ARRIVEE EN ICARIE
voyageur en mer, indiquant ce que chacun devait fairc, avant et pendant le voyage, suivant son sexe et son age, pour prevenir ou diminuer le mal de mer.
En parcourant ce petit livre, que sa jolie forme invitaita lire, je vis avec un plaisir extreme que le gouvernement d'Icarie avait ouvert un grand concours parmi les medecins, et qu'il avait offert une magnifique recompense a celui qui indiquerait les moyens de prfeerver I'homme de cet horrible mal de mer. Je vis avec plus de plaisir encore qu'on etait parvenu a le rendre presque insensible.
Immediatement apres I'embarquement et avant le depart, le chef du b&timent, appele tegar (le soigneur), nous avait rassembles et prevenus que nous ne devions avoir aucune inquietude, parce que le navire, les matelots et les ouvriers etaient excellents, et parce que toutes les precautions imaginables avaient etc prises pour rendre impossible un naufrage, une explosion de la vapeur, un incendie, un accident quelconque. Je retrouvai toules ccs assurances dans mon petit Guide du voyageur en mer, et j'y lus avec plaisir que les capitaines, les pilotes et les matelots n'etaient admis qu'apres des examens a la suite d'une excellente education pratique et theoriquc, et que les ouvriers charges de conduire la machine a vapeur etaient egalement des mecaniciens d'une instruction, d'une experience, d'une habilete et d'une sagesse eprouvees ; j'y lus encore avec satisfaction que toujours, avant le depart, le soigneur, homme tres-habile lui-meme, visite tout le bailment, surtout la machine, et qu'il redige un proces-verbal detaille, constatant qu'aucun accident n'est possible. L'admiration que m'inspiraient toute cette soUicitude et tons ces soins pour la surete des voyageurs s'accrut encore lorsque je sus que le gouvernement d'Icarie avait, comme pour le mal de mer, ouvert un grand concours et decerne une superbe recompense a celui qui presenterait le plan du bateau a vapeur le plus parfait sous tons les rapports. J'examinai alors avec plus d'attention et de plaisir deux statues en bronze que je n'avais fait qu'apercevoir, qui representent les auteurs des deux ouvragcs couronnes dans les deux concours, avec les noms des auteurs des dix autres meilleurs ouvrages.
Je compris parfaitement alors comment le bSitimcnt pouvait offrir tant de perfections aux voyageurs ; et je le compris mieux encore quand je vis un 6norme et superbe registre destine a recevoir les observations et les idees que chaque voyageur voulait y consigner pour le perfectionnement du navire.
Vers les huit hcures, lorsque nous avions parcouru le tiers de