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CHAPITRE XXIV

, Assemblees populaires.

Je refusal d'aller avec Eugene , qui voulait m'emmener visiter un monument , el je retournai seul au Pantheon , ou je passai la matinee a revoir les diffcrentes salles.

Je revins souvent vers la belle Cloramide , et chaque fois je sentais mieux qu'Eugene avail raison de trouver en elle les trails de Dinaise.

Apres le diner , Eugene, qui voulait me bouder de ne ravoir pas accompagne, consenlit enfin a vcnir avec moi prendre Valmor pour aller ensemble a son Assemblee commonale,

— Si lout le Peuple icaricn pouvait se reunir a Icara , nous dit Valmor, nous n'aurions pas de RepreseutuUon oationale, coiumo

POPULAIRES. i93

flous n'aurions pas de Representation provinciale si toute la population d'une Province pouvait s'assembler au chef-lieu : par consequent nous n'avons point de Representation communale , parce que tous les citoyens d'une Commune peuvent aisement se reuiur dans le palais communal.

Le Peuple de la Commune est done , pour ses interets purement communaux, sa propre Representation ou son propre Conseil , ou plutot ii exerce sa Souverainete et lait lui-meme ses affaires.

II prend d'abord toutes les mesures necessaires pour assurer dans la Commune I'execution des lots de la Representation nationale et des decrets de la Representation provinciale. Puis il rend, dans les cas determines par la Constitution, des ordonnances qui reglent les interets speciaux de la Commune.

Le Peuple se reunit regulierement trois fois par mois, tous les dix jours , et extraordinairement toutes les fois qu'uu certain nombre de citoyens ou les magistrats le requierent.

Les reunions ordinaires ont lieu les memos jours et a la meme heure dans toute la Republique , en sorte que le Peuple entier se trouve assemble au meme moment.

C'est toujours le soir , a quatre heures , que les reunions commencent , apres le travail et le diner ; et , les jours d'assemblee, tous les autres lieux publics (theatres, concerts, cours scientiQques, musees, etc.) sont fermes, parce que tous les citoyens, sans exception, doivent se trouver a I'assemblee , qui dure ordinairement jusqu'a huit ou neuf heures.

Si vous sorliez dans une heure , vous ne rencontreriez dans les rues et les promenades que des femmes, des enfants et des jeuncs gens , comme vous I'avez sans doute deja remarque ; et si vous aperceviez quelques hommes , ce seraient des etrangers. Vous ne trouveriez meme que quelques omnibus en mouvement , conduits par des jeunes gens qui ne sont pas encore citoyens.

— Personne ne manque done a Tassemblee? lui dis-je. — Personne : tu comprends que tous les citoyens etant nourris par la Republique, et les ateliers se fermanta une heure , personne n'ade motif ou de prelexte pour se dispenser de remplir son devoir : ce serait une honte , une espece de vol fait a la Republique , un des plus graves delits : mais c'est un delit sans exemple , parce que nous sommes habitues a considerer nos assemblees comme un droit dont nous devons etre Gerset jaloux.

Tenez , ajouta-t-il en nous montrant un imprime , voici Vordre du jour pour aujourd'hui : vous voyez que nous avons beaucoup d'affaires a trailer, onze communaks, cinq lirovinciales qI hull ftfl-

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tionales. Mais nous les expedierons rapidement , parce que toutes ces affaires sont annoncees depuis ravant-derniere seance et ont 6te renvoyees a des Comites speciaux qui les ont examinees de suite et dont les rapports ont ete deposes a la derniere seance , mis a I'ordre du jour pour aujourd'hui , et distribues le lendemain a chacun de nous.

— Votre Assembl6e est done divisee en Comites comme la Representation nationale? — Tout de m^me ; elle est partagee en plus de soixante Comites ou Sous-Comites , a chacun desquels sont renvoyees toutes les affaires de sa specialite , pour qu'il les examine separement avant la seance qui doit suivre.

Nous sommes done prepares a voter , d'autant plus que nous avons pu discuter toutes ces questions, soit dans nos ateliers, soit dans nos salons.

— Ah 1 je vois, lui dis-je, la proposition dont tu m'as parle, pour faire agrandir I'hotel des etrangers 1 — Oui, je I'ai faite a I'avantderniere seance, pour qu'elle put 6tre connue d'avance et discutee aujourd'hui.

— Mais qu'est-ce que c'est que ce mouvement ( car nous etions entres depuis quelque temps , et la foule se precipilait alors dans la salle) ? — Ce sont les citoyens qui prennent leurs places, parce que quatre heures vont sonner, et que la seance va s'ouvrir. Vous voyez le President et les membres du Bureau qui s'asseyent sur leurs fauteuils. Ce serait une faute grave d'arriver apres I'heure , et vous ne verrez personne manquer d'exactitude.

Valmor nous quitta alors pour courir a son poste, apres nous avoir promis de venir nous rejoindre un moment a la premiere suspension de la seance.

La salle etait immense etmagnifique, remplie deplusde dix mille citoyens assis. On aurait dit une petite ou plutot une grande Chambre de Representants ; car il y avait cinq ou six fois plus de citoyens qu'il n'y a de Deputes : mais la galerie des spectateurs etait beaucoup moins vaste, et Ton n'y voyait presque que des femmes.

La seance ouverte, au milieu d'un profond silence dont Thorloge seule avait donne le signal, on s'occupa d'abord des affaires Communales, pour passer successivement aux affaires Provinciales et aux affaires Nationales dans le rang indique par I'ordre du jour.

Sur chaque affaire, on commenca par lire un rapport tres-court redige au nom d'un Comite.

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