‹ Voyage en IcarieChapitre 135 sur 156 · MALOUET, CONDORCET · texte numérisé non relu

MALOUET, CONDORCET

point (le parfage avec ce Peuple immense dont la ricliesse ct les liimieres, la niisere ct Tignorance, sont egalement redoulables qiiand vous I'aiirez indispose? lie l)icn , que lerez-vous si des millions de voix s'elevcnt conlre la votre?... N'ouWiez pas qu'apres Dieu le plus puissant Seigneur, c'est un Peupla ecUiire. »

EcoLitez VAssemblee constituante commencer la Constitution par cette Declaration solennelle des droits :

« Les hommes imissent et demeurent litres et egaux en droits. — Les

droits naturcls sonlinali enables et imprescriplibles.—Ces droits sont la Libert^, la Propriete, la surete et la resistance a I'oppression. — Le but de toute association politique est la conservation de ces droits.

(Ce qui suppose que, al'epoque deTassociation, tousles associes ont des Proprietes a consermr, et des Proprietes suf/isantes ; car la Propriete ne peut elre un droit naturel que quand elle n'est pas etablie par la force et I'usurpation , et lorsque personno n'a de super flu au prejudice d'aulres qui n'auraient pas le necessaire : toute autre Propriete est un fait ou un droit social contrairc a la Nature, mais non un droit 7iatureL)

» La Liberie consiste k pouvoir faire tout ce qui no nuitpas a autrui : I'exer. cice des droits naturels de cliaque homme n'a de linutes que cclles qui assurcnt aux autres membres de la Societe la jouissance de ces meines droits.

(Etpar consequent personne n'a la liberte naturellede prendre ct de conserver du super flu quand les autres n'ont pasle necessaire.)

» La loi est I'expression de la volonle generale : Tors les citoyens ont droit de concourir, personnellement ou par leurs Representants, a sa formation.

» La Proprii'li est un droit inviolable ct sacre.

n U sera orgjinibe un etablissenient public de seeours publics pour elever les enfantsabandonnes, soulager les pauvres infirines et fournir du travail aux pauvres valides qui n'auraient pas pu s'en procurer, d

Voyez les nombreux Philosophes du Parti Girondin repousser la loi agraira ct VEgalite absolue des fortunes , '.nais admettre la Republique, VEgalite politique, le suffrage universel, des limites aux acquisitions foncieres, la suppression des successions collaterales , I'impot progressif, I'exemption d'impot pour le necessaire , la destruction de lamisere, la necessite de Veducation et de Vaisance pour tousj et la tendance continuelle dVEgalitereelle.

ficoutez I'un des chefs Girondins, le Philosophe Condorcet, le 6 juillet 1792, a la tribune de I'Assemblee legislative :

« Decretez que les biens des trois Princes francais emigres ( Louis XVIII, Charles X, le ffioce de Conde) goient suHe-cliamp jaij ea vente pour d^ctow

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mager les ciloycns duponilles an iiom des Rois que ces Princes ont excites ii ravager leur Patrie. — Vous pouvez trouver dans cette mcsurc un nnoyen de punir ces orgueilleiix coupables en les forQ.mt de contribiter eux-memes au pcrfecHunnement de lette Egai.ite centre laquelle lis ont conspire. Que ces Liens, quelle que soil leur nature, soient vendus par petites porliuns! Us montent a pres de 100 millions; et vous remplacerez trois Princes par cent mille citoyens rendus propr'ietaires ; leurs palais deviendront la retraite du pauvre ou Tasile de I'industrie; des chaumiercs liabitees par de paisibles verlus s'ileveronl dans cesjurdins consacres a la nmllesse ou a I'orgueil. — Vos predecesscurs de la Constituante ont etabli les londements de la liberie polilique: laites jouir les citoyens de la liberie civile! abolisscz les substitutiuns ; dttruisez les icslaments ; elahtiisez I'ordre de succession le plus favorable a la division des proprietes; donnez aux mariages la plus grande liberie ; accordez aux entants qu'on appelle illegilimes les droits auxquels la Nature les appelle; etablissez Vadoptivn ; permettez le divorce; organisez Vinstruciion et les elablissements de secoiirs publics! n

ficoutezce qu'ecrivait RoBESPreiRRE, en juin 1792, dans le n' 4 de son Defenseur de la Constitution :

« Des le commencement de la Revolution, nos cnncmis clierchcnt a cl'frayer lions les riches par I'idee d'une lot f(r;rai"re, absurdc epouvantail presenle a des liomnies slupides par des liommes pervers! Plus I'expericnce a demontre celtc extravagante imposture, plus ils se sont obslines a la reproduire , tunuue si les dcfenseurs de la liberie elaient des inscnses capables de concevoir un pro)et egalcment dangereux, injusle et impruticable; comme s'ils ignoraicnt que YEgcdite des bienx est esscntiellcment impossible dans la Societe civile, qu'clle suppose necessaiienient la Comhiunaute qui est encore plus visiblement c/amirique parmi nous; comme s il clait un stul homnie done de quelque Industrie donl linierei personnel ne fiit pas contrarie par ce projet exlruvaganl! Kous voulons VEgulile des droits, parce que sans elle il n'est ni liberie ni bonlieur social; mais, quant a sa fortune, des qu'uiie fois la Societe a rempli 'obligation d'assurer a ses membrcs le nccessaire et la subsistance par le travail, ce ne sont ni les citoyens que I'opulence n'a pas deja corrompns , ni les amis de la liberie qui desirent cetle fortune : Aristide n'aurait poiuc envie les tresors de Crassus. »

Ecoulez encore Robespierre, dans son projet de Declaration des droits , adopte par le Parti Populaire et accueilli par la Convention avec d'unanimes applaudissements ;

0 Le but de toule association politique est le mainden des droits naturels et imprcscriptibles de I'homme, ct le devcloppement de toutes ses facullcs.

» Les principanx droits de Ihomme sont ceUii de pourvoira la conservation de I'existence, et la Liberie.

» Cc. drolls apparliennenl egalcment a tous les liommes, quelle que solt la

difference de leurs forces physiques et morales L'egmite des droits est

elablie par la Nature ; la Societe, loin d'y porter atteinte, ne fait que la garanlir contre 1 abus de la force qui la rend illusoire.

» La Propridie est le droll qu'a chaquc citoyen de jouir et disposer a son gre de la portion de Mens qui lui est garantie par tA loi.

» Le dioit de Propriitc est bornu, comme tous le? aulres, parrobliption

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