X8 VOYAGE EN ITALIE
rOrienl , avec les légers uiiîformes de la cavalerie fraoçoise , font un grand efiFet.
Les catacombes de Naples sont plus vastes que celles de Elome; elles ont plusieurs, étages. Lorsqu'on pénètre dans les catacombes , il est beau de voir les guides s^enfoncer avec leui'S flambeaux dans ces souterrains immenses. Les colonnes et les arcades taillées dans le roc, se dessinent sur les rayons de la lumière qui s'éloigne et qui bientôt ne paroit plus que comme une éloile au pilieu de ces profondes ténèbres. On voit dans les catacombes de larges avenues, des salles et un grand nombre de tombeaux.
Quelques squeleites blanchis ont été sorlis du lieu où ils reposoient depuis des siècles , et ont paru entiers et encore revêtus de cli|iirs : ces souterrains ont probablement servi de cimetière dans des temps de contagion ; là , on venoit entasser les victimes que le fle'au frappoit chaque jour. Les cérémonies du culte des morts se célébroient dans une vaste chapelle à laquelle aboutissent plusieurs galeries. Les chants funéraires se méloient aux coups des iiîineurs qui ouvroient de nouvelles tomber.
On a , depuis, imaginé que ces lieux avoient servi de retraite aux chrétiens de la première Église y qui y trouvoient un asile coatre les
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persëcntlons ; les peintres se sont emparés de celle idée , ils ont représenté St. Janvier ce-^ lehrant dans ces souterrains les sacrés mystères à la clarté de quelques lampes , et donnant sa bénédiction à une assemblée de fidèles réunis an pied de leur pasteur.
A noire dépari de Naples , la rade éloit remplie de vaisseaux de guerre et de transport anglois. Des bâtimens marchands qui an iv oient du Levant y entroient à pleines voiles, d'autres s'éloignoient , portant dés voyageurs en Sicile et en Grèce; on vovoilde longs baieaux napolitains revenir chargés de fruits de Sorenie et de Gastellemare ; des barques remplies de paysans et de passagers partoienipour Ischia et ProciJa, pour Amalfi et Salerne; les élégantes chaloupes des vaisseaux angloîs, dirigées par des maielots vêtus de blanc, conduisoîent sans ce.sse au rivage, djcs officiers de maiine qui , couchés négligemment à la proue, \o\oient leur bâtiment glisser sous les efforts des rames élevées et abaissées en cadence ; le soir , les habitans venoient se promener sur la jeiée du port, les bateliers Napoliiains eniouioient les étrangers , s'écriànt à Venvi : Eccelenza j a me , a me ; ils se disputoient à qui les recevroit sur leur bateau* ils nous éonduisoient au milieu del a
ûotie y d'où nous enteodioDS la musique qui aDimoit les travaux des matelots Anglois. Quelquefois le marinier déployoit la petite voile de
sa nacelle ; le vent nous portoit sur les côtes de Portici , ou à la pointe de Pausilippe ; on y voit des débris d'anciennes constructions auxquels on a donné le nom d'Ecole de Virgile.
Un rocher qui s'cflève aux milieu des eaux , à peu de distance de la colline , forme un petit détroit où les pécheurs jettent leurs filets : un capucin a établi sa demeure sur le rivage ; il depande l'aumône aux bateaux qui passent devant sa cellule. Vue de la mer, Naples se présente avec majesté : on voit cette ville comme divisée par la pointe de terre , sur laquelle est bâti le Fort-de-FŒuf , et cette multitude de maisons blanches dont les toits aplatis forment des terrasses , pressées sur l'espace qui s'étend du rivage à la colline de Saint-Eloie.
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