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ÉPERNON ET LA VALLEE DE L.V GUESLE

Ce pays est très agreste ; on ne voit pas de grandes cultures, mais des champs étroite, souvent travaillés à la houe et à la Wche. Ce caractère de petite propriété estsaffîrmé encore par le nombre de femmes ^ui chacune font pat(re un<! seule vache sur les talus et dans les fossés <Iu chemin.

■ Après Béchereau, la vallée se fait plus pittoresque, les collines se redressent, revêtues de blocs de grès éboulés et boisées de pins rappelant la forêt de Fontainebleau. Au-dessus du petit hameau de Trousse-Bâton ces blocs sont débités en pavés. Sous les amoncellements, un joli sentier s'en va entre les masses de grès tapissés de mousse et de lichen, entourés de bruyère, cela est à la fois mélancolique et charmant. Le vent qui sifQe dans les pins et semble en secouer les senteurs accroît cette impression.

Entre ces pentes accidentées et la longue rue formée par le chemin de Poigny, la Guesle roule, avec lenteur, des eaux teintes de rouille par leur fillralion à travers la bruyère. Sur la chaussée passent bruyamment les équipages d'une laiterie allant de porte en porte recueillir les produits des étables. Les maisons fmissent par former un petit centre, Guiperreux, gentiment assis à l'entrée de la forêt. A la lisière du

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bois, souiit une coquette maisOB de garde ; à trav«râ le rideau des grands arbres on voit élinceler la nappe d'un étang d'où la Guesle s'échappe pour aller passer sous un vieux moulin soutenu par des contreforts robustes.

Une vieille affiche sur une muraille me fait connaître que la pêche de l'étang est, comme celle de tant d'autres pièces d'eau de notre France, l'objet de réjouissances ; elle annonçait l'ouverture de la bonde pour le 37 mars et la vente du poisson au détail sur place.

I^ petit lac artificiel apparaît bientôt en entier, une large bande de roseaux entoure le Ilot miroitant, une ceinture d'arbres aquatiques encadre le bassin, au delà moutonnent les pinèdes sombres de ta forél.

Celle-ci est de médiocre intérêt dans celte région; la vieille Yvehne aux chênaies profondes a vu tomber ses chênes et fut un moment transformée en landes, on l'a restaurée par les résineux à croissance rapide. Les pins enveloppent des ruines encore imposantes, ce sont les murailles de la forteresse féodale de Poignj qui appartint à la famille d'Angennes dont était issue la fameuse marquise de Rambouillet. Les bâtiments d'habitation ont disparu, mais les murs découronnés dessinent encore l'enceinte, et le fossé en

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