‹ Voyage en Italie et en Sicile; (volume 2)Chapitre 37 sur 99 · SAINT-PIJÏBRE DE ROME. I^J · texte numérisé non relu

SAINT-PIJÏBRE DE ROME. I^J

foule, et dans les bas côtés, les murs sont décorés de copies en mosaïque des tableaux des plus grands maîtres, sans un seul tableau à l'huile. Si j étais pape, il me semble que je voudrais signaler mon bon goût en faisant appliquer une couche de grisaille, d'un bout à l'autre de Saint-Pierre, sur les marbres variés et les dorures; à la détrempe pourtant, afin que mon successeur, infaillible aussi bien que moi pendant sa vie, pût, s'il lui plaisait, rendre à la basilique son premier éclat. Je murerais ensuite au moins les trois quarts des fenêtres et peindrais les autres d'une couleur chaude et transparente. On ignore , en Italie , l'effet de ce dùn religious light ( clair - obscur religieux) qui fait le charme des églises gothiques du douzième siècle en Angleterre. Je dois dire que, quoique Saint-Pierre paraisse au premier coupd'œil tout marbre et tout or, ses parois sont, par intervalles , composées de briques grisâtres dont le ton homogène est bien plus favorable à la grandeur que le bariolage des marbres divers. Dans mes fréquentes visites à Saint-Pierre , je l'ai toujours trouvé plus grand, plus majestueux et plus beau, après le coucher du soleil que dans le jour. L'on est surpris de Puniformité de température qui règne dans ce grand vaisseau , où la chaleur et le froid des saisons se confondent et se neutralisent comme dans les souterrains profonds. J'ai déjà dit ce que je pensais de la façade de Saint- I. 12

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Colisée ) a faite au dôme il y a six ans. L'énorme cercle de fer qui entourait le dôme a été trouvé rompu à la suite de cet accident, circonstance alarmapte pour les curieux qui se promènent au* dessous.

Le groupe magnifique de figures colossales en bronze doré , qui représente les pères de l'Église , soutenant du bout des doigts ce que l'on appelle la chaire ou tribune de Saint-Pierre , à l'extrémité du chœur^ présente le même caractère d'affectation dont on vient de parler; et les robes de bronze, dont ces figures sont revêtues, voltigent comme de la mousseline. Il en est encore ainsi de la chemise de marbre de Sainte- Véronique située sous le dôme : c'était le goût du temps consacré par Bernini. Au-dessus de la chaire de Saint-Pierre et derrière une multitude d'anges et de séraphins, en attitude d'adoration, il y a ce qu'on appelle » une gloire \ c'est un vitrage de couleur aurore , et voilà comme je voudrais que toute l'église fut éclairée. Le tombeau du pape Urbain VIII est orné d'une figure colossale, représentant la charité , qu'un enfant affamé tire par sa robe pour se faire donner l'aumône ; vrai simulacre de la char rite en Italie, laquelle soulage la misère criarde et importune, mais ne fait rien pour la prévenir. La basilique de Saint-Pierre et le palais du Va* tican, qui se touchent, couvrent entr'eux un espace immense ; et ce dernier édifice contient plu-

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^eurs chapelles, qui sont elles-mêmes des églises assez vastes. Bientôt après notre première visite à Saint-Pierre, nous avons vu le pape officier dans tine de ces chapelles , IsiSisiina. On y arrive par un magnifique escalier qui commence sous le portique même de Saint-Pierre. Les places réservées aux femmes dans cette chapelle sont, par précaution, séparées de celles des hommes, et une barrière en dérobe presque la vue. Après la messe le pape s'est rendu processionnellementdans une autre chapelle, (la Paolina) tenant de ses deux mains le saint-ciboire, tandis que, de chaque côté, des prêtres soutenaient sa marche chancelante, et que d'autres portaient la longue queue de sa robe pontificale, ou le couvraient d'un dais. Dans sa vieillesse il a encore une belle figure, dont l'expression honnête et fianche est peut-être un peu bourrue. Cette chapelle Paolina, où brûlaient d'innoiàbrables cierges, était éblouissante de lumière (i) : le pape s'y prosterna sur une pile de coussins et, pendant une heure entière, parut se livrer à de profondes méditations ou être en prière; mais les nombreux spectateurs debout autour de sa sainteté , et beaucoup moins à leur aise cpi'elle, semblaient trouver le temps un peu long. Pour ma part, j'avais peine à comprendre cette

(i) Il y a telle grande fête où il se brûle h Saint-Pierre pour plus de quatorze mille écus romains (60,000 francs) de bougies , dans un seul jour.

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oraison mentale, si prolongée dans la situation qui y était la moins propice, entouré d'étrangers la plupart d'une autre commimion, et probablement très peu disposés à croire à l'efËcacité ou à la sincérité des pratiques dont ils étaient témoins. Cependant le caractère personnel du souverain pontife n'est point l'hypocrisie, et je soupçonnerais plutôt qu'il a voulu punir un peu de leur curiosité des geas^ qui n'avaient que £aire là où leur croyance n'était pas.

Saint-Pierre est à Rome l'édifice moderne le plus par&it , comme le Panthéon le plus beau reste de l'antiquité. Les siècles ont glissé sur le Panthéon sans l'ébranler. Des barbares l'ont dépouillé de quelques accessoires , mais on le retrouve d'ailleurs intact; et avec un tel modèle devant leui^ yeux il semble que les architectes de Saint-Pierre auraient pu ne rien laisser à désirer» Le Panthéon est un vaste dôme plus grand même que celui de Saint-Pierre , mais qui repose sur la terre au lieu d'être placé dans les airs, où nous nous sommes accoutumés à voir ce genre de construction. Il a 1 32 pieds de diamètre , ainsi que de hauteur, et son magnifique portique est composé

de seize énormes colonnes d'une seule pièce. Le

toit de ce portique fut autrefois tout de bronze ; mais des empereurs et des papes l'en dépouillèrent, et la vieille charpente jetée d'une colonne à l'autre, ne soutient plus que des tuiles. Le dix-

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septième siècle a encore vu les restes de cet antique bronze j servir à (aire des canons pour armer le château 4^ Saint-Ange, et des colonnes pour le baldaquin de Saint-Pierre. Douze siècles auparavant, la plus grande partie de ce métal avait été envoyée à Syracuse par Constance II (i), et delà transportée à Alexandrie, en Egypte, par les Sarrasins. AgHppa qui bâtit le Panthéon, et Auguste en Yhonneur de qui il fut construit , avaient leurs statues dans les niches, à présent vides, de chaque côté de la porte; et si elles étaient de bronze, elles auront sans doute disparu avec le reste. Mais, dépouillé de ces ornements, cet édifice n'en paraît que plus remarquable par sa beauté et sa majesté. L'ombre du portique , sur Ventrée du Panthéon, Eût ressortir la belle et doyce lumière de l'intérieur, provenant d'une ouverture rondeau sommet de la voûte , laquelle a vingt-six pieds de diamètre. Cette lumière céleste tombe sur une multitude de bustes anciens et modernes par Michel-Ange, Canova, Ceracchi (a) et beaucoup d'autres grands artistes. Elle éclaire le front d'Annibal Caracci, cdui de Raphaël (3), de Palladio,

(i) On trouve, dans Vasi^ ijue les clous de cuivre pesaient 9.574 livres , et les plaques de bronze quarantecinq millions de livres.

(2) Le même qui conspira contre Bonaparte, et fut exécutée Paris. ^

(3) Raphaël est enterré sous le pavé.

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de Mengs, de Nicolas Poussin, de Winckelmann, laissant leurs yeux dans l'ombre, ce qui leur donne une expression que le marbre rend difficilement sans cette circonstance. La beauté de l'intérieur du Panthéon est due, en grande partie , à la manière dont le jour y est ménagé; car les détails de son architecture ont fort peu de mérite. On est surpris d'apprendre que l'eau xiu Tibre , dans ses grandes inondations , atteint quelquefois le pavé du Panthéon ; et comme le milieu se trouve un peu plus élevé que la circonférence , des légions de grillons, perce-oreilles et cloportes, de rats et de souris, fuyant le déluge qui les gagne sous terre, s'y portent, s'y entassent les uns sur les autres , jusqu'à ce qu'enfin tous périssent à la fois. On croirait que le lit du Tibre rempli de débris s'est élevé de manière à reverser ses eaux sur la ville plus fréquemment qu'autrefois , mais c'est tout le contraire. Le sol de la ville s'est élevé partout, et dans quelques endroits de vingt-cinq à trente pieds , tandis que le niveau du Tibre est resté à peu près le même , comme nous le verrons ailleurs. Pendant que nous faisions le tour du Panthéon, une femme assez bien mise, et en apparence occupée des mêmes objets que nous, s'approcha insensiblement de manière à attirer notre attention et alors , tendant la main à la dérobée, demanda una piccola monetaper Vamor di Dio ! quoique ses bonnes grosses joues n'annon-»

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cassent rien moins que le besoin. On mendie ici comme on improvise, tout naturellement; et un étranger peut à peine fixer ses regards sur quelqu'un dans la rue, sans s'attirer à l'instant la de^ mande d'un bajocco. La tentation semble irrésis* tible, et cependant on est rarement volé.

Jen'ai pu monter au Capitole sans émotion : mais, comme tant d'autres, ce lieu célèbre ne répond pointa rattent;^ que l'on avait. Le mont Capitolin n'est pas un mont, mais tout au plus un monticule : ce n'est pas une ruine , car on n'y trouve que des bâtiments neufset rien qui n'y ait été mis par les moderaesj quand je disbâtimentsneufs, j'y comprends ceux qui ont été construits par Michel-Ange, mais c'est du neuf pour le Capitole. Du côté opposé au Forum romanum une seule rampe douce vous conduit ausommet dumontCapitolin, où vous trouvez une petite place carrée entourée de trois côtés par des bâtiments, et qui, par corruption, se nomme leCampidoglio. Deux lions antiques de basalte gardent le pied de la rampe, et deux colosses d'un travail mé- . diocre,bien iju'ilsoitgrec, en gardent le sommet. On les appelle Castor et PoUux , et ils ont chacun un cheval colossal aussi, mais qui néanmoins pa-' raî trait sortir de leur poche, s'ils en avaient au lieu d'être tout nus. A côté de ces singulières figures, on voit deux trophées , puis deux statues de Césars fort médiocres, et enfin deux petites colonnes. Ces diverses choses ramassées dans divers endroits

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et symétriquement arrangées ici , sont toutes antiques certainement, mais toutes étrangères à la place qu'elles occupent, à l'exception peut-être d'une des colonnes qui était la pierre milliaire N*. I . , sur la via Jlppia , transportée de la fin du premier mille à son commencement. Anticipation pratique, qui rappelle les disputes de l'année 1800, lorsqu'il était question de savoir si l'on était déjà dans le dix-neuvième siècle , ou encpre dans le dixhuitième. Vient enfin la célèbre atatue équestre deMarc-Aurèle , en bronze , trouvée dans le Forum Trajanum, et mise ici par Michel-Ange. On dit que c'est la seule statue équestre trouvée à Rome. Cherchant les ruines du Capitole hors du Capitole, nous en sommes descendus par le coté opposé à celui par lequel nous étions montés, et prenant à droite, nous avons trouvé une muraille antique, bâtie de grosses pièces de pépérin, espèce de tuf volcanique que l'on voit se former dans la campagne de Rome , près des eaux souffrées. Cette muraille faisait autrefois partie duSTabularium^ édifice sacré, où se conservaient les décrets de Rome gravés sur des tables de bronze; mais lors des troubles à la mort de Vitellius, le l'abidariumsLyaxxt été consuméparlefeu, trois milledeces tables furent, dit-on , mises en fusion et détruites. Rangée sur la même ligne , on voit la prison Mamertine^ appelée aussi Latomiœ^ construite dès les premiers siècles de Rome. L'on descend par une

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petite ouverture du pavé de Téglise moderne bâtie au-dessus, dans un cachot ovale de vingt-cinq pieds de long, sur dix-huit de large, et treize ou quatorze pieds de haut, construit en grosses pierres de pépérin unies sans ciment. Une seconde ouverture conduit à un cachot inférieur plus petit , très humide, l'eau suintant du roc contre lequel il est adossé. C'est là que périrent de mort violente et quelquefois dans les horreurs de la Êiim, de nombreux ennemis de Rome, des rois, des conspirateurs et plusieurs apôtres du Christ qui y souffrirent le martyre. On montre un fragment de colonne où la- tradition nous apprend que saint Pierre fiit enchaîné. Jugurtha lorsqu'il y entra pour ne plus revoir le jour s'écria : O Hercule l que ton bain est froid! On jetait dans le Forum par scalœ gemoniœ (escaliers des soupirs) les corps de ceux qui avaient péri dans cette affreuse prison, objets de terreur ou de récréation pour le peuple souverain. Ces escaliers des soupira de Tan tique Rome rappellent le Ponte dei sos^ piri de Venise et d'autres institutions également atroces dans des républiques anciennes et modernes. Ce n'est cependant pas tant aux vices de la classe gouvernante qu'il faut en imputer le blâme , qu'à l'ignorance des gouvernés. En effet , si les lumières d'un esprit cultivé ne nous font pas toujours régler notre propre conduite sui* rant les principes de la sagesse et de la moralité ,

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elles<nous mettent au moins à même d'estimer la conduite des autres très exactement, et donnent à l'opinion une force à laquelle les gouvernements sont tôt ou tard obligés de céder, la morale publique tenant lieu de celle qui pourrait leur manquer. C'est ainsi que la culture d'esprit généralement répandue présente le meilleur remède aux excès et aux abus, auxquels les institutions politiques ont une tendance perpétuelle.

La roche tarpéienne, qui fait partie du mont Gapitolin, est située dans une cour étroite et sale, où nous avons été précédés et suivis d'une foule de mendiants, pieds nus dans la (ange, qui se pressaient autour de nous, toutes les fois que nous nous arrêtions. Le fond de cette cour est un escarpement de tuf volcanique, d'un rouge sombre, dans lequel on a facilement creusé la grande cave d'un marchand de vin; et cet escarpement est la roche tarpéienne. Sa hauteur n'excède guère à présent vingt-cinq pieds, mais sans doute qu'elle était autrefois plus grande : autrement le saut n'aurait pas toujours été Êital. Le talus rapide au-dessus de la roche tarpéienne , est dominé par le palais CafTarelli , et ajoute environ vingt-cinq pieds à la première hauteur.

Laissant pour le moment l'antique mont Capi^ tolin et ses dépendances, nous nous sommes rapprochés du moderne campidoglio , et avons visité son muséum : la statue antique et colossale dans

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la cour, représentait autrefois Oceanus; mais dians les beaux jours de Rome pontificale, les plaisans lui avaient donné le nom de Marforio , et en avaient É3iit le célèbre interlocuteur de Pûf-

qidn\ ces deux figures débitaient entr elles mille bons mots et saillies épigrammatiques, que l'on affichait sur le marbre. L'on arrive par un fort bel escalier à une suite d'appartements pleins de statues et de tableaux, dont il est d'autant plus inutile de parler, que les voyages récemment terminés ont fait assez connaître les plus beaux morceaux de cette collection. Ce qui attira le plus notre curiosité, ce furent les bustes, surtout ceux qui pouvaient être considérés comme des portraits de Êimille d'anciens Romains : hommes ou femmes, bourgeois ou guerriers, honnnes d'état ou empereurs. Les modes changeaient à Borne, etlemarbreméme eut les siennes; car l'on voyait sur quelques-uns de ces bustes , des chevelures de rechange noires ou brunes ou blondes sur des visages de marbre blanc; et ces perruques de marbre se mettaient et s'ôtaient à volonté. Sur le beau sein de Lucile , femme de Lucius Verus, et fille de Marc - Aurèle, on voyait un châle d'albâtre rayé, et les épaules de quelques autres dames étaient revêtues de robes en marbre de couleur. Il y a dans la salle des empereurs une collection chronologique de ces maîtres du monde; et dans le rapprochement du caractère

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historique de chacun d'eux avec sa physionomie , Fanalogie, souvent en déiaut, est quelquefois frappante. La plupart de ces empereurs avaient de nobles figures, et Caligula lui-même était vraiment fort joli garçon. On ne s'étonne pointavec Larochefoucauld , « que des nations aient pu se mettre à la merci d'hommes qui portaient^ de telles figures ». Celles cependant de Néron, de Domitien et de Claude , ne laissent pas en doute sur ce qu'ils étaient; et l'on voit bien que Maximien , malgré sa ressemblance avec lord WeUington, n'est qu'un barbare, doué de beaucoup de force corporelle, et d'un esprit pénétrant, mais vulgaire. Quant à Titus , à Yespasien et à Trajan , les vertus dont ils furent doués ne se peignent pas aussi clairement sur leurs physionomies. Des traces de soucis rongeurs sont empreintes sur celle de Trajan, mais la bonté perce encore à travers les rides de son front. Je me souviens d'une belle tête d' A grippa, et d'une plus belle encore de Germanicus. Pour Archimède, placé dans la salle des philosophes , sa physionomie est celle d'un furet. Jî'est-il pas singulier que l'on ait de^ portraits de tous les grands hommes de la Grèce, de tous les doctes, les littérateurs et les philosophes , et pas un seul des savants de Rome? Cela prouve combien ceux-ci avaient moins de respect pour l'esprit et la science que pour les talents politiques et militaires. Nous n'aurions

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pas des statues et des bustes de Cicéron , s'il n'eût été consul et consul illustre. Le marbre ne nous a transmis que des empereurs , des généraux et des patriciens. Le temps a été juste envers Marc^ Aurèle ; il n'y a pas de statue plus commune que la sienne!

L'antiquité aussi avait ses antiquités tout comme nous, et les tirait d'Egypte ; la collection en a été re&ite ici. On y voit un crocodile, un bœuf, nombre de statues et de fragments de statues, dans le goût monstrueux qui caractérisait les anciens habitants d^s rives du Nil. On y distingue aussi une fort belle imitation de ce mauvais goût; c'est un hermès à deux têtes, représentant Isis et Apis.

Un grand c4>jet de curiosité, est le plan ou quelques fragments du plan de Rome . antique, gravé sur l'albâtre qui servait de pavé au temple de Rémus et de Romulus, au pied du mont Palatin. Ces fragments, à présent incrustés dans le mur suivant leur ordre naturel, autant qu'on a pu s'en assurer, ont éclairci quelques doutes sur la topographie de la ville antique.

Quelques jours après cette première visite au Campidoglio, nous sommes montés sur la tour du palais sénatorial, élevé d'environ a5o pieds audessus du Forum ; nous étions accompagnés d'un savant antiquaire romain, parfaitement au fait de l'ancienne géographie du Latium, dont l'ensemble se déployait sous nos yeux, et de tous les

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