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CHAPITRE XII

Travail. — Industrie.

L'aimerais-je? medis-je avec effroi enm'eveillant. L'aimerais-je, quand j'entends encore le Gonsul de Gamiris me recommander un inviolable respect pour les filles d'Icarie, quand j'entends surtout la voix du venerable grand-pere confiant ses enfants a mon honneur? L'aimerais-je, moi qui suis presqut engage enyers la belle miss

Henriet, et qui veux remplir mon engagement? L'aimerais-je?.... Voyons, examinons-nous.... Et je sortis pouraller prendre Valm'or* qui devait me conduiredans un atelier de maQonnerie. *

— Ne la trouves-tu pas belle, spirituelle, aimable, charmante? me disais-je en marchant. — Oui.

— Ne trouves-tu pas du plaisir a admirer ses cheveux, ses yeux, ' sa bouche, ses dents, ses mains, ses pieds ?— Oui, tout me plait

en elle.

— Tu sens de la joie en I'abordant, du regret en la quittant?— Oui.

— Le jour, tu penses a elle ; la nuit, tu la poursuis dans tes reves? — Oui.

— Malheureux ! je crois que tu I'aimes !

Cependant, la joie que j'eprouve est douce et tranquille ; le regret de la quitter est sans amertume et sans violence : j'y pense sans fievre ; j'y reve sans delire; je I'aborde sans trouble ; je sens son bras ou sa main sans frissonner... Non, je ne I'aime quecomme une soeur, ouune araie I...

Et elle?... Si j'avais trouble son repos et son bonheur!.... Ha, que je serais coupable et tourmente I Et cependant, quand je me rappelle... Mais non... Du reste, nous allonsce soir a la promenadeet je veux adroitement, si je puis, interroger son coeur . '

J'entrai alors chez Valmor, qui m'attendait.

Et nous partimes aussitct pour aller voir I'atelierde magonnerie, en nous promenant et en causant.

— Puisque nous allons visiter des travailleurs, me dit-il, je vais vous exphquer notre organisation du Travail et de V Industrie; car le travail est I'une des premieres bases de notre organisation so-

ClaiC*

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