CHAPITRE X
Education.
Eugene ayant pris un engagement qui rempSchall de venir avec moi, j'allai seul chcz Dinaros.
— Vous voulez done, milord , m« dit-il , connattre, dans tousles details, rorganisation f>.t I'etat do lolre heureuse contreo . vous
voulez commencer par Veducation : vous avez bien raison ; car reducation nous paratt la base et le fondement de tout noire systeme social et politique, et c'est sur elle que le Peuple et ses representants ont peut-6tre apporte le plus d'attention.
Rappelez-vous d'abord qu'al'^poque de notre regeneration, un nombreux comite a prepare rorganisalion de I'education puLlique, en consultant tous les syslemes anciens et modernes, et en recueillant toutes les opinions.
La LCI a ensuite regie les differentes especes (^educations (pbysique, intellectuelle, morale, industrielle et civique); et, pour chacune de ces especes, les matieres de I'education, le temps et Vordre des etudes, et les methodes d'enseignemcnt.
Tous les Icariens, sans distinction de sexes et de professions, regoivent la nieme education generale ou elementaire , qui embrasse les elements de toutes les connaissances humaines.
Tous ceux qui exercent la m6me profession industrielle ou scientifique regoivent en outre la meme education speciale ou professionnelle, qui comprend toute la theorie et la pratique de cette profession.
L'education est domestique pour une partie confiee aux parents dansle sein des families, et publique ou commune pour la portion confiee aux instructeurs populaires dans les ecoles nationales.
Vous concevez de vous-meme que la Republique pent facilement avoir tous les fiducateurs ou fiducatrices necessaires , quelque nombreux qu'ils soient, parce que le professorat est peut- Stre la profession la plus honoree , attendu qu'elle est peut-6tre la plus utile a la Communaute et la plus influente sur le bonheur commun.
Vous concevez aussi que ces professeurs peuvent facilement acquerir, dans des ecoles normales, tout le savoir et toute i'habilet6 pratique desirables, et surtout I'habitude de la patience , de la douceur, et d'une bonte paternelle^: mais ce que vous ne pouvez deviner, et ce que je dois vous faire remarquer de suite , c'est que, depuis 50 ans, I'education etant absolument la m^me pour tous, et chacun etant habitue a enseigner aux autres ce qu'il salt luim^me, il n'est pas un pere aujourd'hui qui ne puisse elever ses gargons , pas une m^re qui ne soit capable d'elever ses filles , pas un frere ou une soeur qui ne soit assez instruit pour instruire ses freres ou ses soeurs plus jeunes, ct infime pas un homme ou une femmc qui ne puisse elever au Jje.^pin ses comoatriotes moins ages.
Education. 75
Maintenant je commence par I'^ducation physique, que nous considerons comme la base de toutes les autres.