LES PARFUMS ET LE3 VOLAILLES DE HOUDAX
on en a lenlé jusqu'à 3 hectares, mais c'est un végétal assez capricieux ; cet ami des décombres et des revers des Tossës a encore besoin d'être discipliné. L'ortie est employée comme hémostatique, on en tire un beau colorant vert pour les liqueurs, — utilisé également pour donnfr une puissante teinte verte au vinaiyre servant à confire les cornichons.
Une partie des récoltes est de suite conduite à l'alambic et fournit des essences très recherchées par le commerce. Ce sol qui confine à la Beaucc donne aux plantes une richesse en essence bien supérieure à celle obtenue dans le Midi. Je me suis laissé indiquer quelques chiOres dignes d'intérêt. Telle essence produite à Houdan vaut 200 fr. le kilogramme et 20 fr. à peine en Pro- -vence ou en Languedoc. L'essence de menthe se vend 100 fr. au lieu de 4o ; l'essence de rose de Paris atteint de 5 000 à 6 000 fr., tandis que celle de Grasse a cours de 2 000 à 3 000 fr.; en Algérie, la qualité ne permet guère de dépasser 5oo, 800 ou I 000 fr. La belladone d'Italie est payée 60 à 80 fr, les 100 kilogrammes, celle de Houdan i5o fr.
Ces disproportions énormes sont attribuées à l'influence du sol et du climat dans la région de Paris; les plantes répandent moins de parfum
dans l'atmosphère, mais conservent plus d'huiles essentielles. Pour moi, qui aï éprouvé si souvent les enivrants parfums du thym, de la lavande et des plantes similaires sur le versant méditerranéen, j'étais surpris, en parcourant les cultures de Houdan, du peu d'odeurs qui flottaient dans l'air.
La cueillette des feuilles, des sommités, des, tiges et des racines nécessite un nombreux personnel, une centaine de personnes en moyenne y sont occupées ; des familles entières se présentent pour la récolte. Le kilogramme est la base du salaire pour le produit des cultures aussi bien que pour des plantes et des fleurs obtenues seulement à l'état sauvage et que l'on va chercher dans les bois et les friches; ainsi pour les Heurs du genêt dont on tire la sparléine et la scoparine, et que l'on trouve en abondance dans ïea forôts, notamment dans celle d'Yveline.
Le séchoir est sur la rive de l'Obton opposée à la ville, il occupe le sommet de la colline ; très long, il est disposé dans le sens des vents régnants et procure une ventîlatiou si énergique que l'on résistée peine au souffle impétueux qui parcourt celte longue galerie sombre en s'emparant de parfums subtils ou puissants. Le vent est mis à contribution pour donner à l'ouverture
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toute l'action désirable; il a(]it 9ur une (jiroiietl qui commande au mécanisme des portes.
Ce long hangar de planches peint en noi frappe l'attention quand on se promène au abords de la ville. Je l'avais pris d'abord pou une bergerie et mon étonnemenl a été vif e pénétrant entre ces deux rangées de claie» sup portant alors des tiges d'absinthe et d'hysope.
Les cultures de Houdan ne sont pas seule ment intéressantes comme un témoignage de r que l'esprit d'initiative peut en notre pajs pou accroître les ressources agricoles ; elles ont aussi par quelques plantes, une réelle beauté à V^pf que de la floraison. J'ai dît la majesté du poi de l'angélique ; l'aconit n'est pas moins beai avec son feuillage dentelé de teinte sombrr dressé en pyramide, que termine la houppe d fleurs d'un bleu violacé, en forme de casque qui lui a valu le nom de casque de Vénus. Et I digitale, ce gant de Vénus, thyrse de fleurs lose porté sur une tige aux feuilles cotonneuses...
Une chose me frappa encore, l'abondance d' chiendent autour des cultures et dans les tei rains que la charrue n'avait pas retournés. J'e.\ primais mon étonnement de ce contraste entr la richesse révélée par les plantes aromatique ou médicinales et ces parasites innombrables
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Mon guide a souri. C'est que le chiendent a de la valeur lui aussi : lavé el séché, il se vend 5ofr. les 100 kilogrammes pour Taire de la tisane ; l'assistance publique de Paris en emploie, à elle seule, 5oooo kilogrammes par année 1
La production des plantes aromatiques est jusqu'ici restée confinée sur les domaines de M. Fouché, mais peut-être verra-t-on d'autres cultivateurs entrer dans la même voie. Ils suivront en cela l'exemple des aviculteurs, rares d'abord, qui ont imité les premiers éleveurs de poussins et les fabricants d'appareils à incubation.
Bien que Houdan ait donné son nom à une race de poules et soit le centre commercial, il n'y a pas d'éleveurs, ou fort peu. Ce sont les communes de son canton qui lui valent sa réputation. Toutes font de la volaille, mais surtout celles de la vallée supérieure de la Vesgre. Une d'elles, Gambats, est même le principal centre avicole et le siège d'une des deux écoles d'avicullurc que possède la France — l'autre est à Sanvic, dans la banlieue du Havre.
Jusqu'à Maulette, la route conduisant à Gambais se nomme avenue de la République ; c'est
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