I. Vnyci le chapitre XI de la l\^ sérît
LA FOHÈT DE LAYE aÔQ
inurs rappelant Thomery, Ces vergers superbes, où l'on cultive l'oseille et le pissenlit entre les rangées d'arbres nains, avoisinent des parterres produisant- la graine de fleurs et le plant à vendre en mottes. Un champ n'a que des Œillets rouges, de longues plates-bandes sont constituées par des oreilles d'ours.
Le chou-fleur surtout est roi en été et en automne ; de grands espaces sont couverts de lignes régulières de ce légume. It y a un mois encore, c'était superbe comme disposition et fraîcheur de teinte. Maintenant tout a été coupé; à peine trouve-t-on quelques sujets réservés, dont la pomme est cachée par des feuilles rabattues pour lui conserver sa blancheur.
Au printemps, la pomme de terre domine.
Chambourcy est un des plus grands fourtiisscurs de pommes de terre nouvelles pour le marché de Paris, dans les parties hautes du terrain surtout, où le sol, très léger, reposant lui-même sur une couche de sable d'un jaune d'or, se prête à merveille à cette production. Le sommet de la colline et les pentes inclinées vers le ru de Buzet y sont consacrés presque exclusivement. Là encore on retrouve le poirier.
Un petit coin de nature à demi vierge a singulièrement été conservé. Les arbres d'un parc,
cultivateurs préservent par des sacs de Partout, dans les ruiîs et les ruelles, on du moindre pan de mur pour palisser ri ers.
Le fruit tend à devenir la culture pr( rante, les légumes rencontrant de plus > la concurrence du Midi, de la Bretagm l'Anjou. C'est à contre-cœur, cependant, gens de Chambourcy abandonnent une | tion à laquelle ils étaient accoutumés, \ visme, depuis une époque bien lointaine.
La partie basse du territoire, se prêtan à la culture fruitière, reste presque enliè consacrée aux légumes ; rares y sont Ict poiriers. Cette zone s'étend de la roule m à la forêl et à Poissy. L'activité y est gri tout temps, soit pour la plantation, soit j façons, soit pour la cueillette. Les demie de mai et les premiers jours de juin s plus pénibles pour ces rudes travaiUeun a lieu le repiquage des choux-fleurs, q un mois; c'est aussi l'époque de ta vente active pour l'épinard et l'oseille ; les man durant tout ce mois, ne se couchent pi leur arrivée des halles, ils sont aux c pour planter les choux-fleurs ; ils peint qu'an moment d'aller charger li!s pan
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27a VOYAGE EN FRANCE
légumes et retournent aussitftt à Paris. La rentrée, à l'aurore, est pénible ; les convoyeurs, ne pouvant résister au sommeil, s'abandonnent; alors pleuvent les contraventions de la part des gendarmes.
Dans un champ, voici un amas de paniers remplis d'épinards, recouverts par une bâche. Un groupe d'hommes et de femmes sont étendus, aiïalés, contre la toile ; je n'oublierai jamais l'aspect harassé de ces êtres laborieux. La tâche n'est pas finie cependant j bien des corbeilles vides, sorte de cylindres d'osier, restent à remplir. Mais, en dépit de l'acharnement au travail, le repos s'était imposé.
La sieste finie, tous se remettent à l'œuvre, dans une atmosphère empuantie par une odeur de gadoue et de choux pourris. Les hommes conduisant la charrue ou la herse, les femmes agenouillées, sarclant ou cueillant. La récolte se fait avec une rapidité extrême.
Partout le même spectacle à travers ces champs où les céréales, en nappes de faible étendue, sont semées uniquement pour l'assolement. On retrouve les murailles des clos à poiriers autour de ta ferme de la Maladrerie, que dominent les hauteurs d'Aigremont et d'Or^ geval, revêtues de bois à leur cime, enveloppées
i,ierti„Goo^li:
d'une écharpe de jolis hameaux consacrés aussi à la culture fruitière. Celle-ci se développe de plus en plus : jusqu'à la forêt des AUuets et même au delà, le plateau aux molles ondulations est un des plus somptueux vergers de la région parisienne.
A une faible distance de Chambourcy, on pénètre sur le territoire de Saînl-Gcrmain, dans un quartier qui n'est pas encore la ville et n'est plus la forêt, où la station du chemin de fer de ceinture, fort animée, commence à attirer la population. La grande route et l'avenue Garnot qui aboutit à cette gare se bordent peu à peu de constructions ainsi que les rues régulières tracées aux alentours. Malgré l'éloignemeut du centre, ces parages se développent, à cause de la proximité de la forêt; déjà de beaux hôtels apparaissent au milieu de chênaies conservées. La ville, d'ailleurs, ne saurait s'étendre autre part sans empiéter sur les bois qui font sa salubrité et sa fortune, La cité primitive, aux rues irrégulières et étroites, occupe une sorte de promontoire entre la Seine et un vallon, profond dont ta tête touche à l'extrémité de la forêt de Marly, vallon aux pentes raides tapissées de jardins et de vignes. Cette pointe, qui porte Saint-
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Germain, s'élargit au nord en éveatail et se rattache au grand plateau Torestier enrermé dans la boucle de la Seine.
Saint-Germain, dont l'aspect est très citadin par l'animation des rues principales et le nombre des boutiques qui bordent ces voies, n'a pas d'édifice ancien, en dehors de son château.
L'église est indigne de cette cité de plus de 17000, de près ds 20000 habitants, si l'on considère comme partie de l'agglomération la commune du Pecq, quartier étalé sur les pentes jusqu'à la Seine. L'hôtel de ville est une aorte d'ample villa. Mais Saint-Germain n'existe guère que depuis Henri IV et les années qui suivirent ne furent pas fertiles en édifices municipaux remarquables, sinon dans les villes qui ont eu la bonne fortune d'avoir pour administrateurs des Tourny, des Turgot ou des Etigny. Louis XIV", qui aurait pu faire de Saint-Germain un Versailles autrement séduisant, à cause des grands horizons, l'abandonna pour sa création où, d'ailleurs, sauf le château et ses dépendances, il ne fit élever aucun monument du plus vague intérêt. --^
Si l'hôtel de ville de Saint-Germain ne mérite guère l'attention, il renferme de belles tapisseries ; de même, la pauvre église paroissiale, sin-
LA rORËT DE LATE 276
géant les temples grecs, contient le monument funèbre de Jacques II, roi détrôné d'Angleterre. Les deux édifices avoisinent la place du château, qui possède la gare principale et, k une extrémité portant le nom de place Thiers, la statue de l'éminent homme d'État, mort à Saint- Germain.
Le château n'est pas le palais, commencé par Henri II et achevé par Henri IV, qui a joué un rôle si considérable dans l'histoire jusqu'aux premières années du règne de Louis XIV. Ce (1 chfiteau neuf» où naquit le Futur grand roi fut démoli par son arrière-petit-fils, le comte d'Artois, qui devait devenir Charles X ; ce prince laissa subsister seulement le pavillon Henri IV, aujourd'hui transformé en annexe d'un hôtel.
Quant au vieux château, s'il échappa à la destruction, son sort ne fut guère meilleur; après avoir été siège de la capitainerie des chasses dans les dernières années de la monarchie, il devint, à la Révolution, une prison où l'on jetait les suspects ; puis caserne et, de nouveau, prison ou plutôt pénitencier militaire. C'était un acheminement à l'inévitable abandon. En iSSs, on supprimait l'établissement pénitentiaire, sans f»our cela arrêter la ruine d'un monument qui marque une époque dans notre architecture.
Enlin, en 1862, Napoléon III, passionné pour l'histoire de la Gaule, faisait affecter le château à un musée gallo-romain; l'installation nécessî- (aît naturellement la restauration, celle-ci a été poursuivie lentement, mais sans arrêt ; l'achèvement complet serait rapide si l'on disposait de crédits suffisants.
Tel qu'il est aujourd'hui, le château de Saint- Germain, débarrassé des constructions adventices et des placages qui le défiguraient, restitue le palais que Pierre Chambiges édifia pour François I", en jetant bas un château construit par Charles V, tout en en respectant le donjon. De même, la chapelle de saint Louis eut la bonne fortune d'être conservée et les restaurateurs modernes ont pu rétablir ce précieux édifice des premières années du treizième siècle dont le génie militaire avait obstrué les fenêtres et masqué la rose à l'aide de pierre et de mortier.
Malgré le nom de son créateur, le roi-chevalier, et celui de l'illustre architecte, le château de Saint-Germain serait une déception pour qui chercherait les merveilles de Blois et de Chambord ; l'aspect général est sévère ; il y a trop de régularité dans ces façades où les fenêtres encadrées de briques rouges sont profondément
enfoncées entre des piliers servant de contreforts. Rien ne rompt l'uniformité, sauf le balcon du premier étage, orné de vases, et surtout la galerie à balustrade qui Forme le couronnement, ornée de médaillons à l'initiale de François 1" alternant avec les vases supportés par de courts pilastres. Cependant, cela n'est pas sans grandeur. La cbapelle occupant un des angles contraste avec cette ordonnance régulière par ses hautes fenêtres, séparées par des piliers si étroits que l'ensemble donne l'impression d'une unique verrière. C'est la pure époque de saint Louis.
La façade principale a plus de variété : une tour ronde que l'on vient de restituer à l'angle de droite, le donjon de Charles V à gauche — enrobé dans les constructions de François I", une galerie en encorbellement rompent avec la régularité du reste de l'édifice. Pourtant, c'est la partie la moins heureuse. La façade sur le parterre a plus d'allure'.
La restauration est l'ceuvre de M, Louis Millet, qui mourut avant d'avoir pu achever cette entreprise; M, Daumet, l'architecte de Chantilly, a continué la réfection et rendu au château l'aspect qu'il dut avoir après les travaux de François I". L'intérieur a été moins
l,iertl„G00^k'
fîdilement rélabli, car on l'a aménagé en vue de son affectation actuelle.
Le musée est d'un caractère bien sérieux pour la foule ; cependant, elle y vient volontiers. Pour en apprécier la valeur, il faut des qualités d'archéologue el d'érudit. Le public du dimanche semble fort dérouté dans ces salles où il ne saurait accrocher l'anecdote^ Pour le savant, tout cela est parfait : il trouve, classée dans l'ordre chronologique, toute l'œuvre d'art et d'économie domestique de nos lointains aîeux. 11 serait utile peut-être d'exposer aux profanes l'intérêt de ces collections par quelques brèves notices sur l'utilité ou l'usage des objets. Un grattoir en silex , ou une hache de jade mérite l'attention, mais celle-ci n'est excitée que si l'on connaît l'emploi de ces ustensiles et l'époque approximative à laquelle ils remontent.
Dans les fossés, on a rétobli des dolmens, des allées couvertes, un menhir et autres monuments mégalithiques. Le rez-de-chaussée est consacré aux moulages ; les reproductions de reliefs de monuments de Rome comme l'arc de Constantin et la colonne Trajane y tiennent peut-être une place excessive, en tant qu'antiquités nationales françaises !
Cette erreur, la seule commise, est réparable d'ailleurs; si l'on veut des moulages, il est assez de monuments romains en France pour les fournir; déjà Saint-Germain en renferme des spécimens admirables.
Naturellement, les documents gaulois do^ minent, il y a là une série unique de tout ce qui concerne nos origines premières ; il serait désirable de les voir expliqués par ces notices brèves que je souhaitais tout à l'heure. Cela serait d'autant plus précieux que nous donnerions aux Français eux-mêmes et aux étrangers une idée de la Gaule, en disant pourquoi des trouvailles faites à Worms, à Trêves, à Mayence sont des antiquités nationales françaises.
Le premier étage est peut-être le plus intéressant par les collections superbes d'objets de l'époque paléolithique. Il y a notamment une série surprenante de dessins au trait sur l'os ou la pierre, reproduisant avec une fidélité merveilleuse et une réelle maîtrise des animaux qui vivaient en ces temps prodigieusement reculés. Nos peintres animaliers les plus illustres, avec plus de ressources pour exprimer les formes et la vie, n'ont pas dépassé le talent de ces artistes des cavernes dont nul ne saura jamais le nom.
28o VOYAGE EN FRANCE
La pierre polie, ou l'époque néolithique, ne nous présente pas de telles surprises, mais ceux qui ne connaissent pas les monuments mégalithiques peuvent avoir à Saint-Germain une idée parfaite de cette architecture primitive dont les moyens d'action nous échapj)ent.
Je n'écris pas un guide au musée ni une énumération d'objets. Il faut visiter Saint-Germain pour se rendre compte de ce que sera un tel établissement après sa complète organisation. Le simple curieux trouve quelques reconstitutions ingénieuses, sorte de haltes pittoresques dans la longue série d'ustensiles retirés des fouilles. Ainsi les machines de guerre, ainsi le grand plan en relief d'Alésia et les objets recueillis autour d'Alise-Sainte-Reine, que l'on s'accorde maintenant à identifier avec la fameuse forteresse gauloise(') ; ainsi les trouvailles faites sur le mont Beuvraj où fut Bibracle.
La vie de nos ancêtres est révélée et expliquée par les objets découverts dans les tombes ; on y reconnaît un art gaulois bien particulier, plus consacré à orner et armer l'être humain qu'à le copier et à le poétiser comme i'ont fait
. Sur Alise-Sainte-Rpino, voycï la a5« série du Voyng» e •ance, chapitrcVll ; sur le mont Beumy, le chapitre IV.
l'art grec et l'art romain. Ces Celtes furent rudes furcjerons, de remarquables ciseleurs d'habiles orfèvres 1 De même les Gallo-Francs l'époque mérovingienne : il reste d'eux d'in préciablcs bijoux !
Je le répète, le musée de Saint-Germain un musée qu'il faut être préparé à voir ; d l'état actuel, les indications, très précises po tanr, parlent aux seuls initiés. Mais pour possède des rudiments sur le passé, comh ces choses sont éloquentes !
En sortant des.galeries pour pénétrer dan:
cour, on retrouve l'ordonnance grave des fî des extérieures. Ici est l'entrée de la chape Le précieux monument, annexe du musée, r ferme des tombes véritables ou des moulages sépultures' La grâce et l'élégance de la nef, splendeur de la rose — sans vitraux, liélas ! — galbe pur des fenêtres font tort à ces vénérah sarcophages. Et un rapprochement vient à pensée : les dessinateurs des cavernes qui .si nettement rendu la vie des animaux viv autour d'eux sont bien les ancêtres spiritu comme ils le sont par la race, des artistes surent donner à la pierre tant d'envolée et poésie.
Le château borde le parc, ou, comme l'on
a8a VOYAGE en France
ici, le parterre, majestueuse promenade dont le créateur fut Le Nôtre, mais que l'on a bien mutilée et modiliée ; elle s'étend jusqu'à la terrasse, merveille de Saint-Germain et dont l'universelle renommée n'est pas excessive, malgré les fécheuses Oimées industrielles qui voileiU des horizons jadis si limpides.
Cette terrasse n'a pas de rivale. C'est, au long de !a haute berge portant la Torët et dominant la Seine, un mur long de a 4oo mètres ; en arrière, des allées sablées et une pelouse s'étendent sur '^o mètres de largeur, jusqu'au parterre et à la forêt.
La vue est immense,, en dépit des cheminées d'usines et des constructions manuracturières qui s'accroissent en nombre de jour en jour. 1! est peu d'hémicycles mieux dessinés que celui-ci, partant du mont Valérien pour finir aux buttes d'Orgemont et à la pointe des collines de Montmorency. Cela est beau surtout de la Malmaison à Saint-Germain. Les collines nobles de formes, tapissées de bois, frangées de vallons, portant la masse ajourée de l'aqueduc de Marly, sont un des plus séduisants paysages de France. La Seine qui les longe, les cultures vertes enchâssées dans la boucle du fleuve, la ulUe-forêt du Vésinet dont les cottages sont innombrables el
LA fouSt de LAYE 383
riants, font mieux ressortir ce cadre d'une courbe harmonieuse. Paris se distingue, Montmartre en est la partie saillante ; la colline est superbe quand le soleil de l'après-midi dore sa blanche basilique ; à certaines heures, ceta évoque l'idée du mont Saint-Michel.
Au-dessous de Saint-Germain, la Seine s'écarte des pentes tapissées de petits vignobles et de vergers; elle s'en va, sinueuse, entre les champs elles prairies, sans cesse parcourue par les longues flottes de chalands. Sur sa rive droite, elle longe la large plaine de Houille, admirablement cultivée, se confondant avec l'immensité des plaines du Parisis qui semblent sans limites, maintenant qu'un rideau opaque de fumées de fabriques masque les collines du Valois et de la Goëlle. Louis XIV, à qui la vue de la basilique-nécropole de Saint-Denis était si désagréable, devinerait à peine le royal lombeau, tant ont surgi de villes dans ce paysage autrefois solitaire.
Descendu à la Seine à l'aide de I' suis remonté par les voies ardues du Pecq, bordées de maisons vieillottes et sans caraclère, pour atteindre de nouveau la ville dans les quartiers aristocratiques el somnolents recouvrant
l'emplacement du château neuf et du parc. Il y a là un autre «château neuf », édifice moderne porté sur la haute terrasse de briques ornée d'encadrements et de grands oves de pierre blanche verni iculée.
Rien ne me relenant plus à Saint -Germain, j'ai traversé la forêt par la route des Loges, large, lumineuse, tranquille en ce moment, mais que la fête annuelle rendra bruyante de grosse gaieté foraine. A l'extrémité apparaît la noble construction des Loges, succursale de la maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint- Denis. En dehors de cet ancien monastère, les habitiitions sont rares dans les bois : des maisons de gardes, le petit château de la Muette qui est un pavillon de chasse, furent pendant longtemps les seules résidences humaines. El toujours ni étangs ni ruisseaux, pas de sites curieux comme à Fontainebleau, ou gracieux comme à Gompiègne. On trouverait difficilement à décrire la forêt de Laye, tant ses cantons se ressemblent.
Il y avait des parties sauvages et pauvres derrière Maisons, on les a cédées à l'armée qui y a installé un camp et un champ de Ur. C'est un immense essart, comme le champ de courses d'Achères, comme aussi la vaste gare d'em-
branchement et de triage de ce nom, établie non loin du château de la Muette. La partie de forêt ainsi arrachée à la solitude était d'ailleurs la plus infertile, à en juger par l'aspect rabougri des chênes et tes plantations nouvelles de pins et de bouleaux.
M lisuna-LafliKe. — Le chtlmu. — L> ville-tarêl. — Louv«cieones. — Mnrty-le-Roi. — Vestiges du Marly àe Louis XIV.
Mareil-Marly. — Le vallon de l'Élang-la-Ville. — En fortt. — Salat-Honi-la-Bretèche. — Rocquencourl. — Au bord du ru de Gnlly. - Herbeville. ~ Lrs AUuels-l«-Roi, village d'anoblia. — Les meulières. — Feiicheroll«s.
Les futaies et les taillis qui prolongeaient la forêt de Laye sur chaque rive de la Seine n'ont pas seulement été essartés par le chemin de fer el le champ de tir; l'amour de la villégiature, marque de notre temps, a fort contribué à la déforestalion des parties isolées du domaine national ou dçs parcs particuliers. Le merveilleux parc de Maisons est en partie devenu une ville de luxe ; les cantonnements du Vésinet, où les rois avaient des chasses réputées, où ils se plaisaient à lancer le faucon, ont subi le même sort. C'est ce que j'appelais une viUe-forét, Mais, avec la poussée parisienne, le temps viendra où
les villes de plaisance elles-mêm es verront allotir leurs jardins et seront remplacées par des tlots de maisons à cinq étages. En attendant ces jours opulents et funestes, il y a là des villages tenant à la fois des Mille et une nuits et de l'opéracomique.
Maisons, que la langue populaire s'obstine à nommer Maisons -Lafûtle et l'administration Maisons-sur-Seine, est l'un des plus luxueux de ces centres. C'était un fort petit village autrefois, ou plutdl un hameau dépendant du rustique Sarlrouville qui lui fait face sur la rive opposée, mais il possédait un des plus beaux châteaux de France, œuvre parfaite de François Mansart, dont la noble façade de pierre dorée par le soleil est superbe encore malgré le temps ; ce logis, digne d'un roi, était dû à la matjnilicence d'un parvenu, René de Longueil, que Saint-Simon dit avoir été simplement René, fds d'un huissier de Longueil en Normandie. Quoi qu'il en soit, ce René lit son chemin : devint magistrat, président au parlement, surintendant des finances, marquis de Maisons. En ce temps où les financiers publics atteignaient rapidement à des forlunes scandaleuses, la richesse de René de Longueil fit scandale, au point qu'on lui enleva sa surintendance au bout d'un an. H avait assez
économisé déjà pour pouvoir entreprendre la construction d'un château sur la terre dont il était marquis ; en creusant les fondations, les terrassiers mirent à jour une cachette où depuis la Saînt-Bartliélemy dormaient 4oooo écus d'or. Longueîl, au lieu d'un simple château, put édifier le palais actuel.
Ce logis princier devint célèbre, car le mai^ quis et après lui son fils y recevaient le grand monde et les gens de lettre^, dispensateurs de la notoriété. Voltaire faillit y mourir de la petite vérole. Plus tard, le comte d'Artois l'acheta, puis la Révolution dissipa les merveilles d'art qu'il contenait, Napoléon en fit l'apanage d'un pauvre petit ouvrier terrassier de fiascogne, devenu général, puis maréchal de France et duc, grâce à son courage, à son talent militaire et à sa haute loyauté: Lannes. El cela revint ensuite à la finance avec Laflitte, qui, pour en tirer parti, allotit le parc et le mît en vente. Financiers et artistes acquirent fraternellement des parcelles contiguës et édifièrent la colonie de villas somptueuses qui constitue aujourd'hui Maisons-Latïïtte. La vogue battit son plein sous le second Empire; Emile de Labédollière nous dit que « les dames ne se promènent point dans les avenues, ne se montrent pas à leur porte
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sans avoir mis tous les soias possibles à leur toilette » :
Le négligé inème y est recherche- C'est en robe de soie que les ch&telaines vont fouler le sable des allées ou l'herbe des prairies; et les costumes de baîo les plus coquets s'étalent à l'école de natation du père David. Le hou ton, le luxe, l'étiquette, ne perdent jamais leurs privilèges dans ce Marly de la bourgeoisie. Les fenêtres, autour desquelles serpente la clématite, encadrent des tètes GoilTées comme pour uirbal; et les lapolements du piaoo retentisseni sous la teuîllée plus souvent que le gazouillement des oiseaux.
La description a vieilli en ce que les goAte sont devenus plus simples, tout en étant aussi dispendieux. Maisons, d'ailleurs, n'a pas beaucoup changé ; il y a eu ralentissement dans les constructions, bien des terrains du parc sont encore libres pour les bâtisseurs. Actuellement s'es(]uisse un changement dû à la passion des courses, qui a fait doter la colonie d'un hippodrome assez fréquenté pour qu'un embranchement de chemin de fer ait été spécialement construit jusqu'aux tribunes ; les trains y circulent seulement les jours de réunion.
Ce Maisons châtelain est éparpillé dans le parc, au long d'allées rayonnant d'un rond-point dessiné sur la grande avenue reliant le parc à la forêt. Un bourg a été bâti entre la voie ferrée
avenue maîtresse ; c'est même une vérille, avec ses cafés, ses boutiques, une oderne et un hôtel de ville monumental, lin de fer a sa gare au cœur de l'agglo- 1 et une ligne de tramway venant de Paris t.
■oute conduit au Pecg el à Saint-Gerr le village resté rural de Mesnil-le-Roi ameaux de Vaux et de Carrières-soustourés de vergers de pruniers dont les rts s'expédient en Angleterre. Plus rusicore est la plaine de l'autre rive, avec nps d'asperges, de navets et d'autres
qui enrichissent Montesson. Ces cam- 'ont finir à l'ancienne forêt du Vésinet, ious le second Empire et dont la spé-
a fait un autre Maisons, plus populeux,
abords de la gare, parc plus loin avec s lacs, ses chalets et ses villas sous la et son champ de courses, rincipales avenues du Vésinet se rejoi- •ès de la Seine, à l'entrée du pont du r lequel on peut atteindre Marly et les
de Louveciennes, site dominateur du le couronne la belle ligne ajourée de lUines sont raides et hautes ; le plateau
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