‹ Voyage en IcarieChapitre 76 sur 156 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Scene 1. — C'estun cabinet presque entlerement obscur. On ne pent distinguer les deux personnagcs dont on entend la voix ; mais on comprend que c'est Lixdox et le Due de Coron son favori.

fipouvantc des conspirations et des attentats qui se medilcnt cliaque jour contre lui, soit parmi les nobles restes fideles a la cause dujeune pretendant exile (le iils de Corug), soit parmi les principaux democrates devoues a Tinteret populaire, Lixdox a chcrclie le moyen de repandre la terreur parmi ses ennemis. Aprcs avoir consulte toutesles traditions machiaveliques soigneusement recueillies depuis des siecles et deposees dans un gros registre , il a imagine le plan d'une effroyable conspiration dans laquelle il taclierait d'entrainer les plus dangereux Seigneurs et de compromettre les plus redoutables chefs du Peuple.

Son plan dresse, il lui fallait, pour I'execution, un ami sur et devoue, un second lui-meme : c'est le Due de Coron qu'il a choisi.

Le Due a feint une insulte , un mecontentement , une rupture et le desir de la vengeance. II s'est fait le chef de la Noblesse hostile; il caresse, excite, pousse, provoque, et vient secretement presque chaque jour rendre compte a Lixdox de ses succes.

Tout va parfaitement... Douze des principaux Seigneurs, tous individuellcment decides a conspirer , doivent se reunir le soir memo a sa table.

— Quel role vous me failesjoucr! ditle Due a Lixdox. Provocation, parjure, trahison, delation, infamiel... —Vous sauvez

rfitat, letr6ne, la religion, votre ami.., Ma reconnaissance sera sans bornes.... Vous seul et moi connaUrons la verite... G'est la fortune et la gloire qui vous attendent I...

Scene 2. —La toile levee laisse voir une superbe salle de festin dans le chateau du Due, oil se trouvent, a table, douze autres Seigneurs , qui parlent avec chaleur du Premier Ministre.

— Oui, dit le Due, apres toutce que j'ai fait pour lui, il me refuse la place de femme de chambre de la Princesse royale que je lui demandais pour ma Qlle I G'est un ingrat, un insolent, a quije ne pardonnerai' jamais son ingratitude et ses affronts 1

— G'est un hypocrite, un menteur, un perfide ! dit un Marquis. —G'est un impie, qui vise a se faire proclamer Dieu ! dit un Vrelat. — G'est I'Antechrist et peut-6tre Satan ! dit un autre Pritre. — W a fait tuer mon fils I dit un Baron en pleurant ! — II m'a enleve ma maltresse , le scelerat 1 dit le Comte de Gigas avec colere. — II a tue son frfere et son Roi 1 II a fait emprisonner la Reine et ses neveux 1 dit un autre. —Le Due : II est meprise, hai , deteste 1 s'il mourait chacun se rejouirait de sa mort !... — Le Comte : S'il etait immole, personne ne le regretterait ; car personne n'a moms d'amis et plus d'ennemis ! — Le Due : Personne n'a ete I'objet d'autant de conspirations et d'attentatsl... — Le Comte: Geux qui echouent gont plaints comme des martyrs !...— Le Due : Gelui qui reussirait serait applaudi comme un liberateur !... mais ii n'y a que des victimes ! — Le Comte : Les conspirateurs ont tous ete des niais ! . . . Il y a un moyen de succes infaillible !... — Tous : Lequel ?... — Le Comte : Vous savez qu'un charbonnicr occupe une cave sous le palais de la Reine ; he bien , vingt barils de poiidre dans ccttc cave , un brave qui mette le feu un jour de seance royale... la Reine ct ses enfants , le tyran, ses complices et ses satellites, tous saulent d'un seul coup !... — Le Due : Oui, mais oil est le brave ?... — Le Comte : Ici. — Le Due : Qui ?... — Le Comte : Moi 1 — Tous : A bas la tyrannic ! Gloire au liberateur I

Gependant, plusieurs ont des scrupules ; ils craigncnt que TAristocralie ne soit deshonoree... mais le Comte. et surloul le Due lour rappellent rapidement tous les excmples de conspirations, de mcurtrcs, d'einpoisonnemeuls, dc regicides, qn'avaiont donnes non sculemcnt des Seigneurs et des Eveques, mais des Princes de families royales, des fils de Rois centre Icurs peres, des Rois et des Enipereursou des Papes contre d'autres Souvcrains ou d'autres Papes... et I'attciitat est resolu.

Le Comte se d^gulsera en charbonnier, prendra la cave du charbonnier qui I'occupe, y fera conduire vingt barils de poudre, lesy cachera sous des fagots , et lui-meme mettra le feu a une meche qui lui laissera le temps de fuir avant I'explosion.

Les autres doivent tout preparer pour la Restauration du Pretendant.

C'est le perfide Due qui propose de se lier par un inviolable serment, et tousse jurent devouement et fidelite, au milieu des plus vifs transports d'enlhousiasme.

Scene 3. — C'est le cabinet du Due, h demi 6clair6 par une lampe. —II vient de congedier les conspirateurs , et va se rendre au palais oil I'attend Lixdox pour apprendre ce qui s'est passe.

Mais que doit-il faire?... quel est son interet ?.,. est-ce de trahir les conjures ? n'est-ce pas plutot de trahir Lixdox ?

II discute quelque temps ces questions en se promenant a grands pas dans sa chambre , et sort encore indecis.

Scene 4. — C'est la cave... On entend le bruit des voitures des courtisans, puis le son des cloches de la chapelle... On voit arriver un charbonnier... C'est le Comte.... Les vingt barils de poudre sont

la sous ces fagots La seance royale va commencer Le son

des trompettes et des fanfares annonce I'apparition de la Reine et de Lixdox au milieu des Seigneurs... U enleve un fagot qui cachait I'un des bouts de la meche... If aura cinq minutes pour s'eloigner par une porte de derriere.V... Tout a coup on entend la trompette... II tressaille... II se r('>jouit de lancer dans le ciel un trone usurpe, une Reine usurpatrice , un tyran , une cour, une monarchic tout enliere !... Le feu brille en sa main... De I'autre il saisit la meche Elle est enflammee Mais d'epouvantablcs cris sortent

de dessous les fagots.... Une foule de soldals en sortent aussi et se precipitent sur lui... Cinq ou six tombentmorts a ses pieds.... II s'elance comme Teclair sur I'escalier, et va disparaitre... mais d'aulres gardes qui desccndent lui barrent le passage... II frappe encore, fait tomber, tombe a son tour baigne dans son sang ; et des soldats I'emportent mourant, tandis que d'autres decouvrent avec effroi le volcan qui dcvait ebranler la terre.

Mais I'un des gardes s'apergoit que la meche etait interrompuo «t coupee par le milieu 1...

Schne 5. — Voici un cachet obscur et sale, un peu de paille, un pialheureux couvert de linges et poussant des oris aigus arraches

par la douleur . . . C'est encore le Comte ! Les juges, les gardes, les courtisans qui Tentourent I'accablent d'imprecations... Mais il ne voit rien , n'entend rien , ne repond rien ;... et I'on voudrait qu'il vecut pour nommer ses complices et perir sur I'echafaud... Medecins etchirurgienss'empressent autourdelui, I'operent, lepansent, lui font avaler quelque liqueur.... 11 renait, respire, regarde et parait entendre et voir.

— Votre nom ? lui demande le Grand-Inquisiteur. — Miguf, repond le malheureux d'une voix qu'on entend a peine.

— Votre etat? — Charbonnier.

— Votre pays? — Pirma, en Cassie, a 300 lieues d'ici.

— Vouliez-vous tuer laReine? — Non, maisletyran.

— Quel mal vous a fait son Excellence ? — II opprime le Peuple.

— Queletait votre but? — Delivrer lapatrie, servir rilumanitii.

— Scelerat ! lui dit Tun... Monstre ! lui dit I'autre...

— Quelssontvos complices? — Tous... Cent... Aucun.

Les injures, les anathemes, les menaces, rien ne peut Tebranlcr; il n'a pas de complices, et demande la mort comme le commencement de son immortalite.

Scene 6. — C'est encore un cachet oil Ton voit un autre prisonnier blesse... C'est le Due I

Lixdox et lui sont convenus qu'il serait arrete pour eloigner tout soupgon, qu'il tueraitun des hommes charges de sonarrestation, qu'il se ferait lui-meme une legere blessure, et qu'on repandrait le bruit qu'il anrait ete grievement blesse dans le combat.

Dans quelques jours, on declarera qu'on s'est trompe, que le soldat tue avait use de violence illegale, etque leDucn'a fait qu'exercer le droit de legitime defense.

11 s'est arrange de maniere que la liste des conjures fut deposee chez Tun d'eux , oil la police pourrait la trouver oula mettre.

11 a pris aussi toutes ses mesures pour que Kalar, Tun des chefs du parli populaire , put etre gravement compromis par quelques apparences.

Bientot arrive dansle cachot un homme enveloppe d'un manteau ; c'est Lixdox deguise ! 11 raconte au Due ce qui s'est passe. Tous les conspirateurs sont en fuite ou caches. La police en a trouve la liste chez celui que Je Due avait designe comme en etanl depositaire ; inais on a eu grand soin de cacher toutes ccs circonslances, el d'cgarer ropiuion en rcpandaiit le bruit que Lhorrible attentat est

I'oeuvre infernale du parti d6mocrate, dont le charbonnier Miguf n'est que le miserable instrument.

Les courlisans , encore tout epouvant^s du p6ril quiles menagait, poussent des oris d'extermination contre les revolutionnaires ; les partisans de Lixdox orient presque aussi fort ; les partisans du Pretendant orient comme eux contre les anarchistes... Les democrates sont intimides... Lixdox et le Due sont ivres de joie en voyaatle succes complet de leurs manoeuvres.

Mais I'essentiel est de faire condamner Kalar et d'accuser tout le parli democrate : comment y parvenir ? Voici le plan que Lixdox a conQu et qu'il expose au Due.

— Vous aurez, lui dit-il, une entrevue avec le Comte. Vous lui raconterez voire arrestation, le meurtre du soldat, votre propre blessure... Puis, vous lui fercz des reproches sur son imprudence... vous lui direz, et les journaux raconteront, que ses demarches et son air mysterieux dans les environs de la cave ont excite les soup- Cons d'un agent de police ; qu'on est entro dans la cave a I'aide d'une fausse clef pendant la nuit, et qu'on a ainsi tout decouvert par sa faute.

Vous ajouterez qu'un de mes confidents est venu vous dire , de ma part, que je ferais grace au Comte, que je vous mettrais vousmeme en liberie, et que je renoncerais a poursuivre les aulres conjures, a la condition que le Comte accuserail el ferait condamner comme son complice Kalar, noire ennemi commun.

Vous ajouterez que, dans ce cas, le veritable nom du Comte ne sera jamais connu ; on nc lui donnera que le nom el la qualite qu'il apris(Miguf, charbonnier, de Pinna en Cassie); el ce seronl les demagogues, surlout Kalar, un de leurs chefs, ctle miserable charbonnier leur agent, qui seuls seronl les execrables auteurs dc cot abominable forfait.

Pour appuyer I'accusalion du Comte contre Kalar, nous acheterons un ou deux faux-temoins ; et pour que les aulres Minislre.i et les Juges soienl Irompes eux-m6mes, il faut que vous vous chargicz encore de I'execution vis-a-vis le Comte el les faux Icmoins.

Le Due deviendra prince... II accepte ; et le perfide Lixdox sort, tandis que le perfide Due se prepare a conferer avec le Comte 1

Scene 7. — Cost encore le cachot du Due. II est dans son lit... Quelqu'un arrive pouvant a peine se soutenir : c'csl le Comte I On lui a appris myslerieusemcnt que le Due etait arr^te, qu'il

avait tue un soldat, qu'il 6tait grievement bless6 et presque mourant, et que leurs deux cachots etaient contigus... 11 a desire le voir... le Ducad'abord refuse... puisilapermis...

Letraitre Due paie d'audace :.... il reproche au Comte d'avoir tout perdu par sa faute, et d'avoir compromis tous ses amis.

Le Comte, dupe de la trahison, s'excuse, se jelte presque a ses picds et lui demande pardon.

Alors le Due s'attendrit, devient affectueux... Puis il parle du message deLixdox... Lixdox alaliste, il saittout :.. tout est perdu, m6me leur parti, m6me la cause du Souverain legitime.., Cependaut, ajoute le Due, Lixdox veut faire le genercux, le clement.... Quant a moi, j'ai rejete avec indignation la proposition dc me sau- Ycr en perdant un innocent. Je saurai mourir avec courage ! j'y suis resolu 1

Mais le Comte voudrait sauver tous ses amis, son parti, la cause dcson Souverain... D'ailleurs, tout democrate n'est-il pas un coupable, un criminel, un scelerat?... C'est doncle Comte qui presse et supplie le Due d'accepter, pour tous, I'offre de Lixdox ; c'est lui qui vante la clemence et la generosite du Tyran !

Le Due feint toujours de resister, et ne consent enfin que pour gauvcr le Comte , leurs amis et I'honneur de la Noblesse... U remet au Comte le plan trace par Lixdox pour accuser Kaiar.

Le Comte lit ce plan : c'est I'histoire et la vie supposecs du charbonnier Miguf, de ses liaisons avec Kalar, et de son complot avec lui ; c'est aussi la marche detail lee que le faux Miguf doit suivre dans sa defense et dans son accusation.

Lixdox, le Due et le Comte seront seuls dans le secret :... on disposera lesjuges en faveur de Miguf... Toute lacolere sera dirigee centre Kalar... Etlcsjugcs seront d'autant plus animes contre lui que beaucoup d'entre eux seront trompes comme le public , ct qu'ils le croiront veritablement I'inventeur et le chef de I'infamc complot.

Le Comte consent a tout et se dispose a etudier et a joucr son role de charbonnier... II continuera d'abord a soutenir qu'il n'a pas de complices ; il niera que Kalar soit coupable ; puis, aflectant de cedcr aux cris de sa conscience, il avouera toute la verile et accusera formellement Kalar d'etre I'inventeur, I'instigateur et le chef du complot ; il lui reprochera de I'avoir entralne ; il I'accusera de lachete....

C'uant au Due, il va rccouvrcr sa liberie et cbercber deux faux tcnioins.

Scenes. — Autre cachot. — Beaucoup de gardes amenent un bel honime, les habits dechires, nu-tete, I'air triste mais resigne.... I'un le frappe avec une canne, I'autre avec une cravache ; celui-ci lui arrache sa moustache, cet autre ses favoris :... c'est Kalar !

On le jette sur la paille, et le geoUer lui laisse un peu de pain noir el d'eau.

Resle seul, il se plaint:... mais 11 saura souffrir pour la li berte 1

— Les juges vont venir pour m'interroger, dit-il, que rupondrai je?... Mais que dis-je, les juges 1 des ennemis, des voleurs, des as sassins!... Me voici dans une caverne de brigands, entoure d pieges... Non, je ne repondrai rien ici I

Bientot arrivent le Grand-Inquisiteur, le Grand-Prevot, le Graud- Jugeur, des Minislres, des Seigneurs el des gardes.

— Le Grand-Inquisiteur : Connaissez-vous Miguf? — Kalar: D'abord, de quoi m'accusez-vous ?

— Le Grand-Jugeur : D'etre I'un des auteurs, inventcurs etdirecteurs de I'infernale conspiration des poudres. Connaissez-vous Miguf? Repondez! — Kalar. Yoici ma roponse : je suis innocent 1

— Le Grand-Prevot : Connaissez-vous Miguf?... Repondez 1 — Kalar : Je n'ai plus rien a dire. Si vous pretendez q^ie je suis coupable, c'est a vous a prouver ma culpabilile. Mettez-nioi en liberie ou faites-moi juger promptement, alors je repondrai ; mais je r.e veux rien nier ici ni rien avouer, je ne veux rien repondre tant que je n'aurai pas men Conseil et que je ne serai pas en presence du public.

— Le Grand-Inquisiteur : Mais on ne vous demande que la verite ; vous n'avez pas besoin de Conseil pour repondre sur des fails qui vous sont personnels. Vous 6les ici en presence de la Justice; et puisque vous eles innocent, il vous sera facile de vous juslilier. — Kalar : Je ne veux rien repondre.

— Le Grand-Jugeur. Mais c'est voire inter4l de repondre pour prouver voire innocence ! — Kalar. Je ne veux rien repondre.

— Le Grand-Prcvot : C'est le devoir d'un accuse d'eclairer la Justice... — Kalar. Je ne veux rien repondre.

— Un ministre : Vous ne craignez done pas de desobeir a la Justice ? — Kalar : Je ne veux rien repondre.

— Un seigneur: Mais vous oulragez la Justice!.,.. — (Silence.)

— Lc Grand-Jugeur : Vous n'avez done pas conGance en moi.... — (Silence.)

— Le Grand-Prevdt: On vouscroira coupable I

— Le Grand-Jugeur : Vous vous nulsez a vous-m6me;car voyons, raisonnons un peu... — Kalar : Je ne veux ni discuter, ni raisonner, ni rien repondre.

— Le Grand-Jugeur : Ce que je vous demande ne peut vous compromettre... — Kalar : Je ne veux rien repondre.

— Un Ministre : Vous sortiriez promptement !

— Un Seigneur : Ceux qui vous ont conseille ce systeme de silence no sent pas vos amis !... — Kalar : Mais vous... Je ne veux rien repondre.

— Une dame de la Cour : Vous sacrifiez I'interet de voire fa~ mille !

— Le Grand-Prev6t : On a arrfite Xirol et Yard, vos amis.... Vous sacrifiez leur inter^tl...

— Le Grand-Jugeur : Us sauront que c'est vous qui retardez Icur mise en liberie !...

— Le Grand- Inquisiteur : Voire silence est inutile ct ne peut que vous compromettre, car \estemoins ont tous declare...

— Un Ministre : Vos coaccuses ne font pas comme vous : tandis que vous vous sacrifiez genereusement pour eux , ils avouent tout et vous accusent !...

— Un Seigneur : Nous savons tout ce que vous avez fait. Voire obstination ne peut que vous etre funeste, landis qu'on pourrail vous tenir compte de voire franchise. — Kalar : Encore une fois, je ne veux rien repondre.

Les coleres , les menaces, les caresses, rien ne peut ebranler sa resolution.

— II m'aurait ete bien facile de leur repondre, dit Kalar quand il est seul, et j'ai souvent ete tente de les ecraser ou de les confondre ; mais je suis plus sur d'avoir evite leurs pieges.

Cependant le Grand-Jugeur renlre aussitot. — Nous sommes seuls, lui dit-il : ce n'esl plus le magistral qui vous parle ; c'est un homme qui admire voire courage et voire gencrosile, qui s'inleressea vous... Je vous confierai memeque je partage au fond du coeur vos opinions et vos sentiments... — Kalar : Je ne connais pas d'amts en prison ; je ne cause pas en prison ; je ne veux rien repondre! Laissez-moil

— Ils ne m'en condamneront pas moins, je lo sais, dit-il en sc

jelant sur sa paillc ; mais je leur ferai voir qu'ils m'dssassinent, ct ma mort ne sera pas inutile a la patrie I

Page 1