‹ Voyage en Grèce, 1889: Notes et impressionsChapitre 13 sur 22 · CI · texte numérisé non relu

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Hernies trouvé à Andros, marbre de Paros, admirable statue. L'auteur du Méléagre du Vatican a dû la connaître, car il Ta presque copiée. Le mouvement de la tête seul diffère.

Hermès trouvé à Jlgion. Réplique, croit-on, d'une statue antérieure à Lysippe, et dont l'auteur de VAiithioils de Naples s'est inspiré.

Nous rencontrons maintenant des sculptures et des fragments archi tectoniques trouvés à Épidaure par M. Kavvadias.

Pour ne parler que des sculptures qui attirent particulièrement notre attention, voici des fragments que l'on suppose provenir du temple d'Asklépios. Au fronton est, Combat des Centaures; au fronton ouest. Combat des Amazones. Tous ces spécimens sont en assez mauvais état, mais on y reconnaît un art savant, très mouvementé, très coloré et très vivant.

Notons aussi les fragments d'une petite frise très fine : Amours, Néréides, animaux marins...

Une Amazone à cheval, le bras levé, prêt à frapper.

Un bas-relief d'Asklépios, assis, vraiment superbe.

Une Victoire très mouvementée.

A la suite, dans une vitrine, des têtes charmantes.

Puis les trois célèbres bas-r^Hiefs de Mantinée, découverts, il y a deux ans, par M. Fougères, un des pensionnaires de notre École française, et dont j'ai été charmé, ces jours-ci, de faire la connaissance.

C'est guidé par un passage de Pausanias que M. Fougères a entrepris ces fouilles qui ont eu un aussi heureux résultat. Deux de ces bas-reliefs représentent trois Muses debout, tenant des attributs ou des instruments de musique; une seule est assise sur un rocher.

Le troisième bas-relief représente la lutte de Marsijas contre Apollon. Le Dieu, assis, tenant de la main gauche sa lyre et de la droite retenant son manteau, est admirable de dignité, de calme, de majesté. Il attend impassible que son audacieux rival ait achevé. Debout, l'esclave phrygien, son couteau à la main, assiste indifférent à ce qui se passe. Quant à Marsyas, par un effort désespéré il souflle dans la double flûte.

Même après les grands succès du docteur Schliemann cette découverte a son importance, et elle fait le plus grand honneur au jeune archéologue et à TÉcole française.

L'étude de tous ces admirables débris du musée de TAcropole et du musée Central fait apprécier la justesse de cette observation qui a été souvent formulée :

« Que seuls les marbres antiques font deviner dans le moindre fragment la beauté de l'ensemble et portent en tîhaque parcelle le témoignage de leur divine origine. »

Sculptures des époques basses. Un Poséidon colossal, le torse nu, le trident en main; à ses pieds, un dauphin.

Une Aphrodite sans tête, le coude appuyé sur une idole.

Un Homme drapé dans un manteau; très belle allure.

On suppose que ces trois statues, découvertes à Milo, sont du Iir siècle avant J.-G.

Deux petits bas-reliefs trouvés au théâtre de Dionysos, représentant de ravissantes danseuses.

Les auteurs des fresques de Pompéi ont dû les connaître et s'en sont inspirés.

Statue d'Éphèbe; la tête est fort belle.

Statue d'un Jeune homme qui marche, sans doute un Hermès ou un Persée, étant donné le bout d'aile qui se voit sur le tronc de l'arbi'e, près du pied gauche.

Statue d'Aphrodite, provenant d'Épidaure.

Statue d'un Guerrier combattant, un genou en terre.

Il n'en reste que le torse, le bras droit et les deux cuisses. Très nature. Œuvre d'Agasias, d'Éphèse, trouvée à Délos, en 1883. L'honneur de cette découverte revient à M. Reinach, de notre École française.

Les bronzes. Je les passe sous silence, la collection n'en est pas très importante.

Banquets, stèles et vases funéraires, ex-voto.

Nous ne revenons pas sur le caractère de ces monuments que nous avons étudiés au Céramique.

LES MISEES 97

Les plus importants :

Bas-relief connu sous le nom de Mort de Socrate. Assis sur un lit, il paraît s'entretenir une dernière fois avec trois autres personnages qui sont debout.

N* 132. Scène d'adieu. Femme assise donnant la main à un homme debout. Également debout une autre femme et une jeune fille.

N*" 133. Scène d'adieu. Femme assise tendant la main à une jeune fille debout. Derrière, un homme.

N"" 134. Une femme se fait attacher sa sandale par une esclave. Devant elle une femme portant une cassette.

N"" 136. Femme debout appuyée sur une colonne.

N* 139. Scène d'adieu. Femme enlaçant son jeune fils. Derrière, une esclave.

NM43. L'admirable stèle dont nous avons longuement parlé au Céramique. Plusieurs répliques médiocres.

Ex-voto. Trois nymphes dansent dans une grotte où Pan joue de la flûte. Charmante composition.

E.io-voto. Asklépios assis, sa fille debout. Deux suppliants de petite taille. Nous avons un bas-relief à peu près semblable au Louvre.

Ex-voto à Cybèle. Assise, elle tient un tympanon.

Ex-voto à Apollon. Il est assis sur le trépied entre Latone et Artémis.

On le voit, c'est un peu toujours la même chose. Il n'y a pas lieu de continuer cette énumération.

La stèle 143, — nous le répétons, — est de tous ces monuments funéraires le seul vraiment remarquable.

Signalons enfin plusieurs bas-reliefs politiques.

Vases funéraires. Les vases de Marathon que nous voyons ici, également de la belle époque, sont bien supérieurs à ceux du Céramique, et la série en est très importante.

Deux sont ornés de sujets particulièrement intéressants : sur le premier, on voit deux jeunes gens qui se séparent; un éphèbe tient le cheval de celui qui va partir; deux femmes regardent la scène. (Euvre pleine de grâce et de jeunesse. La saillie du relief est très faible ; il était probablement peint.

Le bas-relief du second représente un combat. Le vainqueur, armé d'une lance, a terrassé son ennemi.

Sirènes. Ces êtres ambigus, — moitié femme et moitié oiseau, — femme jusqu'à la ceinture et oiseau au-dessous, n'étaient le plus souvent que des œuvres de simples marbriers. Ils en ornèrent aussi les stèles funéraires en modifiant toutefois leurs formes et leurs attitudes. C'est ainsi qu'au Céramique, au-dessus du tombeau d'Aristion,nous en avons vu une éplorée, les longues ailes pendantes, avec des pieds de chèvre. Ici, on en rencontre dans les niches du mur et sur des pilastres jouant de la lyre ou plongées dans la douleur, et remplissant par conséquent un rôle de muses de la mort. D'autres sont souriantes ou pensives. Quoique d'un art industriel, toutes ces figures sont assurément curieuses.

Mais ce n'est pas sous cet aspect exclusivement funéraire qu'il faut /

les considérer. On sait à quel point les Grecs s'attachaient à représenter sous des formes humaines ou animales, simples ou combinées, ce qui les charmait, ce qu'ils redoutaient, et même ce qu'ils ne comprenaient pas. Or, ils aimaient la mer, et les sirènes peuvent être regardées comme la représentation de la séduction harmonieuse et musicale qu'elle exerçait sur eux pendant leurs navigations, et dont étaient victimes ceux qui s'y abandonnaient.

Encore une fois, un même symbolisme élevé était toujours mêlé à leur art, qu'il fût religieux, politique, funéraire ou industriel.

LE POLYTECHNIKON

Précédé, comme le musée Central, d'une vaste cour, ce monument en marbre pentélique se compose d'un grand bâtiment central à deux étages de style dorique et ionique, flanqué de deux ailes de style dorique.

11 renferme les antiquités égyptiennes, les antiquités de My cènes, Tirynthe, Spata, Ménidi et Nauplie, et la collection célèbre de la So-

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