MUSÉE NATIONAL OU CENTRAL
Ce palais, qui n'est pas achevé, — l'aile droite étant encore en construction, — contient un musée de sculpture remarquable par des œuvres archaïques, des sculptures de la belle époque et des époques basses, et des monuments funéraires identiques à ceux que nous avons étudiés au Céramique. Ainsi, tous les échantillons de la forme s'y trouvent, depuis les formes les plus rudimentaires jusqu'aux copies des époques romaines. Il est précédé d'une vaste cour encombrée de monuments funéraires, surtout de ceux en forme de colonnettes basses avec inscriptions, et symétriquement plantées en terre. L'effet en est curieux. Au premier abord, on les prend pour des bornes de route.
On y voit aussi des sarcophages grecs, mais correspondant à l'époque romaine. Nous ne nous y arrêterons pas.
Nous n'allons parler, bien entendu, que des œuvres qui nous ont le plus frappés.
Sculptures archaïques. La série dite des Apollon, que l'on suppose
remonter au VF siècle avant J.-G. Statues rudimentaires aux bras pendants, aux jambes à peine séparées... Ce sont : V Apollon dOrchomène, en marbre gris, peut-être la plus ancienne statue, parce qu'elle est la plus informe; V Apollon de Théra, trouvé à Santorin, moins rudimentaire. Le sourire archaïque est esquissé sur son visage.
L'Apollon trouvé en 1885 au mont Ptoos, en Béotie, par M. HoUeaux, membre de l'École française, auprès de la source des Perdrix {Perdi' covrysi). Le progrès s'accentue : le dessin est plus élégant, le modelé plus souple.
Vient ensuite VArtémis de Délm. « Dès la fin du VIF siècle, dit M. GoUignon, le travail du marbre était en honneur dans les écoles de Chio et de Naxos. Nous connaissons aujourd'hui, grâce aux fouilles de M. HomoUe à Délos, les premiers essais des maîtres insulaires, et le musée Central doit à notre École française la possession d'une série unique au monde pour l'étude des origines de la statuaire hellénique. »
L'œuvre capitale est VArtémis ailée. Elle se présente de face, tandis que le corps est figuré de profil; à demi agenouillée, la pointe du pied gauche touchant le sol et la jambe droite tendue. Œuvre de Mikkiadès et Arkermos, le père et le fils.
On inclinerait à croire que Paéonios s'est inspiré de cette allure précipitée pour le mouvement de vol qu'il a donné à sa Niké d'Olympie.
Stèles peintes. Les plus connues :
Stèle de Lyséas, sous verre. 11 est représenté debout, une coupe d'une main, une branche d'olivier dans l'autre. Au-dessous est un cavalier galopant. Les couleurs mates ne furent pas aperçues lors de la découverte du monument. En y passant une éponge légèrement imbibée d'eau, elles apparaissent.
Stèle d'Archippos. On y voit peintes une inscription et une couronne d'olivier.
Stèle de Tokkès. 11 est assis et tient d'une main une amphore, et de l'autre un strigile. Traces de peintures mates.
9i LES MUSEES
Stèle (VAristion, du VF siècle, la plus célèbre, désignée parle nom du soldat de Marathon, En marbre pentélique, d'un très faible relief, et également sous verre. Traces de couleurs : les cheveux et la barbe brun rouge, la cuirasse bleu foncé, le fond rouge. Le héros est représenté debout, le bras droit pendant le long du corps, la main gauche appuyée sur sa lance, les jambes légèrement écartées. Les cheveux et la barbe régulièrement frisés, et toujours ce sourire naïf des figures archaïques.
Sculptures de la belle époque : Statuette d'Athéna Parthénos. Haute d'un mètre environ; bonne copie de l'époque romaine, que l'on regarde comme la réduction sincère de la grande statue chryséléphantine à'Athéna de Phidias, que nous avons décrite.
Bas-relief d'Eleusis, découvert sur l'emplacement du temple de Triptolème. L'œuvre peut-être la plus intéressante du musée. Déméter, Kora et Triptolème sont en présence. Triptolème est au milieu, entre les deux déesses, qui le dominent de leur stature surhumaine. Appuyé sur son sceptre, Déméter lui remet le premier grain de blé; Kora tient une longue torche de la main gauche et le couronne de la main droite. La couronne, qui devait être en bronze, a disparu.
Œuvre admirable, empreinte d'un grand sentiment religieux, et, malgré certaines nuances archaïques, on peut affirmer qu'elle est contemporaine de Phidias.
Ce bas-relief devait être l'objet de la plus grande vénération.
Aux traces qui se trouvent sur le cou, les bras, les pieds, on peut être certain qu'il était couvert de bijoux : coUiers, bagues, bracelets, etc., offerts par ce même sentiment pieux qui depuis a poussé les fidèles à orner de semblables objets toutes nos saintes images.
Vase en marbre, répétition d'un bronze de Myron qui se trouvait sur l'Acropole.
Une très belle tête d'homme, que l'on voudrait attribuer à Praxitèle.
Une tête d'Aphrodite, débris d'une statue chryséléphantine.
La tête mutilée de Démosthènes, d'un très grand caractère.
Deux têtes d'hommes et une tête de sangUer.
Èos enlevant Képhalos, très beau fragment.
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