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ÉPERNON ET LA VALLÉE DE LA GL'ESLE

empécbe toujours l'accès. Sur un des nancs subsiste l'abside de la chapelle romane, flanquée de colonnes à chapiteaux. A ces ruines guerrières OQ religieuses s'ajoutent celles d'un moulin. Dans l'intérieur du quadrilatère on dislinque de vagues débris. A l'entrée de la auîl l'ensemble doit être sinistre.

Le château de Poigny avait remplacé un pneuré appartenant à l'ordre de Grandmont.

La chapelle est celle de la maison religieuse, les seigneurs d'Angennes la conservèrent en bâtissant leur demeure. L'industrie s'était installée dans ces débris d'habitation seigneuriale, on y exploita une fabrique de feuilles d'étain.

Le souvenir des anciens maîtres est resté, par le nom d'un étang étalé à mi-chemin de Poignv, l'étang d'Angennes. La Guesle s'y amasse après avoir traversé la vallée ou plutôt la conque dans laquelle s'étend le village de Poigny.

Je ne suis pas allé jusqu'à ce petit centre Sylvain; montant sous les futaies j'ai gagné une des entrées du parc de Rambouillet, la porle des Chartreux. Le chemin est assez difficile à trouver, car la carte d'état-major est bien avare de renseignements et les poteaux ne donnent que des indications insuffisantes, renvoyant de carrefour à carrefour. Il y a notamment un cer-

tain rond-point de l'Apothicaire où l'orientation fut difficile I

Enfin j'ai fini par trouver la direction, rassuré au bout d'un instant en apercevant un creux rempli d'eau glauque et d'arbres aquatiques et entouré de chênes superbes de porl, la mare Chanceuse, située presque à la lisière de la forél, sur le parcours de la route forestière n Sans fin ». Les futaies enveloppent à demi la clairière occupée par le hameau de Bois-Dieu.

Ce canton peuplé de chênes et de hêtres parfois énormes, nommé la Poquetterie, finit à la muraille qui enclôt le parc de Rambouillet.

Aussitôt la porte des Chartreux franchie le spectacle change, ce sont les avenues majestueuses aux arbres centenaires, tracées rigides au milieu des prés, des cultures et des parquets de chasse où abondent faisans, perdrix et lièvres. Solitude majestueuse en ce moment. Jusqu'aux abords de la bergerie nationale je n'ai pas rencontré un seul être humain.

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lartraiiie par une nouvelle visite aux de chemin de fer exploitées par le lu génie, et je profile de celte excurrcourir le pays autour de Chartres.

i'Âuneau. J'ai abordé le plateau par lampes, qui longe jusqu'à sa source re de Louelte (') et remonte le vallon ne vallée fraîche et ombragée avant estation eût amené le dessèchement e. De ce pli on sort par une pente e l'on n'a pas l'impression d'avoir plateau beauceron se montre cepentnt de soudaineté que cela rappelle ents de décor au théâtre.

1 est celui que l'on rencontrera pen- Eaines de lieues. Plaine sans fin où semblent régulièrement parsemés, blés, les maisons groupées au pied :her, tels des poussins autour de leur comme ils semblent perdus, loin de [âges ! même ceux qui avoîsinent le fer et sont dotés d'une gare, ainsi illc. Malgré le printemps qui fait moissons anciennes, de grands gerssent encore, les batteuses à vapeur

u Voyage en Fiviact, chapitre XX.

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égrènent leurs gerbes. Des moulins à vent tournent lentement; sur les chemins, des tonnea de fer montés sur roues apportent aux fera l'eau précieuse et rare puisée à quelque fontai lointaine.

Le clocher de Garencières-en-Bcauce, le pi élevé de tous ceux qui accidentent la plaii paraît le centre du paysage. Parfois, une hai cheminée de briques révèle une industrie ag cole, sucrerie, distillerie ou briqueterie.

Un des villages, Sainville, a l'allure d'u petite ville. La gare est reliée au centre par u avenue aboutissant à une élégante mairie. A dessus des ttiîts une tour carrée surmoniéc d'u galerie à baiustre donne vaguement l'idée quelque tour d'horioge florentine. En plei Beauce, cela est d'un bel anachronisme! La te flanque un édifice de pierre blanche terminé [ un fronton aigu et dont quelques motifs se assez heureux. Sur une plaque de marbre no qu'abrite un balcon enveloppant la tour, se ce nom : Farcot-Leblond ; c'est celui du crt leur du monument, un bourgeois de Sainvî qui a doté d'un musée la mignonne cité. Mais musée n'a guère encore que l'enveloppe. Ce n'< pas le seul monument du lieu : l'église, remo tant au douzième siècle et que la Renaissan

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a profondément remaniée, a quelque intérêt; elle fut un moment fortiSée.

Autour de Sainville, la plaine, très nue, en apparence régulière, se creuse cependant de vaux profonds se ramifiant vers Aunay-sous- Auneau où sourdent des fontaines. Vers le sud il y a des arbres ; des remises A gibier forment écran à Maisons, et Dcnonville confine à ud parc très vaste, bien percé. Une majestueuse avenue de grands arbres forme un merveilleux accès au château. Les cultures sont plus variées; même le hameau de MonvilUers est réputé dans le pays chartrain pour ses asperges.

Après un espace plus plat et régulier encore que le reste de la contrée, on découvre soudain des vallées profondes et fraîches. La Voîse naît dans un de ces plis et s'accroît d'autres ruisseaux abondants et clairs. Le plus important de ces aHluents, l'Aunay, borde l'humble ville d'Anneau dont les chemins de fer, en se croisant dans sa gare, ont fait un centre. En dehors des jours de marché, elle est d'une tranquillité morne, mais, comme les autres cités beauceronnes, proprette et d'allure prospère. Cette placide bourgade a pourtant gardé quelque aspect féodal par son château, haute construction grise encore habitée et conservant son donjon

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carré flanquant une puissante lour coilTée d'un dôme.

Auneau est un rendez-vous commercial pour de nombreuses communes; les chemins de fer ont accru ce rôle, bien que la gare principale, sur la ligne de Paris à Venddme, soit à deux kilomètres. Dans cette station aboutissent les lignes de trois réseaux : Orléans, État et Ouest, ces deux derniers ayant un tronc commun jusqu'à la gare d'Auneau-vilIe. Les cinq lignes qui rayonnent de là vers Paris, Chartres, Étampes, Vendôme et Dreux déterminent un mouvement de voyageurs considérable, les jours de marché surtout. Aussi la ville a-l-elle beaucoup d'auberges et de nombreuses boutiques. Le commerce se rapporte à l'agriculture, de même l'unique industrie : la fabrication des machines agricoles.

La bourgade s'étend en pente douce : ses quartiers supérieurs contemplent le plateau, immense et verdoyant; ceux du bas atteignent la petile rivière d'Aunay si gracieuse entre ses prés et ses arbres. Des parties hautes, on devine à peine les vallées, tant leurs lèvres sont d'égale hauteur. Vers le nord-ouest, les ruines bizarres de Gailardon et la vaste église de ce bourg dominent tout le paysage.

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lieue d'^ par un la sa fontain villages s sion, on c Beauce, s rempli de J avoirs ru taillis sou

Un autre vallon atteint la Voise dans ce joli site, il a sa léle à Béville- le- Comte, village signalé de loin par une élégante flèche dressée au-dessus de son église à triple pignon. Tout autour, c'est la plaine, avec ses moulins à vent, les hameaux bien groupés, les gcrbiers symétriquement disposés, vastes champs de céréales, guérets bruns préparés en vue de l'ensemencement des betteraves à sucre. Le plus gros centre en vue, Umpeau, paraît écrasé par sa lourde église. Près du chemin de fer, Houville est relié à sa gare par une avenue de tilleuls, luxe quasi royal en Beauce. D'autres arbres forment massif, c'est le parc d'un château édifié à la naissance du joli vallon de Nogent-le-Phaye, qui aboutit à l'Eure. Le château présente, au fond d'une large avenue, une sévère et noble façade

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de brique et de pierre blanche. Au cœur du village, l'église montre de belles fenélres (tamboyaotes et le clocher dresse une haute flèche revêtue d'ardoises.

Les plissements, nombreux, enlèvent à la plaine tin peu de sa monotonie. Le vallon auquel ils aboutissent, bientôt élargi, offre une perspective heureuse.

Au loin, colossale, appapalt la cathédrale de Chartres, ses deux flèches pointant très haut dans le ciel. Désormais c'est le détail capital, presque obsédant, du paysage.

Dans un' pli, entre les bois, Nogcnt-le-Phaye semble se terrer pour échapper aux vents qui balayent le plateau. De grandes fermes bordent ses rues. Sur le plateau, des hameaux ou des groupes de fermes entourent à dislance les centres communaux. L'un d'eux, Brétigny, composé de maisons basses en partie recouvertes de chaume, est tristement célèbre dans notre histoire : il a donné son nom au désastreux traité par lequel le roi Jean, prisonnier d'Edouard III d'Angleterre, représenté par son fils Charles, devait consentir à abandonner une grande partie du royaume : l'Aquitaine entière.

Du ressaut que le hameau couvre, la vue s'étend sur une grande partie de la Beauce; l'alten-

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lion est toujours sollicitée d'une façon presque exclusive par la cathëdrale de Chartres ; le merveilleux édifice se précise, les contreforts el leurs pinacles, les dentelures de la flèche se découpent sur le ciel.

Vers le sud il n'y a pas de gros villages, mais des hameaux groupés à la croisée des chemins. Les centres communaux, fort écartés les uns des autres, sont assez populeux dans le canton de Chartres, beaucoup moins dans celui de Voves. Celte dernière ville cependant est considérable pour le pays : elle groupe plus de i loo habitants (').

Bourgade riante, à ses abords vers la gare où s'ouvre une belle avenue, Voves, au centre, n'est guère qu'un village, riche par le commerce avec les campagnes voisines. '^

Site assez morose, c'est le plateau beauceron dans toute sa monotonie. Ni bois, ni vallée, ni ruisseau. Les habitants furent longtemps réduits à l'eau polluée des mares ou à celle de puita nécessitant beaucoup de fatigue. On vient de créer un réservoir communal d'où l'eau ramenée de 70 mètres de profondeur par des machines

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