INITIATIVE
L'ordre du jour etant 6puis6, le President proposa a I'Assemblee I'ordre du jour pour la prochaine seance.
On regut ensuite dix ou douze jiropositions presentees par divers membres, dent les unes concernaient les affaires communales ou provinciales, tandis que les autres interessaient la Nation. Toutes furent renvoyeesa leursComites respectifs. Parmi ces propositions, je remarquai celle d'un cordonnier qui proposait un moyen d'abrcger le travail dans les imprimeries nationales : c'etait de faire fondre, comme une seule leltre , les mots qui se repetaient tresfrequemment dans le memo ouvrage, comme Representation nationale, Representants du, Peuple, Republique , Gouverncment , etc., qui se repetent des milliers de fois dans les impressions sur la legislature.
— Vous vous moquerez encore de moi , si vous voulez , dit Eugene en sortant ; mais je n'en suis pas moins emerveille de tout ce que j'ai vu. — Tant mieux 1 vous pourrez jouir une seconde fois du memo plaisir demain ; car nos stenographes ont tout recueilli , et vous pourrez tout lire dans notre Journal Communal.
— J'aime, ajouta Eugene , la franchise et la hardiesse du vole public par assis et leves, ou par oui et non 1 — Comment, la hardiesse ? Est-ce que nous avons besoin de courage pour manifesler noire opinion ! Est-ce que nous avons quelque chose a gagner ou a perdre ! Et s'il fallait du courage , est-ce que noire education ne nous le donnerait pas?... Je ne vous permets pas meme de vous elonner de Vinitiative accordee a tout ciloyen , et du droit qu'il exerce de proposer dans son Assemblee toutes ses idees sur les inlerels communaux, provinciaux ou nationaux ; car rien n'est plus raisonnable el plus naturel.
— Vous voulez done que je n'admire que ce qui n'est ni raisonnable ni naturel ? — Eh bien ! admirez tant que vous voudrez , puisque notre education et notre organisation sociale ne vous font pas deviner combien de milliers d'idees utiles doivent sorlir de nos Assemblees populaires !
— Mais alors le droit de petition vous est inutile 1 — Sans doute , ou plutot c'est a son Assemblee seulement que chaque ciloyen adresse sa petition ; et si I'Assemblee I'adopte, elle devient alors la petition de I'Assemblee a la Representation nalionale ; si I'Assemblee la rejelte, elle pent etre presentee une autre annee, DU (le suite a I'Assemblee d'une autre Commune : par ce moyen, ioulcs les bonnes idees sont sures de se faire jour , et les paaur
JOUUNAUX. 197
vaises ne peuvent enlraver les travaui de la Representation nationale.
Valmor voulait nous parler des journaux , dont il considere la perfection comme etant la consequence du droit de proposition : mais , oblige de nous quitter , d remit au lendemain de nous en parler plus en detail.