Sur Droué, voyez Is page S
Le-fond de la vallée formée par la joDclion des trois plis supérieurs doit une note pimpante à uit pavillon blanc qai se détache sur le fond vert des prés et des arbres au hameau de Savonnières. Les cheminées des manufactures de meules dressées au-dessus de ce joli coin ne détonnent pas trop. Non moins frais que le val de la Drouetle est le vallon de la Guesle ; les maisons éparses d'un faubourg y vont à la rencontre des habitations de Raizeux, qui semblent prolonger la ville ('), Une belle villa dans le goût de la Renaissance apparaît au milieu d'un parc.
La colline d'Épemon est escarée par les carriers; sa roche siliceuse, très dure, fournit des pavés réputés pour leur résistance. Le banc a été mis à nu par d'énormes travaux de déblais et offre une surface ondulée, comme boursouflée. Ce n'est point ici que l'on extrait la pierre destinée à préparer les meules de moulins; les carrières sont dans la vaHée de la Drouette, depuis Orphin jusqu'à Saînt-Martin-de-Nigelles, d'où les morceaux sont amenés à Épemon pour
1. Population d'Épemon, a37»h»b.; Droué, 387; Raizeux (Seine-cl-JDisfi), 537 (en igoi).
être taillés et appareillés dans les usines. Celles-ci ont fusionné avec les établissements de La Fertésous-Jouarrc ('),
Le banc de meulière est fort étendu ; sa pierre remplit complètement les conditions exigées par la minoterie. On aurait pu exploiter toute la péninsule massive comprise entre la Guesie et la Drouette et traversée par la limite d'Eure-et-Loir et de Seine-et-Oise, et tout le bassin supérieur de la Drouette, encore plus riche. L'adoption des cylindres pour la mouture a brusquement enrayé l'essor. L'industrie de la meule, si elle n'est pas frappée à mort, n'en est pas moins bien atteinte et peut-être pourraitrou envisager sa prochaine disparition si quelques établissements spéciaux broyant le phosphate, la chaux, le ciment et les matières similaires ne continuaient à utiliser l'antique meule de pierre.
Les pavés, eux aussi, perdent de leur impor-tance économique avec la substitution du macadam à la chaussée sonore. Il ne leur reste guère que tes voies des villes pour débouchés; c'est encore un lot assez considérable pour assurer à Épernon un nombreux personnel ouvrier.
I. 43' série du Voyage en Fraaoe, la Brie. Je do reviendrai )iss ici sur Is descriplion de celte industrie, me borosul à ce qui est particulier j> Ëpemon.
[ ET lA VALLÉE DE LA GUE5LB $7
Les vallées qui se réunissent à Épernon font à la petite ville une ceinture de campagnes riantes, particulièrement fraîche sur le cours inférieur de la Drouette, depuis le village de Hanches, dominé par un haut et puissant clocher, jusqu'à Villiersle-Morhicr, où l'étroit bassin s'ouvre sur les larges prairies humides traversées par l'Eure, En amont, jusqu'en Seine-el-Oiae, le vallon de la Drouette est bor.dé de carrières. Ces exploitations n'ont pas trop défiguré ce joli pli beauceron, sauf entre Émancé el Orphin, où les fouilles ont créé de véritables abîmes. Le village de proué, qui a fourni un contingent si considérabie à la liste des victimes dans le combat d'Épernon, est dominé sur la rive droite par les carrières de grès à pavé ouvertes à la crête même de la colline el dont les déblais font des traînées grises entre les arbres et les broussailles. Une de ces exploitations est reliée à la route par un câble porteur franchissant la vallée.
Droué et son voisin Émancé sont peuplés de carriers. Celui-ci renferme une colonie assez considérable de ces cheminesiux dont le domaine de travail est interrompu par le parc superbe cl le joli château de Sauvage, entourés d'un hameau coquet.
De là jusqu'à Orphin se suivent les carrières.
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La pierre n'est plus le grès, mais la. meulière exploitée pour fournir soit les éléments de meules réunies par morceaux soudés à l'aide de ciment et contenus par des cercles de fer, soit des meules d'une seule piice obtenues dans la dalle que des fouilles gigantesques ont mises à découvert. En certains points il a fallu enlever de 10 à !5 mètres d'épaisseur de terre pour trouver celte assise Hsse de pieire dans laquelle le pic el le marteau détachent les disques monstrueux. Les rails de petites voies ferrées descendent dans les carrières d'où la pierre est conduite sur des wagonnets aux chantiers de taille.
Les amoncellements de terre el de roche ont bien souillé ce coin de vallée jadis intime et riant. Mais les monticules réguliers se couvrent de végétation ; lorsqu'ils ne peuvent plus s'accroître à cause de leur élévation ou de l'éloignement des fouilles, on les plante d' arbres à croissance rapide, iicacias ou pins. Ils forment ainsi des accident.8 de terrain pittoresques, en face du groupe de villas édifiées sur les domaines morcelés d'Orphin(').
L'autre rivière d'Épernon, la Guesle, parcourt un val non moins étroit que celui de la