‹ Voyage en Italie et en Sicile; (volume 2)Chapitre 40 sur 99 · LE COLYSÉE · texte numérisé non relu

LE COLYSÉE

culaires, il y en avait trois autres couvrant ensemble un espace égal à plus de deux hectares , où rimmense foule de spectateurs trouvait place, lorsqu'il faisait mauvais temps, et pouvait se promener k Taise ; d'autant plus que les étages supérieurs avaient également leurs galeries couvertes, diminuées cependant par la pente des gradins. Vingt grands escaliers et trente-deux petits conduisaient du rez-de-chaussée au premier étage , • où se trouvaient les issues expressivemeVit appelées vomùoires , par lesquelles le peuple entrait et sortait. Il y avait sous les grands escaliers, certaines chambres ou cabinets, que la tradition nous assure avoir été des lieux de débauche , mais qui semblaient bien plutôt avoir été le dépôt des malheureux qui allaient, au prix de leur sang, amuser le peuple romain assemblé dans Tamphithéâtre, et que l'on tirait de là pour être percés de coups d'épée, ou déchirés par des bétes féroces. Mais si les mœurs des Romains se trouvent dans cette occasion justifiées, ils n'y gagnent pas grand'chose ; car le libertinage nemanquait pas chez eux d'établissements réguliers, où l'enseigne sur la porte ne laissait rien à désirer re-

chaqae général avait les siennes. Celles de César portaient l'image de Vénus , sa très-proche parente , et celles de Marins celle de Minerve. Le jeune conscrit , en arrivant au catnp , trouvait sa compagnie au moyen de|Ia fessera dont il était pourvu.

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ladvement au prix et âux qualités particulières de ce qu'on y mettait en vente. L'on sait que des femmes du plus haut rang fréquentaient ces lieux-là. •

Quelqua&-uns des cinquante - deux escaliers^ dont ou a déjà parlé, conduisaient aux différentes parties de la terrasse appelée podium y qui entou* rait l'arène. Elle, était revêtue de marbre, et avait treize pieds de hauteur sur quatorze de largeur. C'était là que l'empereur se plaçait sur un siège ' un peu plus élevé que les autres. Les sénateurs occupaient leurs chaises curules apportées par des esclaves , et les vestales y avaient aussi leurs places marquées. Les vestales à l'amphithéâtre ! Un peu plus'loin étaient les places des ambassadeurs étrangers et des rois alliés de Rome, qui y venaient solliciter des faveurs. Indépendamment de son siège de cérémonie , l'empereur avait ses appartements ( Pulvinar) et une galerie basse , au niveau de l'arène, d'où il pouvait voir, sans être vu, cç qui s'y passait. Quelques-uns des ornements du Piihinar existent encore. Tous les escaliers , ceux même à l'usage de l'empereur, bien que de marbre , étaient de véritables casse-cou , incommodes et même dangereux, hauts de neuf pouces, larges de douze, et inclinés afin que l'eau qui entrait par les vomitoires ne pût pas y séjourner. Elle s'écoulait par divers canaux jusqu'au vaste égoût (cloaca) qui passait sous l'édifice.

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lOalgré Yélé^nLÛon du Podium au-dessus de l'arène (i3 pieds), il paraît ne, s'être pas '^trouvé tout-à- . Élit hors d'atteinte des élans extraordinaires que prenaient les tigres et les lions, et, pour prévenir leurs brusques visites et en garantir l'auguste assemblée , on imagina d'adapter au parapet diverses défenses, telles que d'es cylindres tournant sur leur axe, des pointes de fer, des grillages en fil d'or. L'arène, de forme elliptique conune l'édifice qui l'environne, est immense, c'està-dire qu'elle contient près d'un arpent En réduisant ainsi l'étendue à une mesure connue , on en a Fidée précise. Mais quel contraste cette idée ne présente-t-elle pas , entre l'œuvre de l'homme et l'œuvre de la nature ! L'intelligence humaine est puissante , mais sa main est faible. L'homme , par la pensée, embrasse tout l'univers et le trouve borné; mais lorsqu'il a élevé ses murs et arrondi ses voûtes autour d'un arpent de terre , il s'arrête fatigué et s'étonne d'un si grand effort.

Il 7 a un autel et une croix aU milieu de l'arène, et quatorze plus petits autels à sa circonférence. Dans un lieu dont le caractère est tout paîeo, ces signes chrétiens forment une singulière association. Élevés par l'avant-dernier pape, en mémoire des martyrs que l'on croit avoir été mis k mort dans le Colysée, ces autels ont au moins servi à en préserver les ruines de nouvelles déprédations, en donnant le change k la barbarie

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