ÉPEIVNON ET LA VALLÉE DE LA GUESLE
£>rou«Ue, adorablemcnt sauvage dans la parlic forestière.
J'y suis descendu eii achevant la visile des carrières de grès, qui dominent la ville, et voisines d'un petit vigBoble assez inattendu en une (elle contrée, entrecoupé de cultures : champs de trèfle, canes de fraisiers. Ces vignes sont cultivées d'une façon originale ; à les voir de loin on se croirait sur le polygone d'instruction de troupes du génie. La terre, prise en avant de chaque pied, est rejetée en arrièrr sur le saimenl couché pour le provignage, on oblicnl ainsi un talus raide s'abaissant en pente douce du côté opposé. Ce travail, fait avec beaucoup de soin, et nommé le rajeunissage, a pour but de développer les racines sur la souche.
Le vignoble finit au bord ni^me de l'escarpement sous lequel se creuse la vallée de lu Guesie, évasée, verte, aimable, mais qui ne me semble pourtant pas mériter l'enthousiasme dont eiie est l'objet dans certaines descriptions, Peut^tre les admirateurs sont4ls Beaucerons.
Un raide sentier tracé sur l'abrupte paroi de la colline descend à Raizeux, village formé de Immeaux éparpillés aux toits de chaume moussu. Chaume de bruyère le plus souvent, dont h* matière première est fournie en abondance par
les parties arides de la vaste forêt Yveline â laquelle Rambouillet imposa son nom moins hannonieux et dont la vallée delà Guesle est un des plus heureux accidents. J'assiste un moment au travail des couvreurs qui refont une toiture. Les aides portent la bruyère au moyen d'une sorte d'oiseau analogue à celui des maçons, mais muni d'un arceau qui se fixe sur le toit avec un crochet. L'ouvrier puise les ramilles régulièrement disposées, les place sur les chevrons et les mastique avec de l'argile.
La Guesle anime quelques usines ; l'une d'elles, à l'extrémité de Raizeux, est une féculerie. Un superbe tilleul ombrage ici le chemin. Sur une pente plissée de la rive droite, le petit village d'Hermeray semble grouper ses toits de chaume autour du grand comble de l'église.
Sous une autre face les maisons d'Hermeray ne paraissent plus aussi pressées, les façades blanches s'écartent et composent un rustique tableau, en face des bois sablonneux de Gazeran d'où monte la saine odeur des pins mélangés aux bouleaux et aux chênes. Un château borde la Guesle, à l'entrée d'un large bassin maréca- (jeux qui se referme plus loin entre les hameaux des Chaises, de Béchereau et d'autres groupes d'habitation ayant pour centre une vaste école.