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CHAPITRE XXI

Guerison de Valmor. — Anxiete de Milord.

J'avais ramene Valmor dans sa famille, qui nc savait comment m'exprimer sa reconnaissance de I'amitie que jc lui avals lemoignee ea Taccompagnant a la campagne. Gorilla surtout, que sa tristesse rendait plus touchante , redoublait de caresses et d'amabilite pour son frere et pour moi.

Une heure apres notre arrivee, Valmor voulut allcr voir Dinaros; et, le soir, nous retournames tous ensemble chez madame Diname.

Chacun s'efforgait d'agir comme avant la fatale explication : Valmor et Dinaise ne cherchaient point a s'^viter; seulcment Valmor ne s'empressait plus aupres d'elle comme autrefois , et tout le monde semblait s'entendre pour les occuper tous deux, les uns se reunissant autour de Valmor, et les autres autour de DinaTse.

Je m'approchai plusieurs fois moi-m^me quand Gorilla etait aupres d'elle; et je ne pus m'empecher de plaindre vivement Valmor en secret, car elle ne m'avait jamais paru si ravissante. Je fus surpris de la trouver moins timide avec moi , son ton me paraissait presque affectueux ; il me semblait m^me que, comme Gorilla, elle voulait se montrer reconnaissante des soins que j'avais eus pour Valmor. Mais, tandis qu'elle acquerait de la hardicsse, je n'en etais pas moins trouble quand j'osais la conton)pler, et surtout quand j'entendais sa voix, qui chaque fois me faisaittressaillir. Jc me rappelais souvent tout ce que Valmor m'avait dit d'elle, et je concevais mieux son enthousiasme et son desespoir.

J'etais etonne mfeme de la tranquillite de Valmor : cependant je crus I'apercevoir une fois p&lir et changer de voix en la regardant ; mais ce fut un eclair.

— Eh bien, nous dit-il en sortant, a Gorilla et a moi, ^tes-vous contents de Valmor? Si vous saviez ce que j'ai souffert, et quels combats je me suis livr^s!... Je me croyais plus fort! Que Thomme est faible I Mais e'en est fait, j'ai vaincu, et, j'en suis sur, je ne cesseraiplus de vaincre; je vousrendrai le repos, a toi, ma chere scpur, a toi, mon bon et fidele ami. (Et souvent il me serrait affectueusement la main. )

Je devais 6tre satisfait de Telat de Valmor, de ses caresses, de

I'accueil de Dinaise : niais voyez la bizarrerie du coeur humain 1 je me retirai triste et trouble , sans pouvoir m'expliquer a moim^me la cause de ma trislesse, et sans me douter que Tanxiete vague qui m'oppressait elait le presage des malheurs qui devaient m'accabler, comme un air etouffant est ordinairement le precurscur de la tempete I

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