EPERNON ET LA, VALLEE DE LA GUESLE
Apparition d'Épemon. — La ville basse et la Tieille ville. — Monument commémoratif du combat d'Ëpernon. — Les carrières.
— Meules de moulins et pavés. — En remontant la Drouette.
— Droué le vaillant. — Émane*, Orphin et leurs carricres de pierres à meules. — Le vignoble d'Ëpernon, — • La vallée de la Guesle. — Les toils en chaume de bruyère. — Le déClé de Guiperreux. — L'étang. — Les ruines de Poignj-. — L'étang d'Angennes. — A travers l'Yveline.
Rambauiilel. Mai.
Autant le fond de vallée parcouru par l'Eure est humide, d'une verdure grasse, autant l'é- Iroite bande de terre qui prolonge la Beauce entre l'Eure et la Drouette est sèche. Sur ce sol régulier, la roule de Maintenon à Epemon s'en va par un Iracé rigide. Parvenue au-dessus du joli val de la Drouette, elle s'infléchit pour descendre à travers les hameaux de Hanches et suivre la rivîérette jusqu'à Épernon.
Cette petite ville est celle qui arrête le plus l'attention du voyageur entre Paris et Chartres,
ÉPERNON ET LA VALLEE DE LA GUESLE 8l
par son aspect extérieur. Elle a ce qui manque à ses voisines MainleDon et Rambouillet, en dépit de leurs châteaux et des souvenirs évoqués : la fierté féodale due aux débris de forteresse, à l'escarpement des pentes, à l'amphn théâtre des constructions. Puis ce nom sonore réveille tout le passé de guerre, d'aventure» et d'intrigues des brillants et peu scrupuleux No- ^aret de la Valette, pour qui la petite ville devint duché-pairie.
Épemon, du moins dans ses quartiers supérieurs; n'est pas une déception pour- qui la visite après avoir été séduit par le site aperçu au passage. Si, dans la vallée, il n'y a qu'une rue (eme de maisons basses et grises, on retrouve un peu de pittoresque en parcourant les ruelles montueuses qui entourent l'église. Au long de la Drouette quelques établissements industriels, fabriques de chaussures et de chapellerie, de viennent le principal élément de vitalité depuis que la production des meules de moulins est entravée par la concurrence victorieuse des cylindres.
Après avoir parcouru la rue formée par la grande route, où sont les auberges et les boutiques, on atteint le vieux quartier aux noms d'autrefois : rue Malconseil, rue de la Regratterie, rue
Sa VOYAGE EN FRANCE
des Juifs...; ses constructions intéressent par leur originalité ou les vestiges d'ornementation.
L'hdtel de ville, bâtisse fort simple, occupe une terrasse qui recouvre une belle salle voûtée du treizième siècle, à terrasse et à nervures, appelée les Pressoirs d'Épernon. La terrasse supporte encore une école, à laquelle accède une rue gardant une de ses anciennes maisons de bois à piliers sculptés.
La colline, très raide, presque à pic, que couvrait le château desAmaury de Montfort, dont il reste de pauvres vestiges, est divisée en gradins par des murs de soutènement. Ces successions de terrasses sont occupées par un petit vignoble exposé eu plein soleil du midi. Au point culminant, une pyramide de granit domine la ville et de lointaines campagnes : elle a été élevée à la mémoire du commandant L'scomte, du 2* bataillon des mobiles d'Eure- et- Loir, et de ses compagnons d'armes, mobiles, mobilisés, gardes nationaux, tués le 4 octobre 1870, en défendant Épernon contre une brigade de cavalerie, deux compagnies d'infanterie et une batterie. Ce fait de guerre, de médiocre importance, méritait cependant d'être commémoré, car les mobiles d'Eure-et-Loir et les gardes nationaux, assaillis par des forces bien supérieures en nombre sou-