les bords animés de la rivière. Celle-ci ne tarde pas à se border de maisons et à se couvrir de ponts, d'autres groupes de maisons s'étagent sur chaque rive

i. Voir le 2e volume du Voyage en France, ehap. XIV et XV.

aa milieu des arbres et des roches. C'est Châteaulin, aimable petite ville, qu'il faut traverser pour gravir une verte colline sur laquelle est la gare.

Raide est la rampe gravie par le chemin de fer pour monter de Chateaulin à la ligne de faîte. On a sans cesse sous les yeux la profonde vallée de l'Aune et la ville de Chateaulin. Puis, brusquement, le train s'enfuit en suivant un ruisseau dont on voit augmenter le flot. Le ruisseau devient torrent, puis jolie rivière courant dans les prairies, encaissée entre de riantes collines boisées, couvertes de bruyères et de fougères ; c'est le Steir, tantôt calme, tantôt bondissant entre les rochers ; il coule au fond d'une vallée si étroite, qu'à chaque instant la voie ferrée doit le franchir. Le paysage perd bientôt de sa sauvagerie, voici des moulins, des maisons, au loin de grands édifices. C'est Quimper-Corentin.

. . . Dans le fond la ville de Kemper, Assise au confluent de l'Oded et du Ster. Comme sa cathédrale, aux deux, tours dentelées, S'élève noblement du milieu des vallées ' !

1. Bkizeux. — Le poète que je cite souvent, car il a su marquer d'un vers précis les gens et les choses, emploie volontiers une orthographe rocailleuse pour les noms de son pays, il a voulu leur donner une saveur plus armoricaine encore.

Quimper-Corenlin. — L'Athènes armoricaine. — Quimperlé. — L'Isole et l'Ellé. — La Laïta. — Arzano et les bords du ScortF. — Lorient. — Hennebont. — La fabrication des boites de sardines. — La rivière d'Étel.

Auray, août 1S95.

D'après La Fontaine, le destin, lorsqu'il vent faire enrager les gens, les envoie à Quimper-Corentin. Arthur Young, une centaine d'années après lui, disait que cette ville n'avait de remarquable que sa promenade. Brizeux ignorait Young, mais son patriotisme breton lui a inspiré une vengeance terrible contre le fabuliste : il a brûlé la page où La Fontaine parlait de Quimper en termes offensants.

Ceux qui visitent Quimper comprendront Brizeux. Il est peu de villes plus aimables que cette capitale de la Cornouailles : la cathédrale est un cantique de granit, les deux rivières sont claires et chantantes à marée basse, miroirs d'argent quand le flot, montant du large estuaire de l'Odet,

VOYAGE KN FRANCE. — Y. 14

les soutient. La cité sauvage s'est policée ; Quimper est restée bretonne et très bretonne, mais elle y a mis de la coquetterie, c'est une sorte de petite Athènes armoricaine où l'on cultive la littérature et l'art bretous.

Un homme de grand talent et de grand cœur, qui m'a le premier révélé la Bretagne, le regretté M. Luzel, a fait de la ville comme le véritable cerveau de la Bretagne bretonnante. Il y a sept ou huit ans, lorsque M. Goblet vint inaugurer le lycée, M. Monod, le préfet, le présentait au ministre en lui disant : « Le dernier des bardes ! »

Autour de M. Luzel, qui fut un des disciples de Brizeux, s'étaient groupés tous ceux qui aiment leur Bretagne avant tout. Grâce à eux, la bibliothèque s'est enrichie, un musée fort beau s'est créé. Saviez-vous que les galeries de peinture renferment plus de 1,300 toiles dont quelques-unes de grande valeur? Naturellement la Bretagne, ses paysages, son histoire, y ont la première place; son art du meuble, si personnel, y remplit plusieurs salles. Pour compléter cet ensemble, digne d'une grande ville, deux artistes ont donné à leur ville un musée ethnographique bas-breton, sans doute le seul de ce genre en province. Pendant quatre années, MM. Beau et Foulquier ont recueilli, dans tout le pays, les types qui leur pa-

raissaient le mieux représenter chaque race et chaque costume ; par la photographie et la peinture, ils ont obtenu des représentations fidèles qui ont ensuite été reproduites au moyen du moulage.

« Tous les mannequins sont de grandeur naturelle, articulés, pouvant par cela même prendre les positions les plus variées, disent ces artistes dans une notice. Les masques des personnages ne sont pas d'insignifiantes figures de cire ou de carton. Les têtes et les mains sont en terre cuite dessinées, observées et modelées avec une scrupuleuse exactitude ; ce sont de véritables portraits représentant les types différents du Finistère, et, au moyen de la peinture, on a donné la couleur et le ton de chair propre à chaque personne. Si la partie matérielle et ethnographique a été l'objet d'études et de soins minutieux, la partie artistique n'en a pas été moins soignée. Les personnages ont été placés et mis en scène pour un des actes les plus importants de la vie se prêtant le mieux au déploiement de la richesse des costumes, en représentant une noce bretonne. »

Rien ne saurait rendre l'impression éprouvée par le visiteur. Tous ces types sont vivants, les attitudes sont naturelles au point que l'on se croit réellement en présence d'une scène locale.

Le musée ethnographique de Quimper vaudrait, à lui seul, la visite de la ville.

Quimper a encore sa belle promenade du mont Frugy, plantée de hêtres d'une admirable venue qui, d'allée en allée, conduisent au sommet de la colline, son Champ de Bataille et son joli faubourg de Locmaria, sur l'estuaire de l'Odet. Là se trouve la faïencerie fameuse dont les produits ont tant contribué à populariser la Bretagne en répandant partout les images de types bretons. Les magasins de tailleurs, quincailliers, ébénistes, d'autres encore sont remplis d'objets qui servent aux touristes à se créer des mobiliers armoricains. Cet amour du bric-à-brac sauve l'art du pays, car les indigènes achètent plus volontiers maintenant des articles de menuiserie courante, plus commodes et à meilleur prix. Le pittoresque y perd, le confort y gagne ; toutefois, la transformation sera lente à s'achever, tant sont tenaces les coutumes chez ces fils de Celtes ; longtemps encore les voyageurs

Verront le lit de chêne et son coffre, et plus bas (Vers la porte en tournant), sur le bahut énorme, Pcle-mêle bassins, vases de toute forme, Pain de seigle, laitage, écuelles de noyer.

On peut juger de cette persistance tenace à

conserver les vieux usages en traversant la gare de Quimper. Les trains de Pont-1'Abbé, de Douarnenez, de Brest et de Lorient sont remplis de voyageurs aux costumes variés. Chaque canton, presque chaque village, se reconnaît à première vue. Aux jours de pèlerinage à Auray, surtout, c'est un inoubliable spectacle que cette invasion, à chaque station, d'hommes vêtus de vestes soutachés et de gilets éclatants et de femmes aux coiffes compliquées et aux tabliers chatoyants.

La plupart de ces gens font de longues courses pour venir prendre le train, les gares sont fort éloignées les unes des autres ; par suite de l'énorme dissémination des habitants en petits hameaux, il y a peu de bourgs, peu de villes aussi, partant peu de commerce sinon dans les rares grands centres ; les stations ne feraient guère leurs frais. Ainsi de Quimper à Rosporden sur 20 kilomètres, il n'y a pas une station intermédiaire. C'est peut-être exagéré ; s'il y avait des arrêts à Ergué-Gabéric et Saint- Yvi, on pourrait facilement visiter une partie de la campagne cornouaillaise encore ignorée et demeurée franchement bretonne. On peut en juger en remontant parle chemin de fer l'étroite vallée du Jet, d'une sauvagerie charmante ; on la suit jusqu'à la source de ce clair ruisseau. Sauf quelques moulins mous-

sus, on ne voit presque pas un hameau; ils sont nombreux cependant sur les hauteurs, mais masqués par les arbres.

Le paysage ne change guère lorsqu'on a franchi, à Rosporden, l'étang formé par l'Aven, une des rivières les plus aimables de Bretagne ; peut-être est-il plus sauvage encore

Ce pays de vallons, de rivières, de bois

De chapelles sans nombre et de petites croix.

Mais aux abords de Quimperlé la campagne se fait plus aimable, il y a de l'horizon, de la lumière partout. O la jolie ville dominant si gaiement ses deux claires rivières, l'Idole et l'EUé, du haut de ses collines rocheuses !

Le granit sombre s'est laissé dompter, les maisons sont claires et gaies, de grands arbres couvrent les jardins établis en terrasses fleuries de glycines, de clématites, de gueules-de-loup, vertes de fougères, de lierre et de buis, au-dessus des deux rivières, qui, réunies, forment la Laïta. Les rues montantes, les voies étroites aux maisons à poutrelles, puis soudain à la jonction des deux fleuves des édifices de noble ordonnance. Entre l'Isole et l'Ellé, une singulière église de forme ronde comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Peu d'industrie ici; cependant dans le haut quartier, devant une halle, j'ai aperçu, séchant sur le sol, ces chapeaux à grand poil chers aux Bretons et j'ai pu visiter le plus que modeste atelier où ils sont fabriqués. Le poil de chèvre et la laine du pays sont la seule matière première, une cuve où chauffe l'eau pour le foulage, une autre où se prépare la teinture noire, placées sous un appentis. Et c'est tout. Il y a peu d'apparence que la grande industrie s'empare jamais de cette fabrication, celle-ci a pour elle de fournir des produits de longue durée; un chapeau peut durer trente ans; aucune fabrication mécanique ne donnera un tel avantage. Aussi les humbles fabriques éparses dans les petites villes et les bourgs de Basse-Bretagne existeront-elles longtemps encore, tant que l'Armorique restera fidèle aux vieux usages.

Cet heureux coin de terre, où le fuchsia et le figuier prospèrent en pleine terre, inspira Brizeux. Le poète était né à Lorient, mais il a vécu sa jeunesse ici, près de la forêt de Cloham-Carnoël aux futaies vigoureuses. Le bassin de la Laïta lui a dû sa place dans notre littérature. Peu de rivières ont chez nous une telle gloire ; même le « Loyre gaulois » du vieux Joachim du Bellay n'a pas eu l'illustration de ces petites rivières

216 VOYAfxE EN FRANCE.

bruyantes aux rives fleuries. Partout ici l'eau ruisselle, bondit et murmure :

Car sans cesse on ne voit et l'on n'entend chez nous Qu'eaux vives et ruisseaux, et bruyantes rivières, Des fontaines partout dorment sous les bruyères ; C'est le Scorff tout barré de moulins, de filets ; C'est le Blavet tout noir au milieu des forêts ; L'Ellé plein de saumons, ou son frère l'Izôle. De Scaer à Kemperlé, coulant de saule en saule. Et de là, pour aller ensemble à Lo'-Théa, Formant de leurs beaux noms le doux nom de Lêta.

L'Ellé, très sinueuse, est la plus jolie des deux rivières. Sur ses flots tranquilles est jeté le pont dont parle l'exquis poème de Marie :

Un jour que nous étions assis au pont Kerlo

Arzano, le bourg on Brizeux connut Marie, n'est pas au bord de la rivière, mais sur une colline d'où il la domine d'un côté, tandis que, de l'autre, il voit le val profond du Scorff descendant vers Lorient. Le Scorff, lui aussi, est un joli petit fleuve, mais l'Ellé est, avec le fleuve Laïta, pour l'auteur des Bretons, le cours d'eau le plus aimé. Lorsqu'il put revoir cette Àrcadie armoricaine, il s'écriait :

Bourgs d'Ellé je reviens, accueillez notre barde !

Quimperlé est restée la douce cité de Brizëux, même elle s'est embellie ; si la Ville Close a conservé son aristocratique allure, la campagne s'est égayée

IPERL1-

LE PAYS DK BKIZEUX

D'après la carte de l'état-inajor au

Page 1