EDUCATION PHYSIQUE
Le comiU a tout prevu et tout discute ; le Peuple ou la loi a tout r6gl6.
Sachez d'abord que la Republique protege ses enfants nonseulement depuis leur naissance, mais meme pendant la grossesse de leurs meres.
Aussitot apr^s leur union, les jeunes dpoux sont instruits de tout ce qu'ils doivent savoir dans I'interet de la mere et des enfants, la Republique ayant eu soin de faire composer des ouvrages d'anatomie, d'hygiene, etc., etc., et de faire ouvrir les cours necessaires a cet effet.
Nouvelles instructions pour la grossesse, indiquant toutes les precautions que la mere doit prendre pour elle et pour son enfant a nattre.
La naissance arrive en presence des membres de la famille, et presque toujours de plusieurs accoucheuses : nouvelles instructions encore, toujours redigees par les medecins, et indiquant dans les plus petits details tout ce qu'exigent la sante de la mere et le physique de I'enfant.
Et ne croyez pas qu'une seule femme ignore ce qu'elle doit savoir : creer a la Republique des enfants aussi parfaits et aussi heureux que possible etant considere comme la plus importante de toutes les fonctions publiques, la Constitution ne neglige rien pour que Teducation rende les meres capables de remplir parfaitemeut cette fonction.
On ne se borne done pas a faire, pour elles, des traites utiles : des cours speciaux de maternite, qu'elles sont obligees de suivre , les instruisent plus completement sur toutes les questions qui peuvent concerner I'enfant.
Rien n'est interessant comme ces cours de maternite, fails, par des meres de famille instruites a cet effet, pour de jeunes meres de famille heureuses de porter dans leur sein le premier Iruit du plus pur amour ; car c'est pendant leur grossesse qu'elles frequentent ce cours, auquel ne peuvent assister d'autres hommes que leurs maris.
La, se discutent les mille questions relatives, non-seulement a I'allaitement de I'enfant, a son sevrage, a sa dentition, a sa mar- *lie, a sa nourriture, a ses v^tements et a ses bains, mais encore
au d^veloppement et au perfectionnement de chacun de ses organes ; car nous sommes convaincus que I'enfant peut ^tre, en quelquesorte, fagonne comme certains vegetaux et certains animaux, et que les bornes au perfectionnement de I'espece humaine sont encore inconnues.
J'ajouterai de suite, par anticipation, que, la mere ^tant seulc chargee de I'education pendant les cinq premieres annees, on I'instruit egalement sur toutes les questions concernant I'education intellectuelle et morale.
Et nous mettons tant d'importance a cette premiere education maternelle, dirigee d'ailleurs par le pere, que la Republique fait imprimer xxn journal des meres, danslequel sont publiccs toutes les observations utiles : et jugez que d'observalions de ce genre sont recueillies, puisque toutes les femmes et tous les hommes sont assez inslruits pour en faire I
Vous apercevez deja que, tandis qu'autrefois nos femmes et nos hommes n'etaient que de grands enfants incapables d'en elever d'autres, nos meres et nos peres d'aujourd'hui sont des femmes et des hommes dignes de ce nom, et parfaitement capables de commencer I'education de leurs families pour faire de veri tables hommes et de veritables femmes.
Les consequences de cette premiere grande innovation sont incalculables ; et vous trouverez une foule d'innovalions de meme nature.
Si I'enfant nalt infirme ou difforme, tous les soins lui sont prodigues par les mMecins populaires, dans le domicile de la mere ou dans un hospice special quand il est necessaire ; et il est peu de ces infirmites ou difformites que I'art ne soit parvenu a guerir ou a corriger, a I'aide d'instruments ingenieux r^cemment decouverts, que la Republique fournit toujours, sans s'arr^ter jamais devant la depense.
II est inutile de vous dire que c'est toujours la m6re qui allaitQ son enfant ; et dans le cas bien rare oil elle ne peut remplir ce devoir et jouir de ce bonheur. Ton ne manque jamais de parentes, ou d'amies, ou de voisines, ou de concitoyennes, qui consentent avec plaisir a devenir la seconde mere de I'enfant. A cet effet, le magistrat et les accoucheuses ont toujours le tableau de toutes les femmes qui, dans ce cas, sont capables de remplacer la mere.
La m^re ne quitte pas plus son enfant apres que pendant I'allaltement : elle I'a toujours sous ses yeux, le couve de sa tendresse,
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ct, commc une divinile bienfaisante , 61oigne de lui tous les accidents auxquels I'cxposaient jadis des mains mercenaires.
Aussi, si vous saviez conime nos meres sont menagees et soignees par tous ccux qui les entourent, pendant leur grossesse et pendant rallailement 1 commeellessontrespecteeselhonoreesl commeelles 6ont tranquilles , sans soucis , sans inquietude , en un mot hcureuses I et quel bon lail leur bonhcur et leur sante preparcnt a leurs enfants !
Vous ne sauriez imaginer toutes les decouvertes qu'on a faitcs depuis quaranle ans sur I'education des enfants , toutes les ameliorations qu'on a inventees, tous les soins que les meres prennent aujourd'hui pour developper la force et labeaute physique, la perfection de la vue, de I'ouie, des mains et des pieds 1
Aussi, voyez nos enfants ! En avez-vous vu quelque part de plus beaux , de plus forts et de plus parfaits? Et si vous comparez nos generations diverses depuis notre heureuse revolution , ne vous semble-t-il pas que noire population s'cst progressivement ameliorec et pcrfeclionnee ?
Des la naissance , la m^re s'attache a faire prendre a son enfant toutes les habitudes physiques qui lui seront necessaires ua jour.
Des rSge de trois ans , tous les enfants de la m^me rue , fiUes et gargons, jusqu'a cinq ans, sont reunis pour jouer ensemble et se promener, sous la surveillance de leurs meres ou de quelquesunes d'elles.
Du moment que I'enfant est assez robuste, commencent, dans la maison paternelle , puis a I'ecole, tous les exercices de gymnastiqua soigneusement determines par la loi , pour developper et perfectionner tous les membres et les organes.
Tous les jeux ont pour but de developper la gr&ce, I'adresse, la force et la sante.
Bien marcher, courir, sauter dans tous les sens, gravir, grimpcr, dcscendre, nager, monter a cheval, danser, patiner, s'escrimer, enfin faire I'exercice militaire, sont autant d'etudes ou de veritables jeux qui fortifient le corps et le perfectionnent. Quelques travaux industriels et agricoles , les plus simples, produisent le m'^me effet avec le m6me agrement.
J'ai commence par dire hien marcher, e'est-a-dire marcher avec aisancc, avec grace et loDg-temps, parce que c'est a nos ycux un
talent, et un talent de premiere n^cessite que nous apprenons Abs Tenfance, en y joignant ensuite la danse et les evolutions de tous genres : toutes les promenades des ecoliers sont presque des promenades militaires.
Et la plupart de ces exercices sont appliques aux filles comme aux garQons , m6me la nage et I'equitation , avec les modifications convenables.
Aussi, voyez notre jeunesse et notre population entiere ! voyez les enfants , les honimes , les femmes , marcher seuls , ou deux a deux , ou en troupes ! N'est-il pas vrai que nos hommes unissent la souplesse a la force , tandis que nos femmes unissent la grSce a la sante, et qu'il doit naturellement en sortir des generations d'enfants toiijours plus robustes et plus beaux que leurs peres et meres ?
Mais vous allez voir que notre education intellectuelle ne le c6da en rien a notre education physique.