LES PARFUMS ET LES VOLAILLES DE HOUDAN
à la jonction de deux des rivîérettes descem de l'Yveline, la Vesgre et l'Oblon, oii, de temps, fut un lieu de passage, car la vilf forma autour d'une forteresse puissante do donjon est encore le détail le plus saillani paysage.
Houdan est reliée au chemin de fer par superbe avenue ombragée. A l'entrée de la \ le nom de rue des Mèches, assez bizarre, fn le visiteur. Il est dû à une importante usin l'on produit des mèches, des forets, des (arii des lire-fond et autres oulîls analogues, vieilles maisons se montrent, la plupart mé naissables sous les enduits modernes; ce dani, au long de la grande rue et de la ru Paris, plusieurs logis en bois ont été respe et font un pittoresque décor. Les jours ( naires, cela est assez morose; le mercredi, l dan s'éveille comme par un coup de bagui De lointaines campagnes, les paysans accou avec leurs denrées et surtout leurs volailles plus grande partie des basses-cours de la réi n'ont pas d'autre débouché que cette foire. A les chars à bancs apportent les grands par d'osier, pleins de poulets que les commiss naires se disputeront. Les paniers s'entassen) les trottoirs, souvent jusqu'à la hauteur du
p «^tage. La foule se presse sur un des côtés arge rue, bruyante et affairée. Tous les I sont envoyés à Paris sous le nom de FI, en réalité ils appartiennent à ia race :verailes ; à poids égal le commerce pré- Fa vero lie s au pur Houdan.
aime se fait aux abords de l'église, bel malheureusement délabré et outrageuse- >adigeonné. Les parties ancienDes, diFTireconnaître, sont du douzième siècle, édifice présente tous les caractères du !me. La nef a de belles clés de voûte ées, le chœur offre le luxe d'ornementa- ; la Renaissance, avec des lignes trop res peut-être. Les belles fenêtres fiâmes de la nef sont en partie aveuglées, la ^ ne pénètre plus que par la pointe des de blanches verrières encadrent de pausles de vitraux. La porte principale, très avait de nombreuses statuettes, toutes mutilées.
tre monument de Houdan est le donjon, Uourrondeflanquéedequatre tours moins lies et avoisinant des débris de murailles ; nasse grise, faite de calcaire et de blocs X, percée de rares et étroites ouvertures, sissante, presque sinistre. Un des flancs
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03 VOYAGE EN FBANCE
est tapissé d'un lierre épais dans lequel nichent d'innombrables moineaux ; au sommet de l'édifice volettent des corneilles criardes.
De la terrasse qui porte le donjon, on domine le placide vallon de l'Obton, couvert de vastes champs où les plantes sarclées frappent par leurs teintes sinijuiières. Il en est de grises, de bleuâtres, d'un vert pâle presque blond, d'autres d'un vert puissant. Cela ne ressemble à rien de déjà vu dans cette contrée et rappelle plutôt les cultures de certaines régions provençales. C'est en effet un îlot bien particulier : ces bords de rObton ont la plus grande exploitation française de plantes médicinales ou à parfum, née depuis quinze ans à peine.
Notre esprit allie difïicilemenl l'idée de nos climats tièdes ou froids et celle de végétaux qui semblent exiger l'ardent soleil des garrigues cévenoles ou des terres chaudes de l'Albigeois. Cependant, ilj eut de longue date de ces cultures spéciales autour de Paris : la Brie, devenue patrie des roses par les champs des environs de Biie-Comte-Iloberl, a longtemps fourni l'eau et l'essence de rose tirées de la rose de Provins, Hosa gallica, aujourd'hui oubliée. Le Qàtinais produisait le safran autour de Boynes, il en fournil encore; à Milly, il cultive l'absinthe ^t
LES PARFUMS ET LES VOLAILLES DE IlOUO "
l'hysope. Aux portes mêmes de Paris, à on retrouve cette dernière plante (').
Des nécessités commerciales ont accn branche autrefois restreinte en Taisant n; Houdan, plus connu par ses volailles, le le plus intéressant de notre pays pour la p tion en grand de certaines plantes dont l'i pharmaceutique est de plus en plus é C'était vers 1890, l'absinthe fut rare et c Fontarlier ('), les distillateurs éprouvai!
grandes difficultés à s'en procurer. Un c eux, M. Fouché, qui habitait Houdan, manda s'il pouvait éviter d'être tribulai Jura et tenta la culture de l'absinthe dai jardin ; l'essai réussit assez pour inspi désir d'accroître les plantatians. Lî beai de M. Fouché possédait des terres étei elles furent utilisées pour des expérieni grand. Bientôt l'absinthe eut droit de citi te val de l'Obton qui aboutit à la Vesgr champs gagnèrent de plus en plus, jusque
I. Sur le safran à nojncs, Toyez fa 1'' el 44* scrie.t du en Frunce, sur [a Brie la 43» siirîe ; MiJIj esl dcui-il 44*^ sérii;, Orly le sora daos la 5o". La culture des roses |(arli(-ulieremenl traitée dans la 4»" Kérif.
a. La culture de j'absintlio est décrite dans Sa 2Z' Voyage en France.
Leau. De là à produire d'autres plantes aromales, il n'y avait qu'un pas ; il fut vite franchi, j 'herboristerie connut bientôt les cultures Houdaii et leur demanda de nombreux sim- * que l'on faisait autrefois venir de fort i. M. Fouclié expérimenta tous les produits nandés, persistant pour ceux qui se montent rémunérateiirs et abandonnant les au- 3. Afin de répondre aux désirs de sa clien- ; et augmenter ses débouchés, il entreprit de liller ses récoltes et produisit des essences iées. Bref, en moins de dix ans, il occupait ! surface de 60 hectares. On trouverait peu liemples d'un tel succès en innovation agri-
1 a fallu tout créer : les méthodes de culture, magasins, les séchoirs. Cela est sorti comme
enchantement et fonctionne à merveille, bsinthe continue à être cultivée sur de grands aces, mais elle n'a pas la place prépondéte; l'hysope rivalise avec elle, très demandée les fabricants de liqueurs et les préparateurs thés purgatifs. La menthe poivrée et la men-
du Japon sont livrées à l'industrie pour la duction du menthol. Parmi les autres plantes peut voir des champs d'aconit, de digitale, jusquiame, de Datura siramonium, etc.