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L^ VALLÉE DE LA VOISE

nord par la lisière des bois. Des barrages retiennent les eaux de l'Orge, qui donnent la vie aux moulins. Jusque après Sainl-Marlin-de-Dretencourl, c'est une suite de petits coins heureux et reposants.

Saint-Martin occupe le fond du vallon : son clocher, très élevé, pointe au-dessus des peuplier;. Bretencourt est un gros hameau à la lisière des prairies où naît une fontaine assez abondante pour qu'on ait pu y voir la source de l'Orge. Mais la jolie rivière a son origine plus haut encore, en pleine Beauce, au hameau de Long-Orme, d'où elle s'écoule en inlimc misselet.

A Bretencourt, chemin de fer et routes montent par des rampes sur la plaine beauceronne, dans une des parties les plus élevées, autour de laquelle se creusent des vallons rayonnant vers tous les points de l'horizon autour du bourg d'Ablis. Dans un de ces plis occupés par une végétation vigoureuse, Orsonville est blotti ; son château, d'ancienne origine, appartient à une branche de la famille de Colberl.

De ce côté les eaux s'écoulent à la rivière d'Aunay, non loin d'Auneau. Elles sont très vives, comme tous les flots issus de la craie. Sans cesse des sources les accroissent. Chaque ruis-

seau a creusé un val dont la profoadeur est hors de proportion avec le volume actuel du courant. Devant Auneau, les berges tombent d'une hauteur de plus de 3o mètres. Vu d'ici, !e site est charmant et fait oublier l'aspect morose de la petite ville. La haute flèche de l'église, la tour et les combles aigus du château, les maisons qui dévalent, de l'eau, des arbres, des pentes raides, tout cela pourtant est en Beauce.

Jusqu'à sa perle dans la Voise, l'Aunay déroule de courts méandres que bordent ou dominent des hameaux. L'un d'eux, ÉquiUemont, couvre le sommet d'un petit promontoire. La jonction des deux riviérettes est dans une sorte de forêt de peupliers; le moulin de Lanceulx babille, Garnet éparpille des maisons rustiques. Les coteaux de la rive droite, bien exposés, sont un verger continu ; des roules fauves montent en rampe douce et vont parcourir le plateau.

Sous Levairtville le fond du vallon s'élargit, des fossés découpent les prairies humides couvertes de peupliers. Une des routes de Paris à Chartres franchit la Voise, elle descendait jadis raidement à un gué ; celui-ci a fait place à des ponts, la chaussée dessine des lacets, mais le nom de Gué-de-Longroy est resté au village né

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au point de passage et qui emplit tout le fond de vallée et les premières pentes.

En dépit du caractère marécageux des bords de la Voise, une multitude de maisons occupent ces terres mouillées, beaucoup sont revêtues de chaume. La commune d'Ymeray éparpille ainsi ses habitations à l'ombre des grands arbres aquatiques. La Voise, divisée en deux bras errant entre les prairies, s'accroît par le tribut de ruisseaux abondants. Au débouché, la vallée élargie est occupée par une' petite ville que signale de loin un étrange débris de tour féodale, haut pan de muraille auquel sa forme a fait donner le nom à'épaute de Gallardon.

Gallardon a l'un de ses quartiers sur le territoire d'une autre commune, c'est le Pont, faubourg dont les maisons sont souvent en (orchis et couvertes de chaume. La Voise le borde par deux bras coulant avec lenteur entre des prairies très grasses et humides entourées de peupliers. La ville proprement dite commence sur la rive droite, elle couvre une pente escarpée où montent des rues pavées, ayant gardé l'aspect des temps anciens. Les logis charment par leur caractère archaïque, que les boutiques modernes n'ont pu beaucoup modifier encore.

Une de ces demeures est une des plus pré-

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