OO
ii!i CMîi.! ■!(. [.t' Miill'jii . ai'llM'*
!• .'r^ - (VUS, ïT/'t ti- 1/
. i' '^. IK ■>'!• 0=l: • • "I • ' ■ I s
- . ill'N r«.ï*iiîr.> (*î 1" 1 - ....'- ^
■ *!il (o'i'l.(;uii iV \ : '.' I -î^
t. 1 '-.If M 1, lî !?!• -. , <s , ^ s
■ %:**-'•■• ^ .>Vi''i( h'iH :.I *! ,.i •'— n\\ ;,•; ,M. 1rs, siî::j It'S ( Ul ('^ • ' m-s.
»M(.Ufi.' . *'* ï|-'" IIH* et* (jll'ils *\. , .,,!)îJ'*'!', t I \c< <[] rllt ^ Jt'.MP' tMit ' *. i't -
■ î^* la .s*''l.i''tJMn liar.n' '.i, \si - * : huit l(.ur.s i;.i\i-;»î!'M!s, 'H 'i ;:; M. tait !,!.
î t\ !,);it r.il: r "U in;l'i >tr!"!.
U: rra YTiCKXîîvON
'!;."s .1; • . .I.'rnj.io il io.i,<[in\ niiii([ih'' n* <1m:\ ai'<'s rlr sl^ i»*
t î lu colKMiion ('<'!*']n/ <!»' la S(t-
ri o
UJ
ciété archéologique d'Athènes, qui ne se compose que d'objets provenant de la Grèce propre.
Je décline encore ici toute compétence, et ce n'est qu'en curieux que je parcours ces galeries.
Après avoir gravi un escalier monumental nous trouvons à droite la collection de la Société archéologique et à gauche les antiquités égyptiennes et les antiquités de Mycènes, Tirynthe, etc..
Les Antiquités égyptiennes sont un don d'un riche négociant grec, M. Dimitriou :
Divinités, stèles en pierre, vases funéraires, animaux de toute sorte ;
Bronzes, statuettes en bois peintes et en partie dorées;
Objets en porcelaine vernissée : divinités, animaux, groupes erotiques ;
Scarabées en pierres précieuses, en granit et basalte;...
Amulettes, bagues, une grenouille en sardoine avec des yeux d'or;
Objets en verre doré, bijoux, monnaies des règnes de Gambyse et de Darius...
A citer enfin une statuette en bronze d'une grande richesse représentant une Égyptienne en marche, ayant sur la tète une perruque bouclée, vêtue d'une robe à manches ornée d'hiéroglyphes incrustés en argent.
Les Antiquités de Mycènes. M. le docteur Schliemann a eu la gloire de les découvrir à Mycènes, au cœur de l'Acropole, que nous visiterons sous peu. Il n'hésite pas à affirmer qu'il s'est trouvé en présence des sépulcres mêmes d'Agamemnon, de Gassandre et de leurs camarades tués par Glytemnestre et Égisthe, pendant le repas qu'ils leur servirent. Je ne saurais intervenir dans les discussions que soulève son affirmation peut-être hasardée. Mais, de l'avis général, ces tombes remplies d'objets si précieux ne peuvent être d'abord que des sépultures royales, et, en second lieu, elles sont bien helléniques et les plus anciennes que l'on connaisse.
La Société archéologique a fait aussi, après M. Schliemann, des découvertes importantes à cette même place dans l'Acropole.
J'avoue que je ne m'approche de tous ces objets qu'avec une curiosité respectueuse.
Au centre de la salle on a placé, sous une grande vitrine, deux squelettes sur un lit de cailloux tels qu'on les a trouvés.
Des ornements en or et des fragments de vases en cuivre sont auprès des têtes;
Sur le côté gauche, neuf lames d'épées et de poignards, deux pointes de lances ;
Sur le côté droit, cinq lames d'épées et de poignards, des pointes de lances et des boutons qui servaient d'ornements à des fourreaux de bois ;
Aux pieds, des vases peints en argile;
Des échantillons de la terre argileuse qui recouvrait les cadavres ;
Ce sont les objets de cette vitrine centrale qui ont été trouvés par la Société archéologique.
Sous de nombreuses vitrines sont placés les objets découverts dans les autres tombeaux :
Idoles, vases, coupes, croix, diadèmes, couronnes, plaques, rondelles, feuilles, ornements découpés, épingles, pendants d'oreilles, bagues, bracelets, animaux, insectes, chaînes, sceptres, baudriers, jambières, plastrons,... masques d'hommes, de femmes et d'enfants.
La plus grande partie de tous ces objets est en or pur, le reste en argent, bronze, ivoire, ambre, albâtre, sardoine, agate, améthyste et pâte de verre.
Nous renonçons à les décrire et à en donner la signification.
Si on se rappelle que Mycènes était, suivant l'expression d'Homère, la ville oit lor abondait, on sera moins surpris de cette énorme quantité d'objets en or pur que l'on y a découverts.
On y a bien trouvé des coupes en or massif, mais le plus généralement l'or était employé en feuilles et travaillé au repoussé avec le marteau ou estampé sur une matrice.
Presque tous ces objets servaient de parure aux morts, qui, suivant l'expression de M. Schliemann, étaient littéralement ensevelis sous les bijoux. Sur la tète ils avaient un diadème en or, sur le visage un
LES MUSKES 101
masque en or, sur la poitrine un plastron en or, des bagues et des bracelets d'or, des ceinturons, des baudriers, des jambières en or; les pommeaux des épées étaient en or, etc., etc.
Tout cela évidemment d'un art rudimentaire, mais, on le voit, d'une extrême richesse.
La plupart des masques en or, — objets qui pour moi ont le plus d'intérêt, — sont d'un grossier travail.
Il en est qui représentent des visages imberbes, d'autres, au contraire, des visages barbus. Le masque le mieux conservé et le plus travaillé est dans la vitrine X. Les yeux sont fermés, le nez est fin, la barbe bien marquée, les moustaches relevées.
Quant aux antiquités de Tirynthe, Spata, Ménidi et Nauplie, provenant des fouilles faites soit par M. Schliemann, ou l'Institut archéologique allemand, ou la Société archéologique d'Athènes, et trouvées dans des chambres sépulcrales, quoique analogues à toutes celles que nous venons de voir, elles ne nous paraissent pas offrir un aussi puissant intérêt, et nous ne sommes pas assez archéologues pour nous y attarder.
L'ornementation des objets de toutes ces collections d'un caractère barbare consiste dans la représentation de dessins géométriques, de feuilles, de fleurs, de monstres marins, de sphinx à figure humaine, etc., etc. On s'accorde à reconnaître que l'art de cette région de la Grèce a subi, à cette époque, l'influence orientale. L'effet produit par ces admirables découvertes fut naturellement considérable.
Collection de la Société archéologique d'Athènes. — La Société archéologique n'entreprend des fouilles que dans le royaume de Grèce. C'est ce qui donne un attrait spécial à sa collection. Les plus beaux objets découverts, ne provenant que des monuments athéniens, ont par conséquent, pour la plupart, la pureté et la grâce qui n'appartiennent qu'au génie de la belle époque.
Nous nous bornons à donner un aperçu sommaire de cette collection, tout en reconnaissant que, si nous en faisions une étude un peu
approfondie, nous arriverions à mieux connaître les coutumes et les mœurs des Grecs.
La collection se compose principalement de bronzes, de plombs, de terres cuites et de vases peints.
Les Bronzes. Une série de casques. Des statuettes, une entre autres représentant un guerrier armé.
Les Miroirs. La forme en est bien connue. On sait qu'ils se composaient d'un disque poli d'un côté et gravé de l'autre, s'adaptant sur un manche qui avait la forme d'une statuette reposant sur un socle porté par trois pieds de lion, — en sorte qu'après s'être servi du miroir on pouvait le placer debout sur un meuble quelconque.
Ces statuettes, servant de manche et de piédestal, représentaient presque toujours une divinité, le plus souvent Aphrodite; on voit aussi de ces manches ornés de sphinx.
Gomme ornements aux bords du disque étaient des animaux en relief, ou des génies ailés accrochés aux bords du disque par un point de leurs ailes, etc., etc.
Les Objets du culte. Notamment une coupe de la plus haute antiquité, des instruments de musique, etc., etc.
Antiquités jundiques. Importante série de bulletins de vote dont se servaient les héliastes ou jurés.
Instruments de médecine... Armes, etc., etc.
Les Plombs. La série n'est pas importante; balles de plomb, de forme allongée, portant des marques ou des inscriptions : « Sois victorieuse », ou « Attrape ça »; minces lames de plomb sur lesquelles étaient gravées des imprécations adressées à ceux qu'on détestait;
Petites statuettes ;
Poids publics dont se servaient les Agoranomes, officiers chargés de la police du marché de l'Agora.
Teires cuites. Ges figurines exquises, pour la plupart de la belle époque, auxquelles on a donné le nom générique de Tanagra, ne proviennent pas seulement de cette nécropole : on en a découvert sur l'Acropole, dans l'Asklépiéion, en Béotie, en Arcadie, à Myrina, etc.
A l'origine, elles représentaient des divinités; elles étaient alors
LES MUSKES 103
des ex-voto. Plus tard, cette industrie devint plus libre, et ces artistes ouvriers que Ton nommait coroplastes, interprétèrent tous les sujets. On les déposait dans les tombeaux comme des souvenirs offerts aux morts.
Cette collection est très variée, mais celle du Louvre est beaucoup plus belle, et elle est même, pour le moment, la plus belle qui existe.
Vases peints. On sait que ces vases, sveltes de forme, d'une terre si fine et d'une grande légèreté, servant à tous les usages de la vie, étaient également déposés très souvent dans les tombeaux. Ils ont fourni de précieux renseignements mythologiques et historiques, des détails de cérémonies funéraires, et les dessins qui couvrent ceux de la belle époque sont d'une pureté parfaite.
Quoique très complète, cette série de vases est bien moins riche que celle que possède le musée de Naples, que nous avons vu maintes fois. Nous nous y arrêtons peu, et nous réservons toute notre admiration pour la collection des Lékythos ou Lécythes blancs, que Ton ne trouve qu'ici.
La fabrication des lécythes était propre à l'Attique, et ceux que l'on a découverts autre part sont toujours de style attique. De petites dimensions, d'un type uniforme et de forme cylindroïde, ces vases, spécialement destinés aux sépultures, sont ornés de peintures d'un caractère expressif et très intime exécutées sur un enduit d'un délicieux blanc lacté dont la panse est revêtue. Le trait est d'une couleur rougeâtre non vitrifiable. Le col et le pied sont recouverts d'un vernis noir très brillant.
Leur fabrication apparut vers la fin du V" siècle et disparut tout à coup vers la fin du IIP siècle. On n'en connaît pas de style archaïque. Les plus beaux étant par conséquent contemporains de la belle époque, on ne s'étonne pas de trouver dans les dessins qui les couvrent la grâce et le style des plus grands maîtres.
Et, détail unique et d'un intérêt extrême, quelquefois le dessin n'est indiqué seulement que par un simple croquis. C'est donc la première pensée du maître que l'on a sous les yeux !
Peintures les plus généralement admirées :
i04 LES MUSÉES
Ces charmants génies ailés, représentation de Tâme du défunt, — Veidôlon, que Ton voit voltiger dans presque toutes ces scènes funéraires.
Offrande auprès de la stèle du mort. Un jeune garçon tenant une lyre s'avance auprès de la stèle, conduit par un personnage d'âge mûr vêtu d'une chlamyde sombre. L'âme du mort est représentée par un de ces petits génies ailés dont nous venons de parler.
Offrande à la morte. Une femme assise au pied de sa propre stèle reçoit les présents qu'on lui apporte. Scène d'une grande distinction.
Sujet analogue. Une jeune femme assise, vue de profil; un jeune guerrier lui tend son casque. Œuvre de premier ordre et d'un grand charme.
Visites aux morts. Un certain nombre de vases où sont représentés, toujours assis auprès de leurs tombeaux, les morts conversant avec les survivants qui les visitent. Ainsi que nous l'avons fait observer au Céramique, l'horreur de la mort n'est nulle part.
V Exposition. Le mort, couronné de fleurs, est couché sur le lit funéraire; autour de lui la famille éplorée. Et, symbole d'espérance et d'immortalité, encore la petite figure ailée, image de l'âme du défunt, qui voltige au-dessus des fronts attristés.
La Déposition au tombeau. M. GoUignon a dit : « Ce sujet est rare sur les lékythos blancs d'Athènes, mais l'un des vases qui le représentent est un chef-d'œuvre. Deux génies ailés soutiennent avec précaution le corps d'une jeune femme qu'ils vont déposer dans un tombeau creusé au pied de la stèle; un jeune homme, debout auprès du lit funéraire, regarde la scène avec tristesse. L'image de la réalité fait place à une interprétation de l'idée de la mort, traduite avec le goût le plus pur; c'est une scène idéale à laquelle la merveilleuse distinction du style, les attitudes des personnages, la pose charmante du corps de la jeune femme, qui semble endormie, prêtent le charme le plus pénétrant. »
Nous ne pouvons que partager la juste admiration de M. Collignon. Il a bien raison de dire que la jeune femme semble endormie; ajoutons qu'elle paraît plongée dans un sommeil tranquille et pur.
LES MUSÉES iOo
tant les Grecs tenaient à enlever à la mort tout caractère lugubre, et que dans les deux jeunes beaux génies ailés qui la déposent avec une précaution si respectueuse, on s'accorde à reconnaître les images du Sommeil et de la Mort.
C'est une scène analogue que l'art chrétien a bien souvent interprétée avec la déposition du corps du divin Rédempteur. Les plus grands maîtres s'y sont essayés ; d'aucuns passent pour en avoir fait des chefs-d'œuvre. Ne citons aucun de ces tableaux connus, mais en est-il un seul, — je laisse de côté ceux dont l'accent tragique confine au grotesque, — qui nous offre autre chose que la vue attristante d'un corps de supplicié? Scènes d'une réalité souvent vulgaire auprès de tout ce que nous venons de voir, et bonnes surtout à impressionner les masses.
Le génie attique voyait plus haut, et cette idée de la mort que l'étrange éducation que nous recevons s'évertue à entourer d'épouvante, il l'atténuait, on vient d'en juger, par une délicatesse infinie et la grâce la plus exquise.
Inclinons-nous ici, comme partout en Grèce.