‹ Voyage en ItalieChapitre 9 sur 18 · XIX · texte numérisé non relu

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semaines de la fin du printemps et ne trouver à célébrer que le ciel de Lausanne ! C^était bien pourtant le reflet exact de ses sentiments\ Car, le lendemain, écrivante Charles Labitte qui, pendant son absence, l'avait suppléé à la Revue des Deux Mondes, il lui disait : « Me voici enfin revenu sur la terre de France, après mon échauffourée d^ Italie. Je dis échauffourée, tant cela a été rapide et mené violemment. J^ai donc vu Xaples et Rome, chacune en quinze jours. En touchant^ f ai eu le temps de voir Gênes et Pise. Xaples m^a surtout charmé par ses environs, Sorrente, lieu vraiment divin.

Saler ne, Amalfi, délicieusement marines; à d^autres noms il y aurait beaucoup à rabattre ou, du moins, à dire autrement que n"* ont fait ceux qui les voyaient surtout au clair de lune de leur cœur. » Coup de patte à Lamartine... Voilà bien le vrai Sainte-Beuve, éprouvant plus de plaisir en voyage à prendre en faute les grands écri-

vains qui furent ses trop glorieux contemporains qu^à admirer les paysages. Ce qui lui manqua toujours, ce fut V enthousiasme, la spontanéité frémissante devant le beau et le grand. Parmi les notes que tout écrivain rapporte d^un premier voyage d^ Italie, je ne crois pas qu^il en soit beaucoup d'aussi incolores que les siennes. Mieux encore que dans les lettres citées ci-dessus , on y surprend, dans toute leur sincérité, sans retouche et sans fard, les impressions mêmes du célèbre critique. C^estde ce point de vue, ne songeant nullement, comme on voit, à « attribuer une valeur littéraire disproportionnée à des pages JusquUci inconnues », qu^il m^a semblé intéressant de ne pas laisser inédites les seules notes prises par Sainte- Beuve dans son unique voyage d^Italie.

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