PALA.IS
Outre Tarménien Us parient fort bien TitalieB , un peu le français et le latin; l'un d'eux entend même l'anglais , et c'était, nous dit -il, lord Byron qui le lui avait appris en échange de sa pix>pre langue, dont il avait donné des leçons au poète. Le couvent, d'une propreté scrupuleuse, sert d'école ou de collège à déjeunes Arméniens envoyés par leurs parents. Ces moines ont quelques instruments de physique et d'astronomie et luie bibliothèque; ils impriment eux-mêmes en arménien leurs propres traductions d'ouvrages européens. Nous les trouvâmes occupés d'une édition de l'histoire de RoUin trèsi-bien exécutée. On compte, à ce qu'ils nous dirent, cinquantemille mots dans leur langue (i), d'autant plus concise qu'elle est plus riche. L'ouvrage du bon Eellin , à la vérité un peu verbeux, se trouvait beaucoup plus court dans leur traduction. Apprenant que l'un de nous était arrière-neveu du docteur Franklin , ils le complimentèrent sur les découvertes en physique de son parent, qu'ils paraissaient bien connaître.
Le nombre des palais qu'il faut absolument voir quand on est à Venise est fort grand ; mais, dsms la relation d'un voyage , le lecteur n'est pas d'ordinaire exigeant à cet égard , et je ne dirai que quelques mots sur deux ou trois d'entr'eux. Le
' (i) Le dictionnaire de T Académie française contient 7.9,712 mots, et le dictionnaire anglais de Johnson 56,784*
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iraste et somptueux palais Grimani est celai qui m'a paru donner la plus grande idée de l'ancienne magnificence de Venise, non-seulement par son ensemble, mais parla richesse des détails et le luxe bizarre qui y domine. Plusieurs meubles sont revêtus de lapis lazuli, d'améthistes et d'autres pierres précieuses. Dans quelques-unes des salles, des ' proues de galères dorées sortent en relief de la muraille. On montre dans le palais Barbarigo la cbambre qu'habitait le Titien et où il mourut ; elle est encore ornée de ses ouvrages. La &meuse Hébé de Canova que l'on ' voit dans le palais Ab^ bresdnest qu'une jolie petite fille; c'est la nature même y mais le beau idéal de l'antique ne s'y re* trouve pas. La draperie paraît avoir été imitée de celle de Niobé, qui ne me semble pas un bon modèle à suivre.
Voici comment tous ceux qui ne travaillent pas pour vivre passent le temps à Venise, de leur propre aveu. Us se lèvent à onze heures ou midi, font quelques visites ou se promènent par la ville jusqu'à trois heures, ils dînent, dorment quand il fait chaud une heure, s'habillent et vont au café ou Gawîo jusqu'à neuf heures, puis à l'Opéra qui est un autre casino , puis encore au café une heure ou deux, et ne se retirent en été qu'au point du jour. Personne ne lit. Les nobles vivent obscurément et pauvrement dans un coin de leur palais; beaucoup d'entre eiut dînent chez le restaurateur