L£S MAGISTRATS
nise et à quelques parties de son ancien territoire^ car la plupart des provinces, et surtout celles de Tautre coté de l'Adriatique, étaient durement traitées. C'était à leur égard, mais plus encore à l'égard de ses propres membres, que l'aristocra* tie exerçait un afireux despotisme. Des rivalités de iamiHe, des bruits vagues, de faux rapports , quelquefois le seul désir de se débarrasser du £3irdeau de la reconnaissance , fournissaient les motifs secrets d'un arrêt de mort.
On est surpris du dévouement héroïque dont les victimes mêmes de cet ordre de choses monstrueux lui donnèrent si souvent des preuves. Le doge Foscari vit, sans se plaindre, ^n propre fils appliqué à la torture trois fois en sept ans, par les ordres du tribunal auquel il présidait. Pisani ^ tiré de la prison où l'ingratitude du gouvernement l'avait jeté pour prendre au jour du danger le commandement général des forces de la république, oxibliant son injure, servit son pays et ne punit point les tyrans. Zeno, au £alte de la gloire, se soumit à un long emprisonnement, et l'on en pourrait citer bien d'autres. Au premier coup d'œil, ces hommes-là semblent avoir été dupes d'un sentiment erroné ; mais, si ce mauvais gouvernement, auquel ils faisaient de tels sacrifices , avait après tout Êdt la gloire et la prospérité de leur patrie; si, pendant les douze cents ans de sa durée , le peuple avait joui de beaucoup^